Rencontre APA-SPP
Le cadre en psychanalyse
M. Banyakar
Le cadre et le champ psychanalytique face aux catastrophes
sociales, à la guerre et au terrorisme
« Attrapés dans le tourbillon
de ce temps de guerre, condamnés à une
information unilatérale, sans le recul suffisant
par rapport aux grandes transformations qui se sont
déjà produites ou qui commencent à
se consumer, et sans entrevoir lavenir qui est
en train de se façonner, nous nous trouvons
désorientés quant au sens des impressions
qui nous harcèlent et quant à la valeur
des jugements que nous nous formons. Nous croyons
pouvoir dire quaucun événement
navait tant détruit auparavant du patrimoine
précieux de lhumanité, ni navait
plongé dans la confusion tant dintelligences
aussi claires, ni anéanti tant de valeurs supérieures.
Cest avec ces mots qui semblent si présentes
et actuelles que Freud a commencé son chapitre
De la guerre et de la mort, en se référant
à la première guerre mondiale, (Freud,
S. 1915c)
Prenant compte de la transcendance et de la permanence
de ces situations dans le présent travail,
je me délimiterai à la spécificité
du cadre en situations de guerre, de terrorisme et
de catastrophes sociales. Jaborderai la manière
dont ces situations influent sur le déploiement
du champ Psychanalytiques et son expression
dans le champ psychanalytique. Je préciserai
également la fonction quont les psychanalystes,
selon moi, face aux nécessités sociales
qui ressortent des situations disruptives massives.
Mes expériences personnelles comme thérapeute
ayant participé de façon active à
cinq guerres en Israël, et qui a dû secourir
des victimes des attentats terroristes ou dautres
catastrophes en Argentine, ma entraîné
à faire des recherches et à développer
diverses perspectives du traumatique, aussi bien du
point de vue métapsychologique que de celui
de la théorie de la technique.
Afin de pouvoir souligner les qualités du
cadre et du champ analytique dans ces situations,
je me permettrai auparavant quelques précisions
conceptuelles.
Le disruptif dans le psychisme de la guerre, du terrorisme
et des catastrophes sociales, souligne limportance
de la conceptualisation du rapport particulier entre
monde interne et monde externe à partir dun
point de vue psychanalytique, (Kernberg, O. 1980).
Ces situations nous amènent à faire
ressortir le mode dont le « dehors »
indiscriminé surgit dans le dedans subjectif
et spécifique.
Je pense quil est utile de différencier
entre lagression et la violence pour aborder
les caractéristiques des « événements
disruptifs ».
La discrimination entre violence et agression est
une différenciation situationnelle qui nous
permet dobserver de quelle manière l´entourage
agit sur le psychisme. Cest une des manières
de pouvoir spécifier les qualités de
lévénement disruptif. Inspiré
de la brillante plume dAndré Green, jai
développé ces concepts dans le travail
que jai appelé « Agression
de Vie et Violence de Mort ». (Green, A.
1983; Benyakar, M. 2000 b).
Je comprends par « situation agressive »
celle où le causeur du dommage (agresseur)
saffirme en tant que tel face à lindividu
à qui le dommage est infligé (sinistré).
En général la sinistré* peut
se défendre aussi bien physiquement que psychiquement.
Les guerres conventionnelles, les querelles entre
les parties, etc., sont des exemples classiques
des situations dagression.
Dans notre conception psychanalytique, nous pourrions
dire que lagression tend au déploiement
de lAngoisse Signal par la perception de la
menace, se développant des réactions
que nous connaissons aujourdhui sous le nom
de Stress. (Freud, S. 1926; Winnicott, D. 1979, 1989;
Benyakar, M. 1997 a, b).
Le cas de la « Violence »,
concept proposé par Platon comme mouvement
opposé à la tendance naturelle, est
différent. Dans la « situation de
violence » le dommage se présente
de façon masquée ou cachée face
à la sinistré, lempêchant
de détecter ou de situer la menace, obstruant
ainsi le développement de défenses et
exposant le psychisme au délaissement, sans
aucune capacité délaboration,
ce qui stimulera davantage le développement
dexpériences traumatiques, comme je lai
déjà montré dans des travaux
précédents.
Lessence de la violence se trouve dans une
distorsion particulière de lentourage
à partir du factuel, dénaturalisant
le rapport monde interne, monde externe. (Benyakar,
M. 1998 c). Ce genre de situations entraîne
le psychisme à la sensation de manque de capacité
à discriminer entre le dangereux et linoffensif
de lentourage, altérant la « familiarité »
(hemlich) du quotidien. (Freud, S. 1919, 1930; Miller,
A. 1980; Benyakar, M. 2000 a)
* Jemploierai le mot sinistré
pour traduire « damnificado »,
bien que le traducteur ait proposé le mot victime.
En effet, il y a à mon avis une grande différence
entre victime et damnificado comme je lai exposé
dans des travaux précédents. Je tiens
à préciser que je me réfère
à la personne qui souffre dun dommage
psychique. La victime se réfère plutôt
à la personne dont la subjectivité reste
attrapée par le social.
Les violences sexuelles, un gouvernement qui se présente
comme étant le protecteur de son peuple et
anéantit et fait disparaître une partie
de sa population, létreinte dun
père qui punit impitoyablement son fils et
lui manifeste quil le fait pour son propre bien,
sont des paradigmes de ce genre de distorsions. Ce
sont tous des exemples de distorsion dont le terrorisme
est l´expression la plus extrême. Le terrorisme
a pour but la dénaturer lentourage quotidien
pour être utilisé comme moyen de pression
sur une population, à tel point que le fait
de voyager en autobus ou denvoyer une lettre
par la poste devient un risque. (Reinares, F. 1998)
La distorsion de la violence peut être implosive,
elle peut aussi avoir une nuance de traîtrise
ou de camouflé, selon Giorgio Agamben: « afin
de réaliser la destruction de lexpérience,
une catastrophe nest absolument pas nécessaire,
la pacifique existence quotidienne dans une grande
ville est tout à fait suffisante pour cela.
(Agamben, G. 2001).
A la suite de P. Aulagnier, nous pouvons différencier
entre violence primaire et secondaire. La violence
primaire est constitutive et indispensable au bon
développement du psychisme. Cest lapparition
de lhétérogène face à
linfans, lui permettant le déploiement
de sa capacité de représentation ou
de métabolisation. Contrairement à la
violence secondaire qui fonctionne en obturant le
fonctionnement des processus psychiques et en obstruant
les processus de représentation, favorisant
la non articulation entre laffection et la représentation,
base du vécu et de lexpérience
traumatique. (Aulagnier, P. 1977; Benyakar, M. 1998
b).
Ces appréciations nous amènent à
nous arrêter brièvement aux concepts « Expérience
(Erlebnis)* Traumatique » et « Expérience
(Erleben Traumatique »
Malheureusement, Freud a utilisé le concept
de situation traumatique, influencé probablement
par la tendance populaire de voir le disruptif de
la situation comme pathogène. (Freud, S. 1917,
1926). En tant que psychanalystes nous ne pouvons
pas qualifier les situations a priori, aussi lorsque
nous nous référons au traumatique, au
lieu de parler de « situation traumatique »,
je préfère utiliser « Erlebnis »
(expérience) ou « Erleben »
(faire lexpérience), concept déjà
proposé par Freud, et postulé par Dilthey.
Le mot « vivencia » (expérience)
nexiste ni en anglais ni en français,
par contre, il existe en allemand, en espagnol, en
hébreu et d´autres langues. Sartre a
utilisé le « Fait vécu »
mettant l´accent sur le composant subjectif
de l´ « expérience »
comme fait vécu. Le mot expérience ne
discrimine pas le factuel du subjectif, contrairement
au mot espagnol « vivencia »
(expérience). (Freud, S. 1916-17, 1950).
* Dans ce travail, jécrirai « expérience
(Erlebins) » pour me référer
au vécu face à lexpérience
factuel, et « expérience (Erleben)
» pour me référer à la
façon dont sest déroulé
le « faire lexpérience».
Cest de cette manière que je prétends
souligner que nous, les analystes, nous ne pouvons
pas déterminer si une situation fut traumatique.
Par contre, nous devons détecter si lexpérience
de lindividu face à cette situation a
été traumatique ou non.
Comprenant par expérience(Erlebnis) larticulation
entre laffect et la représentation, ce
qui nous permet de définir « lexpérience(Erlebnis)
traumatique » comme la non articulation
entre laffect et la représentation. (Benyakar,
M. 1996 a, 1999 a).
Les actes violents ou agressifs sont des qualités
situationnelles, alors que les expériences
en sont les conséquences psychiques.
Dans des situations agressives ou violentes, (guerres,
terrorisme ou catastrophes sociales), le cadre saffirmera
comme limite protectrice qui rend possible le déploiement
de la condition articulatrice de lexpérimentiel,
tâchant que le milieu social ne se transforme
en un composant traumatogène. Au cas où
le disruptif aurait eu lieu, ce même cadre sera
celui de lélaboration grâce au
déploiement de la contention, le holding et
linterprétation figurative. (Bion, W.
1965 ; Winnicott, D. 1972 b; Aulagnier, P. 1994)
Cest ainsi que je considère que dans
des situations disruptives comme les guerres et le
terrorisme saccentue une double fonction du
cadre, dun côté la fonction de
lélaboration et de lautre celle
de préservation ou celle de cadre protecteur.
Dans ce cadre, le processus analytique se déploiera
et le « champ psychanalytique »
s´entrelacera. Dans ces situations le champ
psychanalytique acquiert une caractéristique
spéciale du fait que thérapeutes et
analysés sont submergés face à
la menace même, situation qui si elle nest
pas élaborée de façon adéquate
peut faire obstacle à laffrontement avec
les manifestations du vide qui émergent comme
expression du traumatique.
Vignettes cliniques
Le cas de Meir, un officier israélien appelé
comme réserviste pendant la guerre du Liban.
Face à cette situation, le fait de suspendre
les séances jusqu´à son retour
a été sujet à discussion. Etant
pleinement convaincu de l´importance de préserver
cet espace, jai proposé de maintenir
les séances lors de ses retours en permission,
et lorsquil pourrait se libérer de ses
fonctions.
Au cours de ces séances, le patient exprimait
limportance que cela avait pour lui de préserver
ce cadre où il sentait quil pouvait redevenir
lui-même, ne pas devoir continuer dans la fonction
de faire, sinon pouvoir réfléchir sur
ce quil faisait à partir de sa subjectivité.
Lors de lune des séances, il a dit :
« ici je cesse de devoir faire pour mon
peuple et mon pays, je suis simplement pour moi-même »
.
Cétait impressionnant de voir une personne
qui avait vécu dans les tranchées et
les refuges, de pouvoir ressentir le cadre psychanalytique
comme lendroit où il se sentait le plus
en sécurité car il pouvait se trouver
lui-même. Ceci a pu être possible, dune
certaine manière, en raison de ma pleine conviction
de la fonction du cadre, articulée à
une lecture de la réalité du moment.
Jai affronté de nombreuses fois ce genre
de situations dans lArgentine actuelle, plongée
dans la violence, produit dune distorsion économique,
où certains citoyens perdent leurs moyens de
travail, ayant tendance à ne pas trouver de
sens au travail analytique tant quils nont
pas trouvé de solution à leur situation
de travail et économique. La conviction de
la fonction de contention et de soutien nous permet
de proposer le cadre analytique comme cadre élaboratif
face à ce genre de situations disruptives.
Le cas de Dalia, patiente que jai présenté
dans de précédents travaux. (Benyakar,
M. 2000 b). Pendant la guerre du Golf, au cours de
laquelle tous les citoyens dIsraël devaient
se déplacer avec leurs boîtes personnelles,
portées en bandoulière, où ils
portaient leurs masques à gaz, elle se présente
à la séance sans la boîte, alléguant
que pour elles, ces normes navaient aucun sens
et que ça lui était égal de circuler
sans son masque personnel.
Ce nétait que lune des nombreuses
expressions de son défi omnipotent et indiscriminé,
comme si elle flirtait avec la mort. Cétait
probablement sa manière de mettre en acte la
renégation (Verleugnung) ou le rejet (Verwerfung)
ou peut-être une expression de l´hallucination
négative. (Freud, S. 1915 a,b, 1940; Green,
A. 1993).
Je lui ai alors demandé de retourner chez
elle (à quelques centaines de mètres
de mon cabinet) et de revenir avec sa boîte
qui contenait son masque afin de pouvoir commencer
la séance de façon appropriée.
Dun air mécontent et sans autres commentaires,
elle est partie chercher sa boîte et, quand
elle est revenue à la séance, elle exprima
sa colère et ses protestations pour ce que
je lui avais demandé.
Au bout de quinze minutes après son retour,
la sirène dalarme a retenti et nous avons
dû mettre nos masques et partager tous les deux
la chambre scellée, aménagée
spécialement pour ce genre de situations, et
nous sommes restés ainsi jusquà
la fin du bombardement de missiles. Cet épisode
de véritable holding a été élaboré
pendant le traitement comme la situation dans laquelle
elle sest sentie réellement protégée.
Cette protection na pas eu de caractéristiques
tranquillisantes de conduite mais, postérieurement,
Dalia a pu commencer à élaborer ses
sensations dabandon dans lesquelles ses expériences
de son enfance lont émergée. Elle
manifestait comment elle se voyait agir de manière
omnipotente, refusant et dévalorisant la figure
de ses parents. Elle caractérisait ses parents
comme étant faibles et impuissants, démunis
de capacités pour développer des fonctions
médiatrices appropriées, augmentant
en elle le refus et la sensation de solitude qui lenvahissait.
Nous pourrons aborder la relation entre le cadre,
le processus et le champ analytique en nous basant
sur ces cas.
Le cadre
Le cadre psychanalytique sest avéré
central dans le développement de la pratique
clinique quotidienne. Cest un ensemble de règles
qui déterminent une situation artificielle,
convenue et accordée entre thérapeute
et patient. Il est formulé comme un cadre de
stabilité, cohérence et partiellement
libre de limpacte des exigences sociales quotidiennes.
Au moyen de ces caractéristiques nous prétendons
créer un cadre rendant possible le déploiement
maximum des processus et des contenus psychiques pour
être abordés et élaborés.
(Bleger, J. 1967; Etchegoyen, R.H. 1986; Chasseguet-Smirgel,
J. 1992; Winnicott, D. 1972 a,b; Ogden, T. 1985; Green,
A. 1975; Benyakar, M. 1994 a).
Il ma été très utile dans
ma tâche clinique et plus encore dans les supervisions
de différencier entre le concept « setting »
et celui de « cadre ». Je le
spécifierai ici car je pense que dans ce genre
de situations ça peut éclaircir davantage
le sujet en question. Pour ce faire, je marrêterai
dans lentre jeu entre lois, règles et
normes, trois autres concepts que nous navons
pas toujours tendance à spécifier dans
notre tâche thérapeutique.
En tant que paradigmes, Les lois sont toutes ces
postulations qui ne sont pas des produits de la conduite
de lhomme. Chacune des sciences a ses propres
lois universelles. De la même façon que
la physique a la loi de gravité pour base,
la psychanalyse postule comme loi que lhomme
est habité par des processus inconscients ayant
une dynamique spéciale.
Les règles sont toutes ces déterminations
que lhomme établit et qui sont généralement
postulées pour faire face aux lois. Par exemple,
les dix commandements sont des règles qui tendent
à sopposer aux lois inconscientes ou
à ce qui fait bouger lêtre humain.
Il convient de préciser que toute règle,
en général, s´affirme en contre-position
aux lois; il ne serait pas nécessaire de stipuler
la règle « tu ne tueras pas »,
sil nexistait pas une loi qui pousse lhomme
à tuer.
Les normes finalement sont ces phénomènes
conséquence de linteraction entre les
lois et les règles. La mesure où lhomme
tue ou pas dans une société ou une autre
société est le produit dune norme
de celle-ci.
En prenant ces trois concepts nous pourrons voir
que dans le cadre nous établissons un ensemble
de règles que nous comprenons comme appropriées
pour le déploiement de certaines lois de linconscient,
pour que celles-ci émergent comme telles et
quelles puissent être élaborées.
Fixer lheure du début ou de la fin de
la séance est une de ces règles, létablissement
de lusage du divan en est une autre. Ceci nous
permettra danalyser la spécificité
de ces normes qui se développent dans chaque
relation thérapeutique.
Une fois compris ces trois composants, nous pouvons
aborder la spécificité du setting et
du cadre.
Bien que le concept de setting soit utilisé
comme synonyme de cadre, jai lhabitude
de voir létablissement du setting comme
une activité spécifique.
Le mot anglais To set-up signifie établir
ou préfixer, donc je considère cette
activité comme la stipulation de toutes les
règles qui déterminent le cadre dans
lequel la relation entre thérapeute et patient
se déploiera. Ces règles stipulées
dans le setting doivent être le produit de la
conception du thérapeute par rapport aux lois
de linconscient, sur la façon dont elles
émergent et sur le mode dont elles peuvent
être élaborées. La stipulation
du setting se réalise avant linteraction
entre patient et analyste. Le cadre commence à
se déployer à partir du premier contact.
A mesure que cette interaction se développe,
toutes sortes de phénomènes commencent
à apparaître, une partie conscients et
situationnels, une autre partie inconscients et irrationnels.
Des phénomènes qui tendent à
transformer le « setting ».
Il est extrêmement important de sarrêter
dans lanalyse de ces changements, car, en général,
on a tendance à les justifier à partir
du factuel. Comme thérapeute et plus encore
comme superviseur, je peux marrêter sur
la spécificité de ce processus de transformation
du cadre, dans la mesure où létablissement
du setting que lanalyste a stipulé avant
le début de son travail thérapeutique
me soit resté clair.
Je précise cela ici car face à des
situations de crises, troubles sociaux, guerres et
de terrorisme en particulier, ces règles préétablies
dans le setting ont tendance à saltérer
et établir des cadres différents. Face
à ces phénomènes, nous devons
avoir les éléments nécessaires
afin de pouvoir évaluer ce qui est produit
de la réalité régnante ou simplement
produit des situations dangoisse et de lectures
non appropriées de la part des analystes, aussi
bien pour soutenir les règles établies
que pour les changer. (Benyakar, M. 1982, 1994 a,
c, 1998 a).
Limplosion de lentourage dans certains
cas est si fort que nous devons conceptualiser et
nous former de façon adéquate pour pouvoir
aborder ces événements. (Crocq, L. 1992;
Lebigot, F. 1999, 2000). En situations de guerre,
terrorisme et explosion sociale, où la stabilité
de lentourage est très faible, les objectifs
qui composent le setting, postulées par lanalyste,
sont dune extrême importance. Ces objectifs
sont ceux qui permettront au cadre dacquérir
la qualité pour préserver la stabilité
psychique aussi bien des patients que de thérapeutes.
Le cadre fonctionnera de cette manière dans
la mesure où il est institué comme espace
médiateur et ne reste pas ankylosé,
à part ce qui arrive dune façon
factuel aux alentours. Dans ces conditions, limportance
de la consistance et de la stabilité des règles
établies dans le setting et les normes surgissant
du cadre entre en jeu, au moyen de critères
qui émergent dune conception claire de
la tâche analytique, contrairement à
la rigidité et lindiscrimination produit
de tendances obsessives, camouflées sous le
titre: « ce que lon doit faire »,
basées sur une imposition surmoïque.
Je prétends insister aussi bien sur limportance
des règles du cadre que sur le déploiement
de lactivité psychanalytique avec une
importante fréquence de séances. A mon
avis, celles-ci ne sont pas un caprice professionnel,
mais des facteurs importants pour le déploiement
de lactivité clinique quotidienne.
J'estime que la consistance et la solidité
du cadre est ce qui permettra de déployer la
plasticité psychique, en opposition à
ceux qui proposent adapter lextension ou fréquence
du cadre à partir de ce qui émerge du
psychisme du patient. En plus de cette position, et
produit de la même conception, je propose dêtre
extrêmement prudents et sensibles à ce
qui nous impose la réalité du monde
externe quant elle devient disruptive.
Les guerres se caractérisent par limplosion
disruptive dans le psychisme et chez certains patients
son produit est le déploiement de pathologies
du traumatique dans ces nombreuses variantes. (Lifton,
R. 1979; Käes, R. 1979; Kijak, M. 1985; Krystal,
H. 1988; Crocq, L. 1993, 1996).
Dans les deux exemples cliniques, nous pouvons voir
comment le cadre a fonctionné comme espace
transitionnel. Dans le cas de Meir, il a pu offrir
la possibilité de soutenir labordage
et la préservation de la subjectivité,
permettant lélaboration de lidiosyncrasique,
à différence du commun et généralisateur
que lui présentait la situation de combattant.
Dans le cas de Dalia, lanalyste se postule dans
le cadre comme la personne qui pourra apporter sa
propre lecture de la réalité comme une
dimension supplémentaire, tout en tenant compte
quelle est subjective, partielle et relative,
pour préserver le patient et aussi éviter
que lirruption de lexterne dénature
la possibilité de continuer à élaborer
les contenus inconscients pour éviter ainsi
ce genre dattitudes destructives.
Le champ psychanalytique
Le champ psychanalytique est un concept proposé
par Baranger, qui nous permet de souligner la particulière
trame consciente et inconsciente qui se tisse entre
patient et thérapeute. (Baranger, W. 1993).
En situations de guerre, terrorisme et catastrophes
sociales, la menace est partagée entre patient
et thérapeute, ce que Puget et Wender ont appelé
« Mondes superposés », (Puget,
J. 1982). Dans ces situations, le thérapeute
doit trouver des cadres de contention suffisamment
solides pour pouvoir aborder et élaborer ses
propres menaces. (Benyakar, M. 2001 a).
Le déploiement des capacités de contention
et holding devient difficile quand nous, les analystes,
nous nous trouvons face aux même menaces que
nos patients.
Dans le champ analytique, le thérapeute ne
peut pas rester en marge de limpact du monde
qui lentoure, aussi bien sur le plan social
que culturel ou économique. (Benyakar, M. 2001
c).
Ceci augmente encore davantage en situations disruptives.
Interpréter la peur de lanthrax, de la
variole, de se retrouver au chômage dun
jour à lautre, simplement comme produit
de lintra psychique, est une façon de
ne pas aborder les propres capacités de notre
psychisme, au niveau inconscient ou conscient, dassimiler
ce qui se passe. Lutilisation excessive et non
discriminée de la causalité intra-psychique
est une façon déviter laffrontement
avec lapparition du « radicalement
nouveau ». (Krakov, H. 2001).
De cette façon nous voyons comment, dans le
champ analytique, sélaborent les angoisses
et les anxiétés qui émergent
comme produit de la situation que nous sommes en train
de vivre.
La guerre, le terrorisme et les catastrophes sociales
affrontent le cadre thérapeutique avec lapproche
et lélaboration de lexpérience
(Erlebnis) et de lexpérimentation (Erleben)
traumatique. (Benyakar, M. 1998 b)
Il est hors de portée de ce travail de traiter
ce sujet avec la spécificité et profondeur
quil mérite comme je lai fait dans
des travaux précédents. Je ne préciserai
que quelques points qui me semblent importants de
mentionner. (Benyakar, M. 1989, 1996 b, 1999 a, 2000
a, 2001 b)
Jestime que dans la clinique nous abordons
le traumatique à partir de lexpérientiel
(Erleben), cest-à-dire le fait que le
psychisme se soit retrouvé désarmé
à sopposer à une situation disruptive,
se produisant un effet qui interfère dans le
processus de représentation ou de métabolisation.
Ce nest pas labordage des faits, ni le
fait de donner de la causalité à ceux-ci,
ce que nous abordons dans ces situations, mais une
altération de la capacité de traitement
psychique, caractérisé par limpossibilité
de cristalliser leffet central du psychisme :
« lexpérience (Erlebnis) ».
A la suite de Freud, nous lavons défini
comme larticulation entre laffection et
la représentation. (Benyakar, M. 1999 a)
Justement, ces facteurs du monde externe doivent
être pris en compte afin de pouvoir élucider
de façon plus précisément les
modalités dans lesquelles le psychisme élabore
les événements. Lune des formes
pathologiques de ce traitement est lexpérience(Erlebnis)
traumatique. (Freud, S. 1926 ; Ferenczi, S. 1933 ;
Winnicott, D. 1974; Fain, M. 1992; Botella, C. 1992
a; Benyakar, M. 1998 b)
Ceci nous amène à limportance
de conceptualiser et de développer une psychanalyse
qui souligne lélaboration du traitement,
comme lont si bien formulé Sara et César
Botella dans leurs travaux. Sous la perspective du
processuel se déploie linterprétation
figurative, à la différence de linterprétation
centralisée dans le causal explicatif, (Botella,
C. 1992b,1997).
Le but de linterprétation figurative
dans ces cas nest pas de mettre en relation
cause effet dans le psychisme, sinon de permettre
la suite et le déploiement de la capacité
de représentation inhérent au psychisme
et qui se voit affecté par leffet du
traumatique. (Freud, S. 1950, 1900)
Lexemple de Dalia pendant la guerre nous permet
de voir de quelle façon il faut se mettre en
relation avec les conditions imposées par le
milieu, des situations qui, sans être produit
de la relation analytique, lui appartiennent. Faire
face à limplosion du dehors est ce qui
a permis délaborer le propre, le subjectif,
linconscient et lidiosyncrasique.
Suite à avoir pu soutenir le cadre dans une
situation externe menaçante et déployant
les conditions de holding, (comme dans le cas des
masques à gaz), au moyen de linterprétation
figurative on a permis le commencement de lélaboration
du mode dans lequel son vécu traumatique se
manifestait dans son traitement psychique; cette situation
menaçante devenant inaugurale dans le processus.
Après quelques séances, Dalia a dit :
« je nai pas de mots pour mexprimer,
je ne sais pas comment je pourrais dire ceci ou cela,
je sais que personne ne pourra jamais me comprendre,
je suis fatiguée de détruire tout et
tous, de rester seule dans mon monde ».
Jai pensé quelle me décrivait
une situation de dureté et de dévitalisation.
Alors je lui ai dit que : « je percevais
quelle se sentait comme une montagne de pierre
dans le désert ». Elle a ouvert
les yeux comme si elle était en train de regarder
ce que je lui décrivais et ma répondu:
« non, pas une montagne de pierre, mais
un iceberg de glace ». Je lui ai dit que
je comprenais quelle me marquait une différence
très importante, car la montagne de pierre
se détruit avec des coups, alors que liceberg
de glace fond avec la chaleur ».
Cette façon de mettre les sensations en relation
au moyen des interprétations figuratives est
la façon dont je comprends que la contention
et le holding du cadre permettent labordage
du traumatique. Le déploiement de ce que jai
appelé « interprétation expérientielle»
est la spécification et larticulation
de trois dimensions de linterprétation:
la figurative, la relationnelle et celle de contenue.
Lanalyste et son entourage face à la
guerre, au terrorisme et aux catastrophes sociales
Dans ce genre de situations la psychanalyste naffronte
pas seulement les mêmes menaces que le patient,
sinon, quà son tour, elle est appelée
à prêter un service plus étendu
à la communauté qui lentoure.
(Benyakar, M. 1999 b).
Lobjectif du terrorisme est de produire des
dommages psychiques au moyen de lhorreur et
de la peur, et cest là que les psychanalystes,
nous avons la possibilité daffronter
en profondeur la forme dont le psychisme élabore
les menaces environnantes.
En Israël par exemple, en cas de guerre, tous
les psychanalystes sont appelés à remplir
leurs fonctions dans le secteur de santé mentale.
Dans lune des guerres où nous devions
secourir les soldats sur le champ de bataille jai
appelé cette tâche la passe « Du
Divan aux Pierres ». (Benyakar, M. 1994
b)
Dans ces situations, Le cadre thérapeutique
nest pas seulement un cadre dabordage
de pathologies mais aussi un cadre destiné
à préserver le déploiement des
effets pathogènes disruptifs que ces situations
provoquent. La possibilité de lanalyste
de détecter les qualités menaçantes
environnantes facilite le déploiement de lélaboration
du monde interne, soutenant le subjectif de la continuité
de lêtre. Nous pouvons dire que lune
des fonctions de base du cadre est de permettre le
traitement de lexpérience. (Lezica, A.
2002).
Ces cadres peuvent se développer dans des
cadres différents daprès les circonstances
traversées. Le savoir quil existe un
temps et un espace spécifique pour élaborer
le propre est une autre des qualités que nous
développerons dans le désert. Lespoir
de la rencontre donnant une touche spéciale
à lespérance face à ces
situations où la vie était en jeu.
A mon avis, ceci nest pas ni de la psychanalyse
appliquée, ni une activité différente
développée par un psychanalyste. Dans
ces circonstances, avoir clairement les facteurs centraux
du cadre thérapeutique mont permis de
souligner limportance de trouver un arbre, une
pierre, « un endroit » qui nous
serve de protection afin de pouvoir parler avec les
soldats et élaborer ce quils étaient
en train de vivre à ces moments-là.
Cet arbre est devenu le lieu de référence
différentiel du reste des pierres du désert
qui nous entourait.
Je considère dune grande importance
que les psychanalystes fassent partie des réseaux
daction de Santé Mentale qui se mettent
en place en ces de guerre, de terrorisme et de catastrophes
sociales comme nous lavons fait en Israël
et en Argentine face à lattentat terroriste
qui a détruit le siège de la communauté
juive (AMIA), où les sociétés
psychanalytiques ont rempli un rôle central
dune grande importance dans les soins apportés
aux sinistré. (Benyakar, M. 1994 c, 1998 a,
d, 2001 a)
Elaborer ces situations avec la même profondeur
analytique que dans nos cabinets de travail nest
pas une tâche aisée. Nous devions nous
créer des cadres de contention pour aborder
ces situations, en tenant compte de lessentiel
de notre fonction, préserver la santé
mentale et la capacité délaboration
psychique, aussi bien des thérapeutes que des
patients. La propre analyse, les supervisions, le
groupe de collègues, les instances de linstitution
à laquelle on appartient, sont autant dexemples
de cadres qui serviront de contention aux thérapeutes
pour élaborer ces situations.
Nous devons prendre en considération que nous
nous affrontons aux conséquences de limplosion
du monde externe dans le monde interne. Ce sera possible
dans la mesure où nous aborderons l´abandon
à partir des modes les plus primaires ou originaires
du psychisme. Cest pour ces raisons que le travail
psychanalytique est fondamental dans labordage
de cette problématique.
En plus de cette activité, nous devons préserver
lessentiel de notre travail dans les cabinets
de consultation. Soutenir le cadre analytique comme
réponse consistante, stable et de continuité,
est une façon de faire face à la tendance
du terrorisme à dénaturer tout lentourage
habituel, normal ou quotidien. Cest à
mon avis la manière dont la psychanalyse doit
faire face au disruptif des guerres, du terrorisme
et des catastrophes sociales.
_________
Bibliographie
Agamben, G., (2001) Enfance
et histoire. Essai sur la destruction de lexpérience.
Adriana Hidalgo Editions. Argentine (Espagnol)
Aulagnier, P., (1977) La violence
de linterprétation. Ed. Amorrortu. Argentine.
(Espagnol)
Aulagnier, P.,(1994) Un interprète
à la recherche du sens. Ed. Siglo XXI, México.
(Espagnol)
Baranger W.; Baranger M., (1993)
Problèmes du champ psychanaytique. Ed. Kargieman.
Buenos Aires. Argentine (Espagnol)
Benyakar M., Dasberg H., Plotkin
H., (l982) The Influence of Various Therapeutic Milieus
on the Course of Groups Treatment in Two Groups of
Soldiers with Combat Reaction. Stress and Anxiety,
Vol. 8, Milgram, N.A.; Spielgerberg, C.D.; Sarason,
I.G.; McGraw-Hill International Book Company. (Anglais)
Benyakar M., Kutz I., Dasberg
H., Stern M.J., (1989) The Collapse of a Structure:
A Structural Approach to Trauma. Journal of Traumatic
Stress Vol 2, Nº. 4 (Anglais)
Benyakar, M.; Kretsch, R.;
Baruch, E., (1994a) , Mental Health Work with Gulf
War Evacuees: The Use of a Transitional Therapeutic
Space., Israel Journal of Psychiatry., 31(2): 78-85.
(Anglais)
Benyakar, M., (1994b), Trauma
et Névroses Post-Traumatique: De lexpérience
à la Réfléxion Théorique.
, Actualité Psychologique, 211: 26-32. (Espagnol)
Benyakar, M., (1994c), Le Programme
dassistence aux victimes de Situations de désasatre,
Catastrophe et Situations Béliqueuses. 1ères
Journées de Santé Mentale en Situations
de Catastrophe. Département de Santé
Mentale de lHôpital de Clinicas José
de San Martín, Faculté de Médecine,
Universidad de Buenos Aires. (Espagnol)
Benyakar, M., (1996a), Lexpérience
traumatique. Vicissitudes dans la Clinique Psychanalitique.
Conférence présentée par la catégorie
membre titulaire de lAssociation Psychanalitique
Argentine. (Espagnol)
Benyakar, M., (1996b) Trauma;
La Construction mythique du champ Psychanalytique.
Association Psychanalitique Argentine. IV Symposium
International sur Mythes et leurs milieux dexpression
interprétation psychanalytique et interdisciplinaire.
Buenos Aires, Argentine. (Espagnol)
Benyakar, M., (1997a) Trauma
et stress, perspectives cliniques". Chap. XVI
du livre: Concepts fondamentaux de Psychopathologie;
II Ed. Hector Fischer et collaborateurs. C.E.A. Buenos
Aires. (Espagnol)
Benyakar, M., (1997b) Définition,
Diagnostique et Clinique du Stress et le Trauma Psychiatrique
COM [revue électronique] 1997 Décembre;1(4):
Disponible à: URL: http://www.psiquiatria.com/psiquiatria/vol1num4/art_5.htm
(Espagnol)
Benyakar, M. (1998a) Santé
Mentale des évacués de la Guerre du
Golfe: Les Espaces Thérapeutiques dune
guerre particulière. Monographies de Psychiatrie.
Enero-Febrero de 1998. Año X. Num 1. Pag 14-17.
Madrid. (Espagnol)
Benyakar, M. (1998b) Névrose
Traumatique ou Vivenciar et Expérience
Traumatique. Réflexions Théorico-Cliniques.
Publication Psychanalytique. La peste de Thèbes.
Mai 1998. Buenos Aires. Argentine(Espagnol)
Benyakar, M., (1998c) Agression
et Violence dans le millénaire La chaîne
du Mal. Revue de Psychanalyse. Ed. Asociación
Psicoanalítica Argentina. Tomo LV, No. 4 Octubre-Diciembre,
pp. 875-892. (Espagnol)
Benyakar, M.; Schejtman C.,
(1998d) Santé Mental denfants dans des
guerres, attentats et désastres naturels. Postdata
Revue de Psychanalyse, Ed. HomoSapiens. Fondation
d Etudes Cliniques en Psychanalyse. Année
2 Num. 3, pages.9-20. Bs. As. Argentine.
of the World Psychiatric Association.
Hamburg August 6-11. (Espagnol)
Benyakar, M.; (1999a) LExpérience:
Articulation entre lAffection y la Représentation.
Un défi pour la Théorie de la Technique.
Revue de Psychoanalyse. Ed. Asociación Psicoanalítica
Argentina. Tomo LVI, No. 3, 591-603. Julio-Septiembre
1999. (Espagnol)
Benyakar, M.; (1999b) Disasters
and Catastrophes a challenge for the assistence of
civilian in peace time. XI World Congress of Psychiatry
(Anglais)
Benyakar, M., (2000a) Le traumatique
y le sinistre. Des questionnements théorique
cliniques à propos des menaces. Journal Dept.
Psicosomática de la Asociación Psicoanalítica
Argentina. A.P.A.1.1 pp. 71-77 Mayo del 2000. (Espagnol)
Benyakar, M., (2000b) Agression
de vie y violence de mort. L infans et son milieu.
Disponible en URL: http://www.winnicott.net/patron_esp.htm.
(Espagnol)
Benyakar, M., (2001a) Réaction
de combat . En faisant face à des expériences
traumatiques et au stress. Disponible en URL: http://www.psychoway.com
(Espagnol)
Benyakar, M.; Lezica, A., (2001b)
Lexpérience Traumatique dans la Clinique
Psychoanalytique. Psychanalyse dans la Clinique et
la Pratique actuelle. XXIII Simposium de la Association
Psychanalytique de Buenos Aires, (ApdeBA), Tomo I
pag. 37. Noviembre 2001. (Espagnol)
Benyakar, M., (2001c) A propos
des incertitudes dans le monde actuel. FEPAL 13 de
Noviembre 2001. Montevideo, Uruguay. (Espagnol)
Bion, W., (1965), Transformations.
Basic Books, Publishing Company, Inc. New-York. (Anglais)
Bleger J. (1967) Psychoanalysis
of the psychoanalytic frame.. Int. J. Psychoanal.,
48: 511-519. (Anglais)
Botella , C.; Botella , S.
, (1992a), Névrose Traumatique et Cohérence
Psychique., Revue Française de Psychosomatique.,
2: 25-36. (Français)
Botella , C.; Botella , S.
(1992b), La posicion métapsychologique de la
percepcion et de l irrépresentable. Revista
de Psicoanálisis. Tomo XLIX, N. 3 / 4 Ed. Asociación
Psicoanalítica Argentina. (Espagnol)
Botella, C.; Botella, S. (1997),
Au delà de la Représentacion. Ed. Promolibro.
Valencia. (Espagnol)
Chasseguet-Smirgel J. (1992)
Some thoughts on the psychoanalytic situation. J.
Amer. Psychoanal. Assn., 40: 3 25. (Anglais)
Crocq, L., (1992) Panorama
des séquelles des traumatismes psychiques.
Névroses traumatiques, états de stress
post-traumatique et autres séquelles. Psychologie
Medicale, 24, 5: 427-432. (Français)
Crocq, L., (1993) Le trauma
et ses mythes. Psychologie Medicale, 25, 10: 992-999.
(Français)
Crocq, L., (1996) Critique
du concept détat de stress post-traumatique.
Perspectives Psy. Vol. 35, N 5, Décembre 1996.
(Français)
Etchegoyen, R. H.,(1986), Los
Fondements de la Technique Psychanalytique, Amorrortu
Editeurs.. (Espagnol)
Fain , M., (1992), La Vie Opératoire
et les Potentialités de Névrose Traumatique.
Revue Française de Psychosomatique. 2: 5-24.
(Français)
Ferenczi, S. (1933). Confusion
de langue entre los adultes y l enfant. Oeuvres
Complètes IV. Ed. Espasa-Calpe. (Espagnol)
Freud, S., ([1895] 1950 ),
Project de psychologie A.E., 1. (Espagnol)
Freud, S., (1900), L
Interprétation des rêves. A.E., 4. (Espagnol)
Freud, S., (1915a), Pulsion
et destins de pulsion. A.E., 14 (Espagnol)
Freud, S., (1915b), L
Inconscient. A.E. 14 (Espagnol)
Freud, S., (1915c), De guerre
y mort. Des sujets d actualité. A.E.
14(Espagnol)
Freud, S., (1916-17 [1915-1917]
Conférénces d Introduction à
la psychanalyse. A.E. 15(Espagnol)
Freud, S., (1917 [1916-1917]
Conférences d Introduction à la
psychanalyse. A.E. 16(Espagnol)
Freud, S., (1919) Le sinistre.
A.E. 17(Espagnol)
Freud, S. , (1920), Au délà
du principe du plaisir. A.E., 18. (Espagnol)
Freud, S., (1926 [1925] Inhibition
Symptôme et Angoisse. A.E. 20(Espagnol)
Freud, S., (1930 [1929].Malaise
dans la civilisation. A.E. 21(Espagnol)
Freud, S., (1937) Constructions
dans l analyse. A.E.,23(Espagnol)
Freud, S., (1940 [1938]),Brochure
de psychoanalyse A.E., 23. (Espagnol)
Green A. (1975) The analyst,
symbolization and absence in the analytic setting.
Int. J. Psychoanal., 56: 1-22. (Anglais)
Green, A., (1983). Narcissisme
de vie, narcissisme de mort. Amorrortu (Espagnol)
Green, A., (1993). Le travail
du négatif. Amorrortu Ed., Bs As, Arg. (Espagnol)
Kaës, R., (1979). Crise,
Rupture et Superation: Analyse transitionelle en psychoanalyse
individuelle et groupale. Ed. Cinco. Bs. As. Argentina.
(Espagnol)
Kernberg O. (1980) Internal
World and External Reality. New York: Jason Aronson.
(Anglais)
Kijak, M.; Pelento, M.L. (1985),
Le deuil dans Certains Situations de Catastrophe Sociale.
Revue de Psychanalyse., XII, 4: 798-809. (Espagnol)
Krakov, H., (2001) Personal
Comunication. (Espagnol)
Krystal, H.; Krystal, J. H.,(1988),Integration
& Self-Healing: Affect, Trauma, Alexithymia.,
The Analytic Press, New Jersey. (Anglais)
Lebigot, F., (1999) The advantanges
of immediate and postimmediate care following psychic
traumas. In Emergency Psychiatry in a Changing World.
M. De Clercq, Ed. (Anglais)
Lebigot, F., (2000) La clinique
de la névrose traumatique dans son rapport
à lévènement. (Clinical study
of traumatic neurosis in relation with the traumatic
event). Revue Francophone Du Stress Et Du Trauma.
1(1): 27-31. (Français)
Lezica, A. (2002) Personal
Comunication. (Espagnol)
Lifton , R. J., (1979), The
Broken Connection., Simon & Schuster, N.Y. (Anglais)
Miller, A. (1980) Pour son
propre bien. Racines de l education de lenfant.
Tusquets Ed. (Espagnol)
Ogden T. (1985) On Potential
Space. Int. J. Psychoanal., 66: 129-141. (Anglais)
Puget, J.; Wender, L., (1982)
Analyste et patient dans des mondes superposés.
Psicoanálisis. IV, 3:503-536. (Espagnol)
Reinares, F., (1998) Terrorisme
y antiterrorisme. Ed. Paidós. Barcelona (Espagnol)
Winnicott, D., (1972a).Des
objets Transicionnels et des phénomènes
Transitionnels dans Réalité et Jeu.
Ed. Gedisa. (Espagnol)
Winnicott, D., (1972b). Holding
and Interpretation. Fragment of an Analysis. Grove
Press, New-York. (Anglais)
Winnicott, D., (1974), Fear
of breakdown. Int. J. Psychoanal. 1. (Anglais)
Winnicott, D., (1979 [1947]),
La haine dans le contratransfert. En: Escritos de
Pediatría y Psicoanálisis. Ed. Laia
(Espagnol)
Winnicott, D., (1989 [1968]),
Roots of agression, in Psycho-analytic Explorations.
Ed. Harvard University Press. (Anglais)