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Le sexe de l’analyste

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Le sexe de l’analyste



Le sexe de l'analyste - Débats en psychanalyse

Sous la direction de
Françoise Cointot et Marie-Laure Léandri
Auteurs
Monique Cournut-Janin, Paul Isaraël, André Beetschen, Catherine Chabert, Claire-Marine François-Poncet, Cristina Lindenmeyer, Françoise Cointot, Laurence Kahn, Marie-France Dispaux, Marie-Laure Léandri, Paul Denis, Samuel Lepastier
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Date de parution : 18/08/2021

Résumé

La question du sexe de l’analyste concerne un champ qui s’étend de son acception la plus concrète, la plus perceptible, à la plus inconsciente, voire secondairement élaborée en cours de cure. Son incidence sur et dans la cure ne doit pas être masquée par le recours à la bisexualité psychique de l’analyste.

Quel rôle peut avoir le sexe de l’analyste dans l’engagement du transfert ? Quels en sont les effets sur le contre-transfert de l’analyste, sollicité au-delà de la détermination de son sexe biologique dans ses identifications les plus profondes ? L’élargissement contemporain des indications de cure implique-t-il de composer plus souvent avec cette dimension de la réalité ?

Les contributeurs – par paires hétérosexuelles ! – ont développé de véritables débats sur ces questions, débats qui tentent d’élaborer quelle part a la réalité du sexe de l’analyste dans le processus de la cure.

Sommaire

Françoise Cointot, Marie-Laure Léandri Introduction
Monique Cournut-Janin De l’autre côté du sexe
Catherine Chabert et Paul Denis Le sexe de l’analyste, attracteur du transfert
Laurence Kahn et André Beetschen « Sur le terrain de la bisexualité, il nous était facile d’éviter toute impolitesse »
Cristina Lindenmeyer et Samuel Lepastier Du giron maternel à la parole paternelle. L’analyste a -t il un sexe ?
Marie-France Dispaux et Paul Israël Contre-transfert et sexe de l’analyste dans les cures atypiques : Réflexions croisées
Claire-Marine François-Poncet Soyez réaliste, demandez l’impossible

Caractéristiques

Code ISBN : 978-2-13-082730-6
Nombre de pages : 150 
Prix : 18 €

 

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Ce que le nazisme a fait à la psychanalyse

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Mots clés : langue – nazisme – psychanalyse

Ce livre très dense analyse l’impact du nazisme sur la psychanalyse en s’appuyant essentiellement sur les œuvres de Freud et d’Imre Kertész et la question : est-ce que la psychanalyse pouvait rester indemne après ce déferlement destructeur ?

Outre l’émigration de nombreux analystes et les effets de l’exil sur eux, c’est la langue qui fut atteinte. Elle est caractérisée par sa pauvreté, l’apparition de nouveaux mots et le changement de sens de mots existants. Le vocabulaire de la psychanalyse fut dévoyé à son tour de son usage, comme par exemple les mots pulsion, autoconservation ou ‘Ausrottung’ qui signifia extirpation dans le langage freudien et extermination dans le langage hitlérien. Les mots furent disqualifiés en désordonnant le sens dans le but d’éliminer la pensée. Dans ce contexte, un constat important est que l’altération des mots atteint aussi l’être humain. Le secret de la langue est la trahison de son locuteur, la base de la cure analytique. Mais la lutte contre cette altération n’est pas sans danger non plus.

Non seulement la dictature réduit l’être humain à un certain mode de pensée infantile mais elle brise aussi la tonalité de la langue en tant que convention et ôte la légitimité de la place du père et de l’interdit. Le langage tient une place centrale dans la culture ; de ce fait on passe à côté de la dislocation engendrée par le nazisme si l’on traite la Shoah uniquement comme trauma.

La pensée psychanalytique d’après-guerre s’en est trouvée affectée notamment l’outil de penser les phénomènes de masse et la lutte de chacun avec son ennemi intérieur où l’identification joue un rôle prépondérant.

Pour Adorno, se basant sur Freud, la civilisation engendre l’anti-civilisation et ne cesse de la renforcer. Kertész affirme que la contre-culture nazie, établie sur la haine, contient les potentialités générales de l’humanité. C’est cela qui permet de penser l’événement car la mise en avant des victimes constitue une défense, dans le sens psychanalytique, contre des éléments d’identification avec les criminels ce qui expliquerait pour quelle raison il fut rarement fait référence pendant un certain temps aux phénomènes de masse. Toujours pour Kertész, nous devons envisager l’holocauste comme culture dont le dispositif fut de mettre la loi hors la loi. Cette rupture de mettre la loi hors la loi procure aux individus l’immense gain narcissique d’appartenance à une masse foncièrement homogène mais récusa le droit comme conception abstraite.

Kahn remarque la confrontation de la culture à l’effondrement des figures de la culpabilité. Dans ce contexte il est intéressant de noter que le mot Führer, absent dans ‘Totem et Tabou’, apparaît dans ‘Psychologie des masses’. Th. Mann pense que Hitler doit haïr la psychanalyse et son ennemi véritable est Freud, le grand désillusionneur. Le meurtre de ‘L’homme Moïse’ est fondateur de la civilisation car la culpabilité permet d’instaurer un travail contre la destructivité. Ce meurtre sans dramaturgie, oubli, latence et réminiscence, c’est à cette fracture que ‘L’homme Moïse’ fait face. Le nazisme a brisé le fil de la tragédie du père primitif, décrite par Freud, engendrant la culpabilité, l’ambivalence des sentiments, du développement de la communauté et de la continuité historique. Le nazisme a provoqué une inadéquation entre mots et expérience historique.

Le Führer constitue l’identité de la collectivité en se basant sur la ‘force pulsionnelle’ qui rassemble l’âme du peuple, aboutissant à l’identité aryenne qui sous-tend la ‘pulsion d’autoconservation’. Normalement des identifications variées et entrecroisées favorisent la diversité des individus au sein de la même société. Or, tout cela est battu en brèche par le nazisme où n’existe plus de référence tierce. L’homme est devenu un objet et est chosifié dans la masse. La déshumanisation prend la forme de la désindividuation.

Freud considère sa seconde topique comme une hérésie car elle enracine la conscience morale dans la pulsion de mort elle-même, L. Kahn pense que ce serait l’attaque de Freud contre l’autoconservation biologique du national-socialisme et l’autodestruction sacrificielle. Le travail de culture semblerait procéder par le mal et c’est ainsi que le processus culturel procéderait au domptage pulsionnel. L’holocauste devrait s’intégrer dans le travail de culture comme le meurtre originaire du père de la horde primitive.

Dans la pratique clinique, l’empathie et son usage sont censés favoriser un dialogue permettant l’accès à l’expérience privée de la catastrophe. Ce point de vue semble être une conséquence de l’ébranlement subi par la psychanalyse et sa théorie. La conception de Kohut de l’empathie fut la conséquence de sa propre expérience qui a affecté la théorie analytique elle-même. De même, Simmel, Adorno, Horkheimer et Fenichel refusèrent la séparation entre abstraction théorique et pratique clinique.

Le nazisme dévoyait le langage à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques, adoptées de façon mécanique et inconsciente pour culminer à un effet toxique. Cela est particulièrement le cas pour ‘Psychanalyse et Weltanschauung’ et la lutte contre l’assujettissement identificatoire des psychanalystes fut difficile. Contrairement à Freud, Carl Müller-Braunschweig, d’abord psychanalyste de l’Institut de Berlin et ensuite éminent collaborateur nazi, considère la psychanalyse comme une Weltanschauung et donne la place prépondérante au biologique dans plusieurs textes. Dans un aperçu historique, L. Kahn détaille les adaptations de la psychanalyse au régime nazi par, d’une part l’héroïsme et d’autre part l’adaptation à ce même régime, effectués par Müller-Braunschweig. Les psychothérapeutes nazis se référaient à l’énergie créatrice du poème ‘Natur’ de Goethe et l’énergie des forces révélées par la physique, s’appuyant ainsi sur le double héritage freudien. La biologisation, la technicisation et la mythisation sont entrées dans le psychisme individuel par le biais de la langue commune.

L’expérience traumatique des camps a un caractère spécifique dans la mesure où il abandonne la référence à l’après-coup. Du fait de la désymbolisation la seule possibilité qui reste au survivant et à ses enfants est l’usage de ‘souvenirs ou récits écrans’. Ces écrans peuvent se présenter dans la cure sous forme de ‘transfert écran’. Le syndrome du survivant de trauma extrême bouleverse profondément l’approche psychanalytique des victimes en séance car le psychisme est complètement anéanti, imposant l’empathie comme outil théorique et clinique pour retisser le lien à un objet. Comme la fonction paternelle protectrice a échoué l’enfant du survivant devient auditeur empathique de la mère qui doit reconstituer un récit assurant la permanence identitaire.

 

Conclusion : Le nazisme n’a pas seulement porté préjudice à la personne de Freud mais à la psychanalyse toute entière par son détournement et plus particulièrement par celui des mots dotés d’un sens nouveau. De même, l’approche psychanalytique des victimes ne peut se faire avec les bases psychanalytiques habituelles.

 

Rénate Eiber (avril 2021)


Le psychanalyste apathique et le patient postmoderne

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 Kahn Laurence, Le psychanalyste apathique et le patient postmoderne, Éditions de l’Olivier, coll. Penser / Rêver, 2014, 192 p., ISBN 978 2 8236 0434 4

 Avec ce livre au titre aussi prometteur qu’énigmatique, Laurence Kahn, membre formateur de l’Association psychanalytique de France, en appelle à notre vigilance concernant les menaces qui planent sur la psychanalyse d’aujourd’hui. Elle y dénonce en effet, en s’appuyant sur une vision d’ensemble de la psychanalyse, une dérive des concepts et de la pratique psychanalytiques, en particulier aux États-Unis ; dérive ayant fait le lit de l’engouement pour une nouvelle notion consensuelle au sein de la communauté psychanalytique internationale : l’empathie. Laurence Kahn se propose alors de décrypter pour nous l’histoire des glissements sémantiques successifs qui menacent d’amputer la théorie et la pratique psychanalytiques de ses outils majeurs et nous donne une lecture, voire une interprétation (cf. Épilogue p. 139-143), de la trajectoire de cette métamorphose.

Cet ouvrage riche d’enseignements éveille d’abord un sentiment d’étrangeté où se mêlent l’intuition que l’auteur traite d’une chose essentielle bien connue de nous, et l’impression d’une méconnaissance foncière et regrettable de ses fondements. On comprend alors que ce que Laurence Kahn dévoile ici concernant la transformation insidieuse mais profonde de la pratique et de la théorie psychanalytiques nord-américaines risque de gagner – si ce n’est déjà fait – notre vieux continent ! Elle signe ici un authentique essai, avec une thèse forte, aux allures de manifeste pour la défense de la métapsychologie, dont la menace est pressentie depuis toujours – comme nous le rappelle l’auteur – par probablement Jones en 1920 (p. 7), par Freud lui-même en 1930 (p. 40) et par Adorno en 1946 (p. 17).

Le point de départ est un constat : « l’admission officielle, en 1987, du « pluralisme théorique » au sein de l’Association psychanalytique internationale » (p. 10). Partant de là, Laurence Kahn repère méthodiquement les nouveaux « vocables » de l’univers psychanalytique postmoderne : herméneutique, narrativité, interaction, intersubjectivité, contextualisation, auto-dévoilement (Self-disclosure), conversation libre. Est ainsi mise en évidence la modification profonde du modèle épistémologique psychanalytique postmoderne qui, se fondant sur « l’observation des faits » et sur « l’expérience », aboutit à une conception « reconstructive » de la psychanalyse où le concept lui-même de reconstruction se trouve dénaturé : « l’usage de la reconstruction n’est donc pas ignoré. C’est son rôle dans le processus thérapeutique qui est modifié de fond en comble » (p. 28). C’est l’objet du premier chapitre.

Dans le second chapitre, Laurence Kahn situe les origines de ces glissements progressifs autour de deux grands axes : l’herméneutique et le relativisme. Elle montre ainsi comment la « pente relativiste » (p.67), issue notamment de la critique épistémologique de la psychanalyse par Popper et Wittgenstein, a ouvert la voie à une vision herméneutique de la psychanalyse. Remontant aux sources-mêmes du courant postmoderne américain, elle démontre alors comment les pensées de Foucault, Lyotard ou Derrida ont été l’objet de simplifications justifiant l’abandon progressif de la référence à la métapsychologie ; ou encore la façon dont celle de Ricoeur a contribué au déploiement d’une logique herméneutique. En s’appuyant sur les textes, Laurence Kahn montre ainsi « comment, de malentendus en approximations, le relativisme postmoderne a […] liquidé l’énergétique freudienne, alors même que certains auteurs invoqués s’y réfèrent explicitement » (p. 12).

La suite du raisonnement dévoile la façon dont ces penseurs européens ont pu être associés au pragmatisme de Rorty (chapitres 3 et 4) pour dévoyer la cure vers une dimension d’efficience et de relativisme intersubjectif. Enfin, Laurence Kahn s’attache à comprendre l’émergence et le déploiement du mouvement relativiste en psychanalyse par le truchement, entre autres, de la pensée de Dilthey. Elle démontre ainsi comment la référence au relativisme sur fond d’évolution de la clinique, en particulier auprès des pathologies limites, a progressivement dérouté la psychanalyse vers une voie « affective » où le renoncement à l’objectivité et à la scientificité ont abouti au règne d’« un nouveau common ground : l’empathie » (chapitre 5). L’écueil consisterait alors à délaisser, voire à abandonner le concept heuristique de neutralité, d’où l’attention portée à la posture « apathique » du psychanalyste selon le modèle freudien (chapitres 4 et 5).

Laurence Kahn nous offre donc un ouvrage dense. Un glossaire présentant les auteurs cités s’avère d’ailleurs très utile en ce qu’il nous permet de suivre son raisonnement synthétique. Après la lecture de cet ouvrage, son titre s’éclaire : en nous mettant en garde contre le risque d’émiettement du socle métapsychologique, Laurence Kahn nous invite à penser, à lire et surtout à nous interroger sur les conséquences que l’« ouverture psychanalytique » et les concessions conceptuelles du tournant postmoderne pourraient représenter pour notre pratique. Plus que d’un retour aux sources, il s’agit ici de ne pas oublier nos origines et notre outil : la métapsychologie.

                                                                                     


L’écoute de l’analyste. De l’acte à la forme

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La forme n’est pas un état mais un acte, et c’est avec elle que travaille le psychanalyste : chemin, pulsation suscitée par la perte, tension de la quête, formes verbales étranges, formes symptomatiques dont la source se dérobe, formes visuelles où se voilent et se dévoilent le plaisir et l’interdit, formes auditives où chaque modulation de la voix signifie l’insistance ou la défense sont au centre de l’expérience analytique. Ce n’est qu’en surface qu’émergent les formes indéchiffrables qui s’offrent à la pensée en quête de l’élucidation des productions inconscientes. L’exercice de l’analyse est constamment pris dans une tension entre le plan des formes marquées par la déformation imposée par la censure, et celui de l’action des formes expressives à valeur performative, essentiel à la saisie du transfert. La difficulté tient à l’articulation de ces deux plans, le sous-sol théorique en est la définition freudienne de la pulsion comme « morceau d’activité » (Pulsions et destins de pulsions, 1915).

Explorant la notion freudienne de « figurabilité », ou mieux de « présentabilité » (Darstellbarkeit) Laurence Kahn, membre titulaire de l’Association psychanalytique de France déploie sa réflexion sur la production et le déploiement des formes, c’est-à-dire de la Darstellung, ou « présentation » qui soutient la figurabilité du rêve, mais aussi un très grand nombre d’autres productions de l’inconscient et l’ensemble de la réalité psychique. Le premier chapitre critique l’idée d’une profondeur qui serait distincte de la forme et sous-jacente à celle-ci. C’est toujours à partir du destin des formes que s’invente la représentation des forces. C’est toujours à partir de la surface que se conçoivent ensemble les opérations de la figuration et la constitution de l’appareil à figurer, les opérations de l’interprétation et la méthode qui permet l’interprétation. Le second chapitre soutient avec fermeté que la présentation ne représente pas. La Darstellebarkeit renvoie aux conditions de possibilité d’un acte, celui de présenter de manière sensible, par un moyen approprié.

S’il y a des images dans le rêve, elles ne sont pas signe d’une chose représentée, mais le résultat du traitement d’un matériau psychique qui n’est pas une traduction. L’original n’existe pas, la référence est disloquée ; le processus primaire ne sait que désirer et présenter la satisfaction comme accomplie. La présentation est immédiate, déliée des contrantes du temps, de l’espoir, de l’attente ; elle fait être en faisant percevoir. C’est en termes d’actualisation, donc d’agir (y compris dans le symptôme en agissant à la fois deux volontés conradicotoires) et de reviviscence hallucinatoire qu’il faut penser le pouvoir de la force présentante. L’incarnation transférentielle s’effectue à partir d’une déformation par transfert, et conduit à penser les effets de la présence mais ausi le nécessaire fond hallucinatoire actif dans le langage.

Dans ce livre très dense, Laurence Kahn nous entraîne dans sa lecture exigeante du texte freudien dont elle dégage des enjeux essentiels tant pour la pratique de la psychanalyse – l’écoute de l’analyste – que pour son épistémologie. Sa thèse mérite discussion : n’existe-t-il que des formes dans la vie psychique, et faut-il, pour se prémunir contre une pensée métaphysique de l’être, privilégier la combinatoire des formes sur la réflexion sur l’énergétique et l’affect ? Mais en tout état de cause, nous n’avons pas fini d’explorer et de digérer la révolution freudienne ; Laurence Kahn nous montre, sous une forme qui exclut toute édulcoration, à quel point c’est dans le traitement de la surface que se manifeste le sens, et que celui-ci est une force, donc une action.


Le maternel (congrès Paris)

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Fiction et vérité freudiennes, Entretiens avec Michel Enaudeau

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Laurence Kahn est psychanalyste, membre de l’Association Psychanalytique de France et auteur de plusieurs ouvrages ainsi que de nombreux articles publiés notamment dans la Nouvelle Revue de Psychanalyse. Son livre, issu d’entretiens avec Michel Enaudeau, nous éclaire sur la réflexion et la pratique d’une psychanalyste d’aujourd’hui.

L’auteur retrace la voie de l’analyse à qui n’est pas familier à la pensée de Freud et nous montre l’histoire et la diversité des enjeux de son œuvre. En nous parlant du rêve qui a un sens, ses entretiens nous guident dans cette théorie du rêve qui a été déterminante et qui a impulsé cette hypothèse du sens et de la signification dans tous les territoires explorés par ce qui va devenir la théorie psychanalytique. Elle nous plonge à travers le matériel psychique de l’enfant et de l’adulte dans le jeu du rôle du transfert.

Dans les derniers chapitres ses entretiens abordent l’histoire des faits qui ont amené Freud à re-penser la géographie de la vie psychique à la suite de la guerre 14-18. A ce moment il a été confronté à la découverte de la destructivité qu’il appellera dans Malaise dans la civilisation l’hostilité primaire, fait majeur pour lui.

Laurence Kahn nous parle également de la psychanalyse d’aujourd’hui qui oblige les analystes à adapter leur méthode aux nouvelles pathologies auxquelles ils sont confrontés. Elle exprime l’idée que la psychanalyse va plus loin qu’elle n’a jamais été ; elle serait en mesure de soigner ce qui n’était pas de son ressort à l’origine. On assiste donc à une extraordinaire extension de l’analyse.

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