Lettres du Président

 


LETTRE DU PRÉSIDENT N° 8

 

Chers Collègues,

Je fais appel à vous pour nous aider à faire face au constat d’une baisse de nos membres cotisant effectivement et d’une diminution de nos demandes d’entrer dans le cursus, ce qui menace notre équilibre des prochaines années. En accord avec le conseil d’administration exceptionnel convoqué début mai, nous devons chercher des financements extérieurs, mais aussi faire de nouvelles économies, ce qui remet en cause le niveau actuel de nos frais de personnel. Votre aide permettrait de mettre en œuvre ces évolutions progressivement en préservant les moyens de la SPP et en respectant nos salariés.

La situation

Vous avez été informés à l’assemblée générale ordinaire de mars dernier des nouvelles difficultés financières de la Société avec un déficit constaté en 2017 de 57.304€. Ce déficit ayant été déjà diminué de 30.000€ par l’annulation d’une dette provisionnée, c’est donc 87.000€ qui nous ont manqués l’année dernière.

Nous en avons analysé les causes : les dépenses ont été bien contrôlées, mais les cotisations effectivement versées sont en baisse depuis plusieurs années. 98.000€ de diminution en trois ans. Les conséquences administratives du non paiement de ses cotisations par un membre n’étaient pas immédiatement prises en compte budgétairement car démission ou radiation mettent plusieurs années à devenir effectives, comme le prévoient nos statuts.

Nos trésoriers et notre comptable ont donc procédé à un travail de clarification de la situation des membres ou honoraires qui ne payaient plus leurs cotisations, avec un résultat impressionnant : en un an, de 2016 à 2017, nous avons perdu 54 membres et honoraires (démissions et radiations). Cette opération vérité a déjà un mérite : leur situation une fois clarifiée, nous cessons alors de payer IPA, FEP et parfois Rfp pour des membres qui ne cotisent plus.

Depuis mars, nous avons donc tenté d’évaluer la situation des prochaines années à venir si les tendances actuelles se prolongent : vieillissement de nos membres et honoraires auquel s’ajoute la lente baisse du nombre de nos candidats. Sur ce dernier point, nous devrons tous agir et c’est essentiel, nous y reviendrons.

Cependant, la lucidité nous commande d’envisager la conséquence de la poursuite possible de ces deux tendances : une baisse rapide en quelques années de nos réserves de trésorerie, reconstituée à un niveau modeste, 200.000€, après la crise de 2016.

Sous l’impulsion de Claire-Marine François-Poncet, trésoriers et comptable ont essayé de prévoir l’avenir en tenant compte à la fois de l’âge moyen des départs, démissions et décès, des demandes d’honorariat et de l’érosion des demandes d’admission en cursus. Il apparaît qu’il manquerait entre 50.000€ et 75.000€ chaque année selon l’évolution plus ou moins favorable de la situation. Ces déficits cumulés nous amèneraient dans l’hypothèse pessimiste à dépenser nos réserves en 4 ans.

 

Que faire ?

1. Diminuer nos dépenses

Face à cette situation, notre principale possibilité d’action concerne les frais de personnels, 36,26% de nos dépenses totales actuellement. En effet, nous avons déjà renégocié à la baisse les contrats qui pouvaient l’être (assurances, expert-comptable…), et supprimé le poste de commissaire aux comptes.

De ce fait, j’ai bloqué en début d’année le remplacement d’un poste qui s’était libéré à la bibliothèque, refusant d’embaucher en CDI des salariés si l’association n’est pas sûre de tenir ses engagements envers eux. Nous avons aussi pris en bureau la décision de ne pas systématiquement remplacer les congés maladie ou maternité et, en tout cas, pas à temps complet et en avons informé le CA du 5 mai 2018. Cette politique d’urgence a porté ses fruits et devrait permettre d’éviter un déficit cette année – mais au prix d’une perturbation brutale du fonctionnement de la Bibliothèque Sigmund Freud. Pour en limiter les effets nous avons budgété le recrutement d’un mi-temps en CDI au second semestre 2018.

Sur le fond, le fait qu’une association plus petite emploie moins de personnel serait assez logique et nous devons réfléchir à une redistribution et une optimisation des tâches dans l’avenir permettant d’avoir une équipe plus resserrée. Il faudrait économiser deux postes sur les 9,11 ETP actuels (hors AeF) pour équilibrer notre budget par une réduction des dépenses de personnel. Ce problème structurel d’adapter nos dépenses aux moyens de l’association devra être traité dans l’avenir.

Nous demandons déjà aux salariés d’assurer un travail supplémentaire du fait de notre nouvelle politique de fin des remplacements systématiques, ce dont nous les remercions.

Mais les deux congés maternité de cette année qui aideront à équilibrer 2018 ont un caractère exceptionnel et les prochaines années se présenteront différemment.

L’ajustement du personnel aux moyens de l’association ne peut donc être une solution immédiatement et brutalement mise en œuvre, tant par respect pour les personnes qui nous honorent de leur confiance que pour ne pas désorganiser les moyens que leur expertise donne à la SPP au moment où nous devons agir pour défendre le rôle et l’importance de la psychanalyse dans la société, dans les prises en charge de la souffrance psychique et dans la culture. C’est la raison qui nous amène à faire appel à vous dans ce passage difficile.

Bien sûr d’autres voies d’économies doivent être recherchées. Du côté des reversements, tous les groupes régionaux ont-ils les mêmes charges ? Nous réfléchirons avec la commission des représentants régionaux. Pouvons-nous diminuer nos frais de déplacements en simplifiant notre vie institutionnelle ? Cet aspect sera soumis à la commission des réformes actuellement au travail.  Nous pouvons aussi plus utiliser les vidéoconférences.

2. Augmenter les recettes

Il nous faut donc augmenter nos recettes, en tout cas pour quelques années.

Lors du CA exceptionnel que nous avons convoqué le 5 mai 2018, avec l’étude de tous les paramètres en jeu, les administrateurs ont été d’accord avec le bureau sur le choix de ne pas retenir comme solution l’augmentation de 10% des cotisations des membres et honoraires qui aurait compensé la diminution de notre nombre. Lorsque des collègues démissionnent pour des raisons financières, augmenter la cotisation présente un risque important d’aggraver le problème.

Deux voies restent donc possibles, qu’il faut mettre en œuvre simultanément :

Aides et subventions extérieures

Bien sûr la recherche de financements extérieurs est à entreprendre pour soutenir la préservation du patrimoine et la diffusion des recherches psychanalytiques, actions de la Bibliothèque Sigmund Freud, de la RFP et des débats, de nos activités scientifiques et éditoriales. Nous allons relancer nos recherches de subvention et de soutien, avec deux différences par rapport à nos nombreuses recherches de financement de nos locaux – assez souvent infructueuses… Un élément les rend plus difficile : pour soutenir des emplois en CDI, il faut des aides pérennes. Un autre élément est plus favorable : une action culturelle est probablement mieux perçue qu’un investissement immobilier. Sans illusion sur ses moyens, j’ai demandé un rendez-vous au Ministère de la Culture. Aidez-nous à trouver des pistes de subventions ou de mécénat !

Vous demander à nouveau votre aide

En effet, ceux d’entre nous qui le peuvent et accepteront de soutenir le maintien des moyens en personnel de la SPP pendant cette période d’adaptation par un don permettront que ces transitions se fassent sans menacer notre équilibre financier et dans le respect du personnel de la SPP. Toute participation sera précieuse, quel qu’en soit le montant.

Nous vous remercions de préciser avec votre contribution que vous la destinez au maintien de nos moyens de fonctionnement, et si vous envisagez de la renouveler (sauf imprévu) pour une – ou plusieurs – année(s).

Ceux qui voudraient plus spécifiquement reconstituer nos réserves par leur don le préciseront et verront ainsi leur volonté respectée.

3. Inverser la tendance

Du côté de notre vieillissement, la réalité s’impose à nous, mais retarder la décision de demander l’honorariat ou une démission sera un acte militant.

En revanche, nous pouvons tous agir pour que nos candidats viennent à la psychanalyse plus jeunes. Enjeu vital pour notre Société et la psychanalyse que nous défendons.

Donner trois séances et un authentique cadre analytique aux jeunes professionnels, même si leurs moyens sont limités, et à la condition que l’analyste pense l’analyse indiquée, est un enjeu essentiel. La crainte d’opérer ainsi une séduction est tempérée par le caractère institutionnel de la recommandation de la Commission d’enseignement à ce sujet.

Défendre dans la société la spécificité et l’opérativité du cadre analytique classique, à contrecourant des modes actuelles, s’impose d’autant plus : le prochain colloque du président le 17 novembre 2018 aura pour titre : “ « Trois séances par semaine, vous n’y pensez pas ! » Quelle psychanalyse par ces temps qui courent.”

De même, l’allongement des analyses dans le modèle français – huit années en moyenne avant la candidature – nous interroge. Ne sommes-nous pas parfois complices d’une position régressive de certains de nos patients, pourtant venus avec un projet de devenir psychanalystes, et qui n’en parlent plus ?

Enfin, nous devons tous nous mobiliser pour que nos analystes en formation trouvent des cas de supervision et fassent plus rapidement leur cursus qui lui aussi dure actuellement en moyenne huit ans. Il est désolant que certains abandonnent devant la difficulté de trouver un patient.

La survie de la Société Psychanalytique de Paris passe aussi par son rajeunissement institutionnel, une ouverture interne qui ne décourage aucun enthousiasme et une ouverture externe, une reconquête de l’opinion, grâce aux efforts de chacun d’entre nous, d’autant plus nécessaires dans l’adversité actuelle.

Je compte sur la mobilisation de tous, chacun dans la mesure de ses moyens.

 

Avec mes sentiments les meilleurs.

 

Denys RIBAS

Président de la Société Psychanalytique de Paris

 

          


Mandat Denys Ribas 2015-2017

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