DATE
LIEU
73 ,avenue des Gobelins, Paris, 75013
Du 22/04/26 au 12/05/26
Freud n’allait pas au cinéma. Il le découvrit tard, en août 1909, lors de son voyage d’une semaine en Amérique en compagnie de Jung et de Ferenczi. Ce dernier, le premier soir, veut l’emmener voir un film. Quel était ce film ? On ne le sait pas (il aurait été judicieux que ce fut Maniac Chase, petit film épileptique de Edwin S. Porter où un fou se prend pour Napoléon). Qu’en a-t-il retenu ? Rien, sinon que le film « abondait en folles poursuites ». En juin 1925, lorsque Karl Abraham, son émissaire à Berlin, et Hanns Sachs lui demandent de prendre en compte la demande de l’UFA de faire, avec l’autorisation de la Société de Berlin, « un film de vulgarisation » sur la psychanalyse, Freud botte en touche : « le fameux projet ne me plait pas. (…) Il ne me parait pas possible de faire de nos abstractions une présentation plastique qui se respecte tant soit peu ». Son avis n’avait pas bougé en quinze ans. Abraham et Sachs reviendront à la charge et finiront, sans gagner l’aval réel de Freud (qui « ne veut rien avoir à faire avec ce film »), par superviser Les Mystères d’une âme de Pabst dans l’espoir qu’il ne soit ni une trahison, ni une parodie, ni une caricature de psychanalyse appliquée. Ils n’ont pas eu tort : pour la première fois avec Pabst, la traumdeutung (l’analyse des rêves) y est montrée dans une visée thérapeutique, et le film est juste et fort, jusque dans sa répétition de la double scène du rêve, du souvenir-écran, et il est bien différent de l’image que le cinéma avait jusque-là forgé de la psychanalyse, du psychanalyste.
