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Dominique Giraudet

masochisme

Michel Mognait

deux concepts

chervet bernard

le sado-masochisme

Marcel Catalan

Un sujet débattu

Claire Maurice

Masochisme(s) différentiel(s)

Michel Mogniat

Les schismes du masochisme

Anne Deburge

Coexcitation et capacité de rétention.

Alain Ksensée

Et l'objet.

Marcel Catalan

Question de sens

 

Les schismes du masochisme

Auteur Michel Mogniat
Email mgtmcl@wanadoo.fr
Écrit le jeudi 13 juin 2002

Je reviens au forum après l’excellente intervention de Bernard Chervet. Certes les différentes expressions pour nommer les phénomènes masochistes mériteraient à être mieux définies. Il est assez ennuyeux d’appeler le masochisme « érotique » ou sexuel, masochisme féminin comme le fit Freud. Mais, l’usage des termes établis, si ambigus et confusionnels soient-il, doit à mon sens, être pour l’instant conservé ; la confusion est déjà assez grande comme ça. Le masochisme « moral » me paraît plus se rapprocher d’une névrose d’échec, il n’est pas vraiment sûr qu’il découle du masochisme érogène, peut être continue-t-on à faire porter cette responsabilité au masochisme érogène par simple commodité.

Mais, et c’est là que l’intervention de B.Chervet est intéressante : re-questionner les sources respectives du sadisme et du masochisme ; opérer un « glissement » n’est pas chose facile, et effectivement on s‘aperçoit bien vite qu‘elle est manifestement impossible, car il existe bien (peut-être devrais-je écrire parfois) une entité sado-masochiste : sadisme et masochisme pouvant exister chez le même individu.
Cette dualité de désirs (être tantôt dominé et tantôt dominant) n’est généralement pas conflictuelle chez le sujet. Il y a quand même gros à parier que l’origine pulsionnelle ou surmoïque chez pareils sujets soit la même. Quid alors de cette différence des origines ?

L’inclusion de la pulsion de mort arrange bien les choses : au dedans le masochisme, au dehors le sadisme ! Mais comment ?
Ce qui ressort du travail de Gilles Deleuze est bien cette différence originaire que R.Roussillon a cité, le philosophe démontre, et là, je pense qu’on peut suivre Deleuze, que la faiblesse du sur-moi est importante chez le masochiste et demeure toute puissante chez le sadique.

Je dois dire que l’exposé de B.Chervet m’a procuré une fausse joie. À la première lecture, tout m’a semblé limpide, mais je n’arrive pas à conceptualiser des termes tels que « régressivité extinctive » « identifications mutuelles » ou « régressivité pulsionnelle » j’en déduis qu’il s’agit là de processus psychologiques par lesquels passe la pulsion ou le désir, ils ne nous indiquent pas la question de l’origine ni celle de la structure du masochisme.

Lors de ma première intervention, j’avais cité des auteurs qui commencent à « dater » sur le masochisme. Un excellent petit ouvrage, réunissant plusieurs auteurs sur le sujet est paru en 2000 au PUF (l’Énigme du masochisme) cet ouvrage qui ne répond en rien sur le masochisme a le grand mérite de poser des questions.
Michel de M’Uzan, qui n’adhère pas à la pulsion de mort, laisse entendre que le facteur constitutionnel occupe une place importante dans le masochisme (page 138);
Pour Maurice Dayan, le masochisme s’ancre dans la bisexualité et la répétition du trauma (Page 81).

À cette heure, le masochisme est envisagé soit comme un facteur constitutionnel, soit une conséquence de la bisexualité, soit comme la résultante de la pulsion de mort, soit encore comme du sadisme retourné contre le Moi. Et ce n’est même pas là une question « d’École » mais d’individus, de conviction personnelles. Nous sommes à peu près tous d’accord pour dire que les « matériaux d’observations cliniques » manquent cruellement, c‘est le cas de le dire !

À mon avis, une question importante se pose : peut-on parler de « processus psychologiques » concernant un phénomène dont l’origine demeure plus que controversée parmi les « spécialistes » ? Mettons même que cette origine soit inconnue ! Cette question d’ailleurs n’en cache-t-elle pas une autre ?

W.Reich, dans « l’Analyse caractérielle » (éd. Payot) consacre tout un chapitre à la thérapie du masochisme (P.231) T.Reïk fait de même dans son ouvrage.
Pour les deux, il faut que l’analyse passe par un retour au sadisme du sujet.
Nous savions, pour reprendre la belle expression de F.Roustang (Elle ne le lâche plus, éd. De Minuit) que le psychanalyste est un psychotique guéri ; le sadique est donc un masochiste guéri, ou à tout le moins en bonne santé !
Je terminerai en paraphrasant le titre de l’intervention de Marcel Catalan ; le masochisme n’est pas un sujet débattu : c’est un Sujet battu !