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Rencontre APA-SPP
Le cadre en psychanalyse

  Discussion sur le texte du Dr Alcira Mariam Alizade,
Le cadre interne
     
  Thierry Bokanowski (SPP)      
  Alain Fine (SPP)      
  Steven Wainrib (SPP)      

 

Thierry Bokanowski (membre titulaire SPP)

Les avancées personnelles de Alcira Mariam Alizade, proposent un point du vue original qui stimule la discussion. Elle cherche à approfondir certains aspects des propositions désormais classiques de J.Bleger [J.Bleger, 1967] [1] concernent le " cadre ", c'est-à-dire la " structure encadrante " de l'analyse.

Je rappelle que, pour J.Bleger, le " cadre " constitue un fond silencieux muet, une constante qui permet un certain jeu aux variables du processus, du fait qu'il est un " non-moi " (dépositaire des parties psychotiques du patient et de la relation symbiotique, entre patient et analyste, dans l'analyse), " non-moi " qui ne révèle son existence que par défaut. Elément organisateur qui a fonction de contenant, il opère indépendamment de la volonté des deux protagonistes de la situation analytique. Au regard du processus analytique, il s'institue comme un élément neutre. Dans ce sens, il est un pare-excitant qui permet la régression topique et de ce fait, on peut voir en lui une boussole pour le vertex que l'on est en train d'explorer au sein de l'espace analytique.

Notre collègue, à la recherche des éléments du cadre qui appartiendraient spécifiquement au " monde interne de l'analyste ", en retient un certain nombre (que je rappelle pour mémoire) :

  • l'écoute avec la " troisième oreille " ;
  • la perméabilité de l'analyste à son propre inconscient et à celui du patient ;
  • l'attention flottante ;
  • l'association libre de l'analyste et du patient ;
  • l'observation des règles du jeu interactives (abstinence et neutralité) ;
  • la transmission entre inconscients ;
  • la spontanéité et la créativité.

Cette intéressante recension, ainsi que les propositions sur lesquelles elles débouchent, appellent un certain nombre commentaires, que je développerai en trois points.

1/ Mon premier commentaire porte sur les deux premiers éléments du " cadre interne " relevés par notre collègue, à savoir : l'écoute avec la " troisième oreille " et la perméabilité de l'analyste à son propre inconscient, comme à celui du patient.

Je me suis posé la question de savoir si l'on devait faire une véritable distinction entre ces deux éléments (lesquels sont du ressort des qualités de l'analyste concernant l'écoute du matériel du patient), car ils me semblent quelque peu identiques, voire superposables : ils découlent de la " seconde règle fondamentale " de l'analyse [S.Ferenczi, 1928] [2], à savoir le rôle fondamental de l'analyse de l'analyste (et de ses éventuelles ré-analyses) au regard de sa disponibilité interne pour écouter et accueillir le matériel du patient.

Ces qualités - perméabilité de l'analyste à son propre inconscient, comme à celui du patient - impliquent l'importance de l'équation psychique personnelle de l'analyste, à savoir, pour moi, ce qui relève de la qualité de son préconscient, associée à ses capacités identificatoires, elles mêmes en lien avec la familiarité qu'il a acquis de l'aspect défensif de ses théories sexuelles infantiles, lesquelles peuvent donner lieu à des " représentations bouchons " ou des " points aveugles " du fait de leur collusion avec les théories sexuelles infantiles du patient [F.Guignard, 1996] [3] . C'est ce mixte qui vient ordonnancer ce que, pour ma part, j'entends par " troisième oreille " [T. Reik, 1926] et / ou perméabilité de l'analyste à son propre inconscient, comme à celui du patient.

2/ Mon deuxième commentaire porte sur l'attention flottante (l'attention " également " flottante), ainsi que l'association libre de l'analyste et du patient.

Ces deux éléments forment ce que j'appellerai les invariants fonctionnels fondamentaux qui constituent le moteur même de la cure ; en ceci ils forment la matrice active du processus [A.Green, 2001] [4] .

Ajouté à ces deux éléments, j'en proposerai un troisième, lequel s'inscrit de mon point de vue comme étant la résultante de la conjonction de ces deux éléments, à savoir, l'interprétation.

En ceci, l'interprétation me paraît constituer un des éléments essentiels du " cadre ".

Je distinguerai deux types d'interprétations :

a/ l'interprétation que l'on donne au patient et qui est un élément important, pour ne pas dire essentiel, du " cadre " ;

b/ l'interprétation que l'on se donne en écoutant le patient mais que l'on n'est pas nécessairement conduit à lui délivrer, celle-ci faisant pleinement partie du " cadre interne ".

A/ En ce qui concerne l'interprétation que l'on donne au patient, elle est un indispensable complément du " cadre ", un outil essentiel et la véritable clef de voûte qui seule permet l'action sur la psyché de l'analysant. C'est dans la mesure où l'espace analytique est étayé par le cadre que le déroulement du processus qui s'y déploie peut venir, grâce à l'interprétation, prendre sens [5] .

Que celle-ci s'établisse au moyen des différents modes qui vont de l'intervention à la reconstruction, en passant par l'interprétation de transfert (interprétation du transfert aussi bien qu'interprétation dans le transfert), l'interprétation permet l'établissement de liens entre deux, ou plusieurs, éléments latents restés jusque là inconscients. Reflet des processus inter et intrapsychiques en cours, le travail interprétatif, comme la perlaboration qui en résulte (la Durcharbeitung), permet que se dévoilent et se précisent les représentations psychiques inconscientes (les fantasmes inconscients) qui animent ce qui se joue sur la scène analytique.

Le travail interprétatif, qui crée un " espace de jeu " (D.W.Winnicott), à la fois, intra et interpsychique, permet, par le biais de l'interprétation, la levée du refoulement, la remémoration, avec libération de l'affect, et la représentation.

B/ L'interprétation que l'on se donne en écoutant le matériel du patient, mais que l'on est conduit à ne pas nécessairement lui délivrer, comme je l'indiquais plus haut, me semble être spécifiquement du ressort du " cadre interne de l'analyste ". Il me semble que c'est elle qui est le moteur même de l'activité processuelle de l'analyste, activité processuelle qui est au cour même de son activité analysante.

Je rappellerai, ici, que D.W.Winnicott disait que pour certains patients, il est indispensable de donner au moins une interprétation par séance, afin que le patient puisse voir où en est la compréhension de son analyste le concernant. Par ailleurs il me semble important, concernant les interprétations (tout autant celles que l'on livre au patient, que celles que l'on se livre à propos de ce que le patient est conduit à énoncer, ou à ne pas énoncer), que l'on ne doit pas perdre de vue, comme W.R.Bion [W.R.Bion, 1963] [6] l'indique, que " les interprétations analytiques se révèlent être des théories soutenues par l'analyste à propos des modèles et des théories que le patient se construit au sujet de l'analyste. "

3/ Mon troisième, et dernier, commentaire portera sur le fait qu'il me semble que tous les éléments relevés par notre collègue, et qui appartiennent au " cadre interne ", éléments qui ne sont pas " indépendants " les uns des autres et qui s'articulent les uns avec les autres, ont comme particularité d'être autant d'éléments qui, chez l'analyste, tissent un fond réticulaire, un réticulum qui sera constamment mis en éveil et sollicité par la rencontre analytique, servant ainsi aux éléments de transformations pour les deux protagonistes de la cure. Idéalement, ces éléments servent à permettre au patient l'introjection de la capacité de transformation psychique liée à l'action de l'analyse, comme au développement de sa capacité d'introjection au fonctionnement de l'analyste, ce que j'appellerai identification processuelle. Ceci permettra au patient d'acquérir à long terme de nouveaux mécanismes de déliaison et de reliaison pour la poursuite d'un travail analytique interne.

Mais leur propriété essentielle est de concourir à l'établissement, comme à la fonctionnalité, de la capacité de contenance et de sollicitude de l'analyste. J'ajouterai que cette capacité de contenance exemplifiée par ce que Bion a décrit comme capacité de rêverie maternelle, est en relation avec l'identité de genre de l'analysant, comme de l'analyste.

De celle-ci dérive aussi la capacité négative de l'analyste, c'est-à-dire sa tolérance au doute et au non-savoir, laquelle était ainsi définie par Bion [W.R.Bion, 1970] [7]  : " Capacité qu'un homme possède s'il sait persévérer dans les incertitudes, à travers les mystères et les doutes, sans se laisser aller à une recherche fébrile des faits et des raisons. "

C'est elle qui permet une ouverture à l'écoute de la destructivité psychique active dans la cure, tant du côté du patient que de l'analyste. Cette ouverture permettra, à long terme, que le patient s'intéresse au processus qui l'a placé sous le joug de cette destructivité, ce que souligne à juste titre notre collègue, lorsqu'elle évoque que ace à une " réaction thérapeutique négative ", le " défi peut alors se transformer en une aventure passionnante " .

À mon avis, c'est la carence de l'analyse de la propre destructivité de l'analyste qui constitue les perturbations essentielles de l'établissement du " cadre interne ".


__________

[1] Bleger J. (1967), Symbiose et ambiguïté, "Le fil rouge", Paris, PUF., 1981.

[2] Ferenczi S. (1928), Élasticité de la technique psychanalytique, in Psychanalyse IV, Paris, Payot, 1982, p.53-65.

[3] Guignard F. (1996), Le vif de l'infantile, Lausanne / Paris, Delachaux & Niestlé.

[4] Green A. (2001), Séminaire sur " La pensée clinique ", Institut de Psychanalyse de Paris.

[5] Bokanowski T. (1998), De la pratique analytique, Coll. "Épîtres", P.U.F., 1998.

[6] Bion W.R. (1963), Eléments de la psychanalyse, Paris, P.U.F., 1979, p.24.

[7] Bion W.R. (1970), L'attention et l'interprétation, Paris, Payot, 1974.

Alain Fine (membre titulaire SPP)

Notre collègue le DR Alcira Mariam Alizade nous propose de réagir à son court texte sur internet, précis et conçis, qui traite du cadre interne du dispositif psychanalytique. Il serait incorrect que ma participation soit longue, alors que le sujet s'y prêterait.

Notre collègue pense à juste titre que la méthode psychanalytique requiert un cadre qui encadre son parcours. La nature et la structure du cadre ont été diversement théorisées ; certaines hypothèses ont suggéré l'idée de cadre interne. Après les travaux déjà anciens de Beugler, cité par notre collègue, d'autres auteurs l'ont aussi théorisé ; je pense aux travaux français de JL Donnent et R Roussillon.

Le cadre se conçoit effectivement comme « réalité invariante », fonction délimitante, régulatrice, médiatrice - une protection externe en analogie avec la notion de pare-excitation externe freudienne, corrélat de se découvrir qui implique la première règle fondamentale. Il serait en quelque sorte une « matérialisation »des conditions extrinsèques, créant dans les bons cas, un micro-climat tempéré, malgré les perturbations transféra/contre-transférentielles.

Mais le cadre ne saurait être seulement maintenu dans l'extériorité de ses repères et de ses conventions contractuelles ; il aurait aussi une face interne, serait un au delà du simple dispositif liant ses effets à ceux du principe de la méthode que résume la règle fondamentale et la réponse interprétative. Le cadre formerait ainsi un ensemble selon une dynamique « auto-organisationelle (Donnet) »tenant compte de la temporalité en spirale du processus analytique. Cette approche englobe celle de cadre interne, le cadre aurait une fonction complexe contenante qui rejoint celle présentée par notre collègue. Quant À la nature de ce cadre ? Selon une perspective qui convoque le « symbiotique » avancé par Begler, Donnet annonce : « toujours déjà symbolique, il est toujours encore symbiotique », avec ses relents de séduction  incestueuse.

Peut-on délimiter le cadre ? le signifier comme élément transitionnel ? « On ne saurait, écrit Donnet, en définir les limites au sens strict mais dire ce qu'il n'est pas : ni réalité externe du champs psychique, ni ce champs lui même. »

Bien sûr, dans  « la situation analysante » sont insérés les mondes internes du patient mais aussi de l'analyste ; ce dernier serait conforté, comme elle le souligne, par les bénéfices de sa propre analyse (deuxième règle fondamentale) et par l'auto-analyse de son contre-transfert ; il est par ailleurs astreint à la discipline de disjoindre et d'articuler en lui, sujet et fonction. En préalable le patient aurait accepté le dispositif et les règles du travail analytique.

« Le cadre interne serait un encadrement intersubjectif, interactif. »

L'idée d'interactivité semble, à mon avis,  concerner le jeu, l'oscillation, transféra-contre-transférentielle. Et l'intersubjectivité ? Certes la subjectivité de l'analyste est engagée et l'analyste est partie prenante, comme contenu du contenant que représenterait le cadre interne. L'analyste est un élément privilégié du « site analytique ». Doit-on pour autant évoquer l'intersubjectivité dans la relation analytique ?

 L'idée du rôle de l'analyste renvoyant à l'univers conceptuel de ses « opératoires » psychiques est justifiée ; elle pourrait cependant déboucher  sur une interrogation du lien entre cadre et technique de la cure, entre cadre  et processus analytique - qui n'existe pas chez notre collègue. Si le cadre n'a pas la dignité psychanalytique du processus, il reste une condition nécessaire (et c'est bien rappelé), mais dont on ne sait trop si elle est intrinsèque ou extrinsèque.

Quoiqu'il en soit - et bien qu'elle ne l'annonce pas ainsi, je pense qu'elle sera d'accord - , le vrai cadre serait intérieur à l'analyste et reposerait sur la conscience claire qu'il garde de sa position d'analyste.

« Les propriétés concernant le cadre interne »

Cette métaphore de troisième oreille, d'oreille analytique, dépassant celle de simple organe d'écoute est pertinente. Certains ont décrit l'oreille interne non seulement comme organe de réception auditive mais comme organe de transformation (C David). Alors ! interprétation des messages sub-liminaux des profondeurs de l'inconscient ?

Oui la perméabilité de l'analyste à son inconscient et à celui du patient devrait être une propriété décisive..idéalement. Il faudrait aussi envisager, non seulement l'empathie réciproque mais aussi les résistances des deux protagonistes, les défense mise en avant, bref ce qui concerne la marche et les avatars du processus pour ne pas tomber dans la simplification. Il serait aussi question de la force et du sens que contiendrait le cadre interne.

Bien sûr il faut convoquer les possibilités associatives des deux protagonistes, elles sont requises comme technique de la cure, renvoyant à la possibilité de penser, de parler autrement ; seraient-elles pour autant une mise en acte de l'inconscient chez le patient ? le préalable des potentialités interprétatives de l'analyste ?

Je suis plus circonspect à l'idée de transmission entre inconscients. S'il y peut y avoir transmission, ce pourrait être par le biais de la voie régrédiente de l'analyste, par ses capacités de régression formelle telles que les Botella nous les ont proposées.

« L'hypothèse de spontanéité et de créativité »

Que nous serions heureux s'il pouvait en être ainsi, le cadre deviendrait une aire de jeu, son enfouissement serait parfait ; nous serions dans un « créer-trouver, cher à Winnicott.

A propos de créativité m'est revenu une séquence de lecture qui je pense intéressera notre collègue : « toute cure implique des moments de dé symbolisation où le pricipe de réalité psychique supposé par la règle se trouve subverti par une actualisation transférentielle qui tend à faire s'effacer tout écart symbolique entre le psychanalyste et sa fonction, entre la méthode et l'action. Comme on le sait, ces moments peuvent déboucher sur une réorganisation subjective de la fonction symbolique, dont la corrélation est étroite avec la « créativité primaire ».(JL Donnet) »

Rendre plus lâche, plus laxiste le cadre externe est sûrement nécessaire dans certains cas, cela ferait partie des aménagements techniques, donnerait plus de « jeu » au cadre interne. Je pense cependant que le cadre d'un « holding » dans la cure ne se situe pas au niveau du cadre externe ; le « holding » et le « Setting » tels que le conçoit Winnicott donnent au contraire de la marge dans les cas difficiles, surtout lorsqu'il s'agit de psychothérapies selon moi.

À Clamart, le 25/11/2001.

Steven Wainrib (membre titulaire SPP)

 

Le texte d'AM Alizade sur le "cadre interne" vient à point nommé, rencontrant bon nombre de questions actuelles concernant les contours du champ analytique.

La mise en place d'un cadre analytique est loin de se limiter à un protocole d'organisation des séances. Si la fiabilité de cet aspect du "cadre" est certainement une condition nécessaire, elle n'est en rien une condition suffisante à l'avènement d'un processus mutatif. Mettre l'accent sur le cadre psychique, tel qu'il résulte chez l'analyste, non seulement de sa formation, mais aussi du dépassement de celle-ci dans l'expérimentation de sa créativité propre, revient à souligner l'importance de l'attitude profonde du psychanalyste.

L'idée d'un cadre psychique, s'ajoutant au cadre formel des séances, vient faciliter l'abord des questions posées par la diversité de la psychanalyse actuelle. Qu'on le veuille ou non, la psychanalyse du 21e siècle sera diversifiée, et loin d'avoir à le déplorer, je pense que cette psychanalyse plurielle nous engage à une nécessaire complexification de la métapsychologie.

D'un côté, de nombreux "courants de la psychanalyse" nous donnent une vision très différente de ce qui peut se passer sur le divan. Si nous ne disqualifions pas immédiatement ceux auxquels nous ne sommes pas formés, nous découvrons que leur altérité, en nous faisant perdre certaines certitudes, ouvre souvent de nouvelles perspectives, pertinentes par rapport à certaines problématiques cliniques.

De l'autre côté, les « extensions de la psychanalyse » correspondent à la mise au point de cadres très variés, permettant de traiter un grand nombre d' analysants d'aujourd'hui qui ne répondent pas, ou insuffisamment au modèle de la névrose de l'adulte, en raison de leur organisation psychique, quand ce n'est pas leur âge ( enfants, adolescents) qui requiert une technique particulière.

Et si nous étions au point où le travail de deuil d'une "cure type", au sens d'un mythique centre de référence identificatoire, était de nature à nous accompagner sur les chemins de la complexité? La diversité de la psychanalyse est en fait parfaitement viable, pour peu qu'elle soit articulable à un certain nombre d'invariants.

Ce que notre collègue entend par cadre interne fait à l'évidence partie de ces invariants, compatibles avec les nouveaux contours de la psychanalyse. La pratique de la psychanalyse diversifiée, loin de mener l'analyste à un clivage, peut au contraire clarifier l'essentiel d'une disposition de l'analyste au travail analytique, soit son "cadre interne" fluctuant à l'intérieur de certaines limites.

Notons avec intérêt que l'élément de jeu dans la psychanalyse, est ici lié à la question du cadre interne proposé par l'auteur. AM Alizade n'évoque-t-elle pas les "règles de jeu interactives" de la psychanalyse, et surtout l'idée essentielle que la spontanéité et la créativité de l'analyste génèrent une "tâche analytique devenant ludique, même lorsque la situation analytique s'avère difficile, au milieu d'une réaction thérapeutique négative qui envahit la séance."

Ces propos font associer sur ceux de Winnicott, mettant l'accent sur l'accompagnement de l'analysant d'un état "où il n'est pas capable de jouer à un état où il est capable de jouer". La réaction thérapeutique négative est un bon exemple de ces situations où l'agir l'emporte sur la symbolisation, même si le cadre formel est parfaitement respecté par les deux parties.

Loin de connoter ici une dérivation de l'analyse vers un amusement vain, la métaphore d'un jeu analytique témoigne de l'engagement dans le vif de la rencontre analytique, permettant à l'analysant d'utiliser de plus en plus le cadre proposé, dans le sens d'un "cadre de jeu analytique", générateur d'insight et d'approfondissement du processus analytique.