64e Congrès des Psychanalystes de Langue Française
Le processus psychanalytique
Atelier 2 , Cowap
Aventure processuelle et intégration du féminin dans les deux sexes
Modératrices : Monique Cournut-Janin (Paris, SPP), Chantal Lechartier-Atlan (Paris, SPP) , Giovanna Ambrosio (AIPsi, Rome), Amalia Giuffrida (Rome, SPI)
Le projet de cet atelier était de travailler la problématique des féminins dans le processus analytique et il s’est organisé autour de trois apports cliniques. En tout premier, l’observation de T. Bokanowski, puis trois consultations avec une petit garçon de trois ans accompagné par ses parents, où le poids des identifications des deux parents apparaissait de manière évidente vis à vis de leur enfant. Enfin, pour terminer, le long processus de différenciation dans l’analyse d’une jeune femme.
Très immédiatement, la question du sexe, et par conséquent, du corps de l’analyste et de l’analysant dans le couple analytique s’est posée : si un analyste homme a pu se sentir cadavérisé par le rêve de Mr E., plusieurs femmes présentes ont réagi pour dire qu’elles ont pensé qu’une mère, même menacée, confrontée à un fantasme de dévoration, éprouvera un autre vécu contretransférentiel et interviendrait autrement. C’est l’investissement de son propre corps sexué par l’analyste, qui compte et permet un étayage narcissique précieux.
La différenciation entre le féminin originaire, celui de la passivation, en fusion et détresse et celui, plus sexué et élaboré de la pénétration, a occupé un long temps de discussion. Pourquoi appeler féminin, le féminin originaire, ce temps de l’indifférenciation de base, commune aux deux sexes ? A quoi il a été répondu que la mère, elle, était déjà porteuse d’une conflictualité oedipienne.
Si l’angoisse de castration et celle de pénétration sont présentes dans les deux sexes, a été soulignée, l’importance, pour l’analyste, d’avoir à l’esprit, pour le narcissisme du patient, le double risque de pénétration-intrusion et de castration.
Autour de la réflexion du troisième cas, une femme analysée par une femme, un long travail sur l’analité, a permis de passer d’une problématique anale expulsive, - réduisant longtemps, l’analyste à “ une poubelle ” - à l’apparition progressive de zones corporelles, puis érogènes, au “ garder/lâcher de l’objet, d’abord partiel, puis paternel, jusqu’à une sphinctérisation rétensive dans une temporalité psychique. Dans ce long travail de construction, l’espace a pris une autre dimension. L’analyste a pu restituer à partir de son contretransfert, un corps mentalisé à cette patiente.
Existe-t-il un macroprocessus ? Si la réponse est difficile, des considérations de base ont été reprises : pour se sentir à l’aise, il faut disposer d’une métaphore du corps. Construire un espace transitionnel est indispensable. Le macroprocessus n’est pas lié au cadre mais à la capacité d’écoute et d’attente de l’analyste. Le cadre, c’est un temps, un lieu avec une porte fermée, préalables nécessaires au travail du psychanalyste et à l’instauration d’un processus psychanalytique. Le cadre est le représentant du tiers.
Cet atelier a mobilisé l’intérêt des participants et il a permis la confrontation d’approches conceptuelles, quelquefois différentes selon les pays des intervenants. Il est certain que la présence de deux collègues italiennes de la SPI et de l’AIPsi, en qualité d’animatrices, a largement favorisé les échanges avec les participants.
Nicole Taiëb-Flicstein (Paris, SPP)