Société Psychanalytique de Paris

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La sexualité féminine – Mai 2013

La sexualité feminine

Nosographie psychanalytique – Juillet 2011

Nosographie psychanalytique

Carl-Gustav Jung

Cette étude sur Jung est centrée sur la période au cours de laquelle il participa activement à la théorie, au développement et à la diffusion internationale de la psychanalyse. À la fin de 1912, en effet, après sept années d’une riche collaboration, Freud et Jung cessent de correspondre. Jung refuse la place que Freud reconnaît à la sexualité et aspire à affirmer ses propres concepts.

Danielle Kaswin-Bonnefond, après un tableau chronologique détaillé de la vie de Jung, étudie l’impact de Jung sur le mouvement psychanalytique. La présentation de l’enfance et de la formation souligne le caractère accablant et angoissant du climat familial, la façon dont Jung comprend sa propre dissociation, les interprétations qu’en propose Winnicott et s’attache au rêve du phallus d’or, premier rêve dont Jung se souvient et qu’il a fréquemment commenté. Ce rêve illustre la conflictualité et la première organisation défensive de Jung, enfant solitaire et renfermé, ainsi que ses formidables capacités figuratives ; Jung lui-même y voit une sorte d’initiation et la naissance de sa vie spirituelle, et le considère comme un des événements majeurs de sa vie, lui qui, dans sa volonté de ne pas ressembler à son père, privilégie très tôt sa vie intérieure secrète. Influencé par la pensée de Janet, Jung devient un jeune psychiatre à l’avenir prometteur, et Danielle Kaswin-Bonnefond nous montre d’une part ses héritages religieux, occultes et culturels, d’autre part sur quelles bases il s’engage aux côtés de Freud. Puis elle retrace les années psychanalytiques, la rupture et la période d’incertitude intérieure qui s’ensuivit, enfin l’évolution ultérieure de Jung. Elle montre son regard sur la psychose, présente ses expériences d’association, sa conception de l’inceste, du sacrifice et du mythe du héros. Elle explicite sa méthode, mais aussi les soubassements phénoménologiques et ethnographiques de sa réflexion, avant d’expliquer le concept d’archétype, la notion jungienne d’inconscient collectif, ainsi que la place du rêve et du transfert dans la pensée de Jung.

Le rêve, qui a tant passionné Freud et Jung, est l’objet psychanalytique qui les a rapprochés puis séparés. Jung développe particulièrement l’aspect téléologique du contenu symbolique des images oniriques et lui confère une dimension phylogénétique. Il reproche à Freud d’être trop restrictif dans sa prise en compte du rapprochement entre le rêve et le mythe et explore l’origine du mythe dans une nostalgie régressive où le héros se confronte au “ monstre de la matrice maternelle originelle ”. C’est dans son débat avec Jung, avant leur rupture, que Freud pose l’importance de l’analyse de l’analyste, affirmée au congrès de 1911. Après sa rupture avec Freud, Jung poursuit sa quête du mystère impersonnel qu’il nomme le “ numineux ”, indicible provenant d’une expérience immédiate et relevant du divin. Le choix de textes (mais le premier est attribué par erreur à Freud) illustre plusieurs aspects de cette très riche étude.