Société Psychanalytique de Paris

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Trois séances par semaine ?

Trois séances Débats en psychanalyse 2019

Les déliaisons dangereuses

Denys Ribas Les déliaisons dangereuses 2018

Dans cet ouvrage, Denys Ribas nous fait partager son expérience de 25 ans de travail et de recherche psychanalytiques, en particulier sur l’autisme infantile. Il a été directeur d’un hopital de jour pour enfants pendant de nombreuses années.

Non seulement à partir de sa clinique, mais aussi d’oeuvres cinématographiques ou littéraires il nous aide à comprendre les rapports entre la pulsion de mort, le temps et  l’originaire chez l’adolescent et l’enfant psychotiques. Dans ces pathologies la désintrication des pulsions peut ètre particulièrement poussée libérant une libido adhésive et une pulsion de mort qui fige et démantèle.

Denys Ribas nous présente sa conception de la pulsion de mort étayant la définition de Freud (tendance au retour à l’inorganique, diminution des tensions), qui en fait une pulsion sans énergie .Il préfère la voir dans l’intrication avec la pulsion de vie pouvant aboutir à des déliaisons qui ne sont pas toutes dangereuses(par exemple dans le deuil et la sublimation).

Il rejoint par là les conceptions de Benno Rosenberg, avec qui il a travaillé, sur le masochisme gardien de la vie (pulsion de mort intriquée à la pulsion de vie), et sur la prise en compte du devenir de la part libidinale désintriquée en cas de déliaison des pulsions.

Il est proche de la fonction désobjectalisante de Green: l’analysant s’isole et désinvestit aussi son fonctionnement interne, ce qui peut s’appliquer à une autre échelle au fonctionnement des enfants autistes.

Pour travailler avec les pathologies actuelles (addictions, états-limites, troubles alimentaires, maladies psychosomatiques, pathologies narcissiques, autisme infantile), avec leur destructivité, Denys Ribas utilise le modèle théorique de la deuxième théorie des pulsions.

Il souligne l’importance de cet appui théorique pour le psychanalyste qui doit”survivre” lorsqu’il est confronté à ces patients en  puisant dans un masochisme et un narcissisme bien tempérés.

À la suite de plusieurs auteurs (Freud, Bion, Winnicott), Denys Ribas s’interroge sur les effets traumatiques du déchainement de la destructivité lors de la guerre comme la guerre d’Algérie par exemple, chez les acteurs et leurs descendants.

Enfin il insiste sur la fonction intriquante du psychanalyste tout au long de la cure: à la fois par l’investissement positif du fonctionnement psychique de son patient, contenu par la neutralité analytique, et par le soutien de ses repères théoriques qui permettent une mise en sens.

M.Combes-Lepastier.

Psychanalyse et terrorisme – L’effroi peut-il s’élaborer ?

Le principe de plaisir – octobre 2016

Le principe de plaisir - PUF

Le bébé en psychanalyse – Janvier 2014

Controverses sur l’autisme et témoignages

Le livre de Denys Ribas est un appel à la confrontation sérieuse entre les théories cognitives et psychanalytiques. De ces confrontations qui précisent les désaccords, naissent également des convergences remarquables.

Denys Ribas introduit dans son introduction une description méconnue de l’autisme par Hans Asperger qui mérite autant que Kanner la paternité de la découverte de ce syndrome. Mais alors que Kanner en 1943 décrit les enfants vus en consultation, Asperger les soigne depuis 1926 dans une institution thérapeutique mettant en œuvre un traitement privilégiant la relation affective. Pour Asperger, la relation établie suppose des responsabilités éducatives et une exigence envers lui. La nature profonde de l’enfant ne se révèlera qu’à celui qui est dans une situation pédagogique avec lui.

L’auteur décrit également la pédagogie curative introduite à Vienne en 1911 par Clémens Von Pirquet et définit sa conception de cette pédagogie comme une approche spécifique qui ne doit pas être confondue avec la rééducation, une synthèse intuitive de la pratique médicale et éducative, un outil référentiel qui s’adresse autant aux médecins qu’aux infirmières, aux enseignants, aux thérapeutes.

Une connaissance de l’enfant nécessite une relation vivante et affective avec lui. A partir de cette thèse une présentation des patients d’Asperger nous est donnée à lire.

Suit un exposé et critique des positions cognitives. Pour l’auteur, le cognitivisme reste très prisonnier d’une idéologie positiviste scientiste un peu naïve (p. 99).

Une partie est consacrée aux réflexions psychanalytiques, riche de références théoriques et d’illustrations cliniques.

La lecture de cet ouvrage nous plonge également dans des témoignages précieux d’anciens autistes aux personnalités exceptionnelles qui ont su émerger de leur isolement et nous donne accès aux souvenirs de leurs expériences qui confirment pour l’auteur certaines intuitions cliniques, mais nous livrent aussi des faits nouveaux qui suscitent des questions nouvelles.

Face à la clinique, une confrontation entre les approches cognitivistes et psychanalytiques est riche d’enseignements ; Denis Ribas propose des liens entre ces deux approches, si l’on dépasse les différences de langage, tentative de traduction qui se révèle fructueuse.

Des questions nouvelles donc, sur lesquelles cet ouvrage fait le point et devient une référence.

L’auteur termine son ouvrage en livrant un rêve. Son rêve évoque une institution pour les autistes qui serait organisée avec trois pôles auxquels les enfants et adolescents pourraient recourir selon leurs besoins en proportions variables.

Nous laissons le plaisir aux lecteurs qui le désirent d’aller le découvrir.