Conférence de Paul Denis : La théorie, guide et masque pour la clinique

 


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Date / Time
Date(s) - 20/05/2017
10 h 00 - 12 h 00 Orateur (s) ;

Lieu / Location
Université de Bordeaux II - Amphithéâtre VIII


GASPP

Aux membres –  correspondants – AEF – AAEF

Samedi 20 mai 2017 à 10h00.

Amphithéâtre VIII
Université de Bordeaux II
146, rue Léo Saignat
Bordeaux

Plaquette

 

Paul DENIS

LA THÉORIE, GUIDE ET MASQUE POUR LA CLINIQUE

 

Notre écoute n’est jamais naïve ; nous écoutons à travers nos théories, et c’est d’une certaine manière une nécessité, nécessité subie car, le voudrions nous, nous ne pouvons faire autrement, et c’est une nécessité clinique car la théorie nous aide à prendre une position « méta », cette position qui nous est indispensable pour appréhender les modalités du fonctionnement psychique du patient sans privilégier les émotions. Nos points de vue théoriques nous sont en partie conscients mais, plus souvent, ils restent implicites, parfois en contradiction avec nos idées manifestes et d’une certaine manière méconnus de nous.

Il n’y a pas d’écoute athéorique. Il n’y a pas d’écoute sans mémoire ni désir, même si l’écoute psychanalytique impose de suspendre le souvenir actif de tel ou tel propos du patient et le désir actif d’analyser ceci plutôt que cela(1). Malgré nous, nous nous souvenons de ce que notre patient nous a dit en telle ou telle circonstance, nous nous rappelons certains moments de notre propre analyse ou tout simplement d’événements de notre vie psychique lesquels peuvent entrer en résonance avec ce dont nous parle notre analysé. Nos théories, même si elles ne sont pas explicitement convoquées en cours de séance, sont présentes, ne serait-ce que de façon implicite(2). Tant que nos points de vue théoriques jouent leur rôle comme repères, comme moyens de situer ce que nous avons perçu, l’écoute du nouveau reste possible. Une confrontation de ce « nouveau » avec nos conceptions théoriques préalables peut ouvrir à de nouvelles perspectives, à un élargissement ou à une remise en cause de nos théories antécédentes. A l’inverse si nos théories fonctionnent comme une vérité préétablie nous n’entendrons pas, ou nous ne voudrons pas entendre, ce qui ne coïnciderait pas avec elles ; nous n’entendrons pas le « nouveau » qui pourrait nous amener à changer de point de vue théorique. La théorie joue alors comme un fétiche qui vise à masquer le caractère inquiétant de la réalité psychique au lieu de jouer son rôle de soutien dans son approche, un rôle de surmoi protecteur.

(1) c’était le sens de la propositon de Bion : “écouter sans mémoire et sans désir” formulée à des psychanalystes qui poursuivaient des objectifs trop précis.

(2)  on se reportera sur ce point au travail de Jorge Canestri et collaborateurs : “Putting theory to work“.

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