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Présence de Gisela Pankow, Actes de la Journée Gisela Pankow

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On se souvient habituellement de Gisela Pankow pour son utilisation du modelage dans la psychothérapie des patients psychotiques, comme s’il s’agissait d’un simple outil technique.

Son travail est pourtant à l’origine de recherches dans des champs variés qu’il s’agisse des traitements institutionnels tels ceux pratiqués sous l’égide de J. Oury à la clinique de La Borde ou des travaux de Torok et Abraham sur le trans-générationnel. Ce livre, transcription des actes d’un colloque consacré à Gisela Pankow en 2003, permet de restituer son travail dans ses différentes dimensions, au carrefour de la psychanalyse, de la philosophie et de la phénoménologie.

Pour Marie-Lise Lacas, si au cours du modelage le contact avec la matière permet des transformations de forme dans le maintien d’une continuité, si la “ résistance ” de la matière confère un pouvoir “ magique ” sur celles-ci, la technique de Gisela Pankow est cependant une thérapie par le langage. Prenant appui sur des figures matérielles, il s’agit, dit Christian Chaput, de relancer la “ machine à fabriquer du symbolique ”.

Le modelage est utilisé pour construire ce qu’elle appelle un “ fantasme structurant ”, lequel vient nouer non seulement l’actuel du transfert et l’histoire du patient, mais aussi donner forme à des lacunes dans la représentation de l’image maternelle et du corps. A ce titre, elle rejoint les idées de Freud sur l’efficacité des “ constructions ” dans l’analyse.

Le modelage, compris comme dialectique “ transitionnelle ” au sens de Winnicott, autorise le surgissement de formes porteuses de traces mnésiques des expériences premières non susceptibles d’être mémorisées, sinon par les éprouvés corporels. Moi-corps disait Freud, ne pouvant venir à la conscience qu’au prix d’un travail particulier qui permette leur liaison au langage.

Gisela Pankow invente à ce propos le terme de “ greffe de transfert ”, pour signifier quelque chose d’un mouvement du thérapeute vers le patient qui permette de franchir le vide.

Lacune dans la structure psychique du patient, lacune dans ce qui se transmet dans la famille, tout naturellement son travail s’ouvre, pour Claude Nachin, sur le trans-générationnel. Ainsi le travail de Gisela Pankow, initié par les thérapies avec les patients psychotiques adultes, retrouve-t-il des questionnements familiers pour les thérapeutes d’enfants.

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