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Réponse à B. Penot

I. Introduction

1. Freud en Amérique, par Ellen Sparer

2. La conception intersubjectiviste, par César Botella

II. Le texte en débat

L’intersubjectivité en Psychanalyse, par Owen Renik

III. Le débat

1. Le débat avec Owen Renik, par Bernard Brusset

2. Une dérive phénoménologique, par Christian Delourmel

3. Commentaire critique, par Bernard Penot

4. Commentaire, par Anna Potamianou

IV. Les réponses d’Owen Renik

À Ellen Sparer et César Botella

À Anna Potamianou

À Bernard Brusset

À Christophe Delourmel

À Bernard Penot

V. Consulter le débat

Je reçois heureusement le commentaire de mon vieil ami, Bernard Penot. Il apporte à notre débat un point de vue lacanien que je trouve valable. Je suis tout à fait d’accord avec la définition de la cure psychanalytique proposée par Bernard : un processus d’appropriation subjective de l’expérience vécue. Ceci me semble bien prendre en compte, de manière succincte, la relation entre les dimensions intrapsychiques et intersubjectives dans le travail psychanalytique.

Comme le dit Bernard, je souhaite contester la position de l’analyste qui se situe comme « expert en soi », et dans laquelle le moi de l’analyste est supposé être une référence de réalité. Il est vrai qu’on rencontre cette position parmi les collègues ego-psychologiques aux Etats-Unis. Mais pas seulement parmi eux. Je viens de noter, ci-dessus, un exemple type de cette position, fourni par Delourmel, pas du tout ego-psychologique, qui déclare que je n’ai aucune notion de processus analytique, pas plus que du conflit intrapsychique ou du fonctionnement mental du patient. Ce n’est pas que Delourmel soit en désaccord avec mes notions, c’est plutôt qu’il ne les reconnaît pas du tout. Parce que mes notions ne sont pas en conformité avec les préférences de Delourmel, du coup, pour lui, mes notions n’existent pas !

Bernard parle du concept de Lacan : l’offre de transfert. Cette idée m’intéresse beaucoup et j’aimerais mieux la comprendre. Bien sûr, l’acte de l’analyste doit soutenir le transfert. Bien sûr, la question fondamentale est comment procéder pour mettre en route le processus du [obtenir le] transfert. Et bien sûr, le rôle joué par le désir de l’analyste est fondamental. Nous pourrions dire que les dispositions théoriques de l’analyse et son organisation conditionnent le transfert (je ne voudrais pas banaliser ces éléments en parlant de subcultures psychanalytiques, mais seulement mettre l’accent sur leur construction sociale. C’est dire la manière dont les différentes subcultures psychanalytiques influencent la façon de penser le processus analytique), mais est-il possible de faire complètement la distinction entre ces traits de l’attente de l’analyste et les réactions secondaires produites chez l’analyste par les projections des fantasmes du patient ? N’est-il pas vrai que nous ne connaissons les secondaires qu’à travers les primaires et vice-versa ? (J’hésite à utiliser le concept bien français de l’après-coup).

J’apprécie beaucoup le commentaire du cas d’Ethan fait par Bernard. Je crois que Bernard a raison lorsqu’il décrit un transfert croisé comprenant le mien vers ma mère et celui d’Ethan vers son père ; et, je suis d’accord avec le fait que la manière dont nous nous sommes débrouillés rappelle l’analyse mutuelle de Ferenczi. Je dirais que la différence la plus grande entre le projet de Ferenczi et le nôtre est que Ferenczi voulait analyser deux personnes à la fois, un but impossible et mal conçu. Il [va sans dire] est évident que l’analyse du patient est l’unique but du travail clinique. Je suis heureux que Bernard ait souligné le fait que la réalité qui nous concerne est toujours la réalité (psychique) du patient. Ainsi, lorsque je parle d’un fantasme sans réalité d’Ethan [Nathan], je me réfère à une opinion qu’Ethan s’est faite de son propre éprouvé. Je ne me réfère pas du tout à un jugement que j’aurais fait sur le réalisme d’une pensée d’Ethan [Nathan].