© Société Psychanalytique de Paris

Archives Nationales – Fonds de la Société psychanalytique de Paris

Auteur(s) : Magali Lacousse
Mots clés :

Archives Nationales

FONDS DE LA SOCIETE PSYCHANALYTIQUE DE PARIS (SPP)

Répertoire de la Société Psychanalytique de Paris (SPP) 1950-1997

par Céline PARCE

Répertoire de l’Institut de Psychanalyse de Paris (IP) 1952-1989

par Tatiana SAGATNI

Revu et préparé pour l’impression par Magali LACOUSSE
Sous la direction de Christine NOUGARET Conservateur général du Patrimoine et Magali LACOUSSE Conservateur du Patrimoine CHAN 2004

Introduction

La Société psychanalytique de Paris (SPP) a été fondée en 1926. Il s’agit alors d’une association déclarée. Reconnue d’utilité publique en 1997, son siège, situé au 187, rue Saint-Jacques à Paris (5e arrondissement) a été transféré 21 rue Daviel à Paris (13e arrondissement) en 2016.

Lors de sa création en 1926, la SPP a pour but de regrouper tous les médecins de langue française en état de pratiquer la méthode thérapeutique freudienne et de donner aux médecins, désireux de devenir psychanalystes, l’occasion de suivre la psychanalyse didactique indispensable pour l’exercice de la méthode de FREUD.

Par la suite, les missions de la SPP ont peu évolué. En 1997, elle est chargée de transmettre et de développer la psychanalyse comme discipline scientifique et méthode thérapeutique fondée sur l’œuvre de FREUD.

Le fonds a fait l’objet d’une procédure de dépôt, signé le 11 avril 2000 par Jean Cournut alors président de la SPP.

Lors de l’examen du contenu du dépôt, il s’est avéré que le fonds contenait les archives de deux organismes distincts : l’Institut de psychanalyse (IP) et la Société psychanalytique de Paris (SPP). Afin de rendre visible cette séparation entre les archives de l’IP et de la SPP, tout en assurant le respect des fonds, il a été décidé de constituer deux parties ou sous-fonds dans le plan de classement de l’instrument de recherche : la Société psychanalytique de Paris (SPP) a reçu la cote 101 AS I et l’Institut de Psychanalyse (IP) la cote 101 AS II.

Présentation matérielle

Dates extrêmes : 1950-1997

Dépôt du 11 avril 2000.

Conditions d’accès

La consultation (communication et reproduction) des documents du fonds est soumise à l’autorisation écrite préalablede l’ayant-droit. Cette autorisation est à demander au CHAN.

Instrument de recherche

Le présent répertoire numérique détaillé résulte du classement des deux sous-fonds, l’IP et la SPP, effectués dans le cadre du DESS des Métiers de la Culture, des Archives et de la Documentation de l’Université de Haute-Alsace (Mulhouse) par mesdemoiselles Tatiana SAGATNI et Céline PARCE.

En 2004, mademoiselle Magali LACOUSSE a procédé à la refonte, la mise en forme, la relecture et l’harmonisation des deux répertoires d’origine : elle a également repris l’introduction, la bibliographie, les annexes et l’indexation, en vue de la publication d’un répertoire exhaustif du fonds.

La Direction des Archives de France a accordé son visa scientifique DITN/2004/353 du 20 décembre 2004.

I / Fonds de la Société psychanalytique de Paris (SPP)

Contenu du fonds et lacunes

Les dates extrêmes des documents contenus dans le fonds s’étendent de 1950 à 1997. Il s’agit de documents relatifs au fonctionnement, à l’administration et à l’activité de la SPP au cours de cette période.

Cependant le fonds est très lacunaire. Il ne contient aucun document concernant la fondation de la SPP en 1926 et ses débuts. Il semblerait que ces archives aient disparu lors de l’Occupation allemande pendant laquelle toute activité psychanalytique était interdite. Certains membres de la SPP, émigrés aux Etats-Unis à cette époque, auraient emmené avec eux une partie des archives. Cependant, il est possible de connaître la vie de la SPP à cette époque grâce à la Revue française de psychanalyse. En effet, celle-ci publiait les comptes rendus de l’ensemble des séances de la SPP depuis 1927. Le fonds ne contient aucun exemplaire de cette revue, mais elle est disponible dans certaines bibliothèques spécialisées, notamment celle de l’Institut de psychanalyse de Paris.

De même, le fonds ne contient que quelques archives relatives à la vie comptable de la SPP. Les autres n’ont pas disparu : elles n’ont pas été intégrées au dépôt et sont conservées par la SPP elle-même. De plus, les archives de la commission des candidatures au titre de membre titulaire et de la commission des candidatures aux titres de membre adhérent et de membre affilié ne portent que sur les années cinquante et soixante-dix. Le fonds ne contient également aucun dossier préparatoire de la Revue française de psychanalyse. Il manque aussi les procès-verbaux des réunions du bureau.

Pour le reste, le fonds est relativement complet et les lacunes plus ponctuelles. Il manque par exemple les dossiers du colloque de la SPP de 1974, des colloques organisés avec l’APF de 1973 et de 1985 à 1989, et du Congrès des psychanalystes de langues romanes de 1953. Les dossiers des manifestations scientifiques organisées par la SPP portent surtout sur leur organisation matérielle.

On peut regretter l’absence des textes des interventions prononcées au cours de ces manifestations et des comptes rendus des débats. Cependant, on peut aisément les retrouver, puisqu’ils ont été publiés dans la Revue française de psychanalyse depuis 1927 et dans le Bulletin intérieur de la SPP depuis 1991.

Procédure de classement

Toujours en exercice, la SPP continue de produire et de recevoir des archives. Le fonds déposé aux Archives nationales est donc dit “ouvert”, c’est-à-dire qu’il est susceptible de recevoir des compléments d’archives.

 Classement

Le plan de classement adopté est le suivant : fondation, composition, administration, comptabilité, activités scientifiques, relations extérieures, dossiers de presse. Il s’efforce de refléter l’organisation et le fonctionnement de la SPP en tenant compte des modifications apportées au cours de son existence.

La fondation comprend tous les éléments statutaires et réglementaires de l’association. La composition concerne les membres et les groupes régionaux de la SPP. L’administration recense les dossiers constitués par les organes décisionnels de la SPP, c’est-à-dire l’assemblée générale (assemblées générales ordinaires, assemblées générales extraordinaires, séances administratives, collèges administratifs), le conseil d’administration et le bureau. La comptabilité regroupe les dossiers relatifs aux cotisations perçues et aux dépenses effectuées par la SPP. La rubrique sur les activités scientifiques de la SPP est la plus importante matériellement. Elle se répartit en cinq sous rubriques : commission scientifique, organisation de manifestations (programmation des manifestations, Colloques, Conférences, Congrès des psychanalystes de langues romanes, autres réunions scientifiques et commémorations), département d’archives et d’histoire, groupes de réflexion thématiques (section psychanalyse d’enfants, commission psychanalyse Sécurité sociale et relations publiques, commission psychanalyse et socius, commission socio-professionnelle), publications (commission des publications, Revue française de psychanalyse, Bulletin intérieur). Les relations extérieures concernent les liens de la SPP avec d’autres sociétés psychanalytiques françaises, étrangères, européenne et internationales, et avec d’autres organismes à caractère souvent médical. Enfin, les dossiers de presse regroupent les documents relatifs à l’abonnement de la SPP à l’Argus de la presse et les dossiers de presse thématiques constitués à des fins documentaires.

Intérêt et orientations de recherches

Les archives de la SPP sont susceptibles d’intéresser tout à la fois l’histoire de la psychanalyse en France, l’histoire des idées et des intellectuels. Le fonds est très riche en ce qui concerne l’organisation des activités scientifiques de la SPP. Il témoigne d’une volonté de diffusion constante des méthodes théoriques et cliniques freudiennes. Les sujets abordés, leur récurrence (les névroses infantiles…), les périodes auxquelles ils ont été étudiés, leur comparaison avec les thèmes étudiés par les autres sociétés psychanalytiques, et les lieux où les manifestations sont organisées témoignent des préoccupations du monde psychanalytique et de ses avancées à un moment donné.

De plus, les procès-verbaux de l’assemblée générale, du collège administratif et du conseil d’administration constituent des sources importantes pour l’étude de certaines questions représentatives des problèmes rencontrés par la psychanalyse en général et souvent débattues au cours des séances de ces assemblées. Elles portent principalement sur la formation des psychanalystes, sur la sélection des membres de la SPP et donc des futurs analystes, et sur la sauvegarde de la théorie et de la pratique psychanalytiques freudiennes.

II / Fonds de l’Institut de Psychanalyse de Paris (IP)

Contenu du fonds

Contenu et lacunes

En ce qui concerne l’IP comme association autonome, le fonds est complet puisque ses archives s’étendent sur une période allant de sa création, en 1953, à sa dissolution en 1986.

En revanche, pour ce qui est de l’IP en tant qu’organisme de formation rattaché à la SPP, de 1934 à 1940, on se reportera au fonds de la SPP en remarquant que les archives antérieures à 1946 ont disparu. Vraisemblablement existe-t-il encore des archives chez certains membres qui auraient émigré aux Etats-Unis, par exemple (HARTMANN, SPITZ).

 Procédure de classement

A / Eliminations

Pour les procédures de classement du fonds, des éliminations ont été effectuées.

Seuls les documents en plusieurs exemplaires, en particulier les circulaires en bon nombre, ont été éliminés. Toutefois, deux exemplaires ont été systématiquement conservés.

B / Classement

Le fonds est structuré en 8 grandes parties :

La première partie reprend tous les éléments constitutifs, statutaires et réglementaires de l’Institut de sa création jusqu’à sa dissolution.

La seconde partie concerne la composition de l’IP avec les listes de tous ses membres.

La troisième partie reflète le fonctionnement administratif de l’IP avec l’ensemble des convocations, comptes rendus, rapports et correspondances produits par ses différents organes de décision.

La quatrième partie est consacrée à la comptabilité de l’Institut. Elle comprend les documents relatifs à l’installation et aux frais d’études ainsi que les rapports financiers, comptes d’exploitation et budgets prévisionnels.

La cinquième partie concerne les activités d’enseignement et se répartit selon trois sous-parties qui sont les structures, la scolarité et le contenu de l’enseignement.

La sixième partie concerne les activités scientifiques organisées par l’IP. Il s’agit des différentes actions menées dans le domaine des études et recherches psychanalytiques, des activités de la Bibliothèque ainsi que des manifestations organisées par l’IP.

Les septième et huitième parties concernent les relations avec les sociétés psychanalytiques françaises, étrangères et internationales et, enfin, les relations de l’IP avec d’autres organisations. Pour ces deux dernières parties, un classement des sociétés et organisations a été effectué par ordre alphabétique de celles-ci.

Intérêt et orientations de recherches

Le fonds de l’Institut de psychanalyse de Paris ne bénéficie pas de la notoriété qui lui incombe. A la fois inédit et très complexe, il reflète par son organisation interne et ses relations avec les sociétés psychanalytiques l’évolution des intellectuels français.

Si l’importance accordée à l’enseignement et à la formation laisse supposer le haut niveau des psychanalystes français, il peut être intéressant d’envisager la place de l’IP et sa politique d’action dans l’évolution de la société française, dans ses rapports avec la SPP, dans l’évolution de ses critères de sélection et de formation ainsi que dans les transformations sémantiques du langage psychanalytique.

 

Magali LACOUSSE
Céline PARCE
Tatiana SAGATNI

 

SOURCES COMPLEMENTAIRES

Centre historique des Archives nationales (Paris)

Fonds Lucien BONAPARTE et ses descendants (1792-1907) : comprend, notamment, les archives de la princesse Marie BONAPARTE.

Fonds Georges MAUCO (1914-1987) : contient des documents relatifs à la psychanalyse et à la pédagogie.

Library of Congress, Manuscript Division (Washington D.C.)

 Archives Marie BONAPARTE (1889-1961) : comprennent sa correspondance, ses journaux, des documents autobiographiques et généalogiques, des documents imprimés, des photographies, des aquarelles et d’autres documents relatant l’intérêt et l’investissement de la princesse dans le domaine de la psychanalyse.

Collection Sigmund FREUD (1919-1975) : contient des archives de Rudolph Maurice LOEWENSTEIN, de la correspondance, des mémorandums, des rapports, des brevets, des informations biographiques, des photographies et autres documents principalement relatifs à l’œuvre de Rudolph LOEWENSTEIN comme psychanalyste aux Etats-Unis ainsi qu’à son investissement au sein d’organisations psychanalytiques (New York Psychoanalytic Institute, New York Psychoanalytic Society).

 

BIBLIOGRAPHIE

BARANDE, Ilse et Robert, Histoire de la Psychanalyse en France, Toulouse, Privat, 1975. 181 p.

BERTIN, Célia. Marie Bonaparte, la dernière Bonaparte. Nouv. éd. Paris : Librairie  Académique Perrin, 1999. 496 p.

BOURGUIGNON, André. « Mémorial », in Nouvelle Revue de Psychanalyse, n°15, Printemps 1977, Gallimard, p. 235-249.

MIJOLLA, Alain de. « La psychanalyse en France, 1893-1965 ». In JACCARD, R. Dir. Histoire de la psychanalyse. Tome II. Paris : Hachette, 1982. p. 9-105.

MIJOLLA, Alain de. « La scission de la Société psychanalytique de Paris en 1953, quelques notes pour un rappel historique ». Cliniques méditerranéennes. 1996, n° 49-50, p. 9-30.

MIJOLLA, Alain de. « Le congrès des psychanalystes de langue française des pays romans. Quelques éléments d’histoire ». Revue française de psychanalyse. Janvier-février 1991, vol. LV, n° 1, p. 7-36.

MIJOLLA, Alain de. « Quelques aperçus sur le rôle de la princesse Marie Bonaparte dans la création de la Société psychanalytique de Paris ». Revue française de psychanalyse. 1988, vol. LII, n° 5, p. 1197-1214.

MIJOLLA, Alain de. « Société psychanalytique de Paris et Institut de psychanalyse de Paris ». In MIJOLLA, Alain de. Dir. Dictionnaire international de la psychanalyse. Tome II. Paris : Calmann-Lévy, 2002, p. 1596-1603.

MIJOLLA, Alain de. La France et Freud, T.1 (1946 -1953), Une pénible renaissance, Paris, Presses Universitaires de France, 2012. 443 p. ; T.2 (1954-1964) D’une scission à l’autre, Paris, Presses Universitaires de France, 2012. 777 p.

ORNICAR ? La communauté psychanalytique en France I, La scission de 53, Documents édités par Jacques-Alain Miller, 1976, 161 p ; La communauté psychanalytique en France II, L’excommunication, Documents édités par Jacques-Alain Miller, 1977, 164 p.

PERRON, Roger. “ Médecins et non-médecins dans l’histoire de la Société psychanalytique de Paris ”. Revue française de psychanalyse. 1990, n° 3, p. 167-198.

ROUDINESCO, Elisabeth. PLON, Michel. Dictionnaire de la psychanalyse. Paris : Fayard, 1997. 1213 p.

ROUDINESCO, Elisabeth. La bataille de cent ans, Histoire de la Psychanalyse en France, T.1 (1885-1939), Paris, Seuil, 1986. 493 p ; Histoire de la Psychanalyse en France, T.II (1925-1985), Paris, Seuil, 1986. 779 p.

 

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