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65e Congrès des Psychanalystes de Langue Française, La sublimation
Atelier 2
La sublimation dans le contre-transfert

Modérateurs : Monique Cournut-Janin (Paris - SPP), Milagros Cid Sanz (Madrid - APM), Maria Teresa Flores (Lisbonne - SPPortugal), Blandine Foliot (Paris - APF), Chantal Lechartier-Atlan (Paris - SPP) (COWAP)

La sublimation, processus psychique en prise directe avec la pulsion et la sexualité infantile serait-elle la trame silencieuse de notre travail d’analyste ? Les débats de l’atelier réverbèrent les mouvements élaboratifs du congrès dont la reprise du processus sublimatoire dans la cure à partir de « la sublimation dès le début » : investigation et création s’articulant à partir d’une origine commune et déployant leur complémentarité à travers différentes sublimations.

Si changement de but et changement d’objet témoignent de l’abandon de la satisfaction pulsionnelle immédiate, le renoncement est l’objet des premiers échanges. En contrepoint, il apparaît aussitôt nécessaire d’entretenir l’illusion, de préserver l’idéal : sans utopie, le monde peut-il évoluer ? L’idéal de perfection analytique présente le risque d’une fausse sublimation et altère en profondeur l’écoute analytique.

La question de l’articulation du contre-transfert et de la sublimation est centrale : dans la séance l’analyste au plus près de sa propre sexualité infantile peut-il être en même temps dans un registre de sublimation ? Une place particulière revient à ce qui reste chez l’analyste de sa propre analyse et se rejoue avec le patient. Quelle place pour le rêve dans la sublimation et le travail de contre-transfert ? Un rêve, dans lequel apparaît un patient, concerne-t-il le patient, ou est-il à entendre du côté de la sexualité infantile de l’analyste ? L’analyste retrouve le cadre analytique et le divan chaque jour. Sollicité en permanence par le sexuel infantile du patient et le sien propre, il se trouve en position d’analysant avec la nécessité d’élaborer en continu et en après-coup. Le plaisir pris dans la découverte du sens est-il l’indice d’une fluidité dans le jeu entre sexualisation et désexualisation, avec en prime son appropriation subjective par le patient ?

Pour J.L. Baldacci et pour E. Sechaud, à partir de vertex différents, la sublimation interroge le carrefour du sexuel et du non sexuel, le rapport de l’enfant et de l’adulte, de l’enfant dans l’adulte. La dialectique de l’idéalisation et des identifications s’appuie sur le jeu des autoérotismes également dans la cure. L’accès à de véritables transformations relève de déplacement de petites quantités, le travail de l’analyste se fait dans la retenue. Lorsque de grandes quantités interviennent, dans les « grandes » créations et dans la cure, violence et douleur entrent en jeu.

Une séquence clinique présentée par M. Teresa Flores, avec des traumatismes massifs occupe le second temps de l’atelier. Alors que la patiente exceptionnellement détendue rapporte le rêve d’une rencontre idyllique avec son analyste, celle-ci se sent envahie jusqu’à l’étouffement. Cette vignette montre le long travail de psychisation menant à une hallucination puis à la survenue du rêve.

Danielle Kaswin-Bonnefond (Paris-SPP)