Société Psychanalytique de Paris

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Béla GRUNBERGER – Entretien

Cette  première partie décrit la façon dont Béla Gunberger, ayant tout juste terminé ses études secondaires, a fui les persécutions antisémites hongroises et de l’armée nazie qui occupait la Transylvanie. Il décrit avec humour cette fuite qui lui fait traverser l’Europe à la recherche d’un pays qui autorise enfin, un jeune étudiant juif à entreprendre les études de médecine qu’il avait décidé de faire pour devenir, ensuite, le psychanalyste qu’il se promettait de devenir ; car très vite et malgré toutes les vicissitudes qu’il traversait, il savait « qu’il n’y avait rien d’autre pour lui ! ».

Son itinéraire personnel est une illustration vivante des conflits et des menaces qui ont bouleversé l’Europe de cette première moitié du XXe siècle.
Le plus impressionnant dans ce récit, est de se rendre compte que dans cette lutte vitale qui a amené Béla Grunberger à fuir devant l’oppression, s’inscrivait, comme en contrepoint, le fil rouge de la Psychanalyse, comme si l’une et l’autre de ces réalités, politique et psychique, participaient indissociablement à la quête de sa liberté.

Marianne Persine
Janvier 2010

Voir la deuxième partie de l’entretien

Lire le portrait de Béla Grunberger par Pierre Dessuant

René Diatkine – Entretien

À travers l’évocation de sa formation, René Diatkine nous parle d’histoire, celle d’une époque où les étudiants juifs avaient été chassés de la Faculté, celle où les hôpitaux psychiatriques ont pu devenir des lieux inhumains, si bien que pour toute la génération d’après guerre concernée par la santé mentale, le seul projet qui s’imposait était de « trouver une voie pour une psychiatrie respectant l’homme », et à ce moment là , « il n’était pas question de faire intelligemment de la Psychiatrie sans être psychanalyste ».

Le lieu où s’élaborait cette ambition était, sans conteste, l’hôpital Sainte-Anne  où se rencontraient la plupart  des personnalités marquantes du monde de la Psychiatrie et de la Psychanalyse que  René Diatkine évoque avec talent et humour . Pour ce qui est des « étudiants » dont il était, il rend sensible l’enthousiasme « de ce groupe de copains  qui vivaient beaucoup ensemble,…qui avaient une très haute idée de ce qu’était la SPP,…qui discutaient beaucoup dans les bistrots, et pour qui la Psychanalyse représentait une engagement total ».

C’était l’heureuse époque des « pionniers »  de la Psychanalyse en France.

Cet « âge d’or » est troublé par une première crise « politique » en 1949, prémisse de la scission de 1953, qui sépare le groupe et éloigne de la Psychanalyse les psychiatres d’obédience communiste  tels Bonnafé, Le Guillant, Follin etc…

Sur la scission de 1953 et les conflits de pouvoir où se sont affrontés Nacht, Lacan, Lagache et…Marie Bonaparte, sur la mise en place des différentes instances qui, jusqu’à présent, organisent le fonctionnement de la SPP, René Diatkine nous apporte un témoignage vivant, illustré de faits et d’anecdotes, qui éclaire et précise notre compréhension.

Bien sûr, il parle aussi de lui même et notamment, il décrit avec précision comment le processus analytique, « drame à deux personnages »,  fonctionne selon lui.

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