Société Psychanalytique de Paris

Colloque Le mal-être

Colloque Le mal-être

Le Travail Psychanalytique – Colloque Unesco 2002

colloque Le travail psychanalytique SPP 2002



Le Travail Psychanalytique

Colloque proposé et organisé par André Green
en collaboration avec Alain Fine, Président de la SPP

Samedi 23 et dimanche 24 novembre 2002 – Maison de l’Unesco, Paris.

Réalisation : Marianne Persine (SPP)
Technique : Roger Frénoy (DSI Université René Descartes Paris V)

La Société Psychanalytique de Paris a décidé d’instaurer le débat entre ceux de ses interlocuteurs qui ont accepté la discussion et certains de ses représentants. La discussion ne saurait être exhaustive, elle peut néanmoins clarifier les enjeux en ouvrant l’éventail des options pratiques et thématiques.

Le colloque comprend huit dialogues fondés sur le même principe, chacun ayant pour objet de traiter un problème clé de la psychanalyse.

Après que chaque orateur a exposé son point de vue, le médiateur a introduit et animé le débat entre eux.
Le texte intégral des exposés des discutants est publié dans les « Actes du Colloque » édité par les PUF (voir la notice sur le site de la BSF).


LE TRAVAIL  PSYCHANALYTIQUE 01 (voir la vidéo)
  1. Les motifs du Colloque
    Interview d’André Green
  2. Premier dialogue – Le travail psychanalytique et la question de la recherche
    Daniel Widlöcher (APF) vs César Botella (SPP) Médiateur : Jean Cournut
  3. Deuxième dialogue – Le travail de la séance
    Jean-Claude Rolland (APF) vs Michel de M’Uzan (SPP) Médiateur : Thierry Bokanowski
  4. Brève interview de Daniel Widlöcher
LE TRAVAIL  PSYCHANALYTIQUE 02 (voir la vidéo)
  1. Troisième dialogue – L’ancien et le nouveau (dans les rapports de l’enfance avec l’age adulte) au cours du travail psychanalytique
    Patrick Guyomard (SPF) vs Paul Denis (SPP) Médiateur : Michel Ody
  2. Quatrième dialogue – L’écart entre théorie et pratique dans le travail psychanalytique
    Dominique Clerc (APF) vs Michel Neyraut (SPP) Médiateur : Claude Janin
  3. Cinquième dialogue – Le corp érogène et le somatique : les limites du travail psychanalytique
    Patrick Miller (OPLF) vs Marilia Aisenstein (SPP) Médiateur : Alain Fine
  4. Sixième dialogue – Quelles ouvertures au travail psychanalytique permettent les catégories du réel, de l’imaginaire et du symbolique ?
    Monique David-Ménard (SPF) vs René Roussillon (SPP) Médiateur : Gilbert Diatkine
LE TRAVAIL  PSYCHANALYTIQUE 03 (voir la vidéo)
  1. Septième dialogue – Le travail autour de l’objet perdu
    Catherine Chabert (APF) vs Sára Botella (SPP) Médiateur : Sylvie Dreyfus
  2. Huitième dialogue – Travail de la culture, travail de la cure
    Nathalie Zaltzman (OPLF) vs Jean-Luc Donnet (SPP) Médiateur : Jean-Louis Baldacci
  3. Conclusion du colloque par André Green
LE TRAVAIL PSYCHANALYTIQUE 04 (voir la vidéo)
  1. Quatrième dialogue | tiré à part, exposé de Michel Neyraut
  2. Sixième dialogue | tiré à part, exposé de René Roussillon
  3. Huitième dialogue | tiré à part, exposé de Jean-Luc Donnet

 

Lien vers la vidéothèque

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

André Green vidéo 3

André Green Parcours…

greenAndre

L’ambition de cette interview visait à retracer « le Parcours analytique » d’André Green, depuis ses positions premières jusqu’à celles qui caractérisent aujourd’hui sa conception théorique de la Psychanalyse et sa pratique. Ambition trop vaste pour le temps d’un entretien qui se limite donc à dégager les jalons décisifs de l’évolution d’une pensée toujours en mouvement.

D’entrée de jeu, André Green souligne l’importance de son expérience psychiatrique qui lui fait comprendre «  la force de la résistance et l’opacité de la maladie mentale ». Interne à Sainte Anne où il rencontre Henri Ey ainsi que Pierre Mâle, Granoff, Marty, Pasche …et Lacan,  cette riche expérience prélude à son choix exclusif en faveur de la Psychanalyse.

Son apprentissage analytique se nourrit alors, des influences parallèles de Lacan et de la Psychanalyse anglaise en laquelle il se reconnaît. En 1974, il participe pour la première fois  au Congrès des langues romanes avec son rapport sur « l’Affect » (qui deviendra « le Discours vivant ») et en 1974  paraît son article sur « le changement  dans la pratique et la théorie ».

1975 marque pour André Green, un tournant décisif qui introduit dans son champ de pensée et de recherches, l’opposition entre  névrose et cas limites : « j’ai creusé mon sillon dans ce continent qu’on appelle « les cas limites ». Il se pose en continuateur de l’œuvre de Freud dont l’acuité du regard, dit-il, avait prévu que l’Analyse allait être transformée par des structures qui n’étaient pas névrotiques. Dans cette perspective, il s’est toujours efforcé d’articuler les théories freudiennes et les théories post-freudiennes, en particulier celles d’auteurs tels que Winnicott et Bion qui, eux aussi, contrairement à Lacan, se sont affrontés à cette difficulté.

La poursuite de cette recherche sur les cas limites qui débute par une étude du Narcissisme (1983) et l’exemple même de Freud qui, « à un âge avancé, n’a pas hésité à transformer sa théorie en introduisant la pulsion de mort »,  ont sans doute joué un rôle de modèle et de guide pour André Green, dans son effort pour repenser théorie et pratique analytiques en réponse  à la demande actuelle.

La fin de l’interview pose la question de l’épistémologie psychanalytique et de l’élargissement du champ de la Psychanalyse à la nature du « psychique »  et non pas limité à la seule névrose.

Marianne Persine

André Green vidéo 1

André Green La psychanalyse, de quoi s’agit-il ?

greenAndre

André Green vidéo 2

André Green  La pensée clinique

 greenAndre

C’est à partir d’une analyse critique des difficultés inhérentes à la Psychanalyse comme discipline « a-scientifique » et des limites d’une méthode analytique conçue pour le traitement des névroses, qu’André Green pose la nécessité d’un envisagement plus large du champ des pathologies concernées par la Psychanalyse et des remaniements méthodologiques et conceptuels qu’exige la prise en charge d’une demande de plus en  de plus  nombreuse émanant de patients non névrotiques.

 

Ces pathologies non-névrotiques, incluant la diversité des cas limites, relèvent le plus souvent, d’un traitement psychanalytique en face à face.

 

À l’instar de Winnicott, de C. Bolas et bien d’autres, André Green considère la psychothérapie comme une pratique psychanalytique à part entière, qui exige une écoute et une présence plus active de l’analyste, mais aussi des « outils conceptuels » spécifiques, indispensables pour comprendre et analyser des fonctionnements psychiques différents du fonctionnement névrotique, devenu, de fait, la référence en terme de normalité.

 

Après avoir étayé sa position par des exemples cliniques et affirmé la nécessité d’inclure la formation à la psychothérapie dans le cursus analytique, André Green, au terme de l’entretien, en vient à préciser et tenter de définir le concept de « pensée clinique ».

 

Contrairement à la démarche médicale, la pensée clinique en psychanalyse, dit-il, implique un renvoi à l’expérience qui ne peut pas être abordé sur un mode descriptif et abstrait. La pensée clinique en psychanalyse est le dégagement de ce que l’activité psychique permet de déduire à distance des faits, elle est « analyse de l’analyse » mais aussi, procédant de l’association libre, elle comprend  son impossibilité…

 

    Entretien filmé avec André Green

    Enregistré en novembre 2001

    Réalisation : Marianne Persine

    Réalisation technique : Roger Frenoy

    DSI TICE Université Paris Descartes

Michel de M’Uzan vidéo 2

Michel de M’Uzan : L’Identité et Autour de l’Identité.

mUzan

Cet entretien fait partie d’une série de trois, réalisée chez Michel de M’Uzan, au cours de l’année 2000. À l’époque, Michel de M’Uzan avait déclaré n’avoir pris conscience que très récemment de la cohérence interne de ses conceptions psychanalytiques et du fait qu’elles constituent, disait-il, “un système de pensée”.

L’Identité

Un des thèmes majeurs de la pensée de Michel de M’Uzan, son  intêret pour la notion d’Identité s’est éveillé avant même la réflexion analytique, à partir  d’expériences personnelles de « vacillement » identitaire, de dépersonnalisation « tranquille » comme il les qualifie.

De la labilité constitutive de l’Identité, M.de M’Uzan déduit la notion de « spectre d’identité » qui s’oppose à une conception stable et cernée qui relèverait, selon lui, de la « normopathie ».

Peut-on communiquer vraiment avec l’Autre ? M.de M’Uzan en doute, dans la mesure où nous ne communiquons qu’avec la représentation que nous avons de l’objet. La notion de « spectre d’identité » vient souligner le caractère ambigu, incertain de la distinction identitaire entre le soi et le non-soi, libidinalement investie..

Cependant pour M.de M’uzan, le dégagement identitaire s’opère sur deux versants : celui de la rencontre avec l’objet, mobilisant l’énergie libidinale mais également celui  des pulsions d’auto-conservation et de l’énergie « actuelle » dont témoigne la psychosomatique. L’hypothèse d’un temps antérieur à la rencontre du nourrisson avec le monde extérieur, celui de la séparation du sujet d’avec lui-même, conduit Michel de M’Uzan à supposerr la création d’un double,  le « jumeau paraphrénique ».

M.de M’Uzan insiste sur l’importance de ce dualisme pulsionnel constitutif de l’identité du sujet.

Dans cet interview, M.de M’Uzan développe et s’explique sur sa conception originale et complexe d’une notion essentielle mais  difficile à cerner et peu abordée dans la métapsychologie analytique.

Marianne Persine

Michel de m’Uzan vidéo 1

Une clinique de la rencontre analytique : entretien avec Michel de M’Uzan

mUzan

Cet entretien illustre l’originalité et la créativité de la pensée de Michel de M’Uzan.

Il expose ici  sa conception de la rencontre entre patient et analyste, en s’attachant surtout à ce qui se passe « du côté de l’analyste ».

Il reprend les différentes notions qu’il a proposées pour décrire cette implication réciproque et en explicite le sens et les articulations : ainsi en est-il de la Chimère, des Pensées paradoxales, du Spectre d’identité, du Schème de travail, de « l’Aphanisis psychique »…

Pour M.de M’Uzan, si la rencontre entre l’analyste et son patient s’enracine à la fois dans la clinique au sens classique du terme et dans une clinique interpersonnelle liant les protagonistes, il faut aussi aller chercher du côté de  «l’identité de l’être » de l’analyste.

L’analyste n’est pas, dans son écoute, à l’abri derrière les frontières de son Moi. Pour s’identifier à son  patient, éprouver de l’empathie, laisser opérer les identifications jusqu’au vacillement ou même une dépersonnalisation passagère, l’analyste se trouve aux prises avec son propre inconscient et doit, comme le patient, se risquer à la frontière de son préconscient, seul lieu où peuvent se produire des changements.

La névrose de transfert comme le contre-transfert est une construction à deux qui se fait indépendamment des activités secondarisées des deux protagonistes : la Chimère qui figure cette relation résulte de l’imbrication étroite de ce qui procède de l’un et de l’autre ; elle fonctionne selon des modalités archaïques qui mettent en jeu les capacités d’identifications primaires de chacun.

Cette conception de la position réciproque de l’analyste et de son patient conduit à des modifications de la compréhension de la cure que Michel de M’uzan définit « comme une succession hiérarchisée de résistances », pour le patient comme pour l’analyste.

Elle a, de ce fait, des conséquences techniques. Pour qu’il y ait compréhension de « l’Interprétation »,   il faut qu’il y ait une énergie d’investissement disponible  qui ne peut se libérer sans un dérangement économique des défenses du Moi, ce que l’auteur appelle « provoquer le  scandale ». Si l’on demeure au niveau secondarisé, « rien n’entre et rien ne sort », aucun changement ne peut advenir, pas plus pour le patient que pour l’analyste… Tout changement procède d’un dérangement.

Le « cadre » participe de cette oscillation entre empathie et contre-résistance qui caractérise le travail de la cure . Pour Michel de M’Uzan, le « cadre  est « une marmite infernale » où , sous une apparence de calme et de neutralité bienveillante, s’affrontent violemment les désirs inconscients/préconscients des protagonistes. En deça de l’écoute directe secondarisé, un autre fonctionnement peut laisser la place à des « moments féconds » révèlant la proximité des préconscients. L’analyste peut s’y risquer grâce à sa capacité à régresser ou à vivre des expériences de dépersonnalisation, sans mettre en péril son Moi.

Là ne s’arrêtent pas les enseignements de cet entretien riche en réflexions dérangeantes.

Marianne Persine

Roger Mises

 Roger Mises Un psychanalyste en pédopsychiatrie

mises

Cet entretien avec Roger Misès retrace son itinéraire personnel et plus particulièrement son action à la Fondation Vallée, avec en arrière plan, la conception de la pédo-psychiatrie d’inspiration psychanalytique telle qu’il l’a initiée et mise en œuvre depuis les années 50.

Ce témoignage est important à un moment où les classifications DSM remettent en cause, au delà de la visée unificatrice et descriptive invoquée par ses promoteurs, tout l’effort d’élaboration théorico-clinique de la pédo-psychiatrie française fondée sur la prise en compte de l’évolutivité de l’enfant, de la dynamique subjectivante de la relation thérapeutique. et  de l’Institution comme outil de soin.

Marianne Persinne

Michel de M’Uzan

Michel de M’Uzan : 
Cohérence d’une pensée

Cet entretien est le dernier d’une série de trois, réalisée chez Michel de M’uzan, au cours de l’année 2000.

À l’époque, Michel de M’uzan avait déclaré n’avoir pris conscience que très recemment  de la cohérence interne de ses conceptions psychanalytiques et du fait qu’elles constituent, disait-il, « un système de pensée ».

En quoi les différents concepts ou notions qu’il a élaboré au fur et à mesure de ses recherches, tels que l’opposition entre le même et l’identique  (à propos de la compulsion de répétition), le spectre d’identité et l’identitaire, la chimère, les pensées paradoxales, le rôle prévalent de l’economique et des deux sources d’energie (libidinale et actuelle) etc… constituent de fait, in fine, un ensemble cohérent entre « ses fondamentaux », dirait-on aujourd’hui et leurs articulations. ? Michel de M’Uzan le découvre après-coup avec étonnement et la conviction qu’il ne pouvait en être autrement.

C’est le sujet central de cet entretien qui met en évidence la rigueur avec laquelle les notions proposées s’articulent les unes aux autres et construisent un ensemble qui ouvre sur une représentation renouvelée de la vie psychique.

Les chapîtres consacrés à  « la rencontre analytique », à la resistance de l’analyste dans la séance, à la notion de guérison, à l’interprétation etc… illustrent la fécondité de ces conceptions  dans le déroulement de la séance et la conduite de la cure.

Un grand chapître consacré au thème de la créativité restitue un débat qui sort un peu du cadre de l’interview pour glisser à la discussion contradictoire. L’interêt de cette question complexe abordée ici  a justifié que ce débat animé soit présenté dans sa spontanéité.

Marianne Persinne