Société Psychanalytique de Paris

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Denys Ribas | Les déliaisons dangereuses

Présentation de l’éditeur

Comment naît le psychisme humain ? Enraciné dans le corps par ses pulsions, investi par ses parents, il lui faut aussi créer le monde, le temps, et ses objets d’amour. Concevoir son origine, scène primitive organisant la différence des sexes et des générations.

Les enfants autistes nous introduisent à l’étrangeté de la non-évidence de l’altérité et du temps. Sans préjugé étiologique, la psychanalyse identifie dans ces états une désintrication pulsionnelle particulièrement poussée : une libido adhésive, une pulsion de mort qui fige et démantèle.

Penser la variabilité de l’intrication pulsionnelle, c’est donner un degré de liberté supplémentaire à la métapsychologie de toutes les structurations psychiques et un repère dans la cure.

Quels sont les facteurs qui favorisent l’intrication pulsionnelle et la vie ? Ou les dangereuses déliaisons ?

La pulsion de mort freudienne, scandaleusement dirigée vers l’individu, mais ensuite dérivée au dehors, éclaire les registres de la destructivité humaine, interroge un au-delà du sadisme, individuellement et collectivement. Modulée par l’intrication, elle protégera au contraire la vie en ouvrant au deuil et à la sublimation.

François Duparc | Le travail du psychanalyste. Accueil de la diversité et stratégies cliniques

Présentation de l’éditeur :

Le but de ce livre est de repenser le travail du psychanalyste dans une perspective de recherche quant aux moyens et aux visées de l’analyse contemporaine. Au centre de ce travail, un principe de diversité pour accueillir, au-delà d’une nosologie statistique réductrice, l’éventail des pathologies actuelles à tous les âges critiques de la vie. Pour cela, la construction d’un cadre sur mesure est souvent nécessaire. Sans oublier les paramètres fondamentaux et traditionnels que sont la libre association par la parole, la neutralité et l’écoute bienveillante, ainsi que l’interprétation sous toutes ses formes, ce soutien spécifique du cadre peut aller des aménagements restaurant la contenance de l’agir jusqu’au psychodrame ou à la relaxation analytique. Au-delà des rêves ou des fantasmes racontés, le matériel pris en compte par l’analyste peut aussi inclure le préverbal et la résonance des émotions, voire les formes sensorimotrices des traumatismes, aux limites du somatique. Une analyse plus classique reste toutefois une perspective évolutive à plus ou moins long terme.

Marie-France Castarède, Samuel Dock | Le nouveau malaise dans la civilisation

Marie-France Castarède, Samuel Dock Le nouveau malaise dans la civilisation

Présentation de l’éditeur :

Attentats meurtriers, pilotes d’avion kamikazes, catastrophes écologiques, addictions technologiques, vacuité artistique et mise à mal spirituelle, le monde semble aller plus mal que jamais. Les auteurs, psychanalyste et psychologue, unissent ici leurs forces pour penser ce trouble nouveau et allonger, sans concessions ni détours, le monde sur le divan.

En 1930, Freud publiait “Malaise dans la civilisation“, œuvre majeure où il détaillait les fondements de la société et les dangers qui la menaçaient.

Plus de quatre-vingts ans après, ce malaise dans la civilisation, plus virulent que jamais, s’exprime sous des formes nouvelles. Retour des fondamentalismes religieux, attentats dévastateurs, crise écologique, addictions technologiques et impasses transhumanistes, désinvestissement spirituel, aliénation des médias, fractures politiques… Entre nihilisme et narcissisme, dépression et hébétude, l’être humain se perd, la société vacille.

Après “Le Nouveau Choc des générations”, les auteurs ont choisi cette fois d’unir leurs savoirs et de confronter leurs expériences pour offrir une approche singulière de ce trouble inquiétant qui traverse l’humanité, et pour allonger, sans concession ni détour, le monde d’aujourd’hui sur le divan.

Jacques Boushira (ed.), Sylvain Missonnier (ed.) | L’originaire et l’archaïque

L'originaire et l'archaïque

Présentation de l’éditeur :

Depuis que Freud s’est autoproclamé « archéologue de l’âme » dans les Études sur l’hystérie en 1895, les débats sur l’originaire et l’archaïque sont, en plein ou en creux, constitutifs de la psychanalyse elle-même comme science de l’origine.

Aujourd’hui, les discussions à ce sujet ne laissent jamais indifférente la communauté des analystes. De fait, l’ambition résolument matricielle de ces deux termes est une valeur sûre pour convoquer la complexité mouvante et évolutive de la rencontre transféro/contre-transférentielle.

Cette attractivité s’enracine dans le fort magnétisme de l’énigme des commencements dont l’originaire et l’archaïque sont animés. Ce pouvoir s’étend des délices brûlantes de la séduction aux affres de la répulsion. La fascination, en tout cas, y est dominante, avec ses vertus mobilisatrices et ses vertiges régressifs.

Cette publication des « Monographies et débats de psychanalyse » se propose d’explorer bien distinctement l’originaire et l’archaïque à l’abri des réductions caricaturales et en cernant l’essentiel : les promesses de l’exploration attentive de leurs récurrences polymorphes et insistantes dans la clinique quotidienne.

François Duparc, La clinique du psychanalyste aujourd’hui : une pratique ouverte, un cadre “sur mesure”

Présentation de l’éditeur :

Comment adapter la psychanalyse aux demandes de plus en plus variées de nos sociétés contemporaines ? Comment offrir à chaque patient un cadre “sur mesure”, plutôt qu’un “prêt-à-porter” ? François Duparc s’appuie sur sa longue pratique et sur sa théorie pour nous livrer une réflexion sur la transformation nécessaire à la clinique psychanalytique d’aujourd’hui. Face à la technique standard convenant aux névroses, il propose une adaptation du cadre de la cure prenant en compte la diversité des patients et leurs clivages, ouvrant la psychanalyse à des indications de doubles prises en charge, de thérapies analytiques en face-à-face, de psychodrame, de médiations thérapeutiques ou de relation psychanalytique.

Hystérie, phobie, dépression, anorexie, états-limites, psychose, paranoïa, psychosomatique… À chaque fois, l’auteur s’attache à comprendre la multiplicité des traumatismes aux différents âges de la vie, leurs conséquences en terme de pathologies, et les stratégies que celles-ci vont rendre nécessaires. Une véritable stratégie de l’analyste qui s’engage contre la souffrance ou défaillance psychique des patients qui le consultent. Un ouvrage novateur et le socle d’une réflexion propre à faire évoluer la pratique psychanalytique en profondeur.

Martine Girard | De psychiatrie en psychanalyse avec Winnicott. Les conditions du soin psychanalytique institutionnel

Présentation  de l’éditeur :

En 2006, L’accueil en pratique institutionnelle (Champ social éditions) tentait de renouveler l’approche clinique de ce qu’il est convenu d’appeler psychothérapie institutionnelle à partir d’une relecture de certaines propositions théoriques de Winnicott plutôt audacieuses et controversées notamment l’hypothèse d’un féminin non pulsionnel.

Le présent ouvrage reprend ce point de départ théorique et le prolonge pour mettre en tension deux paradigmes : le précoce (early) et le profond (deep), en s’appuyant sur une notion winnicottienne particulièrement négligée malgré ses conséquences épistémologiques et thérapeutiques, celle de la double dépendance ou dépendance absolue des premières semaines de la vie. Si la discontinuité de la présence de l’objet est fondatrice de l’accès à la représentation, c’est en personne et en présence que l’autre secourable, le Nebenmensch, le care-giver, se doit aussi de se manifester. Dimension incontournable dans la clinique institutionnelle des psychoses, illustrée par quelques vignettes. Cette clinique de l’en deçà interroge, à travers la non demande des patients, la légitimité de notre offre et de nos dispositifs. Dès lors, il sera tout aussi incontournable de ne pas négliger les conditions préalables au soin psychanalytique.

De psychiatrie en psychanalyse avec Winnicott, c’est donc depuis l’extérieur qu’est abordé l’espace analytique, le bord externe du cadre en quelque sorte.

Martine Girard, psychiatre des hôpitaux, membre de la Société psychanalytique de Paris dirige depuis trente ans l’Unité de soins ambulatoires du Service de psychiatrie, psychothérapies et art-thérapie du CHU de Toulouse.

Laurent Danon-Boileau | Le non-moi. Entre stupeur et symptôme

Présentation de l’éditeur :

Le moi n’est pas cette part de soi-même sur laquelle on peut se reposer sans arrière-pensée. Le moi n’est pas, tant s’en faut, la raison même. En partie inconscient, il s’agite pour faire croire qu’il maîtrise ce qui lui échappe, si bien qu’entre le moi et un « non-moi » on ne sait pas toujours où on en est.

Aussi Laurent Danon-Boileau décide-t-il d’aborder le moi par ses contours, et, comme c’est une ruse, il fait en sorte qu’on ne discerne bientôt plus s’il s’agit « du » moi, ou « de » moi : qu’est-ce qui, en bordant « le » moi, « me » définit ?

L’auteur procède par chapitres non conclusifs, parfois par fragments : ce qui n’est pas moi «ne peut se dire que dans le divers et l’erratique ». Et, comme il faut des prises sûres quand on éprouve que le propre d’un sujet, c’est le regard qu’il pose sur ce qui n’est pas lui – pour s’en émerveiller, s’en trouver réveillé, ou pour s’en offenser –, les contours décrits font appel à des connaissances et des pratiques affirmées et précises : en psychanalyse, en thérapie d’enfants autistes, en linguistique, en littérature.

Cette nouvelle histoire du moi, décrite via ce qui n’est pas lui, s’adresse à qui attend des livres un compagnonnage solide et délicat. « Le moteur même de mon propos, écrit Laurent Danon-Boileau : la pensée du lecteur, avec tous ses méandres et digressions. Ce que j’en imagine me soutient et me tient constamment en dialogue ». Quand le lecteur du livre ne se distingue plus du moi de l’auteur (ou de son non-moi)…

Laurent Danon-Boileau est agrégé d’anglais, docteur d’État en linguistique, professeur émérite à Paris-Descartes (acquisition et pathologie du langage de l’enfant), membre de la Société psychanalytique de Paris.

Catherine Chabert, Maintenant, il faut se quitter

Cet ouvrage passionnant est dédié à la séparation. Celle-ci, bien qu’elle jalonne toute la vie humaine au quotidien, ne va pas de soi. En effet, la capacité de se séparer s’acquiert grâce au déploiement du complexe d’Œdipe aussi bien en aval qu’en amont. La séparation suppose la constitution préalable d’un objet interne, qui, maintenu vivant, permet l’élaboration de la perte. En l’absence d’objet interne fiable, la perte ou l’absence de l’objet représente une effraction narcissique. La douleur assure, dans un versant positif, la pérennité du sentiment de continuité d’exister car elle s’inscrit dans un espace intermédiaire où il n’est plus question de son appartenance physique ou psychique. La séparation peut être à l’origine de nombreux éprouvés : angoisse, douleur, deuil, mélancolie et disparition. Cependant, c’est le contexte sous-jacent qui donne plutôt l’une ou l’autre forme d’expression chez un individu donné.

L’auteur s’appuie sur la notion de pulsion anarchique de Nathalie Zaltzman qui a comme rôle d’effectuer un rééquilibrage entre pulsion de vie et pulsion de mort, sans les considérer comme foncièrement antagonistes. Dans ce domaine, la notion de division prend toute sa valeur pour maintenir la bigarrure de la vie humaine. C’est là que la différence de sexe joue son rôle primordial car elle différencie et sépare alors que la pulsion de mort soutient le courant haineux qui conditionne la séparation. Dans la mélancolie, il y a mélange par identification à l’objet constituant un mouvement anti-séparateur, tandis que la jalousie et la passion visent la séparation. De même, un excès de liaison peut conduire de façon délétère à la massification pulsionnelle et la dédifférenciation. Ce sont les différences qui permettent de sauvegarder la vie car seule les séparations et pertes donnent accès à l’inconnu et donc au nouveau. Tout abrasement de conflits et la tendance à l’unification entraine un processus de dédifférenciation dangereux soutenu par certains traits actuels de la culture.

Au total, un des buts de toute cure devrait être de pouvoir se séparer.

 

Rénate Eiber

Serge Tisseron et Frédéric Tordo (dir), L’enfant, les robots et les écrans. Nouvelles thérapeutiques

Les psychanalystes se méfient beaucoup des technologies numériques. Les jeux vidéo ont mauvaise presse. Nombreux analystes pensent que ces pratiques vont à l’encontre de la vie psychique et sont incompatibles avec une approche psychothérapeutique. Il y a des a priori, mais surtout une méconnaissance de ces phénomènes. Les réseaux sociaux couperaient les jeunes de la réalité. Et les robots sont  perçus comme des menaces pour l’emploi et iraient dans le sens de la déshumanisation.

Néanmoins, des psychologues et des psychiatres de plus en plus nombreux renouvellent notre regard sur ces nouveaux objets et y voient, au-delà des aspects inquiétants, des possibilités inédites de créer des médiations nouvelles. Dans cet ouvrage, des experts français en médiations numériques et quelques pionniers des médiations robotiques exposent une autre manière d’évaluer ces phénomènes.

Serge Tisseron commence par montrer l’importance, largement sous-estimée,  des objets dans nos existences, car ils contribuent, plus qu’on ne le croit, à la subjectivation.

Frédéric Tordo  montre que ces nouvelles médiations permettent d’aborder des problématiques narcissiques et identitaires, voire psychotiques. Et de favoriser ce que l’auteur appelle « l’auto-empathie réflexive », qui manque chez ces sujets qui n’ont pas  intégré une relation avec un double virtuel interne, mais l’externalisent.

Plusieurs autres chapitres montrent l’intérêt des médiations numériques auprès de personnes psychotiques ou autistes, avec l’utilisation des tablettes numériques ou des jeux vidéo.

Plus inattendue encore est l’utilisation de robots dans les pratiques avec des enfants et des adolescents, qui fait l’objet de la deuxième partie de l’ouvrage. Les robots suscitent une impression d’inquiétante étrangeté, à cause des projections anthropomorphes, nous dit Serge Tisseron. Pour Frédéric Tordo, le robot médiateur peut devenir un véritable partenaire thérapeutique chez les enfants autistes.

Ce sont donc des recherches très innovantes que nous présente cet ouvrage collectif, dont on ne peut pas ici donner toutes les facettes, qui peuvent intéresser les cliniciens, soucieux de s’instruire sur ces possibilités encore peu explorées.

 

Simone Korff Sausse