Société Psychanalytique de Paris

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Vieillir : un retour d’idéal

L’idée de recenser cet ouvrage sur la vieillesse m’a été inspirée par Marie-T D.P, décédée en avril 2020, à l’âge de 88 ans ; on se voyait une fois par semaine depuis plusieurs années. Je dédie ce travail à sa mémoire.

Gérard Bonnet nous livre un essai sur la vieillesse qui, comme le dit Marie-Françoise Fuchs, dans sa préface, nous introduit dans un : « nouveau regard, plein de sens (…) qui saisit par la justesse et la pertinence de son analyse et enchante par ses perspectives d’avenir. »

Dès l’avant-propos, Gérard Bonnet définit l’idéal comme un élément essentiel pour vivre la vieillesse, tant du point de vue dynamique (l’idéal fait retour d’une manière nouvelle, inattendue, pour le meilleur et pour le pire), qu’économique (avec l’âge, le sujet a une nouvelle chance d’investir l’idéal), et topique (l’idéal offre un épanouissement à la mesure du désir de chacun, en ce sens, l’auteur situe les racines de l’idéal dans l’inconscient).

A travers 6 chapitres et une conclusion ouverte, Gérard Bonnet nous emmène dans une réflexion sur les bienfaits et les risques d’un retour de l’idéal infantile au grand âge.

Le chapitre 1 : « L’idéal en psychanalyse »

L’auteur y affirme que « si la psychanalyse s’intéresse à l’idéal, c’est d’abord en raison de sa dimension inconsciente, de ses origines infantiles et de la force qu’il incarne. » Ainsi ressurgissent, au sein du psychisme, les modalités de plaisir les plus anciennes et les plus investies dans la petite enfance. « Le moment étant opportun, ce plaisir revient au premier plan, exactement comme la sexualité prégénitale et génitale dominait la maturité. » La libido ayant la même puissance à tout âge, c’est par « l’amour des idéaux » qu’elle est le mieux satisfaite pendant la vieillesse.

Le chapitre 2 : « Les grandes étapes du retour »

L’auteur définit trois étapes clé dans le processus de la vieillesse. La première de ces étapes est « La première époque », dont les prémisses se lisent dans la ménopause ou l’andropause. Ces signes physiques entraînent des renoncements idéaux, liés à la paternité et à la maternité. Ces renoncements permettent un réinvestissement de nouveaux idéaux.

La seconde étape du processus de vieillissement est « Le grand passage » : le sujet âgé voit ses forces physiques diminuer et ses capacités s’amoindrir. Ce tournant demande une « conversion psychique ». La dépendance aux plus jeunes réveille le vécu des liens précoces quand le sujet n’était encore qu’un bébé. Les soins dont il fait l’objet maintenant renvoient aux soins mère-bébé, et avec eux les idéaux de beauté, de fidélité, de tendresse des patients. Quand ces soins sont réalisés avec froideur et indifférence, cela peut, par manque de possibilité du retour des idéaux, mener à une dépressivité, voire une mélancolie. « Quand la relation est satisfaisante, ils découvrent les richesses des idéaux dans la vie quotidienne, et y trouvent des satisfactions qui les dédommagent de celles qu’ils n’ont pas eues, ou qui leur sont devenues inaccessibles.

La troisième étape est « l’ultime étape du retour »

L’approche de la mort où les idéaux s’imposent inconsciemment d’une manière nouvelle et essentielle. Les idéaux fondamentaux reviennent à la veille de la mort pour faciliter le « passage » vers la mort. « De même qu’ils ont permis la venue au monde et assuré la survie du sujet aux premiers temps de l’existence, ils éclairent la fin de vie en lui offrant la possibilité d’y retrouver des satisfactions du même type.

Le chapitre 3 : « Eloge de la tendresse, la dimension charnelle de l’idéal ».

C’est avec leurs petits enfants que beaucoup de grands-parents découvrent la tendresse, souvent accompagnée de chaleur et de bonté. Cet idéal fondamental qu’est l’amour se révèle dans son acception charnelle, sa dimension physique. La tendresse est, dès les relations les plus précoces, une condition de possibilité du développement de l’enfant. L’auteur rappelle le point de vue de Freud qui considère la tendresse comme un courant sexuel très précoce, constitutif de la libido. Il cite son article de 1912 « Sur le plus général des rabaissements de la vie amoureuse ». Il y distingue deux courants dans la sexualité : « le courant tendre » et « le courant sensuel ». Quand la tendresse n’est pas au rendez-vous, la vie sexuelle s’en trouve perturbée. Ainsi on peut comprendre que « l’idéal en général est une source de plaisir sexuel. »

Et l’idéal constitue l’objet même de ce plaisir. L’auteur explique que « la tendresse se construit dans l’inconscient sous la forme de bons objets dans le sens où l’entend Mélanie Klein. » Ces objets idéaux sont facilement « objectivables. » C’est-à-dire qu’à l’occasion d’une caresse, d’un soin chaleureux, l’objet se concrétise et vit. L’auteur fait référence à l’objet transitionnel théorisé par Winnicott, le doudou. Pour l’auteur, en réalité il n’y a pas d’âge pour le doudou : « quel est le sujet âgé qui ne garde pas dans son environnement immédiat tel ou tel objet auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux, et qui témoigne d’une relation ou d’un moment de tendresse auxquels il demeure attaché ? »

La mère qui apporte la tendresse et l’idéal de tendresse à l’enfant, à travers ses soins, est imprégnée inconsciemment par la tendresse qu’elle a vécue elle-même enfant, notamment avec son père. Tel est le courant tendre issu du complexe œdipien. « La tendresse s’inscrit dans un axe intergénérationnel, elle en est issue. » Et quand les grands-parents retrouvent la tendresse avec leurs petits-enfants, « ils ne font que récupérer leur mise ». Le jeu de la bobine est ici rappelé dans une acception intéressante : Freud y contemple son petit-fils qui joue avec l’absence et la présence de sa mère, et il contemple aussi « les effets de la tendresse qui unit l’enfant à sa mère dont il est lui, le grand-père Freud, la source et l’origine. » En ce sens « l’objet transitionnel en tant que symbole de tendresse est une espèce d’objet totémique, un de ces objets qui renvoient à l’ancêtre, à l’ancien. S’il peut incarner la présence de la mère dans l’absence, c’est parce qu’il renvoie à ceux auxquels elle a renoncé pour rencontrer un homme et enfanter, tout en maintenant inconsciemment avec eux le lien qui l’a rendue capable d’amour. »

L’auteur introduit trois exemples cliniques qui montrent l’importance et la nécessité d’éprouver de la tendresse pour des objets, pour pouvoir se sortir de la dépression ou même de la frigidité. « Dans l’économie inconsciente, la tendresse constitue le côté affectif, chaleureux, la chair de l’axe intergénérationnel, et elle en témoigne. » Faire l’éloge de la tendresse, c’est aussi faire l’éloge d’une dimension constitutive de notre vie psychique. Certaines perversions de la tendresse risquent d’entamer le développement de la sexualité idéale.

De cet éloge de la tendresse l’auteur veut en tirer un « enseignement » : les objets idéaux comme la vérité, la justice… sont dans un rapport aux objets externes et se font échos les uns les autres. L’auteur en déduit que « le partage social offre un écho considérable aux idéaux, comme s’il fallait cet espace horizontal pour que s’exprime leur ancrage vertical dans les générations. » Là aussi il souligne un risque de perversion à partir du moment où des meneurs de groupes sociaux « exploitent ces émotions pour asseoir leur pouvoir. » Par ailleurs il est aussi possible que par suite d’une déception ou d’une trahison d’un idéal, une personne soit entraînée dans la haine, la destruction ou la trahison.

Le chapitre 4 : « L’éveil de l’idéal en l’autre »

Gérard Bonnet élargit le concept de « demande comme étant toujours une demande d’amour » de Lacan, en affirmant que toute demande n’est pas qu’une demande d’amour, c’est aussi une demande de vérité, de justice, de beauté, c’est-à-dire des idéaux fondamentaux présidant à la relation humaine. « Et cette demande ne peut pas vraiment aboutir si elle n’est pas portée par le désir. » Les anciens ont toujours eu besoin des plus jeunes. Si la société contemporaine tente à réduire les anciens à leurs besoins, négligeant ainsi ce qu’ils peuvent incarner de notre histoire collective, l’auteur dénonce le risque de réduire toute personne à une objectivation, entraînant leur déchéance et « l’impression d’être enterrés d’avance. » Ainsi le sujet âgé risque de tomber dans des attitudes infantiles, comme quand il était enfant avec ses parents (joue à la poupée), une période de satisfaction primaire où il était dépendant des soins d’un adulte. Les personnes âgées doivent pouvoir élaborer des demandes pour ne pas tomber dans des relations réduites à la satisfaction des besoins. Ce qui n’est pas évident, car souvent ils doivent affronter la honte : honte d’être dans le besoin de l’autre, honte de ne plus être aussi beau qu’avant, honte de vieillir.

La demande d’idéaux sous-jacente au besoin est nécessaire à la personne âgée autant qu’elle l’est pour le plus jeune qui s’occupe de lui. Cette demande d’idéaux vient aussi réveiller chez le plus jeune des idéaux et donne un sens au lien qui les unit ; elle vitalise le psychisme de l’un comme de l’autre. D’un point de vu transgénérationnel, « on assiste à un chassé-croisé : les parents transmettent à leurs enfants le plaisir des idéaux qu’ils ont hérité de leurs propres parents et, devenus grands-parents et dépendants, ils les réveillent et en bénéficient dans le contact avec leurs enfants et petits-enfants. » Les échanges d’idéaux ne portent leurs fruits qu’à condition qu’ils parviennent à éveiller le désir. Le désir, non pas génital, mais le désir du je, du sujet, celui qui anime toute l’existence d’une personne. Ce je désirant a ses sources dans « les relations intersubjectives des origines : c’est parce qu’on a été reconnu, aimé et valorisé comme un être unique par un autre « je » que l’on devient soi-même sujet, et qu’on est en état d’élaborer son propre désir. » Encore une fois, Gérard Bonnet se réfère à Lacan pour écrire « Le désir est désir de l’Autre » : c’est en faisant le désir de l’ancien que le plus jeune trouve à satisfaire son propre désir.

L’idéal n’est pas figé, il circule de l’un à l’autre et évite les écueils de l’idéologie, de l’idéalisation et de la passion, à condition de s’inscrire dans le mouvement décrit : besoin/ demande/désir. L’idéal est né dans et par l’intersubjectivité de l’enfance, et il se poursuit dans le lien entre les anciens et les plus jeunes : l’idéal est avant tout ce qui « se vit en relation. » L’auteur évoque l’importance de « l’écoute de l’inconscient » pour favoriser ce par quoi l’Homme ne saurait survivre : la relation de sujet à sujet. A travers une anecdote, l’auteur rappelle que la relation d’idéal est finalement ce qui permet le mieux de poser l’ordre des générations au sein de l’humanité.

Le chapitre 5 : « L’idéal au risque de la souffrance »

L’idéal qui pose le plus de problème est l’amour. Comme le bébé privé d’amour se déprime, la personne âgée aussi. Mais la personne âgée a pu développer, au fil de son existence d’autres idéaux, comme des idéaux politiques par exemple, qui, s’ils sont bafoués, provoquent un grand malaise. Alors comment empêcher ce malaise ? En en parlant, en les explicitant, les commentant, pour les « faire résonner dans toute la mesure du possible. »

Gérard Bonnet rappelle Baudelaire qui parle de sa douleur dans certains de ses poèmes, non pas pour s’en plaindre mais pour « la célébrer car elle provoque dans sa poésie des accents uniques et sublimes. » Musset parlait de sa douleur comme de sa « muse ». L’idéal de beauté est ici source de lutte contre la douleur et source de créativité contre ce qui pourrait être source de destructivité. Les idéaux sont donc essentiels, on l’aura compris, pour affronter les déceptions, les conflits, les peines et les chagrins des personnes âgées. Pour l’auteur il existe 4 types d’idéaux :

  • Les idéaux fondamentaux : amour, vérité, beauté, tendresse : acquis dans le plaisir du contact avec l’autre, l’objet, dans les relations précoces.
  • Les idéaux partiels ou utilitaires de type justice, propreté, tempérance, pudeur, qu’on trouve en d’autres termes dans ce que l’on appelle « les vertus morales ».
  • Les idéaux du moi : ceux que le sujet s’attribue pour se donner une apparence et une image valorisante.
  • Les idéaux sociaux ou collectifs : très nombreux, ils donnent aux anciens la possibilité de tenir leur place et de « faire contrepoids aux poussées internes démoralisantes. » Il s’agit d’idéaux comme « aller voter », s’exprimer sur les réseaux sociaux, favoriser des initiatives…

Cette diversité des idéaux est essentielle pour favoriser une économie psychique propice au bien-être. Les idéaux secondaires peuvent être un « remède aux excès des idéaux fondamentaux ».

Freud disait « qu’au moment du décès, les survivants célèbrent volontiers les idéaux qu’a incarné le défunt. L’angoisse de mort des anciens peut trouver ici un moyen d’être surmontée, sachant que, bien que morts, ils laissent vivant les idéaux auxquels ils sont le plus attachés. En fin de vie, il est essentiel que l’idéal de vérité prenne le pas sur celui de l’amour. Car, l’expérience clinique montre que les traumatismes non-dits familiaux ont un impact inter, et transgénérationnel s’ils ne sont pas exprimés, parlés, explicités. Si les anciens ne sont pas source de vérité et de révélation pour les plus jeunes, si cet échange entre les générations n’est pas possible par l’échange d’idéaux, alors c’est un échange qui se fait « corps à corps », au risque de la somatisation.

Le chapitre 6 : « Le retour d’idéaux persécuteurs »

« L’idéal de vérité et l’idéal de respect des morts » sont particulièrement importants à respecter au moment de la vieillesse, au prix de « troubles somatiques particulièrement désarmants. » Car l’idéal relie les sujets par « le fil des générations. » Un récit d’une psychanalyse d’un sujet âgé nous est présenté à ce propos. La psychanalyse permet au sujet qui atteint le grand âge de revisiter, à la lueur de son idéal de vérité, non pas seulement des liens avec ses parents, mais aussi avec ses grands-parents. L’aspect transgénérationnel est important.

Pour conclure : « Ouvrir à l’universel »

« L’attrait qu’exerce l’idéal constitue un courant sexuel parmi d’autres, il est toujours à double tranchant, ne manque pas d’ambiguïté et conduit au meilleur comme au pire. » Les idéaux peuvent aider le sujet à vivre sa vieillesse, mais s’ils sont trop exigeants ils peuvent être source de désillusion, de douleurs. Avec l’âge, la sexualité idéale fait retour. Dans l’enfance domine la sexualité pulsionnelle, à l’adolescence et l’âge adulte la sexualité génitale. La sexualité idéale permet à chacun de se préparer au vieillissement et d’aborder la mort comme une ouverture et non comme une fin, à travers notamment la transmission intergénérationnelle et transgénérationnel. Cette dernière se vivant alors sur le mode d’une relation tendre qui permet l’échange entre les générations. Pour éviter l’écueil religieux ou politique qui transforme l’idéal en idéologie et ouvre la voix au prosélytisme, il est important de comprendre que « les idéaux sont des réalités inconscientes, constitutives de la vie psychique ». Ainsi ils apportent avec l’âge, des « plaisirs irremplaçables et ouvrent à l’universel. »

Nathalie Ferreira, mai 2020

La sexualité masculine – Mars 2015

La sexualité masculine

Les idéaux fondamentaux. Des fondations inéluctables mais explosives

Gérard Bonnet se propose ici d’étudier l’origine, la signification, et ce à quoi correspondent ce qu’il appelle les idéaux fondamentaux :la beauté, la tendresse, l’idéalisation de la vérité, la fidélité, la vie humaine. Il rappelle que Freud considère que le plaisir apporté par l’idéal est d’ordre sexuel, et qu’il en fait même un objet sexuel au sens propre du terme. L’idéalisation est le fruit d’une expérience inconsciente très précoce, source d’un plaisir intense, et elle est de l’ordre de l’affect. A double tranchant, elle peut entrainer l’amour ou la haine des idéaux, l’un et l’autre procurant inconsciemment du plaisir. A l’adolescence, l’enfant est confronté à une poussée à l’idéalisation très intense ; c’est « une exigence absolue » (J Kristeva) qui lui permets de s’arracher à ses parents et de rencontrer l’être idéal, mais qui peut s’inverser dans son contraire : la violence destructrice. Pour Gérard Bonnet, l’idéalisation est possible si à l’occasion d’une rencontre, d’un évènement, d »une expérience, il y a éveil d’une attente refoulée et impensable. Le sujet retrouve dans le réel des équivalents de l’affect d’amour perdu .L’adolescent peut vivre à travers les idéaux la réalisation d’un fantasme de ré engendrement incestueux : retourner dans le sein maternel et se ré enfanter comme un être nouveau et merveilleux, animé et guidé par les idéaux que la mère a incarnés.

D’où la proposition de considérer l’idéalisation comme une troisième forme de sexualité manifeste au même titre que la sexualité génitale et la sexualité prégénitale. C’est la sexualité idéale ou passionnelle : elle est fondée sur une poussée constante, représentée par le surmoi ou l’idéal du moi ; elle a une base spécifique représentée par le moi idéalisant ; elle a pour but des jouissances au moins aussi variées que la sexualité pulsionnelle et pour objets des objets idéaux qui dans l’inconscient sont des objets sexuels. Cette sexualité transcende et dirige les autres formes de sexualité.

Symptôme et conversion

Gérard Bonnet, psychanalyste de l’Association psychanalytique de France, propose dans ce livre une autre voie pour analyser le symptôme en élargissant la notion de conversion définie par Freud dans les Études sur l’hystérie. Pour l’auteur, la conversion serait une qualité intrinsèque au symptôme, à constamment restaurer.

La conversion est un processus en attente qui se rejoue aux différents moments de la vie et permet des remaniements psychiques dynamiques. C’est un sujet très important aujourd’hui car, plutôt que d’éradiquer le symptôme par des médicaments ou autres méthodes comportementalistes, il s’agit plutôt, tout en en limitant les manifestations les plus bruyantes, de suivre son évolution. Le plus grand risque qui menace le patient, c’est la fixation, la rigidification, et G. Bonnet insiste sur la nécessité de respecter le symptôme et de le rendre convertible.

Il n’est pas question ici de guérison mais de processualité évolutive.

Aiguillon pour la recherche psychanalytique, pour Freud et pour nous aujourd’hui, le symptôme possède cette fonction dans la vie psychique tout entière. Tel est l’enjeu du livre que de montrer ce rôle fondateur du symptôme.

G. Bonnet commence cette étude du symptôme et de sa conversion en confrontant point par point un cas clinique (Claire) et une œuvre littéraire (un roman de Claude Louis-Combet). Il poursuit en reprenant deux cas célèbres qui ont suscité une œuvre, l’un indirectement — il s’agit de l’article de Freud sur un cas de névrose démoniaque —, l’autre directement — la conversion de Paul sur le chemin de Damas, telle qu’elle a été transmise par la tradition.

À travers ce cheminement, G. Bonnet met en lumière les fonctions essentielles du symptôme : réparateur, transformateur, séducteur, révélateur, aiguillon.