Michel de M’Uzan – Autour de l’identité : une métapsychologie originale

 


Entretien conduit par Marianne Persine | Réalisation Marianne Persine | 2001 | Durée 01:17:00


Michel de M’Uzan a toujours affirmé sa fidélité à la théorie freudienne.
Il s’en explique plus précisément  dans cet entretien.
Parlant de ses références doctrinales, d’emblée  il déclare : « s’il n’y avait qu’une seule notion à retenir  ce serait la découverte de l’Inconscient, découverte irrécusable, fondamentale, révolutionnaire, qui bouleverse tout ce que l’on pouvait penser des philosophies du fonctionnement de l’esprit. » et qui demeure scandaleuse, même pour les psychanalystes !

Même s’il a longtemps laissé  la question en suspens, il se rallie sans ambigüité à la 1ère théorie  des pulsions, objectant principalement que la mort n’est pas représentée dans l’Inconscient. Il  admet  cependant que la 2ème théorie des pulsions introduit des instances utiles cliniquement. La solution, empiriquement utilisée dans la pratique, nécessite en fait l’intégration de la 2ème théorie des pulsions à la 1ère (et non l’inverse).

Fidèle à sa conception dynamique de la vie psychique, ce sont les modalités de fonctionnement de la pulsion auxquelles il se réfère: la qualité de la pulsion découle dit-il, du fait qu’elle obéit au principe de plaisir ou au principe de constance  et non d’une qualité substantielle  particulière, indéfinissable qui, de plus, poserait le problème de la source de la pulsion de mort.

La notion de « trajectoire » caractérise la façon imagée dont M de M’Uzan conçoit le fonctionnement psychique qui pour lui est le lieu du mouvement incessant de la circulation de l’énergie. La vie psychique est une histoire qui se construit constamment dit -il : « c’est une construction continue, rectificatrice et mensongère d’un passé cohérent avec l’état actuel, et qui se renouvelle constamment.

Non seulement il n’y a pas d’état figé d’un statut psychique ou des représentations, mais la vie psychique ne peut s’appréhender dans son mouvement qu’avec des qualificatifs ayant trait à la mobilité, au changement permanent,  à l’évolution, à l’Economique etc.. Ainsi en est–il de l’affect : prenant pour exemple le masochisme dont on distingue trois états (le masochisme érogène, féminin et  moral), pour Michel de M’Uzan il ne s’agit pas d’entités séparées, mais de  moments d’une évolution qui peut aussi bien s’arrêter en route.

 Cette conception dynamique et évolutive lui inspire également une nosographie originale s’appliquant à la pathologie envisagée dans son ensemble qui s’organise de part et d’autre d’une « ligne du sens »  séparant les états psychisés, où « il y a du sens », qui s’étagent du « normal » névrotique  au pathologique à mesure que l’on s’éloigne de la ligne du sens, et qui regroupe au dessous,  les affections actuelles,  où se retrouvent les psychoses actuelles et la psychosomatique. Michel de M’Uzan  commente et détaille cette illustration schématique de façon très convaincante.

L’entretien s’achève sur le thème de la formation des analystes : « de toute façon ce sera mal » paraphrase t-il, déplorant que les analystes en formation soient trop déresponsablisés et souhaitant  pour sa part, que l’analyste « échappe à un statut social ».

 Marianne Persine

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