Lire le texte en plein écranImprimer la pageEnvoyer ce texte par email

 

 

 

Nos collègues de la SPP publient...

Annie Elisabeth Aubert, Régine Scelles (sous la direction de)Dispositifs de soins au défi des situations extrêmes
Laurent Danon-BoileauLa parole est un jeu d’enfant fragile
David ChristianLe mélancolique sans mélancolie
Marie-Claire Durieux, Hélène Parat (sous la direction de), Félicie NayrouInterdit et tabou
André GreenJoseph Conrad : le premier commandement
Philippe JeammetPour nos ados soyons adultes
Thierry Bokanowski (sous la direction de), Florence Guignard (sous la direction de), Daniel Widlöcher (préface de)Actualité de la pensée de Bion
Claude JaninLa honte, ses figures et ses destins
Bianca Lechevalier, Gérard Poulouin, Hélène Sybertz (sous la direction de)Les contes et la psychanalyse
Marie-Rose MoroAimer ses enfants ici et ailleurs
Régine Prat, René Roussillon (préface de)Maman bébé : duo ou duel
Georges Pragier, Sylvie PragierRepenser la psychanalyse avec les sciences
René RoussillonLe jeu et l’entre-je(u)

Autres publications psychanalytiques

Theodor-W. Adorno, Jacques Le RiderLa psychanalyse révisée, suivi de L'allié incommode
Wilfred Bion, Pierre-Henri Castel (postface de)La preuve et autres textes
Graciela Cullere-CrespinL’épopée symbolique du nouveau-né. De la rencontre primordiale aux signes de souffrance précoce
Sandór FerencziLes fantasmes provoqués et leurs dangers
Jean-Pierre GattegnoSur le divan
Jean-Pierre LehmannDéveloppements de la clinique de Winnicott-Avatars des régressions et masochisme féminin
Bernard LempertLe tueur sur un canapé jaune : les rêves et la mémoire traumatique
Patrick Miller, Jacques André, J.-B. Pontalis, Hélène Parat, Françoise Coblence, Jean-Philippe Dubois, Jeffrey MehlmanPassé présent : Dialoguer avec J.-B. Pontalis
Mathilde Saïet, Jacques André (préface de)Femmes et Doudou, L’objet de l’endormissement

Lectures non psychanalytiques

Marika Berges-Bounes (sous la direction de)La relaxation thérapeutique chez l’enfant. Corps, langage, sujet
Hippolyte BernheimDe la suggestion
Alain BottéroUn autre regard sur la schizophrénie
Hélène CixousLe jour où je n’étais pas là
Eve Gardien, Patrick Baudry (préface de)L’apprentissage du corps après l’accident. Sociologie de la production du corps
Maurice GodelierAu fondement des sociétés humaines
Olivier R. GrimMythes, monstres et cinéma,
Irène NémirovskyChaleur de sang
Daniel PennacChagrin d’école
Kate O’RiordanLe garçon dans la lune
D. Yalom IrvinEt Nietzsche a pleuré
 

Dominique Bourdin, novembre 2008
Chronique no12

Chronique par Dominique Bourdin

• Jacques Sédat réédite en deux tomes aux éditions Albin Michel La Chaussée d’Antin de François Perrier, donnant ainsi accès à l’ensemble de son œuvre psychanalytique (Paris, Albin Michel, 2008, 1° tome 649 pages, 2° tome 557 pages. ISBN 978-2-226-17917-3 et 978-2-226-17916-6). Par rapport à l’édition de 1994 parue chez le même éditeur, révisée comme celle-ci par J. Sédat, il faut noter, aux côtés du Séminaire sur l’amour de 1970-1971 qui figure dans les deux éditions, l’ajout de l’important séminaire sur Les corps malades du signifiant. Le corporel et l’analytique (1971-1972) ainsi que de celui de 1973-1974 Double lecture. Le trans-subjectal. F . Perrier s’y intéresse au devoir et à la dette du psychanalyste, appelé à réinventer et à soutenir le contrat freudien, invité, au-delà de ses « maladies professionnelles », à rester « curieux et désirant du sort de sa parole en l’autre ». L’écoute seconde du psychanalyste participe de la position paranoïaque, qui promet et permet la détection du transfert : « j’entends mieux et autrement qu’un autre ce qui, m’étant adressé, ne vise que celui que je ne suis pas ». Dans le cadrage discipliné des temps pour comprendre et des moments de conclure, il s’assume comme hors-je et comme hors-loge, entre le non-lieu et le tenant-lieu.

Aux articles de l’ouvrage de 1994, notamment sur la psychanalyse didactique, le transfert, l’hystérie, l’hypocondrie, la schizophrénie et l’alcoolisme (Thanathol) sont adjoints d’autres textes portant en particulier sur le narcissisme et sur la perversion. A la correspondance entre F. Perrier et Lacan s’ajoutent deux hommages à F. Perrier par Wladimir Granoff et Serge Leclaire.

 

• En écho aux discussions menées avec J.-B. Pontalis, sous le titre Passé/présent, recensées ci-dessus, il convient de signaler les actes du colloque de Cerisy consacré en septembre 2006 à J.-B. Pontalis, à l’initiative de françois Gantheret et Jean-Michel Delacomptée, et publiés sous le titre Le royaume intermédiaire. Psychanalyse, littérature, autour de J.-B. Pontalis (Paris, Gallimard Folio essais, 2007, 501 pages. ISBN 978-2-07-034775-9). Le titre reprend des formulations freudiennes sur l’art et le transfert. « L’éclat d’une modestie » y est décliné en six bouquets, le premier consacré aux manières d’écrire : clairières et limbes, incarnation de fragments d’autobiographie sans totalisation (E. Gomez Mango, C. Lapeyre-Desmaison, J. Roger, D. Suchet). « Des mots et des images » rassemble les propos de P. Bayard, de Laurence Kahn sur la « traduction » du texte freudien, de F. Gantheret sur la Nouvelle Revue de psychanalyse considérée comme une pratique de l’interprétation, ainsi que des réflexions esthétiques de Jean-Claude Rolland (qui souligne notamment la référence à Merleau-Ponty dans l’œuvre de Pontalis) et deJean Clair. « L’un et l’autre ou l’autre de l’un » comporte notamment un texte de Jean-Michel Delacomptée, « Ecrire au lieu du frère », à partir du récit de Pontalis Frère du précédent. Sur le temps, Pontalis lui-même propose de « penser l’intermédiaire » tandis que C. Chabert évoque l’entre-deux de l’attente, et que Jacques André interroge l’absence, le temps et surtout le hors temps. Promenades et lectures achèvent ce parcours, sous la conduite de Gribinski, Grenier, Pennac, Starobinski, Sylvie Germain et quelques autres. De quoi nous faire regretter de ne pas nous être rendus à Cerisy-la-Salle, pour quelques jours de septembre 2006…

 

• Notons la réédition en édition Quadrige (PUF) de deux ouvrages importants : Agonie, clivage et symbolisation de René Roussillon (PUF, 1999, 2008, 245 pages. ISBN 978-2-13-056761-5) consacré aux souffrances identitaires du moi et aux difficultés de la fonction subjectivante. Rappelons la reprise de la notion winnicottienne d’agonie primitive, celle d’altérité interne, de représentation d’absence et l’étude de la symbolisation primaire.

Par ailleurs, sont repris, toujours dans la collection Quadrige (PUF, 2008, 458 pages. ISBN978-2-13-056761-5), les articles de Jean Laplanche réunis sous le titre La révolution copernicienne inachevée (1967-1992) – titre de la 1° édition de 1992 chez Aubier, avant une réédition de 1997 intitulée Le primat de l’autre en psychanalyse chez Flammarion. Laplanche lui-même décrit l’évolution de sa pensée comme une spirale qui s’élargit progressivement de plus en plus par rapport aux textes freudiens qu’il fait travailler. On y voit le contrepoint des livres de cette même période, et l’émergence de plus en plus centrale de l’étrangeté de l’autre comme facteur structurant du psychisme, aux dépens des pulsions, reléguant le biologique comme un hors champ radicale par rapport à la psychanalyse.

 

• Pour terminer, nous pourrions rejoindre Freud, Jung et Ferenczi lors de leur voyage de 1909 aux USA, pour les conférences de Freud à la Clark University éditées sous le titre des Cinq leçons sur la psychanalyse. Ou plutôt pour la période du séjour qui précède ces conférences et les imagine menacées par un sombre complot… Car dans L’interprétation des meurtres (Paris, Panama, 2007, 475 pages. ISBN 978-2-7557-0192-0), Jed Rubenfeld met en scène ce voyage ; Freud et ses compagnons sont accueillis non seulement par Bril mais par un jeune analyste (fictif), Younger, qui tente d’analyser une jeune fille amnésique à la manière dont Freud a analysé Dora, et qui unit ses forces avec celles de l’inspecteur Littlemore pour résoudre l’énigme et démasquer les coupables. Dans ce roman policier assez classique qui ne manque pas de provocation et d’humour, l’auteur se montre critique de la société américaine, sévère pour Jung et Jones, mais fidèle aux positions freudiennes, présentées de façon très pédagogique, quitte à jouer quelque peu avec l’exactitude chronologique (consciemment, car l’auteur s’en explique en postface). On est sensible au plaisir pris par l’auteur à cette reconstitution dramatisée, à la fois rigoureuse et fantaisiste.