Jeudi 11 mai 2000,
« Le face à face psychanalytique »
Jacqueline Schaeffer
Féminin et refus du féminin
Freud, en 1937[1]
, désigne le "refus du féminin"
comme "une part de cette grande énigme
de la sexualité", comme un "roc
d'origine", mais aussi comme un roc
ultime sur lequel viennent se briser tous
les efforts thérapeutiques.
Je ne retiens, ni pour le « féminin »,
ni pour le « masculin », une
définition en termes de "genre".
En effet, ce terme de genre n'est pas une
notion psychanalytique, puisque le propos
de l'analyse n'est pas de l'admettre en
tant que tel, mais de l'interroger en termes
d'investissement narcissique ou objectal,
ou bien en termes d'identifications. Je
définis donc le féminin au sens conceptuel
de l'un des termes d'une différence
qui se construit, et qui est paradigmatique
de toutes les différences : la différence
des sexes.
On ne peut donc parler du seul féminin
en le dissociant du masculin.
Ainsi, je n'utilise pas ce terme au sens
d'un "originaire féminin" de
la sexualité, comme le font Jacques André[2] , ou Winnicott. Tous deux référent
à un "originaire", qui ne se
situe pas au niveau de l'avènement de la
différence des sexes masculin-féminin pour
le sujet, mais au temps des identifications
au féminin maternel ou sexuel de la mère.
J'opte pour les termes de réceptivité
, du côté des soins, de passivité
du côté de la séduction, et de féminité
du côté des identifications. Mais je ne
réserve le terme de "féminin"
qu'au temps de l'épreuve d'altérité de
l'effracteur nourricier de la différence
des sexes, inaugurée dans le conflit oedipien,
mais qui se réalise pleinement dans la
relation sexuelle de jouissance. Et je
différencie le féminin , intérieur,
invisible, et la féminité , visible,
qui fait bon ménage avec le phallique,
celle du leurre, de la mascarade, et qui
rassure l'angoisse de castration, aussi
bien celle de l'homme que celle de la femme.
Pourquoi le féminin ?
Si, face aux difficultés et échecs rencontrés
dans le travail analytique, Freud éprouve
le besoin de théoriser un « roc »,
celui du « refus du féminin »,
un nouvel écueil, un Scylla après le Charybde
de la pulsion de mort, c'est, à mon sens,
une sorte de repentir, une manière de réintroduire
du sexuel, de restituer à la pulsion sexuelle
la capacité démoniaque qu'il lui avait
ôtée, de lui redonner la même polarité
disruptive qu'à la pulsion de mort.
Mais, pourquoi le féminin?
Pour tenter d'y répondre, j'ai formulé,
dans Le refus du féminin [3], plusieurs hypothèses.
Féminin et différence des sexes
Une première hypothèse est que ce fameux
roc est refus de ce qui dans la différence
des sexes s'avère être le plus étranger,
le plus difficile à cadrer dans une logique
anale ou phallique, à savoir le
sexe féminin.
Rappelons que Freud décrit le développement
de la psychosexualité à travers trois
couples : actif/passif , au stade
sadique-anal ; pénis universel/pénis
châtré , au stade phallique ; et enfin,
le couple masculin/féminin , lors
de la puberté, au stade dit génital.
Si l'actif-passif désigne un couple d'opposés
ou de polarités, le phallique-châtré un
fonctionnement par tout ou rien, seul le
couple masculin-féminin désigne une véritable
différence : la différence des
sexes .
Cependant, les formulations que Freud utilise
expriment à quel point ce "génital"
se détache difficilement des précurseurs
prégénitaux. Le vagin est "loué à
l'anus", selon l'expression de Lou
Andréas Salomé, reprise par Freud, en 1917
[4] . Le pénis est assimilé à la "verge
d'excréments". Le sexe féminin se
définit en fonction du pénis, comme une
annexe : "le vagin prend valeur comme
logis du pénis". Et quand Freud parle
de l'homme de la relation sexuelle, il
en parle comme d'un "appendice du
pénis".
Après avoir posé la différence des sexes,
Freud la remet en question. En 1937, un
quatrième couple surgit : bisexualité/refus
du féminin dans les deux sexes .
Il importe de remarquer que tout autant
le nouveau couple que chacun des termes
de ce couple, pris séparément, renvoient
à une négation de la différence des
sexes :
- d'une part, le refus du féminin
est refus, je le répète, de ce
qui est le plus difficile à cadrer
dans une logique anale ou phallique.
Un sexe féminin invisible, secret, étranger
et porteur de tous les fantasmes dangereux.
Il est inquiétant pour les hommes parce
qu'il leur renvoie une image de sexe
châtré qui leur fait craindre pour leur
propre sexe, mais surtout parce que
l'ouverture du corps féminin, sa quête
de jouissance sexuelle et sa capacité
d'admettre de grandes quantités de poussée
constante libidinale sont source d'angoisse,
pour l'homme comme pour la femme.
- d'autre part, autant la bisexualité
psychique a un rôle organisateur
au niveau des identifications, particulièrement
dans les identifications croisées du
conflit oedipien, autant le fantasme
de bisexualité, comme la bisexualité
agie, constituent une défense vis à
vis de l'élaboration de la différence
des sexes au niveau de la relation sexuelle
génitale.
Il semble donc que l'accession à la distinction
des sexes ne constitue pas une plateforme
de stabilité et de sécurité, et qu'il soit
possible, ce que je fais , de prétendre
que ce que Freud désigne comme roc, c'est
celui de la différence des sexes .
J'ai soutenu l'idée que c'est un "travail
du féminin", et un "travail
du masculin" qui assurent l'accès
à la différence des sexes et son maintien,
toujours conflictuel, et qui donc contribuent
à la constitution de l'identité psychosexuelle.
Celle-ci reste cependant instable, car
il s'agit d'un travail constant, et constamment
menacé de régression à l'opposition actif-passif
ou au couple phallique-châtré, qui soulagent
tous deux le moi en "exigence de travail"
face à la poussée constante de la pulsion
sexuelle.
Si, comme le dit Simone de Beauvoir, on
ne naît pas femme on le devient, je dirai
que le féminin, comme le masculin, au niveau
génital, ne sont pas chose acquise lors
de la puberté, comme le dit Freud, avec
la réalisation des premiers rapports sexuels,
mais sont une conquête incessante, liée
à la poussée constante libidinale. En effet,
ce ne sont ni les transformations corporelles
ni l'excitation sexuelle vécues au moment
de la puberté qui élaborent la différence
des sexes masculin-féminin, au niveau de
l'appareil psychique. Il faudra attendre,
comme la femme l'attendra, l'"amant
de jouissance" pour que le "féminin"
génital soit arraché au corps de la femme.
Il y aura là véritablement une expérience
de différenciation sexuelle, de création
du "féminin", qui donne enfin
au moi la possibilité d'introjecter selon
la poussée constante pulsionnelle dans
la sexualité .
Féminin et grandes quantités pulsionnelles
Une deuxième hypothèse : c'est du côté
du "féminin" que se retrouve
le plus inévitablement ce qui définit contradictoirement
la pulsion sexuelle : d'être à la fois
ce qui nourrit et effracte le psychisme
.
La théorie freudienne à laquelle je me
réfère est une théorie pulsionnelle, celle
de la libido, et du conflit qu'elle
pose au moi . Elle postule un trajet
: celui d'une excitation interne inévitable,
qui, depuis sa source corporelle jusqu'à
son but qui est la recherche de satisfaction,
se psychise en devenant pulsion. "Sur
le trajet de la source au but, la pulsion
devient psychiquement active", écrit
Freud, en 1933
[5] . Si l'excitation ne parvient pas
à se psychiser en pulsion, ou si la pulsion
se dégrade en excitation, nous assistons
à l'émergence de troubles dit "psychosomatiques",
à des pathologies addictives, à des agirs,
etc..
La pulsion sexuelle, la libido, a un caractère
essentiel, celui qui la nomme : la poussée
constante . Cette poussée est arrachée
, par extraction violente, à partir et
à l'encontre des poussées périodiques
de l'instinct. "La pulsion est une
excitation pour le psychisme", écrit
Freud, en 1915[6]
, " (elle) .. n'agit jamais comme
une force d'impact momentanée, mais toujours
comme une force constante "
, et, en 1933[7] , il ajoute : "une force constante.. (à laquelle) l'individu
ne peut pas se soustraire par la fuite...
C'est de cette poussée qu'elle
tient son nom de pulsion".
Jacques Lacan y insiste[8]: "La constance de la poussée interdit toute
assimilation de la pulsion à une fonction
biologique, laquelle a toujours un rythme...
La pulsion n'a pas de montée ni de descente.
C'est une force constante".
Le fait que la pulsion pousse constamment,
alors que le moi est nécessairement périodisé,
temporel, lui impose, dit Freud, une "exigence
de travail". C'est ainsi que le « moi »
se différencie du « ça », que
l'excitation devient du pulsionnel, que
la génitalité humaine se différencie de
la sexualité animale, soumise au rut et
à l'oestrus , et se transforme en
psychosexualité à poussée constante, fait
humain majeur.
Le signal de l'apparition de la poussée
constante sexuelle dans le moi, c'est d'abord
l'angoisse. Le moi "n'est pas
maître en sa demeure". Envahi par
la libido, il la ressent comme un "corps
étranger interne". Dès les origines
de la vie, le moi est obligé à l'angoisse,
parce qu'il n'a pas le choix : c'est ce
qui l'effracte qui va le nourrir.
A la différence du besoin, lequel peut
être satisfait par une "action spécifique",
appropriée, dit Freud, la libido par nature
ne peut jamais l'être. "On devrait
envisager, écrit Freud en 1912
[9] , que quelque chose dans la nature
même de la pulsion sexuelle ne soit pas
favorable à la réalisation de la pleine
satisfaction !" . Se déclarer satisfait
d'un objet d'amour ou de sublimation,
c'est le travail du moi.
C'est la poussée constante libidinale qui
définit l'humain, et le désir. Si la pulsion
venait à être satisfaite, par l'arrêt du
défilement incessant des quantum d'affect
le long des chaînes de représentations,
"un peu comme une charge électrique
à la surface des corps", écrit Freud
, pourquoi continuerait-elle à pousser,
que deviendrait le désir ?
C'est la difficulté de théoriser le sexuel
féminin, par l'inévitable poussée constante
de grandes quantités libidinales, qui inspire
à Freud la notion d'un "refus du féminin"
indépassable, sous l'aspect de l'envie
du pénis ou du refus de la passivité homosexuelle.
Ce que Freud, en effet, ne théorise pas,
c'est ce qu'il en est des grandes quantités
d'excitation non liées lorsqu'elles
sont admises dans le moi sans effraction
traumatique , sans sidération du moi, c'est
à dire avec une effraction nourricière.
C'est là que se situe le pôle de l'introjection
des grandes quantités libidinales coûte
que coûte, dont le féminin libidinal
génital est une des formes de réalisation.
C'est là que se situent également les "angoisses
de féminin". Les théories freudiennes
de l'angoisse ne permettent pas de penser
le "féminin".
Et pourtant, Freud, toujours plein d'intuitions,
n'écrivait-il pas à Fliess, en novembre
1899 : "Je ne sais encore quoi faire
de la +++ féminine, ce qui me rend méfiant
à l'égard de tout l'ensemble" ?
Féminin et génital
Une troisième hypothèse est que Freud induit,
par ce terme de roc, un point de vue
pessimiste sur la sexualité ,
et qui désigne, sans le dire explicitement,
aussi bien l'impuissance sexuelle que celle
de l'analyste à y remédier.
En effet, Freud estime que la femme en
resterait rivée à son envie du pénis -
ce qui n'est pas faux, pour une part -,
et l'homme à son angoisse homosexuelle
d'être pénétré. Je dirai qu'il s'agit,
dans les deux cas, d'une défense prégénitale
contre l'angoisse de pénétration
génitale. Celle d'un vagin qui doit
se laisser pénétrer ou qu'il
s'agit de pénétrer par un pénis
libidinal. Il s'agit donc bien encore de
la différence des sexes, au niveau de la
relation sexuelle elle-même.
J'ai différencié un "refus du féminin",
roc dépassable, qui cède et va vers l'ouverture,
celle qui est nécessaire à la pénétration
et à la jouissance sexuelle, et un "refus
du féminin", roc indépassable, qui
ne négocie pas, fermeture coûte que coûte
au pulsionnel et à l'étranger, et qui conduit
à la frigidité dans les deux sexes. Notre
thèse est que plus le moi admet de pulsion
sexuelle en son sein, plus il est riche,
et mieux il vit.
Le féminin érotique et la relation sexuelle
de jouissance constituent la représentation
incontestablement la plus refoulée, la
plus "taboue", même chez les
analystes, lesquels sont plus à l'aise
sur le terrain de la sexualité infantile,
toute scandaleuse qu'elle soit.
"L'étude de l'acte sexuel m'a préoccupé,
écrit Freud à Fliess, en octobre 1895.
J'y ai découvert la pompe à volupté...
ainsi que d'autres curiosités, mais motus
là-dessus pour le moment !".
Ailleurs, en 1915[10] , Freud écrit : "il est incontestable que l'amour sexuel
joue dans la vie un rôle immense et la
conjonction, dans les joies amoureuses,
de satisfactions psychiques et physiques
constitue l'un des points culminants de
cette jouissance. Seule la science se
fait encore scrupule de l'avouer"
(je souligne) .
C'est dans cette relation sexuelle de jouissance
que se crée le féminin érotique génital,
le féminin le plus accompli de la femme,
ainsi que le masculin de l'homme .
Les trois « effracteurs nourriciers »
coûte que coûte
Nous avons proposé, avec Claude Goldstein [11] , un trajet de la psychosexualité
qui passe par trois effracteurs nourriciers,
coûte que coûte. Ce sont trois épreuves
de réalité , majeures, inévitables
, structurantes. Et qui imposent une
évidence : que le moi n'est vraiment « pas
maître en sa demeure ».
Le premier effracteur nourricier , c'est
la poussée constante de la libido.
Le deuxième, c'est l'épreuve de la différence
des sexes , et ses exigences de réalité.
C'est celui qui arrachera violemment le
pénis et le vagin aux modèles prégénitaux.
C'est dans la différence des sexes que
la poussée constante est le plus au travail.
Le troisième effracteur, c'est l'amant
de la relation sexuelle de jouissance
: celui qui crée le "féminin"
génital de la femme, préparé par les deux
précédentes épreuves, et qui réélabore
en après coup toutes les figures antérieures
de l'étranger effracteur et nourricier,
pulsionnel et objectal, et celle du père
oedipien.
A chacun de ces moments se remet au travail
la lutte inévitable, nourricière et constituante,
entre le moi et la pulsion .
La triple solution et les trois pôles
du moi
Si le moi est nécessairement effracté par
la poussée constante, il ne peut être régi
constamment par elle. Il faut bien
qu'il vive, qu'il dorme, qu'il pense et
qu'il s'organise.
Le moi a pour fonction de tranformer la
poussée constante en poussées périodiques.
Il introduit la temporalité, la rythmicité.
Il peut s'organiser pour ne rien percevoir
consciemment de cette poussée constante
qui le violente, ou pour la ressentir le
moins possible, au moyen de ses mécanismes
de défense, lesquels, pour Freud, sont
des destins pulsionnels, mais qui sont
davantage contre-pulsionnels, utilisant
l'énergie de la poussée constante pour
la canaliser ou la contrer. La poussée
constante libidinale n'est pleinement perceptible
que lorsqu'elle échappe au contrôle du
moi, par exemple dans la passion jalouse,
dans la jouissance sexuelle. Elle est
également perceptible, sous son seul aspect
de poussée constante, mais déqualifiée,
délibidinalisée, par exemple dans la passion
envieuse, d'emprise, de pouvoir ou de destructivité,
dans les addictions, dans la frigidité
coûte que coûte, etc..
Le moi doit donc se périodiser ,
en transformant, fractionnant, triant,
qualifiant, temporisant cette poussée constante.
Il peut se laisser ouvrir à la pulsion
un peu, beaucoup, à la folie ou pas du
tout, selon une triple solution, toujours
combinée :
- au pôle du moi que nous nommons « anal »,
il en accepte une partie et négocie
: c'est la solution névrotique ,
celle du refoulement secondaire. La
fonction de l'analité produit du lien,
qui doit au fonctionnement sphinctérien
la capacité d'ouvrir et de fermer le
moi à la pulsion et à l'objet.
- au pôle que nous nommons « fécal »,
le moi se refuse coûte que coûte et
se ferme à l' invasion pulsionnelle
: c'est la solution répressive
, celle du déni, de la haine de la pulsion.
C'est une analité coûte que coûte, qui
ne négocie pas, et donc perd sa fonction
anale de sphinctérisation [12] , en se solidifiant, en se
rigidifiant, en refusant de se démettre.
Si ce pôle est prédominant, le travail
du négatif à base de déni, de clivage,
de forclusion, la dégradation de la
pulsion en excitation, la fécalisation
de l'objet sont prévalents. Les stratégies
de défense sont davantage celles de
survie, de maintien de la cohésion narcissique
et identitaire.
- au pôle que nous nommons « libidinal »,
le moi s'ouvre et se soumet coûte que
coûte : c'est la solution introjective
. Le moi, dans certaines expériences,
peut se défaire, et admettre l'entrée
en lui de grandes quantités de libido.
Cela lui permet de s'abandonner à des
expériences de possession, d'extase,
de perte et d'effacement des limites,
de passivité, de jouissance sexuelle.
S'il y a un lieu où l'entrée de la poussée
constante dans le moi peut être perçue,
se déployer et être vécue comme une expérience
enrichissante c'est dans la relation sexuelle
de jouissance, dans l'arrachement de la
poussée constante libidinale à la poussée
périodique de l'instinct et du besoin.
La cocréation du féminin et du masculin
adulte, et la jouissance sexuelle font
partie de ces expériences mutatives, qui
provoquent des remaniements de l'économie
psychique , et enrichissent le moi
de représentations riches d'affects.
La relation sexuelle génitale
Le "féminin" de la femme réside
dans le dépassement, toujours à reconquérir,
d'un conflit constitutif, qu'elle le dénie
ou non, de la sexualité féminine. «
Che vuoi ? » La femme
veut deux choses antagonistes. Son
moi déteste, hait la défaite, mais son
sexe la demande, et plus encore, l'exige.
Il veut la chute, la défaite, le "masculin"
de l'homme, c'est-à-dire l'antagoniste
du "phallique", théorie sexuelle
infantile qui n'existe que de fuir la différence
des sexes, et donc son "féminin".
Il veut des grandes quantités de libido
et du masochisme érotique. C'est là le
scandale du "féminin".
Autant, dans les domaines social, politique
et économique, le combat pour l'égalité
entre les sexes est impérieux et à mener
constamment, autant il est néfaste dans
le domaine sexuel, s'il tend à se confondre
avec l'abolition de la différence des sexes,
laquelle doit être exaltée. Du fait de
l'antagonisme entre le moi et la libido.
En effet, tout ce qui est insupportable
pour le moi est précisément ce qui contribue
à la jouissance sexuelle : à savoir l'effraction,
l'abus de pouvoir, la perte du contrôle,
l'effacement des limites, la possession,
la soumission, bref, la "défaite",
dans toute la polysémie du terme.
L'énigme féminine se définit ainsi : plus
elle est blessée plus elle a besoin d'être
désirée ; plus elle chute, plus elle rend
son amant puissant ; plus elle est soumise,
plus elle est puissante sur son amant .
Et plus elle est vaincue, plus elle a de
plaisir et plus elle est aimée. La défaite
féminine c'est la puissance de la femme.
L' « énigme du masochisme »
Ce n'est donc pas un hasard si on retrouve
un lien chez Freud entre cette « énigme
du féminin » et cette autre énigme :
« les mystérieuses tendances
masochistes ». Ce lien n'est que l'effet
du vou de se débarrasser du défilement
incessant des grandes quantités libidinales,
lesquelles ne peuvent être introjectées
qu'à l'aide du masochisme.
J'ai sollicité, à propos de la transmission
de mère à fille, le conte de La Belle
au Bois dormant . Si, comme le dit
Freud, la mère, messagère de la castration,
dit au petit garçon qui fonce, tout pénis
en avant : « Fais bien attention,
sinon il t'arrivera des ennuis ! »,
à la fille elle dira : « Attends,
tu verras, un jour ton Prince viendra ! ».
La mère « suffisamment bonne »,
c'est à dire « adéquate, sans plus »,
est donc messagère de l'attente.
Ce qui consiste à mettre l'érogénéité du
vagin de la fillette à l'abri, sous la
tendre couverture maternelle du refoulement
primaire du vagin, que l'amant viendra
lever, réveiller, révéler. Son corps développera
ainsi des capacités érotiques diffuses
.
Cependant, l'attente est excitation
douloureuse , et son investissement
va mobiliser l'entrée en scène du noyau
d'organisation qu'est le masochisme primaire,
érogène . Le masochisme primaire, nécessaire
à la liaison d'une poussée constante libidinale
trop forte, effractrice et nourricière
pour le moi, permet d'investir
érotiquement la tension douloureuse,
de soutenir l'insatisfaction d'une pulsion
par nature impossible à satisfaire, et
sert de point de fixation et de butée à
la désorganisation mortifère .
Le lien entre l'excitation érotique, la
violence faite au moi, et la douleur de
la perte discontinue de l'objet primaire
maternel inscrit définitivement le désir
sexuel dans cet investissement du rapport
jouissance-douleur , de l'écart de
la satisfaction hallucinatoire du désir
par rapport à l'attente de la satisfaction
réelle, et ceci sous le sceau du masochisme
primaire.
L'infléchissement vers le père
du mouvement masochique permettra
que tout ce qui advient au corps sexuel
de la fille puisse être attendu et attribué
au pénis de l'homme. Le changement d'objet
fera du masochisme érogène primaire, nécessaire
à la différenciation du corps maternel,
un masochisme érotique, secondaire
qui conduira la fille au désir d'être
pénétrée par le pénis du père. La culpabilité
de ce désir odipien amène la petite fille
à l'exprimer, sur un mode régressif, dans
le fantasme d'« Un enfant est battu ».
Ce changement d'objet de l'investissement
de l'attente et du masochisme, cette promesse
de pénétration , c'est la condition
pour que la Belle soit vraiment réveillée
par le Prince Charmant, dans le plaisir-douleur
de la jouissance féminine. C'est alors
que pourra se produire l'effraction-nourricière
de la pénétration par l'amant de jouissance.
S'il advient..
L'apport du masochisme érotique dans la
relation sexuelle subit un contre-investissement,
aussi bien dans la vie quotidienne qu'en
psychanalyse. Pourquoi est-ce si difficile
d'admettre que chaque pénétration soit
une effraction, fût-elle nourricière ?
Et que c'est une épreuve, pour le moi d'une
femme, de chuter, d'être pénétrée par un
étranger ? Cette blessure-là, le sens
populaire la connaît bien, mais dans l'anal :
« Il faudrait me passer sur le corps. »
Freud n'a nié ni la blessure du moi ni
la blessure sexuelle. Il a théorisé des
événements tels que le fantasme de mutilation
du sexe féminin, le sentiment de préjudice,
l'envie du pénis, la blessure de la défloration,
tous sous l'angle de l'angoisse et du complexe
de castration. Mais il n'a pas envisagé
le masochisme dans l'expérience de la relation
sexuelle et dans la jouissance.
J'ai proposé un masochisme érotique
féminin, qui participe au génital
féminin.
Le masochisme érotique féminin
Je m'éloigne de la conception d'un féminin
assimilé à « châtré » ou
à « infantile », pour définir
un masochisme érotique féminin, génital
, qui contribue à la relation sexuelle
de jouissance entre un masculin et un féminin
adultes.
Il s'agit d'un masochisme érotique, psychique,
ni pervers ni agi. Il est renforcé par
le masochisme érogène primaire, et contre-investit,
fait obstacle au masochisme moral. Dans
la déliaison, il assure la liaison nécessaire
à la cohésion du moi pour qu'il puisse
se défaire et admettre de très fortes quantités
d'excitation non liées . Grâce à ce
masochisme érotique, le moi de la femme
peut s'approprier l'arrachement de la jouissance.
Ce masochisme, chez la femme, est celui
de la soumission à l'objet sexuel. Il n'est
nullement un appel à un sadisme agi, dans
une relation sado-masochiste, ni un rituel
préliminaire, mais une capacité d'ouverture
et d'abandon à de fortes quantités libidinales
et à la possession par l'objet sexuel.
Il dit « fais de moi ce que tu veux ! »,
à condition d'avoir une profonde confiance
en l'objet.
L'amant de jouissance investit le masochisme
de la femme en la défiant, en lui parlant,
en lui arrachant ses défenses, ses tabous,
sa soumission. Parce qu'il lui donne son
sexe et la jouissance, donc un plaisir
extrême, et parce qu'il élargit infiniment
son territoire de représentations affectées,
la femme sollicite de lui l'effraction
et l'abus de pouvoir sexuel.
Ce masochisme érotique est donc le gardien
de la jouissance sexuelle . Il est
aussi, comme le dit Freud, le meilleur
« gardien de vie ».
La Belle et la Sphinge
L'amant, à condition que son moi ait pu
se soumettre à la poussée constante libidinale,
va la porter dans le corps de la femme,
pour ouvrir, créer son « féminin »,
en le lui arrachant. Pour cela, il devra
affronter, chez elle, son conflit entre
sa libido et les résistances de son moi
.
Ce « féminin », mystérieux et
dangereux, profondément tapi dans les gorges,
comme la Sphinge à l'entrée de Thèbes,
comment lui arracher ses secrets, ses défenses
et sa soumission ? Comment faire
d'une Sphinge menaçante, « étrangleuse »,
anale (l'étymologie est la même de Sphinx
et sphincter [13] ), une femme libidinale, dont le sexe exige d'être vaincu,
possédé, mais dont le moi, le narcissisme
anal déteste, hait la défaite ? Un
sexe qui dit « ouvre-moi ! »,
tandis que le moi dit « tu ne
m'arracheras rien ! », ou « rien
de ce que je ne veux pas te donner ! ».
Il s'agit de découvrir en la Sphinge, tapie
dans les défenses du territoire de son
moi, l' « âme en peine »[14] . Ame en peine, parce que sexe en souffrance d'être possédé,
sans défenses, appel à la pénétration effractive
de grandes quantités libidinales. Sexe
protégé mais tenu prisonnier par le refoulement
primaire, et par de nombreux refoulements
secondaires, et qui devra en passer par
le masochisme et la soumission à l'homme
pour être libéré, et créé.
Malgré sa résistance, l'effraction par
la poussée constante de la libido s'avère
plus facile pour le sexe de la femme, dont
c'est le destin d'être ouvert. L'ouverture
de son « féminin » ne dépend
pas d'elle, mais d'un objet sexuel identifié
à la poussée constante. C'est la raison
pour laquelle l'accès à sa génitalité est
à la fois plus aisé, parce qu'elle y est
aidée par l'homme, et plus problématique
que celle de l'homme, car la « Belle
au bois dormant » doit rencontrer
son Prince, l'homme de sa jouissance. C'est
ce qui fait de la femme une « âme
en peine », dépendante, davantage
menacée par la perte de l'objet sexuel
que par la perte d'un organe sexuel, angoisse
autour de laquelle se structure plus aisément
la sexualité odipienne du garçon et la
sexualité « à compromis » de
l'homme adulte.
La femme se soumet par amour. Elle ne
peut se donner pleinement sans amour. C'est
pourquoi elle est plus exposée, comme le
dit Freud, à la perte d'amour. C'est ce
qui pose sa dépendance et sa soumission
à la domination de l'homme dans la relation
sexuelle. Mais la jouissance sexuelle,
mêlée de tendresse, apporte un tel bénéfice
de plaisir que l' « âme en peine »
peut devenir une « âme en joie ».
Le travail de féminin
L'amant est à la sexualité de la femme
ce que la pulsion a été pour le moi : l'exigence
d'accepter l'étranger , à la fois
inquiétant et familier. Elle est donc,
malgré elle, contrainte à un travail
de féminin qui consiste :
- à élaborer ses angoisses d'intrusion
prégénitales en angoisses de pénétration
génitale. Le fantasme de viol, très
érotisé, vient souvent marquer le passage
d'un mode d'angoisse à l'autre ;
- à érotiser l'effraction nourricière
de la pénétration, vers la fusion érotique ;
- et à faire de l'introjection du pénis
un après-coup de l'introjection pulsionnelle..
Le masochisme érotique féminin y contribue.
Le double changement d'objet
La domination de l'homme, incontestable
dans l'organisation de toutes les sociétés,
renvoie, du point de vue psychanalytique,
à la nécessaire fonction phallique paternelle,
symbolique, laquelle instaure la loi, qui
permet au père de séparer l'enfant de sa
mère et de le faire entrer dans le monde
social.
Je dirai que l'amant de jouissance vient
aussi en position de tiers séparateur
pour arracher la femme à sa relation archaïque
à sa mère. Si la mère n'a pas donné
de pénis à la fille, ce n'est pas elle
non plus qui lui donne un vagin. C'est
en créant, révélant son vagin que l'homme
pourra arracher la femme à sa mère prégénitale.
Le changement d'objet est un changement
de soumission : la soumission anale
à la mère, à laquelle la fille a tenté
d'échapper par l'envie du pénis, devient
alors soumission libidinale à l'amant.
Depuis la nuit des temps, les hommes doivent
venir arracher les filles à la nuit des
femmes, aux « reines de la nuit ».
La relation génitale, lorsque la jouissance
sexuelle est arrachée à la femme par l'amant,
permet d'accomplir le degré le plus évolué
du changement d'objet, arrachant la femme
à sa relation autoérotique et à sa mère
archaïque et réalisant, grâce à un nouvel
objet, les promesses du père oedipien.
Il s'agit donc d'un double changement
d'objet , celui de la mère prégénitale
au père oedipien, c'est à dire à la mère
génitale, et celui du père oedipien à l'amant
de jouissance.
La promesse du père oedipien, celle de
l'amant de la mère dans la scène primitive
que l'enfant prête au couple des parents,
ne peut être retrouvée et réalisée que
par l'amant de jouissance. C'est ainsi
que la jeune fille, souvent déçue de la
relation réelle des parents, qu'elle a
tant idéalisée dans la construction de
sa scène primitive, pourra dépasser sa
mère oedipienne, et s'en dégager, en se
disant : « je jouirai plus qu'elle ».
Ou elle pourra se dire, dans la logique
de l'enfant substitut du pénis manquant :
« j'aurai autant d'enfants qu'elle,
ou davantage », etc.. Faire de son
compagnon un bon père comme l'a ou comme
ne l'a pas été son père, c'est souvent
le déposséder de sa capacité d'amant au
profit de sa seule paternité.
Le travail de masculin
Le travail de masculin de l'homme
consiste à laisser la poussée constante
s'emparer de son pénis, alors que son principe
de plaisir peut l'amener à se contenter
de fonctionner selon un régime périodisé,
de tension et de décharge. Ce qui, bien
évidemment, ne signifie pas avoir une activité
sexuelle constante, mais la capacité, pour
l'homme, de pouvoir désirer constamment
une femme, avec un pénis libidinal, que
sa peur de sa propre mère archaïque, de
sa propre jouissance ou de celle de la
femme ne conduisent pas seulement à la
décharge ou au retour dans le moi, mais
à la découverte et à la création du "féminin"
de la femme. C'est à dire de se démettre,
pour un temps, du contrôle de son moi.
Et de pouvoir surmonter les fantasmes d'un
pénis qui tend surtout à vérifier sa solidité
dans la relation sexuelle, ou de ne pas
être terrorisé par des fantasmes liés au
danger du corps de la femme-mère.
"Quel est celui qui, au nom du plaisir,
ne mollit pas dès les premiers pas un peu
sérieux vers sa jouissance ?" écrit
Jacques Lacan [15]. J'ajouterai : vers la jouissance
de l'autre?
La terreur profonde, pour les deux sexes,
c'est la proximité du sexe de la mère
dont ils sont issus. Cette avidité de la
poussée pulsionnelle , toujours insatisfaite,
ne peut que terrifier si elle renvoie à
la dévoration, à l'engloutissement dans
le corps de la mère, objet de terreur et
paradis perdu de la fusion-confusion. C'est
pourtant à affronter et à vaincre ces terreurs
que se crée la jouissance sexuelle. Je
cite Freud, en 1912 : "Pour être,
dans la vie amoureuse, vraiment libre et,
par là, heureux, il faut avoir surmonté
le respect pour la femme et s'être familiarisé
avec la représentation de l'inceste avec
la mère ou la soeur". Sic !
Une femme sait quand on la désire constamment,
c'est ainsi qu'elle se sent aimée. Elle
sait aussi qu'une relation sexuelle à poussée
constante ne s'use pas, et qu'elle creuse
de plus en plus son féminin.
La dissymétrie de la différence des sexes
s'enrichit par des identifications. L'homme
va aussi se sentir dominé par la capacité
de la femme à la soumission, à la réceptivité
et à la pénétration. Plus la femme est
soumise sexuellement, plus elle a de puissance
sur son amant. Plus loin l'homme parvient
à défaire la femme, plus il est puissant.
Le « refus du féminin »
quand même
Le génital adulte, tel le rocher de Sisyphe,
est constamment à gravir, à construire
et à maintenir, du fait de la poussée permanente
de la pulsion sexuelle et du désir. Car
le « féminin » est constamment
en mouvement d'élaboration et de régression
vers le « refus du féminin ».
Le « féminin » est toujours à
reconquérir par le « masculin ».
Une énorme part du mystère féminin vient
de l'envie du pénis mêlée au vou d'être
possédée. Le « refus du féminin »,
défense narcissique, ne peut que se réveiller
et reprendre ses droits après la possession,
après la chute.
La reprise narcissique par la femme de
son « refus du féminin » est
un des moteurs de la poussée constante
du pénis de l'homme, qui aura, à chaque
pénétration, à la reconquérir. Cela contribue
à rendre la femme désirable, et à maintenir
le « masculin » de l'homme dans
son désir de conquête, constamment renouvelé,
du « féminin » de la femme.
Pour conclure
La sexualité de jouissance est une création
psychique authentique. Elle n'est
pas seule phénoménologie. Aucun événement
de la vie d'un adulte n'est comparable
à une relation de jouissance, qui est un
des plus puissants moyens de mettre l'humain
aussi directement en contact avec les couches
les plus profondes de la vie psychique,
où règnent souverainement les processus
primaires, d'exalter les antagonismes constitutifs
du psychisme et le masochisme.
Il s'agit d'une épreuve initiatique
, pour un homme comme pour une femme :
celle d'un acte sexuel par lequel la poussée
constante de la pulsion
s'empare de leurs moi, pour en arracher
la jouissance ; celle d'une soumission
à la pulsion et à l'objet érotique ; celle
d'une relation entre un "masculin"
et un "féminin" qui se génitalisent
mutuellement dans leur rencontre, mais
dans une asymétrie constitutive de la différence
des sexes.
C'est, à mon sens, cette expérience d'introjection
pulsionnelle et d'élargissement du moi,
donc intégrative, qui permet de dépasser
l'ordre phallique . Et je me différencie
ici de la thèse de Michel de M'Uzan, selon
laquelle le féminin de la femme ne peut
s'accomplir que par l'intégration du phallique.
Grâce à un travail élaboratif, qui lie
le masochisme érotique au désir et à la
tendresse, le moi de la femme ressort très
renforcé d'avoir trouvé enfin un sexe féminin,
qui jusque là était "loué à l'anus".
Le moi de l'homme se trouve également très
enrichi d'avoir acquis un pénis libidinal,
à désir constant, qui peut l'éloigner des
angoisses d'un "petit objet détachable",
"verge d'excrément" ou pénis
phallique menacé de castration. C'est
cette relation qui crée le vagin et le
pénis de la perte de contrôle dans la jouissance
sexuelle. Il s'agit donc bien d'une expérience
mutative, de réorganisation narcissique
et objectale, à laquelle la psychanalyse
n'a pas dévolu ses lettres de noblesse,
comme au complexe d'Oedipe, que pourtant
elle restructure et prolonge.
La différence des sexes, c'est la première
différence , paradigmatique de toutes
les différences, dit l'anthropologue, Françoise
Héritier. C'est par la sexualité et par
la différence des sexes que le petit être
surgit au monde. Le premier regard posé
sur lui interroge la différence des sexes.
C'est la perception de la différence des
sexes qui pousse l' enfant, comme on le
sait, à une intense activité de pensée,
qui le conduit à élaborer des théories
sexuelles infantiles. La différence sexuelle
fait violence au moi et à son narcissisme,
et c'est cette effraction nourricière qui
participe à la construction non seulement
de la psychosexualité, mais de la pensée.
La pensée c'est la pensée de la différence
.
__________
[1]Freud S. (1937), « L'analyse
avec fin et l'analyse sans fin »,
Résultats, idées, problèmes, II,
Paris, Puf, 1985.
[2]André J. (1994), La sexualité
féminine, Paris, Puf, coll. « Que
sais-je ? »
[3]Schaeffer J. (1997), Le refus
du féminin (La sphinge et son âme en peine)
, Paris, Puf, Coll. « Epîtres ».
Trad. espagnole : El rechazo
de lo feminino (La Esfinge y su alma en
pena), Madrid, Biblioteca Nueva, 2000.
Une traduction anglaise est disponible,
inédite actuellement.
[4]Freud S. (1917), « Sur les
transpositions des pulsions, plus particulièrement
dans l'érotisme anal », La vie
sexuelle , Puf, 1970.
[5]Freud S. (1933), La féminité, Nouvelles
conférences d'introduction à la Psychanalyse
, Paris, Gallimard, Coll. « Connaissance
de l'inconscient », 1984.
[6]Freud S. (1915a), « Pulsions
et destins des pulsions », Métapsychologie
, Paris, Gallimard, 1968.
[7]Freud S. (1933), La féminité, Nouvelles
conférences d'introduction à la Psychanalyse
, Paris, Gallimard, Coll. « Connaissance
de l'inconscient », 1984.
[8] Lacan J. (1964), Les quatre concepts fondamentaux
de la psychanalyse , Paris, Seuil,
1973
[9]Freud S. (1912), « Sur le plus
général des rabaissements de la vie amoureuse ».
Contributions à la psychologie de la vie
amoureuse, La vie sexuelle, Paris,
Puf, 1970.
[10]Freud S. (1915b), « Observations
sur l'amour de transfert », La
technique psychanalytique, Paris, Puf,
1953.
[11][11] Goldstein C. (1995), « Maîtrise
de la pulsion ou maîtrise par la pulsion ? »,
Revue française de Psychanalyse,
1995/3, Paris, Puf. Et Schaeffer J. (1997),
Le refus du féminin (La sphinge et son
âme en peine) , op. cit.
[12]Cf. Schaeffer J., Goldstein C.
(1999), < "Anal" et "fécal".
La contre-pulsion >, Revue française
de Psychanalyse , numéro spécial Congrès,
Paris, Puf.
[13] Étymologie relevée par Grunberger
B., Le narcissisme, Paris, Payot,
1971, p. 326.
[14]Cf. Delcourt M. (1981), Œdipe, ou la légende
du conquérant , Paris, Les Belles Lettres,
Coll. « Confluents psychanalytiques ».
[15]Cf. Laznik-Penot M.C. (1990), La mise en place
du concept de jouissance, Revue française
de psychanalyse , 1990/1, Paris, Puf.