Jeudi 14 décembre
2000, « Le face à face
psychanalytique »
Jean Cournut
Comment Freud na pas inventé
la psychothérapie mais la psychanalyse
Situation actuelle de la psychanalyse
en France
Depuis quelques dizaines d'années celle-ci
a bien changé, et je cite seulement pour
mémoire et dans le désordre :
- Les sciences contemporaines offrent
des modèles neurobiologiques, cognitivistes,
comportementaux, etc. qui sont bien
loin de la vision de l'homme proposée
par la psychanalyse.
- Le "politiquement correct"
surveille fantasme et réalité, tandis
que l'informatisation empiète sur la
nécessaire confidentialité.
- L'information est hyperprésente mais
aplatie.
- Les conditions socio-économiques freinent
pour nombre de personnes les disponibilités
en temps et en argent nécessaires pour
une psychanalyse.
- La dimension, axiale en psychanalyse,
du conflit psychique est dévalorisée,
par exemple au bénéfice de la "fatigue
de soi", de la dépression, de l'incapacité
(et non plus de la culpabilité).
Conséquences - ou en tout cas constatation
: dans le microcosme analytique, mais aussi
dans le public, on dit que ce que l'on
appelle traditionnellement la cure type
devient rare, que les cas de névrose diminuent,
alors que le quotidien des analystes est
confronté à des pathologies nouvelles,
difficiles, aux limites de l'analysabilité.
On tient volontiers ce discours pessimiste,
ou bien on ne dit rien mais on s'arrange
de variantes pudiquement appelées "techniques".
Il existe aussi des analystes qui, au motif
que choisir d'aller consulter un psychanalyste
est déjà un signe pathognomonique de névrose,
"allongent" systématiquement
mais sans précision de durée ni de fréquence
des séances Il n'en reste pas moins que
flotte et prédomine l'impression générale
que la pratique analytique n'est plus ce
qu'elle était : elle se joue souvent
en face à face, ou allongé mais à moindre
fréquence. On parle plus fréquemment de
psychothérapie, psychanalytique bien sûr,
mais encore faut-il le préciser, ce qui
nous oblige à poser encore, et différemment
peut-être, la question des conditions d'effectivité
du processus analytique.
Marginalité des névroses ?
À propos de cette prétendue raréfaction
de la névrose et de la cure type, je voudrais
vous proposer une hypothèse pour nous
induire à penser différemment peut-être
la question Quand on relit les "Etudes
sur l'Hystérie", on peut remarquer
que les biographies des patientes étaient
bigarrées, pleines de traumatismes affectifs,
de maladies somatiques, d'effractions sexuelles,
de secrets de famille, d'incestes, d'enfants
morts, de mères dépressives, de décès abrupts,
de deuils infaisables, de troubles obsessionnels
compulsifs, de phobie de tout et de n'importe
quoi, de dépersonnalisations identitaires,
et de défaillances qu'on appelait pas encore
narcissiques. Quant aux fonctionnements
psychiques, ils étaient inclassables,
hystériques certes mais en fait à la limite
des tableaux nosographiques classiques.
Cas sans frontière, pathologies-limites,
malades de leur enfance et de leur sexe,
mais ... tout simplement exemplaires des
psychopathologies qui s'adressaient au
"spécialiste des maladies nerveuses",
et qui fréquentent encore maintenant, un
peu au hasard des circuits, psychiatres
psychanalystes ou psychothérapeutes divers
et variés. Les Etudes sur l'Hystérie ne
relatent pas des cures type de névroses
standart. Qui allongerait aujourd'hui,
impunément et impudemment, Emmy von N...
ou Lucy R...
Ces questions pourraient peut-être nous
induire à renverser le point de vue traditionnel,
et à reconnaitre que ce sont les névroses,
qui se situent à la limite, à la marge
d'un champ psychologique et psychopathologique
beaucoup plus vaste, celui de la grande
majorité des fonctionnements psychiques.
Dans ce champ on trouve, plus ou moins
mal centrés par un self hésitant entre
le conflit et la dépression, du caractère,
du comportement, de l'expression somatique,
des troubles de la cohésion identitaire,
des pathologies narcissiques, des dysharmonies
d'évolution, des pertes d'objet, des mélancolies
plus ou moins secrètes, etc. Ce champ comprend
les pathologies des "Etudes sur l'Hystérie";
il recouvre aussi à peu près et même davantage
celui que Freud désignait en termes de
névrose actuelle ou d'angoisse et dont
il pensait que toute névrose de défense
en gardait un noyau, noyau traumatique
toujours à vif, et sans guère de chair
névrotique autour. A inclure aussi les
cas que nous disons "difficiles",
les névroses dites par Freud "narcissiques",
les cas-limites, les malades à expression
somatique, et il faut ajouter évidemment
les diverses formes de psychoses, de la
blanche à la plus sombre, les psychopathies
et les raffinements pervers. Tout, en somme
! Mais ce que l'on peut remarquer est
que, dans cette étendue psychopathologique,
Freud a différencié cliniquement et élaboré
théoriquement le modèle névrotique à partir
duquel il a inventé la psychanalyse. On
pourrait même dire qu'il l'a construit,
ce modèle théorique de la névrose; construit
au sens de "Constructions en analyse",
et de plus construit en positif et en
négatif, c'est-à-dire par rapport à la
perversion et à la sexualité infantile.
Le modèle de référence
Cette hypothèse selon laquelle la névrose
serait pour une bonne part un modèle théorico-clinique
rarement rencontré à l'état pur dans
la pratique a déjà été envisagée, par
exemple, par Joyce Mc Dougall dans son
"Plaidoyer pour une certaine anormalité".
Elle notait, déja en 1978, que "le
bon névrosé classique (si toutefois son
existence à l'état pur est plus qu'un
simple artifice de la théorie psychanalytique)
se faisait rare". Toujours dans cette
hypothèse d'une névrose qui serait davantage
un modèle théorique qu'une réalité clinique,
on comprendrait la difficulté à entendre
les "cas-limites", "à la
limite entre névrose et psychose",
et les structures narcissiques, dans la
mesure où on désignait ainsi les "franges
mal connues d'états pseudonévrotiques"
(je cite le début de "La Folie Privée"
d'A. Green), difficulté dans la mesure
où l'on pensait ces fonctionnements à l'aune
de la névrose, dans le paradigme névrotique.
Si l'on poursuit l'hypothèse, cette fois
au point de vue technique, on peut supposer
que l'abord de ces cas difficiles relatés
dans les "Etudes sur l'Hystérie",
et tout particulièrement l'échec avec Anna
O. , avaient peut-être incité Freud et
Breuer à réviser leurs méthodes de travail
: voir les patientes tous les jours, les
allonger, leur faire des pressions sur
le front et des massages "sur tout
le corps", c'était trop intime, trop
excitant, et pour les patientes et peut-être
aussi pour le médecin. Alors : laisser
parler les patientes, mais pas trop souvent
et en face à face. C'était d'autant plus
prudent que la situation, manifestement,
les faisait flamber. En prenant ces précautions,
Breuer et Freud venaient en somme d'inventer
la psychothérapie qu'on appelait pas encore
psychanalytique, méthode qui semblait convenir
le mieux à l'ensemble des cas. Mais il
y avait encore trop de sexe et de fausses
liaisons : Breuer ne supportait pas et
rompit. Freud, lui, insista. Dans le
champ protéiforme de la psychopathologie,
il isole, dans la pratique et surtout dans
la théorie, ce tableau clinique particulier
qu'il appelle "psychonévrose de défense",
mettant l'accent sur l'intériorisation
inconsciente du conflit psychique et
des moyens de défense. Pour les cas en
question, il continue de prendre le risque
d'une approche plus intensive : on ne touche
pas, on laisse associer librement, mais
c'est le divan systématique et quotidien.
Et c'est ainsi que Freud inventa la psychanalyse
...
Linvention de la psychanalyse
Ce ne fut pas sans mal. L'analyse de Dora
se solda par une rupture, faute de prise
en compte plus complète du transfert.
Après une première séance tapageuse, l'Homme
aux Loups s'installa dans une docilité
par trop passive, et Freud procéda à une
scansion de la cure, ce qui fut profitable
à la théorie, mais moins au patient, la
suite l'a prouvé. Un seul, parmi les cas
célèbres, démontra le bien fondé de la
méthode; ce fut l'Homme aux Rats; or c'est
celui pour lequel Freud formula explicitement,
non pas une interdiction, ni une interprétation,
ni une construction, mais ce que l'on pourrait
appeler l'esprit d'un cadre. Alors que
l'Homme aux Rats s'était levé, pendant
une séance, ne supportant ni le divan
ni la règle fondamentale du "tout
dire", Freud lui précisa qu'il ne
pouvait le dispenser de choses dont lui,
Freud, pourtant inventeur de la méthode,
ne disposait pas.
C'est évidemment cette focalisation sur
le cas particulier de la névrose, isolé
volontairement et très tôt, en 1894 ("Les
Psychonévroses de Défense") par rapport
aux névroses actuelles et d'angoisse et,
à vrai dire, dans le champ psychopathologique
tout venant, qui permit à Freud d'élaborer
l'ensemble théorique sur lequel nous continuons
de nous étayer. Dans cette perspective,
on comprend que, la névrose étant une clinique
marginale, expérimentalement isolée et
valorisée, la cure type soit rare, appropriée
à la névrose, certes, mais pas toujours
adaptée, loin de là, aux psychopathologies
de la vie quotidienne.
Ne laisser ainsi à la névrose - et à la
cure type - qu'une part clinique et pratique
restreinte, a l'avantage d'expliquer la
supposée raréfaction actuelle de la névrose.
Celle-ci n'a peut-être jamais été très
fréquente. Il s'agissait d'autres pathologies
que, par référence au modèle théorique,
on baptisait névroses et dont on s'aperçoit
maintenant qu'elles n'en sont pas. Mais
cette hypothèse présente un grand risque
théorique, celui de dévaloriser le modèle
métapsychologique de la névrose et de nous
laisser en état de perte référentielle
dans un vide, ou un trop plein, conceptuel,
propice à tous les affolements pratiques.
(voir mon "Epitre aux OEdipiens"
PUF 1997)
Une analogie me parait possible : la cure
type serait comme le mètre étalon dont
le prototype est déposé en platine iridiée
à Sèvres; il existe, on ne le rencontre
pas souvent, mais tout est mesurable et
n'est mesurable qu'en fonction du système
métrique.
En fonction donc du système névrotique,
réapparaît la question du processus analytique
et de ses conditions d'effectivité et de
développement. Si le processus consiste
à ce que, dans une névrose de transfert,
un individu retrouve, ou trouve, la capacité
d'investiguer, de nommer, de dramatiser,
de défouler des phénomènes psychiques à
peu près inaccessibles autrement, quels
sont les moyens que l'on peut mettre en
place pour avoir le plus de chance de
favoriser ce processus et de créer ce
que Jean-Luc Donnet appelle très justement
une "situation analysante"? La
cure type a montré, et montre toujours,
qu'il est théoriquement possible de déclencher
et d'entretenir un tel processus. Mais
si la cure type, dans le site classique
et avec le dispositif que l'on connait,
parait difficilement jouable, comment dans
un continuum de pratiques différenciées
instituer une situation analysante supportable
et bénéfique ?
Le travail du psychanalyste
Dans ce qu'il est convenu d'appeler le
mouvement analytique contemporain, les
réponses sont variées, selon les cliniques
et aussi, bien sûr, selon les options théoriques
et institutionnelles. On peut cependant
dire que les analystes de toutes tendances
théoriques s'accordent sur le couple association
libre du patient et parole de l'analyste,
ainsi que sur le transfert-contre transfert.
Ce qui avive entre analystes le narcissisme
des petites différences, c'est par contre
bien davantage la conception que l'on se
fait du travail du psychanalyste Ou bien
on pense - pour le dire vite - que l'analyste
est un Pygmalion, maître du temps et du
jeu, dont la parole fait accéder le patient
à la vérité; ou bien, à l'opposé, on pense
que l'analyste est l'officiant d'un plus
haut service, induisant un processus qui
va se dérouler dans un cadre donné au départ
et qui s'applique aux deux protagonistes.
Ce sont ces deux options, schématiquement
présentées ici, que l'on retrouve dans
la conduite de la cure et dans l'insistance
ou non sur le cadre. Cette insistance,
en France, est la conséquence chez les
uns, de ce qu'ils considèrent chez les
autres comme abus de pouvoir, alors que
les autres considèrent chez les uns le
cadre comme une entrave à la créativité.
On pourrait, dans cette perspective, définir
le cadre comme un état d'esprit volontaire,
volontariste même , un parti pris d'humilité
pour qui connaît les tentations de la mégalomanie.
Mais à dire : volontaire, se pose la question
de reconnaitre le désir inconscient ainsi
recouvert. Qu'est-ce que ça cache ? La
meilleure réponse est, déja citée, celle
de Freud à l'Homme aux Rats : " je
ne peux (le) dispenser de choses dont je
ne dispose pas".
Perception-régression
En fait l'essentiel du débat à propos
du cadre porte sur deux points. Le premier,
on vient de l'évoquer, est celui de l'arbitraire.
Le deuxième porte sur une option théorico-pratique,
à savoir : la régression est-elle nécessaire
au progrès du processus analytique? La
régression, ou certains degrés de régression
topique, temporelle et/ou formelle, requérant
un temps de séance suffisant pour que s'établisse
ce que l'on a justement appelé un "état
de séance", analogue en quelque sorte
au rêve, et favorable au processus ?
Si l'on pense que cet état et ce temps
de séance sont nécessaires, on bute sur
l'opposition perception-régression, et
on se trouve en plein coeur du débat concernant
la psychothérapie psychanalytique, ou plus
précisément l'opposition divan- face à
face, et ce en quoi la perception du vis-à-vis
freine les conditions de possibilité des
régressions. Mais attention, que l'on
ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas
dit : si l'état de séance nécessite un
temps de séance, je n'ai pas dit que la
régression se ... minutait en temps réel
!
Dans la pratique, comment se jouent ces
deux paramètres de la situation analysante,
le risque d'arbitraire d'une part, et la
question métapsychologique du couple perception-régression
d'autre part (et sa liaison avec le transfert
et son interprétation) ?
En fait la discussion se situe à plusieurs
niveaux :
- Quid du processus analytique
dans le face à face par rapport à la
situation classique ? : c'est un
débat intra et interanalytique, mais
aussi, dans la définition même de la
psychanalyse, un débat avec les pouvoirs
publics (au sujet par exemple d'un diplôme
éventuel de psychothérapeute).
- Durée de la séance, fixée à l'avance,
et respectée, ou scansion; c'est le
débat avec l'héritage lacanien.
- Nombre de séances hebdomadaires :
cinq séances pour les anglo-saxons et
les standarts de l'Association Psychanalytique
Internationale, ou trois séances en
France depuis Nacht (et Lacan avant
la scission) c'est le débat théorique
sur l'état de séance, et si l'on peut
dire, l'état de cure, et pour la Société
Psychanalytique de Paris le débat institutionnel
avec l'API.
La formation du psychanalyste
J'y viens dans un instant; il faut auparavant
évoquer la même complexité à propos de
la formation des analystes. Il est cohérent
de penser que cette formation doit passer
par l'expérience initiale, pour ne pas
dire initiatique, celle de la découverte
par le candidat, pour son propre compte,
de la démarche qui fut celle de Freud.
Et c'est là que l'on retrouve l'expérience
de la névrose et de la cure type. L'institution
propose au candidat de connaître la situation,
j'allais dire expérimentale, répondant
au modèle théorico-clinique de la névrose,
et de la mettre en pratique, espérant qu'ainsi,
sur le divan, plusieurs fois par semaine,
il développe une névrose de transfert ravivant
sa névrose infantile.
Mais là encore attention : je n'ai pas
dit que l'analyse de formation drainait
les seuls rares cas de cure classique.
Je ne l'ai pas dit parce que la cure classique
continue d'être pratiquée, et pas seulement
avec une visée de formation. Je ne l'ai
pas dit parce que, autre raison, on ne
parle plus guère, à la SPP, d'analyse de
formation, et encore moins d'analyse didactique,
mais de cursus de formation que le candidat
est admis, ou non, à suivre, alors qu'il
est déja en cours d'analyse.
Pour ce qui est des autres options de la
SPP, je dirai en reprenant les trois points
évoqués précédemment que :
- On affirme la continuité psychanalytique
des diverses modalités de la pratique,
quand évidemment celle-ci est le fait
d'un psychanalyste, et sous réserve
dune étude des indications.
- La préférence est affirmée pour des
séances à durée fixée à l'avance et
respectée. (Pas plusieurs rendez-vous
à la même heure : c'est la question
de l'arbitraire).
- Quant au débat avec les anglo-saxons
à propos du nombre de séances hebdomadaires,
on peut estimer qu'il s'agit, là encore,
de deux conceptions de l'analyse. La
manière à quatre ou cinq séances hebdomadaires
est certainement plus totalisante, l'analyse
devenant dans la vie du patient la priorité.
On ne s'étonnera pas de ce que, lorsqu'il
s'agit de la formation, les tenants
des quatre ou cinq séances instaurent
souvent la présélection des candidats.
L'aspirant-analyste présente sa demande
de formation avant de commencer son
analyse "didactique"; il est,
ou non, sélectionné, bon pour la formation,
et tout au long de cette formation son
analyste participera aux discussions
le concernant. Je précise bien haut
que sur la fréquence des séances, la
présélection et le "reporting",
la position de la SPP est différente
de celles d'un nombre certain de sociétés
composantes de l'API.
On n'est pas obligé d'être laxiste !
Bien évidemment si ces options sur la durée
et la fréquence des séances apparaissent
aussi pointilleuses, c'est qu'elles sont
les indices, d'un malaise général, en France
et à l'étranger, dans la théorie et dans
la pratique de la psychanalyse. Alors question
: ce malaise ne serait-il pas une errance
par perte de repère, ou, ce qui revient
au même, par surabondance de repères et
de modèles, et n'est-ce pas là précisément
que la discussion sur la névrose et la
cure classique prend tout son intérêt comme
si on ne pouvait confronter des pratiques
et bâtir des systèmes théoriques que si
l'on pose un modèle de base, une unité
de mesure, un paradigme spécifique ? La
question est d'autant plus pressante que
la psychanalyse est confrontée actuellement
à deux ordres de difficultés. Dans le
public, la situation est étrange : plus
l'analyse est un fait culturel reconnu,
présent dans les moeurs et les médias,
et plus sa pratique est dénigrée. A l'intérieur
du mouvement analytique, on constate des
approches cliniques variées, des divergences
pratiques, des efflorescences théoriques
et même des récupérations idéologiques.
Certes, la diversité est une richesse et
la discussion est du côté de la vie, mais
à ne pas être une et indivisible la psychanalyse
a-t-elle des chances de survie ?
Dan cette perspective, il nous faut répondre
:
- quelles sont les indications de la
cure classique, celles du face à face
à moindre fréquence, et celles de la
cure à haute fréquence, quelles sont
les indications, les risques et les
effets prévisibles ?
- en quoi les psychothérapies dites
analytiques pratiquées par des non-analystes
(même quand ils ont été supervisés
par des analystes) ne sont pas de l'analyse,
et en quoi ces pratiques ne sont pas
inoffensive (non pas du cuivre mais
de la dynamite maniée par des apprentis
sorciers) ?
On voit bien que pour prendre position
il est nécessaire d'avoir un ... mètre
au sens du système métrique. Même si la
névrose et la cure classique n'étaient
que des modèles théorico-pratiques, dans
le bazar psychothérapique actuel cette
référence reste à proprement parler essentielle.
En effet, ce que Freud a inventé, ce n'est
pas la psychothérapie, mais la psychanalyse.