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65e Congrès des Psychanalystes de Langue Française, La sublimation Atelier 3 Sublimation, réparation, création
Modérateurs : Bruno Fraschina (Bruxelles - SBP), Murielle Gagnebin (Paris - SPP), Alain Gibeault (Paris - SPP), Maria Teresa Mirò (Barcelone - SPE)
Secrétaire : Thérésa Spadotto (Bruxelles - SBP)
Notre atelier s’est attaché à mettre au travail ces trois concepts à partir de quatre axes, richement illustrés par des représentations graphiques ou picturales.
- A. Gibeault a choisi celui du processus d’hominisation, concevant en ces origines, la sublimation comme jouant un rôle à la fois pivot et médiateur entre la symbolisation et la création. Symbolisation et sublimation seraient comme deux processus qui renverraient à des enjeux différents mais, à terme, à une même finalité. Toutes deux sont considérées comme consubstantielles à la constitution de l’appareil psychique. La création s’articulerait avec la sublimation et la symbolisation formant ainsi les conditions même qui permettent d’élaborer la perte de l’objet. L’Art renvoie ainsi : à la capacité de l’Homme de créer des symboles, à la création et à la capacité de sublimation. Cette dernière implique l’inhibition de la pulsion quant au but et la création d’un objet matériel qui se conserve.
- B. Fraschina, partant de son expérience de souffrances identitaires mettant la psyché aux limites, en risque constant d’effondrement en abîme, avance une conception réparatoire (re)subjectivante du mouvement sublimatoire. Ce dernier serait l’aboutissement d’un processus dynamique dont la forme finale ne serait jamais acquise. Deux auteurs seront convoqués : Henri Michaux et Christian Dotremont. Chacun deux décrit un trou, un vide interne effrayant et tentera, à sa manière, littéraire et graphique, d’affronter cette souffrance. L’hypothèse serait qu’en ces zones limites pourrait surgir un mouvement de relibidinisation, d’une recorporéisation libidinale au travers de signifiants formels. La part non sexualisée pourrait avoir plusieurs destins en fermeture mortifère ou en ouverture créative.
- En présentant une séquence clinique d’une cure d’une enfant, âgée de 7 ans, face à la mort annoncée d’une petite sœur, T. Mirò nous a introduit à la psyché en deuil. Les dessins en noir et blanc de l’enfant, en tentative sublimatoire, participaient au travail du deuil, de la perte en train de se produire. Au jour de la mort effective de sa sœur, sous le trauma, la séance se fait sur le mode verbal, en l’absence de dessin. La reprise de l’activité de symbolisation est illustrée par un dessin richement coloré où se manifestait un mouvement sublimatoire réparatoire de l’objet.
- M. Gagnebin propose un modèle herméneutique original décrit ici en deux versants et visant à considérer la dynamique du jeu inconscient au travail dans le partage d’une œuvre picturale toujours en train de se faire. Dans son premier versant, l’œuvre est considérée comme une représentation dramatique et est appréhendée de manière autonome comme pourrait l’être un fonctionnement psychique en soi. Le second versant est abordé par le biais de la théorie des quatre causes aristotéliciennes (matérielle, efficiente, formelle et finale) ravivées par les concepts psychanalytiques (pulsions partielles, sublimation et emprise, bisexualité psychique et position dépressive) S’imbriquant simultanément les unes aux autres, ces causes éclaireront le trajet de la création de l’œuvre en train de se faire. Celle-ci peut devenir l’« alter Ego » de l’artiste puis son «Ego alter » ouvrant l’univers de l’altérité où vient se loger la question du processus de désexualisation. C’est alors l’œuvre elle-même qui se voit remplie de pulsion.
La discussion a particulièrement interrogé la question de la transcendance (autour de l’originaire, de l’absolu, de la mort …) ainsi que celles de la représentation et de l’identification dans leur articulation avec la sublimation. A propos de Dotremont, un intervenant reprenant une formule de B. Fraschina ayant confié son impression d’assister à la saisie de « quelques déchets promus bijoux », s’interroge : n’est-ce pas là une définition de la sublimation et de la psychanalyse même comme sublimation générale ?
Bruno Fraschina, Thérèsa Spadotto (Bruxelles – SPB)
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