© Société Psychanalytique de Paris

Décès de Jean-Luc Donnet  (1932-2022)

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C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse que la Société psychanalytique de Paris annonce le décès de Jean-Luc Donnet survenu le 19 octobre 2022. Il avait 90 ans.

Hommage à Jean-Luc Donnet

Jean-Luc Donnet fut un membre éminent de notre société.

Psychiatre de formation avec internat et clinicat à Ste Anne dans le service de Jean Delay, il bénéficie dans cet hôpital du formidable mouvement d’idées qui anime le milieu psychiatrique dans les années 50. Organo-dynamique, phénoménologie existentielle, socio-psychanalyse d’inspiration marxiste et psychanalyse trouvent alors avec l’Evolution psychiatrique et sous l’impulsion d’Henri Ey un cadre pour débattre. Il choisit la psychanalyse. Ses travaux ultérieurs sur la consultation psychanalytique portent la trace de cette période pré-psychanalytique, en particulier l’influence de Pierre Mâle dont il avait suivi les consultations publiques et auquel il faisait souvent référence. Sa défense de la consultation psychanalytique témoigne de son option assumée de préserver une mise en tension dynamique entre position psychanalytique « pure » et prise en compte de la réalité.

La période psychanalytique commence en 1960 avec sa première analyse. C’est avec Serge Viderman qu’il l’engage. Il est affilié à la SPP en 1967, membre adhérent en 1973 et titulaire formateur en 1975. Son lien à la société est important, il participe souvent à son bureau et à son CA. Les événements de 1968 qui ébranlent la SPP le conduisent à rédiger le rapport d’une commission de travail sur l’institution psychanalytique et la formation. Ce texte est publié sous le titre « Cursus et hiérarchie dans la société d’analyse » et Lacan lui écrit à son propos une lettre à la fois élogieuse et amère. Il a suivi l’enseignement de celui-ci jusqu’en 1964 et comme il le disait, Lacan est l’auteur qu’il a le plus lu après Freud et Winnicott. Mais il se sépare progressivement de son influence et ses travaux sur le cadre, la durée de la séance, la règle fondamentale, l’interprétation du transfert, la formation et l’institution, portent tous la marque d’une reprise critique serrée de la pensée lacanienne.

Winnicott l’aide à penser le conflit dans son versant théorique entre Lacan et la SPP. En effet, les concepts de transitionnalité et d’objet trouvé/créé lui permettent d’articuler réel , symbolique et imaginaire.

Mais trois auteurs et trois textes jouent un rôle déterminant dans son évolution. Il s’agit de Serge Viderman avec La construction de l’espace analytique, de Conrad Stein avec La double rencontre et d’André Geen avec son travail sur l’affect publié dans Le discours vivant. Le dialogue avec Green engagé à Ste Anne se poursuivra très longtemps. Ils publieront ensemble, L’enfant de ça.

Ces influences et l’ouverture sur l’international le conduisent à élaborer une œuvre très riche composée de plus d’une centaine d’articles et de 6 livres dont le dernier, Dire ce qui vient – Association libre et transfert, date de 2016. Presque tous ses travaux qui vont de la suggestion au surmoi culturel ont pour objet la question de la nature et de la légitimité de l’action thérapeutique produite par la situation analytique. Ils ont trois piliers, la pensée freudienne qu’il questionne pour ainsi dire en continu, la situation analytique et ses sites dérivés, enfin les échanges entre analystes.

Jean-Luc Donnet a en effet beaucoup puisé dans ces échanges en se confrontant avec agilité, rigueur et sans complaisance à l’épreuve critique. Quant à la clinique, il a enrichi sa pratique personnelle de toute son expérience des institutions soignantes en particulier celle acquise à Etienne Marcel qu’il dirigea jusqu’en 1983 et surtout au CCTP Jean Favreau dont il fut le médecin directeur de 1989 à 1999.

Au CCTP, il a su transmettre son goût du travail et de la recherche en favorisant l’élaboration collective d’une méthode originale de confrontation et d’échange à propos des difficultés rencontrées dans la situation analytique ou ses sites dérivés.

Et, au-delà du Centre, nous nous sommes tous progressivement appropriés certaines des formules condensées dont il avait le secret comme par exemple: écart théorico-pratique, opération méta, site analytique, situation analysante, incident de cadre, don d’absence.

Alors bien sûr son absence laisse un grand vide, mais elle laisse aussi un riche héritage que nous continuerons de partager. Nous adressons un hommage reconnaissant au psychanalyste marin, amoureux de la mer et du vent, qui nous accompagnera encore dans cette « traversée du site analytique » dont l’exploration est loin d’être terminée.

Jean-Louis Baldacci


Décès de Odile Morvan (1952-2022)

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Nous apprenons avec tristesse le décès de notre collègue Odile Morvan, le 13 octobre dernier.
Née en en 1952, elle était Membre adhérente de la SPP depuis 1998.

Odile Morvan a remarquablement éclairé la psychopathologie de la post adolescence à partir de sa pratique de psychanalyste au service médico psychologique universitaire de Grenoble et à partir de ses travaux de recherche effectués en collaboration avec le médecin chef de ce service, le docteur Anne Marie Alléon, et avec les meilleurs des psychanalystes de la SPP : Francis Pasche, René Diatkine, Serge Lebovici, Jean Bergeret, Jean Guillaumin, Jacqueline Cosnier, Raymond Cahn, Philippe Jeammet…, psychanalystes qu’elles ont invités à Grenoble.

 Deux livres passionnants ont été publiés aux PUF sous la direction d’Odile et Anne Marie : Adolescence terminée, adolescence interminable et Devenir adulte à partir des deux congrès du même titre qu’elles ont organisés à Grenoble, révélant ainsi à un très grand nombre de participants tout l’intérêt du travail psychanalytique avec les post adolescents.

Les travaux de recherche auxquels Odile a participé, en particulier sur les tentatives de suicide, les troubles des conduites alimentaires, les conduites de dépendance, peuvent profiter encore aujourd’hui à tous les psychanalystes.

Annette Thomé


Huit nouveaux membres à la SPP

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Le Conseil d’Administration de la SPP du 28 juin 2022 a agréé six nouveaux membres :

Catherine Bonnefoy (Paris)
Nathalie Brunetti (Lyon)
Noreddine Hamadi (Paris)
Catherine Joubert (Paris)
Caroline Monin Civalleri (Lyon)
Christine Serre (Lyon)

Le Conseil d’Administration du 20 septembre 2022 a agréé deux nouveaux membres :

Sarah Bydlowski (Paris)
Johanna Velt (Paris)


Décès de Michel Schneider (1944-2022)

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« Les livres sont écrits dans le dos de l’amour. À l’autre on réclame : “Dis-moi que j’existe.” Il arrive qu’il réponde, et je crains qu’il ne soit le seul à pouvoir le faire…» ( Lu et entendu, Fil Rouge, PUF, 2013)

La SPP a la très grande tristesse d’annoncer le décès de Michel Schneider (1944-2022), psychanalyste, musicien et musicologue, écrivain, et haut fonctionnaire.

Dans son activité de psychanalyste, Michel Schneider était proche de l’APF, et avait travaillé avec J.-B. Pontalis à la rédaction de la Nouvelle Revue de Psychanalyse.

Il a dirigé des séminaires cliniques et de littérature, et a occupé une place particulière dans le monde psychanalytique ; ses positions critiques par rapport à Lacan (Lacan : les années fauves, 2010), ses analyses sociologiques (Big Mother, 2003), se conjuguaient avec une écriture littéraire de grande qualité. On lui doit des romans : Comme une ombre (2011) et le plus récent, L’homme aux livres (2021), ainsi que beaucoup d’essais biographiques, dont celui sur Glenn Gould, (GlennGould, piano solo, 1988) ou le « roman psychanalytique » :  Marylin, dernières séances (2006) ainsi qu’un travail sur Proust, Maman ( 1999). Prix Medicis essai en 2003 pour Morts imaginaires, il avait écrit des articles psychanalytiques réunis dans le volume Lu et entendu, en 2013.

Michel Schneider a eu une présence marquante auprès de ses collègues psychanalystes, et la peine est très grande de le savoir disparu.

Ses obsèques auront lieu le 29 juillet prochain au Crématorium du Père – Lachaise à 14H30.

La SPP présente ses condoléances très chaleureuses à ses enfants et à sa famille.


Décès de Milena Vinco (1944-1922)

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Nous apprenons avec tristesse le décès de notre collègue Milena Vinco, le 18 Juillet dernier.
Née en en 1944, elle était membre adhérente de la SPP depuis 2004. Elle avait travaillé longtemps à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le service de Psychiatrie adultes du Pr. D. Widlöcher.


Décès d’Antoine Corel (1935-2022)

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Nous apprenons avec tristesse le décès d’Antoine Corel le 14 juillet 2022.

Psychanalyste, médecin, il fut également critique de cinéma et traducteur.

La SPP présente ses très chaleureuses et amicales condoléances à son épouse, notre collègue Haydée Faimberg, à ses enfants, et à ses collègues.


Décès de Gérard Jover (1951-2022)

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C’est avec une très grande tristesse que nous apprenons le décès de notre Collègue et ami Gérard Jover.
Gérard Jover était psychiatre, psychanalyste, pembre de la SPP et du Groupe Toulousain depuis 1992. Il exerçait en libéral à Toulouse notamment auprès d’enfants et adolescents et était expert auprès des tribunaux. Durant de nombreuses années, il est intervenu à l’AAT (Association Accueil Toxicomanie) après avoir collaboré à la Guidance Parentale. Il partageait sa retraite entre Biarritz et Toulouse.


Disparition de Geneviève Haag (1933-2022)

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C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Geneviève Haag.

Geneviève Haag a été une grande figure de la psychanalyse avec l’enfant. Nous perdons une collègue estimée et une chercheuse infatigable. Sa vitalité, sa curiosité intellectuelle et son intérêt profond pour la psychanalyse et la psychanalyse avec l’enfant, son appétit pour la transmission nous manqueront. A nous de continuer à faire vivre sa pensée…

La SPP, 6 juillet 2022

 

Le parcours de Geneviève Haag

par Hélène Suarez Labat

Geneviève Haag était psychiatre, ancienne interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine. En 1964, elle est appelée par le Pr Didier Duché pour rejoindre l’équipe de L’Institut Médico Educatif Marie-Auxiliatrice à Champrosay (Essonne). Elle en deviendra le médecin chef, et y créera, dans les années 80, des dispositifs innovants de soins individuels et groupaux destinés aux enfants atteints de troubles polyfactoriels présentant des troubles autistiques sévères.

Dans les années 60, elle rejoint le Dr Henri Sauguet à L’Institut Claparède à Neuilly sur Seine. Elle y rencontre James Gammill qui devient un de ses superviseurs. Il l’engage à établir des contacts avec les psychanalystes anglo-saxons qui s’occupent d’autisme.

A l’institut Claparede, elle a occupé les fonctions de médecin consultant et de psychothérapeute auprès des enfants qui présentaient, pour certains, des états autistiques. Elle les recevait avec leur famille, avec leurs frères et sœurs, s’intéressait de plus en plus au développement du bébé en ayant bénéficié des transmissions de Frances Tustin et de Esther Bick, dont elle fut l’élève. Elle créa une équipe pluridisciplinaire dynamique avec des dispositifs novateurs et une méthode de travail psychanalytique extrêmement rigoureuse.

Infatigable chercheuse, Geneviève Haag a publié de nombreux articles depuis 1977 où elle a présenté avec Cesar et Sara Botella au Congrès des psychanalystes de langues romanes une conférence princeps : « En deçà du suçotement » ; elle a ouvert la voie à de nombreuses recherches et à la publication de 300 articles, traduits en différentes langues. En 2018, elle a obtenu le 56ème Prix Maurice Bouvet pour son ouvrage paru aux Puf « Le moi corporel. Autisme et développement ». Un deuxième ouvrage paraîtra en Août 2022 qui retrace l’histoire et l’actualité de ses recherches sur les processus de changement dans l’autisme : « La grille d’évaluation de l’autisme » aux Puf.

Ses travaux se situent au carrefour de plusieurs chemins, où elle a croisé des pionniers de la psychanalyse et des espaces psychiques primitifs, qui ont, eux aussi, défriché les voies empruntées par le négatif. Elle avait installé un dialogue avec plusieurs psychanalystes dont André Green, Piera Aulagnier, Didier Anzieu, Michel Soulé, Florence Guignard, Didier Houzel, Bernard Golse, Maria Rhode et David Rosenfeld. On retrouve également dans ses travaux un prolongement du travail winicottien de défrichage des relations entre soma, psyché, création des espaces psychiques, avec lesquels elle faisait des liens avec ses propres découvertes relatives au moi corporel et à l’image du corps. C’est en 1983 qu’elle était devenue membre de la SPP. C’est autour de Donald Meltzer et Marta Harris et de leur venue régulière en France que fut créé en 1973 le Gerpen auquel Geneviève participa activement. En 2004, elle créa la CIPPA en demandant à M.D. Amy de la rejoindre pour l’aider à organiser le rassemblement des psychanalystes s’occupant des personnes autistes, à promouvoir des recherches, et à organiser des débats avec d’autres disciplines ; aujourd’hui la CIPPA est devenue une association au rayonnement international qui conserve l’esprit de recherche transmis par Geneviève Haag.

Geneviève Haag aimait les liens avec l’esthétique, elle nous laisse une œuvre riche de découvertes et de nouvelles perspectives de recherches à venir. Comme elle aimait souvent dire : « Nous n’avons pas fait le tour de cette question ou de ce problème ». Ainsi elle cherchait toujours à découvrir de nouveaux chemins empruntés par les processus et leurs mises en sens pour penser les intégrations du rythme et de ses fantaisies. Elle a rejoint son mari Michel Haag avec qui le dialogue était incessant.


Décès de Geneviève Haag (1933-2022)

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C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Geneviève Haag.

Geneviève Haag a été une grande figure de la psychanalyse avec l’enfant. Nous perdons une collègue estimée et une chercheuse infatigable. Sa vitalité, sa curiosité intellectuelle et son intérêt profond pour la psychanalyse et la psychanalyse avec l’enfant, son appétit pour la transmission nous manqueront. A nous de continuer à faire vivre sa pensée…

La SPP, 6 juillet 2022

 

Le parcours de Geneviève Haag

par Hélène Suarez Labat

Geneviève Haag était psychiatre, ancienne interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine. En 1964, elle est appelée par le Pr Didier Duché pour rejoindre l’équipe de L’Institut Médico Educatif Marie-Auxiliatrice à Champrosay (Essonne). Elle en deviendra le médecin chef, et y créera, dans les années 80, des dispositifs innovants de soins individuels et groupaux destinés aux enfants atteints de troubles polyfactoriels présentant des troubles autistiques sévères.

Dans les années 60, elle rejoint le Dr Henri Sauguet à L’Institut Claparède à Neuilly sur Seine. Elle y rencontre James Gammill qui devient un de ses superviseurs. Il l’engage à établir des contacts avec les psychanalystes anglo-saxons qui s’occupent d’autisme.

A l’institut Claparede, elle a occupé les fonctions de médecin consultant et de psychothérapeute auprès des enfants qui présentaient, pour certains, des états autistiques. Elle les recevait avec leur famille, avec leurs frères et sœurs, s’intéressait de plus en plus au développement du bébé en ayant bénéficié des transmissions de Frances Tustin et de Esther Bick, dont elle fut l’élève. Elle créa une équipe pluridisciplinaire dynamique avec des dispositifs novateurs et une méthode de travail psychanalytique extrêmement rigoureuse.

Infatigable chercheuse, Geneviève Haag a publié de nombreux articles depuis 1977 où elle a présenté avec Cesar et Sara Botella au Congrès des psychanalystes de langues romanes une conférence princeps : « En deçà du suçotement » ; elle a ouvert la voie à de nombreuses recherches et à la publication de 300 articles, traduits en différentes langues. En 2018, elle a obtenu le 56ème Prix Maurice Bouvet pour son ouvrage paru aux Puf « Le moi corporel. Autisme et développement ». Un deuxième ouvrage paraîtra en Août 2022 qui retrace l’histoire et l’actualité de ses recherches sur les processus de changement dans l’autisme : « La grille d’évaluation de l’autisme » aux Puf.

Ses travaux se situent au carrefour de plusieurs chemins, où elle a croisé des pionniers de la psychanalyse et des espaces psychiques primitifs, qui ont, eux aussi, défriché les voies empruntées par le négatif. Elle avait installé un dialogue avec plusieurs psychanalystes dont André Green, Piera Aulagnier, Didier Anzieu, Michel Soulé, Florence Guignard, Didier Houzel, Bernard Golse, Maria Rhode et David Rosenfeld. On retrouve également dans ses travaux un prolongement du travail winicottien de défrichage des relations entre soma, psyché, création des espaces psychiques, avec lesquels elle faisait des liens avec ses propres découvertes relatives au moi corporel et à l’image du corps. C’est en 1983 qu’elle était devenue membre de la SPP. C’est autour de Donald Meltzer et Marta Harris et de leur venue régulière en France que fut créé en 1973 le Gerpen auquel Geneviève participa activement. En 2004, elle créa la CIPPA en demandant à M.D. Amy de la rejoindre pour l’aider à organiser le rassemblement des psychanalystes s’occupant des personnes autistes, à promouvoir des recherches, et à organiser des débats avec d’autres disciplines ; aujourd’hui la CIPPA est devenue une association au rayonnement international qui conserve l’esprit de recherche transmis par Geneviève Haag.

Geneviève Haag aimait les liens avec l’esthétique, elle nous laisse une œuvre riche de découvertes et de nouvelles perspectives de recherches à venir. Comme elle aimait souvent dire : « Nous n’avons pas fait le tour de cette question ou de ce problème ». Ainsi elle cherchait toujours à découvrir de nouveaux chemins empruntés par les processus et leurs mises en sens pour penser les intégrations du rythme et de ses fantaisies. Elle a rejoint son mari Michel Haag avec qui le dialogue était incessant.

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