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La psychanalyse dans le champ des psychothérapies

Les personnes souffrant de troubles psychiques, d'angoisse, de mal-être, s'adressent en France actuellement à des praticiens très divers. En regard, les Pouvoirs Publics se doivent de garantir, autant que faire se peut, la fiabilité de ces praticiens. Ceux-ci se répartissent en deux catégories :

  1. les psychiatres et les psychologues ; ils ont, les uns et les autres un diplôme d'état;
  2. les psychothérapeutes : de tout temps, dans toutes les cultures, les hommes ont usé de pratiques censées avoir une action de l'esprit sur l'esprit, en passant par toutes les modalités de la pensée magique et par tous les espoirs ouverts par la pensée scientifique. Quand la visée est plus précisément curative, on parle de "psychothérapie". Les pratiques psychothérapiques sont très nombreuses et très variées tant dans leurs méthodes que dans leurs références idéologiques. Un classement serait difficile à établir, cependant on peut distinguer :
    • des méthodes traditionnelles importées d'autres cultures et s'inspirant par exemple du yoga,
    • des méthodes plus récentes, pratiquées par des psychologues ,se réclament du comportementalisme ou du cognitivisme,
    • des méthodes multiples de massages, d'expression corporelle, de sexologie, de gestalthérapie, d'amourologie, etc., se pratiquant en individuel ou en groupe. C'est dans cette dernière catégorie que l'on rencontre évidemment le plus d'incertitude, d'autant que la Fédération Européenne de Psychothérapie qui tente de regrouper ces diverses méthodes et de promouvoir un diplôme européen de psychothérapie par elle patronné, affirme que médecins, psychiatres, psychologues, universitaires ou psychanalystes, non seulement ne sont pas formés à la psychothérapie, mais qu'ils seraient plutôt "déformés" par les formations qu'ils ont reçues.

Dans ces querelles chacun évidemment revendique sa spécificité en arguant d'un corpus théorique, d'une formation sérieuse, de supervisions de cas et d'une déontologie rigoureuse. On comprend l'embarras des pouvoirs publics et leur difficulté à établir une "liste" validante de psychothérapeutes.

Les psychanalystes (qui sont pour la plus part psychiatres ou psychologues) n'ont aucune raison de se dérober à ce légitime questionnement identitaire; pour se définir, ils peuvent présenter les arguments suivants :

  • le corpus théorique freudien de référence a été augmenté et diffusé au point que la psychanalyse est devenue dans les Sciences Humaines une pensée incontournable, et dans la vie courante un fait culturel reconnu. L'abondance des publications chez les éditeurs les plus réputés, et la fréquence des congrès et colloques régionaux, nationaux, européens et internationaux témoignent de l'avancée scientifique
  • la pratique psychanalytique est "cadrée" dans le temps (séances à durée fixe); c'est essentiellement une "cure de parole"; à partir du schéma initial de la cure-type (divan fauteuil) des recherches portent sur des variantes techniques (face à face, psychodrame, groupe), sur l'abord de psychopathologies difficiles (psychoses, psychosomatique) ou particulières (enfant, adolescent), etc.
  • toutes ces pratiques psychanalytiques ont évidemment une valence psychothérapique; la psychanalyse fait partie du vaste champ des psychothérapies, elle y a cependant une place très particulière à plusieurs titres :
    • elle ne traite pas directement le symptôme,
    • elle s'adresse à la personne, à son fonctionnement psychique conscient et inconscient, aux traumatismes affectifs de son enfance,
    • elle désaliène le patient de sa dépendance transférentielle ("par delà ma personne, à qui parlez-vous ?")
    • elle vise ainsi à ce que la personne (re)devienne sujet lucide de sa propre histoire et de ses choix.

Jean Cournut,
Président de la Socièté Psychanalytique de Paris

La Société Psychanalytique de Paris (avec bientôt mille membres et élèves à Paris et dans les régions) a obtenu la Reconnaissance d'Utilité Publique. Par ailleurs, l'Association Psychanalytique Internationale, dont la SPP est société composante, vient d'être reconnue comme ONG pouvant être consultée par l'ONU sur des problèmes de sa compétence.