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64e Congrès des Psychanalystes de Langue Française
Le processus psychanalytique
Atelier 5, Processus et états-limites

Modérateurs : César Botella (Paris - SPP), Francesco Barale (Milan - SPI)

Dans son rapport introductif, César Botella propose de définir le processus analytique par le travail qui s’accomplit dans la séance d’analyse, un travail dont la nature et les finalités se trouvèrent profondément remaniées à la suite du « tournant de 1920 ». En 1 ère topique, où l’inconscient est conçu comme un système de représentations de chose, le processus relèverait d’une « démarche d’ordre local ». En 2 e topique, où la représentation n’est plus une donnée première du psychisme inconscient mais le résultat d’un travail permanent de transformation des motions pulsionnelles jaillissant du ça, le fonctionnement psychique serait à concevoir comme relevant d’une « démarche d’ordre global », (impliquant) une dynamique de l’ordre d’un processus d’inachèvement ». Le fonctionnement limite se caractériserait alors par « l’absence de processus, autant celui local du travail de la cure que celui d’ordre général d’inachèvement ». Et cela du fait d’une destructivité diffuse se manifestant par un « défaut de l’investissement mémoriel du sens ». Ce défaut, engendrerait une dynamique psychique globale régie par la compulsion de répétition et le recours à un « autoérotisme de désespoir » comme ultime barrière pour « la sauvegarde minimale de la liaison psychique primaire », entraînant la vie psychique dans « une impasse structurelle ». Le travail viserait alors le « détachement de la liaison primaire à l’objet de la perception ». Il trouverait un levier puissant dans un style interprétatif « convergent », qui, sur le modèle du travail du rêve, aurait comme but de « créer des points de rassemblement, des représentations-carrefours ».

C’est ce travail de représentance que vont nous permettre de suivre les séquences cliniques rapportées par Nathalie Zilkha. Le fonctionnement psychique de sa patiente était dominé au début de sa cure par des agir et par le recours à une suspension à l’objet dont la concrétude et l’exclusivité lui était nécessaire pour ne pas s’effondrer. Les interventions de l’analyste qui a su être quand il le fallait « l’analyste du ça pour devenir l’analyste de l’inconscient » (S. Botella), vont « permettre la transformation de l’investissement perceptif de l’objet en un investissement représentationnel » (C. Botella).

Les interventions des discutants et des participants portèrent sur les particularités de la mémoire dans le fonctionnement limite (Barale, Green) ; sur l’importance des théories implicites dans le choix judicieux du style interprétatif (S.Botella) ; sur les enjeux dans ces configurations cliniques de la dynamique Transfert/Contre-Transfert (Ferro) ; sur la question de la régression dans ses rapports avec les voies régrédientes et progrédiente (Delourmel). Une autre voie de discussion porta sur la question du vide éprouvée par la patiente relevant chez elle de la non-existence (Parsons), vide néantisant et/ou trou-noir refuge ? (Zilkha, Parsons, Delourmel, Wainrib).

Christian Delourmel (Rennes, SPP)