65e Congrès des Psychanalystes de Langue Française, La sublimation
Atelier 7
Perversion, idéalisation, sublimation
Modérateurs : Sylvie Dreyfus-Asseo (Paris - SPP), Dominique Suchet (Lyon - APF), Michèle Van Lysebeth (Bruxelles - SPB)
Le travail de réflexion de l’atelier s’est organisé à partir de trois exposés. L’hétérogénéité des situations cliniques a eu la particularité de reprendre les questions de la désexualisation d’une part, et de la répartition libido narcissique/ libido objectale d’autre part.
Le premier exposé (Michèle Van Lysebeth, SPB Bruxelles) a montré comment la sublimation et la perversion se présentent, à première vue, comme deux entités opposées. L’une s’accompagne d’une désexualisation, l’autre d’une hypersexualisation. Pourtant, souvent réunies au sein d’une même personnalité, ces deux modalités présentent des ressemblances. Toutes deux ont pour origine un traumatisme, proviennent des pulsions partielles, sont idéalisées, font appel à l’acte, évitent le refoulement, sont associées à l’idée de créativité. Le rêve d’un analysant a montré ces deux types de fonctionnement.
Les questions du débat ont essentiellement porté sur l’autoérotisme, qui dans le rêve introduisait l’idée de sublimation. Elles ont aussi interrogé l’utilité d’interpréter la sublimation et ont cherché à préciser en quoi consistait l’idéalisation du fétiche.
Le second exposé (Dominique Suchet APF - Lyon ) a abordé le destin d’investissement, comme « clé sublimatoire », de la parole dans la cure. La remémoration et la perlaboration supposent une modification de l’investissement des représentations et le renoncement à la réalisation hallucinatoire que recèle toujours la parole transférentielle. L’acceptation de l’einfall en séance pourrait être le signe de l’investissement de la dimension « scientifique » de l’analyse, voie sublimatoire de son investissement. Une semblable question se pose pour l’activité de construction de l’analyste. Le débat a porté sur les aspect régrédients et/ou progrédients de l’intervention de l’analyste en séance et sur sa dimension disruptive ou au contraire constructive. Une différence selon que l’on considère l’activité de sublimation comme création ou comme processus.
La troisième intervention (Sylvie Dreyfus–Asseo SPP - Paris) précisait que la sublimation concerne son rapport au refoulement, et les sublimations la temporalité psychique de son inscription, préoedipienne ou postoedipienne. D’une modalité à l’autre, la question de l’économie interne du rapport idéalisation/sublimation est prégnante. Une vignette clinique a permis de questionner l’équilibre processuel de l’idéalisation et de la sublimation, aux limites des deux fonctionnements, et d’en élaborer la disjonction et les effets postoedipiens, mais aussi d’en mesurer la confusion et le déplacement au point où désexualisation et défense peuvent concourir à masquer l’enjeu pulsionnel du transfert.
La discussion s’est organisée autour de la question de l’idéal du moi pour préciser les modalités de transformation de la libido d’objet en libido narcissique dans le cas proposé, et aussi autour de la question de la différenciation des modes de désexualisation, de la sublimation et de l’idéalisation
Nous avons été amenés, dans cet atelier, à sans cesse nous demander quelle lumière spécifique apporte le concept de sublimation quand d’autres formulations s’ajustent. Finalement : la sublimation, pour quoi faire ?
Sylvie Dreyfus-Asseo, Dominique Suchet , Michèle Van Lysebeth