Mercredi 14 mars
2001« Le modèle freudien
de la sexualité infantile, aujourdhui »
Florence Guignard
De l'infantile à la névrose infantile
Introduction
Freud a découvert la sexualité infantile
[1] , au travers des formations défensives
contre celle-ci que sont les théories
sexuelles infantiles [2] . Il a mis en forme le concept de névrose
infantile
[3] , découvert au travers de la méthode
thérapeutique utilisée par le psychanalyste
pour réduire celle-ci, c'est-à-dire :
la cure analytique. Au travers de la répétition
de la névrose infantile, il a observé un
transfert infantile
[4] qu'il a, tout d'abord, considéré
comme un inconvénient de la cure, et qu'il
a ensuite été amené à utiliser afin que
la répétition conduise à la remémoration
et, surtout, à l'élaboration [5] . C'est ainsi qu'il a découvert la forme d'expression
par excellence de la névrose infantile
sous les espèces de la névrose de transfert.
Enfin, au travers de la difficulté qu'il
éprouvait à pouvoir penser sous le regard
de ses patients et dans la perception de
leur motricité, et en référence à ce qu'il
avait écrit en 1895 [6] sur les rapports antagonistes de la motricité et de la pensée
dans l'économie pulsionnelle, il a instauré
le cadre analytique. Ce cadre vise
à permettre le meilleur déroulement possible
de la relation qui va être le support et
l'agent thérapeutique de la cure analytique :
la rencontre analytique.
Dans l'ascèse constituée par l'absence
de communication visuelle, par la réduction
de la motricité grâce au dispositif divan-fauteuil
et par la régularité du moment et de la
durée des séances, le cadre analytique
ne favorise pas seulement l'émergence
de la figurabilité - tant chez le patient
que chez l'analyste - mais également l'émergence
de la régression.
À l'évidence, le cadre externe de la cure
en face-à-face et, a fortiori, celui
de la cure d'enfants, désorganise
notablement les conditions d'émergence
de ces deux paramètres - figuration et
régression. Mais, puisque de tout mal,
il peut ressortir un bien, ce sont précisément
ces apories qui ont conduit certains psychanalystes
à sortir de leur éventuelle frilosité et,
dans le souci de ne jamais perdre de vue
ces deux paramètres centraux du processus
analytique, à devenir plus créatifs quant
aux moyens d'écoute, d'expression et de
communication au niveau préconscient avec
de tels patients. Et, tout naturellement,
ceci leur a permis d'accomplir un progrès
considérable dans l'écoute, l'expression
et la communication avec leurs patients
adultes dans la cure dite classique.
L'Infantile
C'est en réfléchissant à ces questions-là
dans le quotidien de ma pratique avec des
enfants, des adolescents et des adultes,
ainsi qu'au travers de mon activité " en
écoute tierce " de superviseur, que
j'en suis arrivée, en 1996, à mettre en
forme un concept, l'Infantile
[7] , qui a constitué pour moi à la
fois un point d'aboutissement et un nouveau
départ vers des explorations ultérieures.
J'ai commencé par proposer une représentation
de la rencontre analytique comme " une
constellation mouvante de points d'impacts
générateurs de tensions entre deux lieux
virtuels, constitués par l'espace psychique
de l'analyste et celui de l'analysant ".
La rencontre de ces deux espaces - qui
ont chacun, bien entendu, leur organisation
propre, s'effectue sur des points que je
classerai dans deux catégories :
- l'organisation odipienne ;
- la mentalité de groupe
[8] inhérente à tout psychisme
humain.
Dans la rencontre analytique, ces points
d'impact vont devenir fonctionnels.
Sous la fine pellicule consciente de l'alliance
thérapeutique, rencontre de la demande
de l'analysant avec l'acceptation de l'analyste,
l'analysant investira ces lieux
frontières sur un mode transférentiel inconscient
propre au passé.
Qu'en sera-t-il du fonctionnement de l'analyste
dans cette même configuration ? Sa
spécificité professionnelle est faite de
son identité même, puisque c'est sa structure
psychique, et essentiellement son organisation
inconsciente, qui constitue son instrument
de travail. Cette structure psychique va
s'engager dans la rencontre analytique
avec toute sa part d'Inconscient, à la
fois conteneur du passé refoulé, mais aussi
potentiel pulsionnel pour de nouveaux investissements
objectaux et narcissiques.
J'ai présenté ici, il y a deux ans, ma
modélisation de la cure analytique, en
partant du point de vue selon lequel l'Infantile
du psychanalyste peut être considéré comme
un paradigme de la cure analytique, et
en tentant d'examiner ce qui se passe dans
l'Infantile de l'analyste au cours de la
relation transféro-contre-transférentielle.
Ce soir, après avoir rapidement rappelé
les lignes générales de ce modèle personnel,
je vais le mettre en relation avec cet
autre concept, tout à fait classique celui-là :
la névrose infantile.
J'ai postulé que, présent chez tout être
humain, l'Infantile est un. " . étrange
conglomérat historico-anhistorique, creuset
des fantasmes originaires et des expériences
sensori-motrices mémorisables sous forme
de traces mnésiques. ". Il peut être
considéré comme " . le lieu psychique
des émergences pulsionnelles premières
et irreprésentables. " " De cet
'avant-coup', nous ne connaîtrons que les
rejetons représentables, sous la forme
des théories sexuelles infantiles
d'une part, et des traces mnésiques
d'autre part. . Structure de base aux franges
de notre animalité, dépositaire et conteneur
de nos pulsions, tant libidinales ou haineuses
qu'épistémophiliques, l'Infantile est cet
alliage de pulsionnel et de structural
" souple ", qui fait que l'on
est soi et pas un(e) autre. Irréductible,
unique et par là même universel, l'Infantile
est donc bien ce par quoi notre psychisme
va advenir, dans tous les développements
de sa bisexualité psychique organisée par
l'Œdipe. . Aux limites de l'ICS et du système
PCS, l'Infantile est le point le plus aigu
de nos affects, le lieu de l'espérance
et de la cruauté, du courage et de l'insouciance ;
il fonctionne la vie durant, selon une
double spirale processuelle et signifiante,
et l'on peut le retrouver même dans les
pathologies les plus lourdes, à condition
de ne pas confondre celles-ci avec le mode
d'organisation normal de cet Infantile.
Et si, jusqu'à notre mort, il continue
d'agir simultanément au niveau des processus
odipiens secondaires et au niveau des mécanismes
primitifs, c'est bien parce que cet Infantile
humain a en partage la force pulsionnelle
inouïe dont on peut constater le fantastique
déploiement dans le rythme de développement
psychique des premiers temps de la vie
humaine. . Pourtant, l'aspect pulsionnel
n'est pas seul en jeu dans cette tentative
de définition de l'Infantile. Dans sa forme
métaphorique, le concept vaut aussi pour
ce qu'il entraîne avec lui de l'hallucinatoire
et du proto-symbolique, préformes en devenir
permanent dans toutes nos activités mentales.
Une fois dénoués, grâce à la cure analytique,
les points de fixation qui figent dans
une répétition stérile nos modes d'être
et d'avoir, ces préformes vont redonner
leur vigueur et leur efficacité pulsionnelle
sous-jacente aux organisations plus matures,
'donnant le ton' à notre personnalité de
sujet, dans notre fonctionnement habituel
d'adulte. " Au Vif de l'Infantile,
p. 16-17.
Névrose infantile, névrose de l'enfant
Lors du Congrès des Psychanalystes de Langues
Romanes de 1979, Serge Lebovici
[9] , qui en était le Rapporteur, avait
présenté ses vues sur la distinction qu'il
effectuait entre névrose infantile
et névrose de l'enfant. Il soutenait
que, si l'on suivait la Métapsychologie
freudienne et uniquement celle-ci, la névrose
infantile n'était pas un concept qui pouvait
s'appliquer facilement à la psychopathologie
de l'enfant. Rappelant l'existence du noyau
hystérique de la névrose infantile,
il insistait sur la nécessité d'une organisation
du refoulement et, partant, sur les exigences
de l'après-coup. Donnant une importance
première à la reconstruction en
tant que but assigné à la cure analytique,
il avançait l'opinion selon laquelle, si
une pathologie névrotique pouvait bel et
bien exister chez l'enfant, on ne pouvait
cependant parler de " névrose infantile "
stricto sensu chez l'enfant prépubère.
Rappelons brièvement les données du problème :
À partir de son modèle de 1895 sur l'hystérie [10] selon lequel " .l'hystérique souffre
de réminiscences ", Freud confirme,
dès l'année suivante que, pour lui, les
manifestations hystériques avant huit ans
trouvent leur origine dans ce qu'il désigne
comme " . une précocité sexuelle " [11] . Quelques années plus tard, à propos du Petit
Hans, il considère que, dans le registre
des névroses, les hystéries d'angoisse
sont les plus précoces. Elles constituent,
selon lui, les névroses de l'enfance
par excellence [12] . Il ajoutera l'année suivante [13] : ". ce que nous appelons psycho-névroses
doit avoir pour origine une névrose actuelle
infantile ; il faut ajouter :
que celle-ci devienne ou non manifeste ".
À l'occasion du Congrès de 1979, nous avions,
Jean Bégoin et moi-même, écrit une contribution
à la discussion du Rapport de Serge Lebovici,
contribution dont l'argument central visait
à préciser que le noyau de l'hystérie infantile
pouvait être compris en termes de pathologie
de l'identification projective. Nous
appuyant sur les apports de l'École anglo-saxonne,
nous avancions l'idée selon laquelle, alors
que le but de l'identification projective
normale est la recherche du sens
au moyen de la communication, tant
avec autrui qu'avec nous-même et nos objets
internes, dans la névrose hystérique
en revanche, l'identification projective
fonctionne avec des visées d'évacuation
du sens. Du même coup, ce sont les
processus d'identification introjective
qui sont, secondairement, empêchés dans
leur fonctionnement, comme je l'ai développé
plus en détail ultérieurement.
Si je rappelle ici ce débat vieux de plus
de vingt ans, ce n'est pas seulement pour
rendre un très amical et respectueux hommage
à Serge Lebovici, qui fut l'un de mes maîtres
et qui, dès mes débuts avait fait confiance
à mes potentialités en m'adressant des
enfants pour une psychothérapie alors que
je n'étais encore qu'une très jeune psychologue
inexpérimentée.
J'évoque cet échange pour tenter de rendre
compte devant vous des apories auxquelles,
aujourd'hui comme hier, nous confronte
la clinique quotidienne, en ce qui concerne
nos " capacités à penser les pensées "
(Bion).
On sait que la " sorcière métapsychologie "
- comme l'appelait Freud - est issue d'une
réflexion en " après-coup " de
la séance d'analyse, et l'on m'objectera
peut-être qu'il n'est pas forcément utile,
pour le praticien, de se préoccuper d'un
tel travail.
Je pense au contraire que, sans un va-et-vient
continuel entre notre pratique et une réflexion
sur celle-ci, notre appareil à penser
ne peut qu'aller s'étiolant. Dès lors,
nous risquons donc de ne plus pouvoir aider
des patients qui, sous l'emprise de la
douleur psychique, attaquent cet
appareil à penser - le nôtre comme le leur
- car " penser est douloureux ",
comme le rappelait sans cesse le même Bion.
En 1979, la voie métapsychologique indiquée
par des concepts " bi-focaux ",
comme l'identification projective par exemple,
était encore relativement nouvelle en France
en dépit du fait que ce concept avait été
mis en forme par Melanie Klein plus de
trente ans auparavant
[14] et développé par Bion près de
vingt ans plus tôt [15] .
Confrontés à cette mise en forme classique
de la problématique " névrose-hystérie
infantile-remémoration-reconstruction ",
nous avions donc, Jean Bégoin et moi-même,
tenté d'indiquer une voie nouvelle pour
poursuivre le long chemin de la réflexion
sur la métapsychologie. Cette voie était
déjà bien installée à cette époque, par
les travaux kleiniens et post-kleiniens,
notamment ceux de Bion et de Meltzer.
Certes, il en existe d'autres, et tout
psychanalyste qui réfléchit imprime son
propre style à sa vision de la Métapsychologie.
Par exemple, on peut considérer la suite
des recherches remarquables effectuées
par Serge Lebovici sur l'organisation psychique
des tout-petits comme les fruits de son
insatisfaction d'alors : ainsi avance
la pensée humaine, et l'on ne peut que
s'en réjouir.
L'Infantile du psychanalyste en exercice :
interprétations-bouchons et taches aveugles
Après les découvertes freudiennes et kleiniennes
intéressant le fonctionnement psychique
normal et pathologique du patient, les
recherches de pointe en psychanalyse, au
cours de ces cinquante dernières années
ont porté davantage l'accent sur le fonctionnement
psychique de ce " complémentaire "
du couple analytique qu'est le psychanalyste
en séance.
C'est dans cette perspective que je me
suis intéressée, en 1994 [16] , aux " pièges de la représentation dans
l'interprétation ". En développant
cette recherche, j'ai proposé - dans le
premier chapitre du " Vif de l'Infantile "
- le concept de tache aveugle. Que
recouvre ce concept ?
En tant que psychanalystes, nous sommes
habitués à déceler une partie au moins
des résistances contre-transférentielles
qui viennent altérer la qualité de notre
attention flottante. Cependant,
en raison de la configuration de l'Infantile,
nous sommes confrontés à des difficultés
qui ressortissent autant de l'existence
de notre propre ICS que de l'ICS de notre
analysant.
C'est là que le cadre de la cure analytique
vient au secours de notre vigilance. En
effet, au décours de toute analyse et de
toute psychothérapie, d'enfant ou d'adulte,
il s'installe un mode et un rythme de base
spécifique, que l'analyste apprend à observer.
Or, il va se produire inévitablement des
ruptures dans ce rythme. Tant que ces ruptures
seront minimes, l'analyste pourra les refouler,
voire les dénier. Lorsqu'elles seront plus
importantes, il y verra généralement un
mouvement de transfert. Cependant, on peut
aussi considérer celles-ci comme un
mouvement contre-transférentiel.
En tout état de cause, j'ai postulé qu'il
se produisait, dans cette conjoncture tranféro-contretransférentielle,
une rupture de communication qui
se traduisait par un manque à représenter,
une tache aveugle.
Selon ma définition, cette tache aveugle
existe dans le fonctionnement de tout être
humain. Elle est l'expression d'une perte
d'objet interne signifiant, bon ou
mauvais, perte qui survient, en général
dans le décours de la répétition liée
au processus analytique
[17] , sous la poussée de la
force pulsionnelle qui se dégage
de l'Infantile d'un sujet. C'est l'impact
de cette force pulsionnelle sur le système
PCS d'une autre personne, fût-elle analysée
et même psychanalyste, qui est source
d'une excitation non liée. Et c'est cet
impact qui va susciter des taches aveugles
lorsqu'il rencontre, chez la personne en
question, soit des aspects infantiles non-analysés,
soit des rejetons pulsionnels actuels de
son ICS, dont la forme spontanée de surgissement
est, par définition, de l'ordre de l'Infantile.
Lorsque, dans le cadre de la relation analytique,
une tache aveugle survient uniquement chez
l'analysant, on peut raisonnablement s'attendre
à ce que l'analyste la repère et s'en occupe
avec les moyens analytiques qui sont les
siens, au premier rand desquels se trouve
l'interprétation.
Qu'en est-il de la tache aveugle qui
survient chez le psychanalyste en exercice ?
Avec cette question, on rejoint les nombreux
travaux des années soixante et soixante-dix
sur le contre-transfert
[18] , et notamment sur la différence
classiquement établie entre le contre-transfert
au sens étroit du terme - qui intéresse
les difficultés névrotiques propres au
psychanalyste - et le contre-transfert
au sens large - qui intéresse l'ensemble
de la relation de l'analyste et de l'analysant,
y compris dans sa valence d'objet d'étayage.
Le temps qui m'est imparti ne me permettra
pas d'approfondir cet aspect historique
des concepts psychanalytiques. Je me bornerai
à indiquer que, bien évidemment, ma réflexion
sur la tache aveugle est une tentative
de poursuivre la réflexion sur ce sujet
capital.
Donc, j'ai, pour ma part défini cette tache
aveugle comme étant constitutive du
champ de tension suscité, dans le système
PCS de l'analyste, par l'excitation liée
à son écoute.
J'ai fait l'hypothèse d'un double destin
pour cette tache aveugle chez l'analyste :
elle va s'organiser simultanément
en une motion refoulante de cette
excitation et en une préforme cadrante-contenante
pour la cure analytique.
Dans la cure analytique de l'adulte
Quel que soit le membre du couple analytique
chez lequel survient la tache aveugle,
cette dernière installera un vécu
préconscient de perte d'objet qui
sera ressenti dans le champ commun de la
séance. J'ai observé que c'était précisément
ce vécu qui mettait en mouvement, au niveau
inconscient de l'un, de l'autre, voire
des deux protagonistes de la cure, un
processus de figuration apparenté au rêve.
Comme le rêve, ce processus de figuration
pourra être instantanément refoulé ;
il pourra aussi donner lieu à un surgissement
confus d'images avec perte des limites
entre soi et l'autre, l'externe et l'interne,
la perception et l'hallucination. Dans
tous les cas, il appartiendra à l'un des
deux membres du couple analytique, mais
avant tout à l'analyste, de tenter un travail
psychique de décondensation et de figuration
de choses et de mots, en s'aidant si possible
de l'associativité du patient et de la
sienne propre.
C'est donc bien du fonctionnement préconscient
du psychanalyste que dépendra le destin
des taches aveugles surgissant dans la
relation analytique : passage à l'acte
avec la destruction de la situation analytique,
ou refoulement avec gaspillage du travail
analytique, ou encore, utilisation cadrante-contenante
de cette re-connaissance de l'Infantile
en soi et dans autrui, au service du sentiment
d'identité et du développement des capacités
spécifiques du sujet.
Le maintien d'une situation pare-excitante
dans les relations interpersonnelles au
moyen du cadre analytique va présider de
deux façons au destin normal de cette excitation :
pour une part, elle va se lier dans la
sublimation et, pour une autre part, elle
va subir un nouveau refoulement, probablement
étayé d'ailleurs par le clivage. On peut
donc s'attendre à un double impact de l'Infantile
de chacun des deux protagonistes sur l'Infantile
de l'autre.
Dans la rencontre analytique, c'est la
dissymétrie de la situation qui permet,
non seulement de séparer l'un de l'autre
ces deux impacts pour les étudier, mais
également de dénier une partie de la situation
psychique en ne prenant en considération
que l'impact de l'Infantile de l'analysant
sur le psychisme de l'analyste et non l'inverse.
Pourtant, maints éléments de l'Infantile
de l'analysant viennent solliciter spécifiquement
l'Infantile du psychanalyste en séance.
On peut citer notamment :
- l'organisation pulsionnelle infantile,
- les paradoxes de son expression dans
le mouvement transférentiel de l'analysant,
- le poids de l'histoire infantile relationnelle
et identificatoire, qui l'empêche souvent
de reconnaître la spécificité de sa
vie psychique interne et de s'y intéresser,
- l'organisation de sa pensée infantile,
rivée dans la névrose de transfert aux
points de fixation constitutifs de sa
névrose infantile,
- enfin, les éléments traumatiques et
transgénérationnels qui ne manquent
dans aucune situation analytique.
L'analyste aura donc la tâche difficile
d'être simultanément à l'écoute interne
de deux Infantile hétérogènes :
celui que l'analysant projette en lui,
du fait du transfert, et le sien propre,
du fait du contre-transfert. On se trouve
là face à une occasion privilégiée de surgissement
de taches aveugles. Face à ce risque, les
qualités et les caractéristiques de l'Infantile
du psychanalyste vont jouer un rôle capital.
En effet, l'Infantile d'un analysant est
toujours prêt à se mettre au service de
celui ou celle qui représente un objet
d'amour et de dépendance du passé - en
l'occurrence, au service de l'analyste.
Il dépendra alors de la manière dont l'analyste
gère son propre Infantile qu'il utilise
ou non à son profit pulsionnel et narcissique
personnel le point aveugle d'excitation
suscité, dans son psychisme, par l'Infantile
de son analysant.
Dans la cure analytique de l'enfant
Ce que je viens de décrire concerne le
rôle économique des taches aveugles
dans la cure analytique. Qu'en est-il de
son rôle dans la dynamique de la cure ?
C'est en tout premier lieu grâce à mon
activité en " écoute tierce "
des psychanalystes d'enfants que je l'ai
découvert. Et, puisque nous sommes ici
centrés sur la problématique de la psychanalyse
avec des enfants, je vais vous faire partager
un exemple de ma découverte :
À l'une de ses toutes premières séances
de psychothérapie psychanalytique, un petit
garçon de cinq ans manipule un tuyau de
douche dont il manquait la pomme, pendant
un long moment. Son visage reflète un mélange
d'excitation et d'inquiétude, et il ne
parle pas. Puis il demande à aller aux
toilettes. Lorsqu'il revient, l'air soulagé,
dans la salle de psychothérapie, l'analyste [19] lui dit : " Peut-être qu'après
avoir joué avec le tuyau, tu as eu besoin
d'aller vérifier que tout allait bien du
côté de ton zizi. ". Le petit garçon,
très effrayé : " Mais tais-toi !
Ne dis pas de gros mots ! ".
L'analyste : " J'ai dit un gros
mot ? " L'enfant : " Ben
oui ! 'Zizi', c'est un gros mot ! ".
Elle : " Ah bon !.et qu'est-ce
qui arrive, quand on dit des gros mots ? "
Lui : " Tu ne le sais pas ?.quand
on dit des gros mots, on devient sourd ! "
La jeune analyste qui me rapportait ce
fragment clinique est très douée, et elle
s'est critiquée elle-même d'avoir, disait-elle,
utilisé une interprétation trop " plaquée ",
à la limite de la paraphrase. Celle-ci
nous a permis néanmoins d'orienter notre
réflexion commune, tant il est de fait
que la paraphrase est le parasite quasi
universel du discours analytique, aussi
bien dans les récits cliniques que dans
les développements théoriques. Elle constitue
le contenu principal de ce que j'ai appelé
les interprétations-bouchons.
J'ai pu observer que les interprétations-bouchons
survenaient dans la tête de chacun d'entre
nous, analystes d'adultes ou d'enfants,
toutes les fois où nous nous trouvons aux
prises avec notre Infantile dans
une configuration de tache aveugle.
Et c'est là que j'ai découvert que, lorsque
nous sommes pris dans l'une de ces taches
aveugles dont nous ne pouvons pas faire
l'économie, nous sommes presque toujours
en identification projective avec l'un
des objets internes du patient ou,
parfois, avec une partie clivée et déniée
de son Moi. Cette situation psychique de
l'analyste est une réponse inconsciente
au transfert du patient dans le hic
et nunc de la séance. À condition d'en
ressortir, elle nous permet de prendre
la mesure du malaise, voir de la souffrance
intense qui marque de son sceau la relation
de l'analysant avec ses objets internes.
Pour parvenir à ce second " palier "
de compréhension - le premier qui soit
spécifique à la technique psychanalytique
- l'activité psychique du psychanalyste
doit franchir également une autre étape
dans le monitoring de son contre-transfert.
En effet, la difficulté de l'interprétation
réside dans le fait qu'elle mobilise simultanément,
chez l'analyste, tous ses niveaux identitaires
et toutes les formes fantasmatiques d'expression
de ses pulsions, originaires, archaïques
et odipiennes. Toutes les modalités de
son appartenance sexuelle et de sa bisexualité
psychique [20] vont entrer en jeu, telles qu'elles se sont
organisées dans son Infantile et demeurent
toujours actives dans son Préconscient,
sous-jacentes à son fonctionnement psycho-sexuel
adulte.
L'Infantile et la régression dans le transfert
et dans le contre-transfert
C'est ici que l'expérience personnelle
de la cure analytique - l'analyse de l'analyste
- va jouer un rôle majeur, je veux parler
de l'expérience du transfert et
de son interprétation par l'analyste
de l'analyste.
Revenons donc un instant aux différents
courants du transfert :
En 1912, dans La dynamique du transfert
[21] , Freud écrit : " Le
but de l'interprétation de transfert est
de forcer le patient à placer ses impulsions
émotionnelles dans le noud du traitement
et de l'histoire de sa vie, de les soumettre
à la considération intellectuelle et de
les comprendre à la lumière de leur valeur
psychique. Ce combat entre intellect et
vie instinctuelle, entre comprendre et
chercher à agir, se joue presque exclusivement
dans les phénomènes de transfert. C'est
sur ce champ de bataille que la victoire
doit être remportée ".
Il est remarquable que Freud ait étayé
sa thèse de l'universalité de la tendance
au transfert par la description du devenir
de celui-ci en institution. Rappelons
qu'il énumère les destins des différentes
caractéristiques de celui-ci. C'est le
transfert tendre, aspect le plus
élaboré du transfert positif selon Freud,
qui permet l'établissement d'une alliance
thérapeutique avec le patient, tandis
que certains aspects du transfert vont
prendre une fonction de résistance :
le transfert négatif, ainsi que
le transfert positif dans son aspect
érotique. Décrivant le devenir de ces
patients, il note que si le transfert
négatif est prédominant, le patient
quitte l'institution sans s'être amélioré,
voire en s'étant aggravé ; si c'est
le transfert érotique qui prévaut,
le patient demeure à distance de la vie
réelle et s'incruste dans l'institution,
ce qui entraîne, après sa sortie, un échec
de l'amélioration qui avait été constatée
à l'intérieur de celle-ci. On peut donc
lire ici, en filigrane, une préconception
de l'objet interne
[22] , puisque le patient décrit par
Freud va être confronté à la perte des
supports de transfert que constituaient,
pour ses objets internes, le cadre institutionnel,
l'équipe des soignants et les autres patients.
Notons que l'observation de Freud prend
également toute sa valeur en ce qui concerne
les séparations, les interruptions, puis
la fin de la cure analytique individuelle.
Là, c'est le cadre analytique qui, toutes
les fois qu'il disparaît après avoir tenu
lieu de contenant et de pare-excitation,
favorise une nouvelle version des processus
d'identification, projective et introjective,
de l'analysant à ses objets internes, modifiés
par la relation transférentielle.
De plus, Freud annonce dans ce texte sa
découverte de la dimension groupale qui
le conduira à publier Totem et Tabou
[23] quelques mois plus tard. En effet,
les effets destructeurs qui s'observent
dans les dimensions de transfert érotique
et de transfert négatif sont à mettre en
relation avec le niveau groupal du fonctionnement
psychique individuel, tel qu'il a été
développé ultérieurement par W. R. Bion
[24] à partir des écrits freudiens
sur le groupe et la foule.
Mais Freud s'interroge également dans ce
texte sur le devenir des patients en institution
chez lesquels le transfert négatif
prédomine. Il note que ceux-ci s'aliènent
le groupe et que leurs symptômes persistent
ou s'aggravent. Nous savons bien, aujourd'hui,
qu'un transfert négatif qui ne rencontre
que le silence de l'analyste ou une attitude
de soutien non-analytique fait très rapidement
le lit d'une réaction thérapeutique
négative [25] et ce, quel que soit l'âge du patient. La
voie est alors ouverte pour une perversion
du transfert, ultime défense contre l'angoisse
catastrophique
[26] éprouvée par le patient face
aux angoisses inhérentes à tout changement,
notamment économique et développemental.
La lutte se situe, comme le développeront
ultérieurement Ferenczi [27]
[28] , puis Melanie Klein [29] , entre deux parties clivées du Moi du sujet,
sur le terrain des identifications, secondaires,
mais aussi primaires, avec la composante
d'envie que comportent ces dernières.
Or, je voudrais rappeler ici que le
psychanalyste n'échappe pas à la régression
en séance, ne serait-ce qu'en raison
de son écoute qui, pour être " neutre ",
n'en est pas moins " bienveillante ",
c'est-à-dire, en identification projective
normale avec l'analysant, adulte ou enfant,
et les objets internes de celui-ci. Sur
ce point, les différences entre eux deux
proviendront, d'une part, de leurs rôles
respectifs et d'autre part, de la situation
de chacun d'eux au regard du processus
analytique : théoriquement, l'analyste
sera parvenu plus loin dans ce processus
que celui dont il accepte de prendre la
charge. Cependant, et pour reprendre le
débat à propos de la névrose infantile,
toutes les valences, positives comme négatives,
de son propre Infantile sont convoquées
dans son écoute - et lequel d'entre nous
pourrait se targuer d'être exempt d'angoisse,
de haine, de jalousie, voire d'envie ?.
En effet, sans négliger pour autant la
part des conflits infantiles qui auraient
échappé à l'analyse personnelle de l'analyste,
il faut souligner que le travail de
contre-transfert consiste, pour l'analyste,
à se placer régulièrement à l'écoute du
point d'entrée du pulsionnel dans le psychique
tant chez l'analysant qu'en lui-même.
En termes d'Infantile, cela suppose
que le psychanalyste maintienne expérimentalement
son propre Infantile hors du processus
normal de refoulement, afin de repérer
l'impact de l'excitation produite sur son
système PCS par l'Infantile de l'analysant.
On peut l'imaginer, cet exercice va susciter
chez le psychanalyste des défenses constantes
et parfois fort insidieuses. L'une de ses
défenses classiques lui est offerte par
la projection transférentielle sur lui,
des imagos parentales de l'analysant. Mais,
sous cette projection manifeste, se situe
une autre projection, simultanée et latente,
celle d'un Moi faible, dont l'impuissance
infantile va se voir déniée par son contraire,
l'omnipotence infantile. Or, cette
omnipotence constitue un appel de séduction
narcissique sur son homologue, l'omnipotence
de l'Infantile de l'analyste. Sans une
constante analyse de sa position contre-transférentielle
au niveau de son propre Infantile, l'omnipotence
peut infléchir ses choix interprétatifs,
sous le couvert d'une position transférentielle
parentale manifeste.
Ainsi, les éléments narcissiques du transfert
jouent-ils silencieusement leur part au
niveau des fantasmes originaires de l'analyste
et, notamment, dans les identifications
de celui-ci aux différents personnages
de la scène originaire [30] . Il sera alors particulièrement
délicat - et pourtant fort important -
que l'analyste parvienne à distinguer ses
propres représentations fantasmatiques
de celles de son analysant, notamment dans
le jeu subtil des pulsions sadiques avec
les pulsions épistémophiliques [31] .
L'Infantile du psychanalyste sera particulièrement
sollicité dans le domaine des identifications
à l'objet primaire dans sa double valence,
maternelle d'une part, et féminine
sexuelle d'autre part. Confronté à
la découverte de l'altérité et, partant,
à la solitude, il aura recours aux configurations
défensives de la relation en miroir et
à la problématique du double, dans lesquelles
la pseudo identification mimétique cherche
à épargner au Moi le douloureux travail
de deuil lié à la perte de l'objet. L'analyste
risque de projeter cette défense - toujours
renaissante dans l'Infantile de tout être
humain - sur son analysant, à moins que
tous deux ne se retrouvent dans une " communauté
du déni " [32] de leurs identifications projectives mutuelles.
L'illusion d'une complémentarité fusionnelle
idéalisée peut venir masquer, chez l'analyste,
les limites de son savoir et de son pouvoir,
face à l'omnipotence, à la destructivité
ou à l'érotisation qu'il rencontre dans
le transfert de son analysant.
L'Infantile du psychanalyste peut se sentir
en état de résistance face à l'assomption
d'une fonction parentale ou thérapeutique
adoptée dans le transfert par un analysant
nourrisson savant
[33] ; lorsqu'un analysant étalera
ses prérogatives d'enfant préféré de la
mère ou du père, la jalousie fraternelle
ne l'épargnera pas davantage que la rivalité
odipienne ; son polymorphisme - " l'enfant
est un pervers polymorphe " écrivait
Freud dans les Trois Essais. - ne
sera pas insensible aux fantasmes d'inceste,
voire de meurtre de ses analysants.
Conclusion
Du fait de la qualité inconsciente de son
contre-transfert, c'est essentiellement
avec son Infantile que l'analyste investira
la relation analytique. C'est dire que
la projection du conflit névrotique infantile
de l'analysant sur les structures adultes
de l'analyste se double d'un risque permanent
de collusion de l'Infantile de l'analyste
avec l'Infantile du patient. Aux limites
du polymorphisme et de la perversion, c'est
l'espace caractérisé par Freud dès 1905
qui sera le théâtre de ces échanges inconscients
subtils et complexes qui ne sont donc pas
sans effets sur le développement et l'équilibre
de la vie psychique des deux protagonistes
de la cure analytique. La tache aveugle
de ce point d'impact excitateur refoulé
peut resurgir, tant dans les agirs contre-transférentiels
que, de façon déplacée hors du champ de
la relation analytique, dans des agirs
intéressant sa vie personnelle ou dans
des somatisations.
Face à ce tableau qui peut apparaître quelque
peu préoccupant, je rappellerai que, en
revanche, c'est précisément l'attention
portée par l'analyste sur son propre Infantile
qui va, corollairement, pouvoir générer
dans le champ de la relation analytique
une préforme spécifiquement pare-excitante
et contenante des éléments infantiles de
l'ensemble de la relation transféro-contre-transférentielle.
Ainsi, pour le psychanalyste, son propre
Infantile doit-il demeurer un objet d'investissement
particulièrement fort et permanent, faute
de quoi il ne pourrait plus se tenir au
point d'écoute de la névrose infantile
de ses analysants.
Florence Guignard
Square d'Orléans, 13 mars 2001.
__________
[1] FREUD S. 1905 Trois essais sur la théorie de la sexualité,
Gallimard Paris 1962.
[2] GUIGNARD F. 1993 Différence des sexes et théories sexuelles.
Désir et danger de connaître, Rev. Franç.
Psychanal. LVII n° spécial Congrès
Puf Paris.
[3] FREUD S. 1916-1917Introduction à la Psychanalyse, P.B.P.
Payot Paris 1992.
[4] FREUD S. 1912 La dynamique du transfert, La technique psychanalytique,
Puf Paris 4e édition 1972.
[5] FREUD S. 1914 Remémoration, répétition et élaboration, La
technique psychanalytique, Puf Paris
4e éd. 1972.
[6] FREUD S. 1895 Esquisse pour une psychologie scientifique, La
Naissance de la psychanalyse, lettres
à W. Fliess, notes et plans 1887-1902,
Puf Paris 1956.
[7] GUIGNARD F. 1996 Au Vif de l'Infantile, Coll. Champs
psychanalytiques, Delachaux & Niestlé
Lausanne & Paris.
[8] Quatre textes princeps sur la question ; trois
de Freud, un de Bion :
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Totem et Tabou, Payot Paris 1947.
b) FREUD S. 1921
Psychologie des masses et analyse du moi,
O.C.F. XVI p.5-85, Puf Paris 1991.
c) FREUD S. 1930
Un malaise dans la culture, O.C.F.
XVIII Puf 1994.
d) BION W.R. 1961
Recherches sur les petits groupes,
Puf Paris 1965.
[9] LEBOVICI S. 1980 Névrose infantile, névrose de transfert. Rev.
franç. Psychan. XLIV 5-6, Paris, PUF.
[10] FREUD S. & BREUER J. 1895 Études sur
l'hystérie, Puf Paris 3e édition 1971.
[11] FREUD S. 1896 L'étiologie de l'hystérie, OCF
III, Puf Paris 1989.
[12] FREUD S. 1909 Le Petit Hans : une phobie, Cinq
psychanalyses, Puf Paris 1966.
[13] FREUD S. 1908-1910 Les premiers psychanalystes,
Minutes (II) de la Société Psychanalytique
de Vienne, Gallimard, Paris 1978.
[14] KLEIN M. 1946 Notes sur quelques mécanismes
schizoïdes, Développements de la Psychanalyse,
Paris, Puf 1966, p. 274-300.
[15] BION W.R. 1962 Une théorie de la pensée, Rev.
franç. Psychanal. XXVIII 1, Puf Paris
1964. Repris dans : BION W.R. 1962
Aux sources de l'expérience, Paris,
Payot 1974.
[16] GUIGNARD F. 1994, Les pièges de la représentation
dans l'interprétation psychanalytique,
Journ. Psychanal. de l'Enfant 15, Paris,
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[17] FREUD S. 1914 Remémoration, répétition et élaboration,
La technique psychanalytique, Puf
Paris 4e éd. 1972.
[18] GRINBERG L. a) 1962 On a specific aspect of
countertransference due to the patient's
projective identification, Int. J. Psycho-Anal.
43. p.436-440, The institute of Psycho-Analysis
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b) 1985, Projective
counteridentification, The goals of
psychoanalysis, Londres, Karnac Books
1990.
[19] Je remercie Madame Valérie Grégoire, à l'obligeance
de qui je dois cette vignette clinique.
[20] DAVID C. 1992 La bisexualité psychique,
Payot, Paris.
[21] FREUD S. 1912 La dynamique du transfert, La
technique psychanalytique, Puf, Paris
1972, 4e éd.
[22] GUIGNARD F. 1997 Le Moi et l'objet dans tous
leurs états, Épître à l'objet, Chap.
III, p. 33-45, Coll. Épîtres, Puf, Paris.
[23] FREUD S. 1912-1913 Totem et Tabou, Gallimard,
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[24] BION W. R. 1948-1961 Recherches sur les petits
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[25] BÉGOIN J. & BÉGOIN GUIGNARD F. 1981 Réaction
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catastrophique, Bulletin de la Fédération
Européenne de Psychanalyse, 16, p.
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[26] BION W.R. 1965 Transformations, Puf,
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[27] BOKANOWSKI T. 1997 Sandor Ferenczi, Coll.
Psychanalystes d'aujourd'hui, Puf, Paris.
[28] FERENCZI S. 1932 Confusion de langues entre
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de la tendresse et de la passion, Psychanalyse
IV, Payot, Paris, 1982, p.125-135.
[29] KLEIN M. 1957 Envie et gratitude et autres
essais , Gallimard, Paris 1968.
[30] FREUD S. 1914-1918 À partir de l'histoire d'une
névrose infantile, O.C.F. XIII Puf
Paris 1988.
[31] GUIGNARD F. 1997 Pulsions sadiques et pulsions
épistémophiliques, Épître à l'objet,
Coll. Épîtres, Puf Paris, p. 75-86.
[32] BRAUNSCHWEIG D., FAIN M. 1975 La nuit, le
jour. Essai psychanalytique sur le
fonctionnement mental, Puf Paris.
[33] FERENCZI S. 1923 Le rêve du nourrisson savant,
Psychanalyse III, Payot Paris 1974,
p. 203.