66e Congrès des Psychanalystes de Langue Française, Relations d’objet et modèle de la pulsion, Atelier 1
Réflexions sur la formation des analystes d’enfants et d’adolescents
Présidé par Nicole Minazio (SPB Bruxelles) avec Marta Badoni (SPI Milan), Bianca Lechevalier (SPP Caen), Manuela Utrilla Robles (APM Madrid)
L’atelier a été très dynamique du fait du nombre important de participants et des questions qui ont été débattues autour de la complémentarité des formations d’analyste d’adulte et d’analyste d’enfant. Nicole Minazio, qui présidait cet atelier, a introduit différents thèmes de réflexion: Quelle place occupe la formation d’analyste d’enfants et d’adolescents au sein des institutions psychanalytiques ? La psychanalyse avec l’enfant et l’adolescent n’est-elle pas propice à la recherche et à la découverte de nouveaux questionnements métapsychologiques ?
Cette introduction fut suivie des exposés de Marta Badoni, de Manuela Utrilla Robles et de Bianca Lechevalier qui ont traité la question de la formation sous différents angles, puis une large discussion s’est ouverte entre les conférenciers et les participants.
Marta Badoni a ouvert plusieurs champs de réflexion : Est-il utile, et même recommandable, à la formation des futurs analystes de posséder un certain savoir sur la psychanalyse des enfants et des adolescents ? A l’inverse, est-il compatible pour un psychanalyste d’adulte de s’occuper d’enfants et d’adolescents ? Après un bref historique retraçant l’isolement des premières analystes d’enfants et les controverses (Anna Freud et Mélanie Klein) qui ont enrichi la psychanalyse d’adulte tout en laissant la formation de la psychanalyse de l’enfant en dehors des instituts de psychanalyse, Marta Badoni a constaté que le système de communication entre la formation de psychanalyse d’adulte et de l’enfant n’est pas encore trouvé. Posant la question suivante : « Peut on sortir psychanalyste de la chambre des enfants ? », elle a répondu : « Oui, pourvu que l’on entre dans cette chambre comme psychanalyste ».
Manuela Utrilla Robles s’est penchée sur la formation à partir de trois composantes : la formation de chaque individu en tant qu’analyste en formation, le groupe des formateurs et les institutions où la formation est dispensée. Elle pense que ces trois composantes sont incontournables pour penser la place de la psychanalyse d’enfants dans le processus de formation. Elle fait part des particularités de la psychanalyse d’enfants qui ont été énoncées par Annie Anzieu et par Florence Guignard : le cadre, l’écoute - différente selon les cadres - qui peut rester analytique à condition que sa finalité soit d’atteindre la liberté de pensée, l’interprétation et le contre transfert qui sont reliés aussi à la question « d’état » de la présence des parents. Manuela Utrilla a fait part de sa recherche constante de la compréhension de la souffrance narcissique des parents.
Bianca Lechevalier a insisté sur la question des motivations à devenir analyste d’enfant, en parlant des problématiques trop axées sur la réparation avec les risques de clivages et d’idéalisations, et sur la nécessité du plaisir du jeu en s’y impliquant ni trop, ni trop peu pour aider à la symbolisation. La profondeur de l’analyse personnelle est essentielle pour aborder, dans l’analyse d’enfant, la question des angoisses précoces et la dépression du début de la vie. La formation à la communication non verbale est aussi primordiale pour saisir le sens des messages du corps.
La discussion qui a suivi entre les intervenants et les participants s’est trouvée très animée autour du travail nécessaire avec les parents chez qui des parties du moi de l’enfant résident. En lien avec le rapport de Bernard Brusset, la question du fonctionnement en extériorité des enfants et des adolescents a été posée et a trouvé un écho par rapport au fonctionnement en extériorité des parents. La plupart des interventions relatives à la formation d’analyste d’enfant sont allées dans le sens d’un accès à une formation d’analyste d’enfant incluse dans le cursus de formation d’analyste d’adulte
Hélène Suarez Labat (Paris IPP)