|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
| |
La psychanalyse dans le champ des psychothérapies
Novembre 2008
Étude critique
Les personnes souffrant de troubles psychiques, d'angoisse,
de mal-être, s'adressent en France actuellement à des praticiens
très divers. En regard, les Pouvoirs Publics se doivent de
garantir, autant que faire se peut, la fiabilité de ces praticiens.
Ceux-ci se répartissent en deux catégories :
- les psychiatres et les psychologues ; ils ont, les uns
et les autres un diplôme d'état;
- les psychothérapeutes : de tout temps, dans toutes les
cultures, les hommes ont usé de pratiques censées avoir
une action de l'esprit sur l'esprit, en passant par toutes
les modalités de la pensée magique et par tous les espoirs
ouverts par la pensée scientifique. Quand la visée est
plus précisément curative, on parle de "psychothérapie".
Les pratiques psychothérapiques sont très nombreuses et
très variées tant dans leurs méthodes que dans leurs références
idéologiques. Un classement serait difficile à établir,
cependant on peut distinguer :
- des méthodes traditionnelles importées d'autres
cultures et s'inspirant par exemple du yoga,
- des méthodes plus récentes, pratiquées par des
psychologues ,se réclament du comportementalisme
ou du cognitivisme,
- des méthodes multiples de massages, d'expression
corporelle, de sexologie, de gestalthérapie, d'amourologie,
etc., se pratiquant en individuel ou en groupe.
C'est dans cette dernière catégorie que l'on rencontre
évidemment le plus d'incertitude, d'autant que la
Fédération Européenne de Psychothérapie qui tente
de regrouper ces diverses méthodes et de promouvoir
un diplôme européen de psychothérapie par elle patronné,
affirme que médecins, psychiatres, psychologues,
universitaires ou psychanalystes, non seulement
ne sont pas formés à la psychothérapie, mais qu'ils
seraient plutôt "déformés" par les formations
qu'ils ont reçues.
Dans ces querelles chacun évidemment revendique sa spécificité
en arguant d'un corpus théorique, d'une formation sérieuse,
de supervisions de cas et d'une déontologie rigoureuse. On
comprend l'embarras des pouvoirs publics et leur difficulté
à établir une "liste" validante de psychothérapeutes.
Les psychanalystes (qui sont pour la plus part psychiatres
ou psychologues) n'ont aucune raison de se dérober à ce légitime
questionnement identitaire; pour se définir, ils peuvent
présenter les arguments suivants :
- le corpus théorique freudien de référence a été augmenté
et diffusé au point que la psychanalyse est devenue dans
les Sciences Humaines une pensée incontournable, et dans
la vie courante un fait culturel reconnu. L'abondance
des publications chez les éditeurs les plus réputés, et
la fréquence des congrès et colloques régionaux, nationaux,
européens et internationaux témoignent de l'avancée scientifique
- la pratique psychanalytique est "cadrée" dans
le temps (séances à durée fixe); c'est essentiellement
une "cure de parole"; à partir du schéma initial
de la cure-type (divan fauteuil) des recherches portent
sur des variantes techniques (face à face, psychodrame,
groupe), sur l'abord de psychopathologies difficiles (psychoses,
psychosomatique) ou particulières (enfant, adolescent),
etc.
- toutes ces pratiques psychanalytiques ont évidemment
une valence psychothérapique; la psychanalyse fait partie
du vaste champ des psychothérapies, elle y a cependant
une place très particulière à plusieurs titres :
- elle ne traite pas directement le symptôme,
- elle s'adresse à la personne, à son fonctionnement psychique
conscient et inconscient, aux traumatismes affectifs
de son enfance,
- elle désaliène le patient de sa dépendance transférentielle
("par delà ma personne, à qui parlez-vous ?")
- elle vise ainsi à ce que la personne (re)devienne sujet
lucide de sa propre histoire et de ses choix.
Jean Cournut,
Président de la Socièté Psychanalytique de Paris
La Société Psychanalytique
de Paris (avec bientôt mille membres et
élèves à Paris et dans les régions) a obtenu
la Reconnaissance d'Utilité Publique.
Par ailleurs, l'Association Psychanalytique
Internationale, dont la SPP est société
composante, vient d'être reconnue comme
ONG pouvant être consultée par l'ONU sur
des problèmes de sa compétence.
|
|
|
| |
|
|
|