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65e Congrès des Psychanalystes de Langue Française, La sublimation
Atelier 8

Auto-érotismes, narcissismes, sublimation

Modérateurs : César Botella (Paris - SPP), Jorge Canestri (Rome - AIPsi), Emmanuelle Chervet (Lyon - SPP), Betty Denzler ( Gorgier - SPSuisse)

Canestri invite à réfléchir au concept de sublimation au travers d’un parcours à rebours dans l’œuvre de Freud. Il souligne les liens de ce concept avec la valorisation sociale, le Geistigkeit, la culture, les pulsions sociales. Il aboutit à la définition du processus de sublimation comme la tendance sexuelle qui abandonne son but, qui n’est plus sexuel, et peut être décrit comme social en accord avec la conception générale qui le considère comme un but plus élevé.

Canestri cite Laplanche qui souligne la nécessité d’une théorie des valeurs pour une métapsychologie de la sublimation et pose la question : « la sublimation est elle une symbolisation ? ». Dans l’œuvre de M. Klein, la symbolisation devient le fondement de toutes fantaisies et sublimations. Il montre comment à partir de l’idée freudienne de Versöhnung (réconciliation), elle passe à l’idée de Wiedergutmachung (réparation) et articule la sublimation avec la position dépressive, ainsi qu’avec la pulsion épistémophilique et au passage continuel PSD (Bion). Partageant avec Green l’idée qu’il y ait deux démarches de la sublimation l’une progrédiente, l’autre régrédiente et que la sublimation est à l’origine de toute activité psychique individuelle et sociale, il en vient à soulever avec Green la question du lien entre refoulement et sublimation. Un certain contingent pulsionnel échapperait partiellement à l’action du refoulement. Green se demande s’il n’y aurait pas bivalence pulsionnelle dès le début, c’est à dire des désirs sexuels libidinaux et son négatif, la sublimation. Canestri termine en partageant la définition de Castoriadis : la sublimation serait l’aspect psycho-génétique de la socialisation de la psyché considérée comme processus psychique.

Dans sa discussion de la clinique d’E. Chervet, B. Denzler évoque le concept winnicotien d’environnement élargi au social. Ody rappelle l’unicité du processus de sublimation et inscrit l’auto-érotisme dans la processualité. N. Nicolaidis se demande dans quelle mesure on doit ou non désexualiser le social. S. Botella rappelle que Freud en 1932 disait que le rêve est tentative de réalisation du désir et que sublimer revient à tenter de modifier le but et changer l’objet de la pulsion sans jamais y parvenir. C. Botella pose la question du pourquoi de la sublimation. Il propose de la considérer comme une fonction, un processus qui a la qualité d’un travail et fait un parallèle entre le travail du rêve et celui de la sublimation. La sublimation serait le travail du Moi diurne fonctionnant dans certaines conditions d’ordre régrédient sans être la régrédience du rêve mais avec la même fonction le jour que le travail de rêve la nuit. Il s’agit de mettre en intelligibilité ce monde obscur, tous ces traumatismes, pour s’expliquer le monde.

Yoli Silva-Scouarnec (Paris - IPP)