© Société Psychanalytique de Paris

Laure Bonnefon-Tort, Anne Maupas, Dominique Tabone-Weil (dir), La psychanalyse est-elle mortelle ?

Auteur(s) :
Mots clés :

Cet ouvrage collectif examine la position de la psychanalyse dans le monde actuel et comment l’adapter aux besoins et demandes changeantes sans en renier ses origines. C’est aussi la question dans un monde d’opérationnalité, de rapidité et de mécanicité : comment intéresser l’individu à sa vie psychique et prendre du temps. Si la psychanalyse perd sa capacité d’adaptation elle est mortelle, si, par contre, elle garde la créativité et l’évolutivité elle reste vivante ce qui se traduit par les controverses, le potentiel de transformation dans la métapsychologie et un plaisir caché de l’analyse. Penser les changements dans la société permet de contrecarrer un enfermement qui conduirait à une idéologie et donc à sa mort.

Un autre point est comment peut-on entendre l’urgence d’une souffrance aigue et la revendication de la rapidité de traitement. En proposant un espace de contact avec soi, une relation authentique et d’écoute, une mise en suspend du temps, la psychanalyse permet être salvatrice dans un contexte déshumanisant et destructeur. L’expérience d’un psychanalyste dans une école de commerce parisienne, recevant des étudiants du monde entier, montre qu’il est possible de rester analyste et de pouvoir aborder des patients qui sont dans l’action, la performance et très loin de toute élaboration psychique.

La psychanalyse dans une société en changement où les repères et la temporalité s’effacent, est censée donner du sens. Différente de la cure type, la pratique analytique, notamment en institution, ne perd pas de sa noblesse. Les modalités de travail y aboutissent à des nouvelles voies thérapeutiques arrimées à la métapsychologie freudienne. Le psychanalyste en institution a la possibilité de susciter et l’intérêt des équipes soignantes et des patients pour la vie psychique.

Au total : Bien que la résistance contre la psychanalyse ait existé dès sa création – surtout par rapport à l’inconscient, la castration et la toute-puissance humaine – elle résiste toujours malgré sa mort annoncée et sa quasi-disparition du champ de la psychiatrie et du DSM.

 

Rénate Eiber (octobre 2019)


C. Costantino, K. Fejtö, R. Havas (dir), Le symptôme

Auteur(s) : Renate Eiber
Mots clés :

Cet ouvrage collectif rappelle la conception freudienne du symptôme qui traverse son œuvre comme un fil rouge. Pour Freud, le symptôme névrotique, compromis psychique lié à la conflictualité psychique, est adressé à l’entourage pour y exercer une action. Il vise aussi l’analyste dans le transfert dont l’interprétation, si elle est acceptée par le patient, permet dans les meilleurs cas, de renoncer au symptôme.

La technique psychanalytique consiste, entre autres, à faire émerger le symptôme dans la relation transféro-contretransférentielle et de le perlaborer. Il existe une étroite relation entre rêve et symptôme. Ici le symptôme a un sens dans la vie de l’individu, qui peut être élucidé. Le symptôme tente de lier et représente un destin de la libido.

Dans la pathologie de l’actuel, ce sens fait défaut, le symptôme assure la survie psychique. Particulièrement intéressante est la notion de normopathie qui consiste à un reniement de la créativité du sujet qui doit être ‘normal’ et conforme, ce qui aboutit à une coupure de la subjectivité. Le normopathe est anormalement normal, pour ainsi dire, et objet de lui-même. Dans ce cas, on peut dire qu’il y a un symptôme en négatif.

L’approche anglo-saxonne du symptôme de Klein et ses successeurs montre un glissement du symptôme vers une approche globale du sujet. Chez Lacan, le symptôme évolue tout au long de son œuvre et est considéré comme une structure.

En psychopathologie, la tendance actuelle envisage le symptôme sous l’angle du modèle bio-médical aboutissant à un opérationnalisme de critères diagnostiques. Cette dérive assèche la clinique psychiatrique sous prétexte d’évaluer les thérapies ne laissant plus de place à l’individualité.

Au total : En psychanalyse, le symptôme est appréhendé à partir de l’écoute du sujet parlant. Il doit être respecté et toléré avant toute interprétation qui se veut efficace. La disparition du symptôme sous-tend un réaménagement psychique.

 

Rénate Eiber

page 1 | 1

https://www.spp.asso.fr/edition/puf-debats-en-psychanalyse/