Les résistances apparaissent dès les débuts dans la pratique clinique de Freud, à commencer par le cas d’Élisabeth von R…, comme une « lutte acharnée », une force psychique exigeant une dépense continuelle d’énergie, un effort constant. Elles prennent des expressions et des formes variées, changeantes et évolutives, s’exprimant dans le transfert et en relation avec la méthode analytique et le travail d’élaboration. Aux origines de la psychanalyse, Freud (1983) se positionne comme un adversaire : « Par mon travail psychique, je devais vaincre chez le patient une force psychique qui s’opposait à la prise de conscience. » Il en tient compte dans ses écrits techniques, mais aussi, et de façon magistrale, dans ses constructions théoriques. « Quelque part, quelque chose résiste », et Freud s’efforce de préciser le lieu et l’agent psychique. Depuis lors, la résistance, intimement liée au transfert, est devenue une pierre angulaire de sa théorie et sera développée tout au long de son œuvre et chaque fois que des obstacles au processus analytique surgissent : masochisme, réaction thérapeutique négative, sentiments de culpabilité.
Nous avons souhaité proposer cette nouvelle série de webinaires sur Les résistances, sous le prisme de leurs valeurs et leurs fonctions à double valence, en tant qu’elles sont aussi des réminiscences, moteur et obstacle.
Au précédent webinaire nous avions invité Nicole Minazio de la Société Belge de psychanalyse qui a proposé d’examiner les résistances en deuxième topique avec la question complexe de la réaction thérapeutique négative, rappelant que la résistance est aussi une force protectrice de survie : la résistance de l’humain.
Nous proposons de poursuivre notre réflexion en nous concentrant autant que possible sur l’œuvre clinique de Freud et des évolutions théorico-cliniques sur le plan international, et nous avons invité Jasminka Suljagic, analyste formateur de la société psychanalytique de Serbie, et de l’IPA.