La SPP se réjouit d’annoncer que le Conseil d’Administration du 20 janvier 2026 a agréé quatre nouveaux membres adhérents :
- Thomas Bernard
- Farida Hadj Mohamed Djellouli
- Anne-Marie Damo
- Marine Strauss
La SPP se réjouit d’annoncer que le Conseil d’Administration du 20 janvier 2026 a agréé quatre nouveaux membres adhérents :
Nous apprenons avec une grande tristesse le décès ce 1° février de René Kaës.
Psychologue et universitaire français, professeur de psychologie clinique et de psychopathologie à l’université d’Aix-Marseille, puis à l’université Lumière Lyon II où il fonda le CRPPC (Centre de recherche en psychopathologie et psychologie clinique), directeur de publication chez Dunod, il était aussi psychanalyste, participant aux activités du IV° Groupe.
Fondateur avec Didier Anzieu du CEFFRAP (Cercle d’études françaises pour la formation et la recherche) en 1962, il a développé des concepts originaux sur les processus psychiques observés dans les groupes, notamment l’appareil psychique groupal, les chaines associatives groupales, les alliances inconscientes, le complexe fraternel, la diffraction du transfert au sein des groupes. Il a aussi travaillé sur les processus psychiques inconscients à l’œuvre dans les institutions, notamment les institutions de soins et les aspects fantasmatiques de la formation.
René Kaës est aussi l’auteur de très nombreux ouvrages sur la théorie psychanalytique du groupe, depuis Crise, rupture et dépassement (coll.,1979), L’appareil psychique groupal (1976) jusqu’à Les alliances inconscientes (2009).
Passionné de formation et d’échange, c’était aussi un homme d’une grande bonté, plein d’humour, amical et accueillant.
Nous avons la grande douleur de vous faire part du décès de Jacqueline Schaeffer, survenu ce dimanche 4 janvier, à l’âge de 91 ans.
Psychologue, psychanalyste, formatrice en psychanalyse d’enfants et d’adolescents à la Guidance infantile Pierre Mâle et à l’hôpital Sainte-Anne, elle fut membre de la SPP depuis 1980. Titulaire formateur depuis 1989, elle y a exercé de nombreuses responsabilités, participant aux bureaux de M. Fain, A. Jeanneau et A. Green entre 1982 et 1988, et fut longtemps responsable du bulletin institutionnel de la SPP qui rassemblait la communication destinée aux membres.
Elle a été membre du comité de rédaction de la Revue française de psychanalyse de 1988 à 1997, directrice adjointe de la collection Débats de psychanalyse, de 1995 à 2000.
Elle a publié de nombreux articles et ouvrages consacrés à la différence des sexes et au féminin, notamment : Le refus du féminin. L’article pour lequel elle fut lauréate du prix Bouvet en 1987 : Le rubis a horreur du rouge : relation et contre-investissement hystériques, illustre déjà cet intérêt. Ses positions récentes sur la bisexualité face à l’actualité étaient empreintes d’une grande justesse psychanalytique autant que d’une grande fermeté.
Sa présence stimulante et chaleureuse, sa vive intelligence, teintaient ses capacités de transmission d’un plaisir à travailler contagieux. « C’est vraiment cette fonction de transmission que j’ai préférée, tout au long de mon parcours de psychanalyste, d’abord en tant qu’analyste en formation puis en tant que membre formateur. », disait-elle récemment.
Elle a poursuivi cette activité de recherche et de transmission jusqu’à tout récemment. Nous nous souviendrons de sa conférence sur l’hystérie lors du colloque de la Revue de février 2024, et de sa dernière conférence ouverte au public, en décembre 2025… sur le masculin.
Avec sa fille Justine Schaeffer, elle a consacré l’année 2025 à l’exposition de Radio-France dédiée à Pierre Schaeffer, son époux.
Ses collègues lui rendent hommage et adressent leurs condoléances très affectueuses à sa fille Justine, et à ses proches.
Une cérémonie d’hommage aura lieu le mercredi 14 janvier, à 10h30, en l’église Saint-Eustache, Paris 1°.
Nous avons la profonde tristesse d’annoncer le décès, le mercredi 29 octobre, de notre collègue Catherine Couvreur.
Psychiatre, devenue membre de la SPP en 1978, puis titulaire (ancien régime, c’est-à-dire formatrice) en 1993, elle participa au bureau de Gilbert Diatkine en 1993-94 et fut secrétaire scientifique du bureau de Marilia Aisenstein en 1997-98.
Elle fut lauréate du prix M. Bouvet en 1989, pour ses articles dans la RFP : Étrange et inquiétant lorsque vacillent les mères et A propos du masochisme originaire érogène : Thérèse. Elle devint ensuite administratrice du jury du prix Bouvet qu’elle anima durant de nombreuses années.
Elle a publié La Polarité de l’amour et de la mort dans la collection « Épîtres » des PUF en 2000 et codirigé plusieurs volumes des Monographies et Débats de psychanalyse.
Les collègues qui ont travaillé avec elle se souviennent de sa générosité, de sa culture et de son enthousiasme pour la psychanalyse, qui informait toute sa vie.

Nous avons eu la tristesse d’apprendre le décès ce 1° octobre 2025, à l’âge de 100 ans, de Judith Dupont, née le 22 septembre 1925 à Budapest. Médecin, psychanalyste, éditrice et traductrice, elle a fait connaître en France les œuvres de Sandor Ferenczi, et a co-fondé et soutenu tout au long de sa parution la revue Le Coq-Héron.
Héritière des premiers psychanalystes hongrois, par sa grand-mère maternelle, élève et collaboratrice de Sandor Ferenczi, et sa tante maternelle, psychanalyste et épouse de Michael Balint, elle arrive en France en 1938 après l’annexion de l’Autriche, déterminée à devenir psychanalyste. Elle fait d’abord des études de médecine, est stagiaire dans le service du professeur Georges Heuyer et à la Fondation Vallée. Elle se marie en 1952 avec Jacques Dupont, médecin et imprimeur, dont elle a deux enfants. Elle travaille dans plusieurs institutions, notamment au centre Étienne Marcel.
Elle se forme à la psychanalyse avec Daniel Lagache, fait des supervisions avec Juliette Favez-Boutonnier et Françoise Dolto. Elle est supervisée ensuite par Georges Favez et suit les séminaires de l’Association Psychanalytique de France, dont elle devient membre, et dont elle était encore membre honoraire jusqu’à son décès. Grâce à elle, l’APF fut pendant cinquante ans installée place Dauphine, occupant la moitié de son propre appartement.
Judith Dupont fait partie de l’équipe fondatrice du Coq-Héron. À l’origine bulletin interne au centre Étienne Marcel, imprimé par Jacques Dupont, la revue prend rapidement de l’importance et publie des traductions des textes psychanalytiques inédits en France, et en particulier des textes de Sándor Ferenczi, puis de Michael et Alice Balint, ainsi que de nombreux auteurs français.
D’abord en collaboration avec Michael Balint, puis avec l’équipe du Coq-Héron, elle édite l’ensemble des œuvres de Ferenczi en français en 4 volumes, son Journal clinique et sa Correspondance.
Elle a aussi publié en 1980 sous le pseudonyme de Jeanne Van Den Brouck Le manuel à l’usage des enfants qui ont des parents difficiles qui eut un retentissement dépassant les cercles analytiques.
Encore tout récemment d’une grande vivacité de pensée, elle fut une psychanalyste d’esprit libre et indépendant, active tant au sein de sa Société qu’en lien avec des collègues d’autres sociétés et étrangers.
Nous adressons nos très sincères condoléances à sa famille et à ses collègues de l’APF.
Le Conseil d’Administration de la Société psychanalytique de Paris, dans sa séance du 16 septembre 2025, a agréé deux nouveaux membres adhérents :
– Nacir Benhalla
– Caroline Richard
Nous avons la profonde peine de vous annoncer le décès ce 20 septembre, de Litza Guttieres-Green, à l’âge de 97 ans.
D’origine italienne, née à Tunis, psychiatre, membre de la Société Suisse de psychanalyse, elle a rejoint la SPP après son mariage avec André Green. Elle en est devenue membre en 1988 et titulaire formateur en 1991.
Elle a publié plusieurs articles en particulier sur la douleur. Elle a contribué à la formation de nombreux analystes au sein de l’institut de psychanalyse de Paris et a participé aux côtés d’André Green à la vitalité institutionnelle et scientifique de la SPP. Elle était appréciée pour son enthousiasme et sa générosité dans la transmission.
À la mort d’A. Green, elle a participé avec perspicacité à l’édition de deux volumes recensant des articles d’André Green aux éditions d’Ithaque : La clinique psychanalytique contemporaine et Penser la psychanalyse avec… Puis elle a regagné la Suisse où elle vivait auprès de ses enfants et petits-enfants.

Né dans le Valais, en Suisse, Jean-Michel Quinodoz fait ses études de médecine à Genève, et se spécialise en psychiatrie auprès de Julian de Ajuriaguerra. Il se forme à la psychanalyse à la Société suisse de psychanalyse, où il suivra notamment l’enseignement de Hanna Segal, à laquelle il consacrera par la suite un livre d’entretiens. Il a été membre de la Société suisse de psychanalyse depuis 1979, analyste formateur depuis 1984, et distinguished fellow de la Société britannique de psychanalyse. Avec son épouse, Danielle Quinodoz (1934-2015), également psychanalyste, ils ont développé une vaste activité d’écriture, de séminaires et de conférences, qui marqué de très nombreux jeunes psychanalystes.
Jean-Michel Quinodoz a publié plusieurs ouvrages, depuis « La Solitude apprivoisée » (1991) sur l’angoisse de séparation. [2]. « Lire Freud », en 2004, a proposé une découverte originale du fondateur de la psychanalyse associant, dans un exposé chronologique de son œuvre, éléments théoriques et biographiques. Il consacrera un « Que sais-je » à Freud (2015).
Jean-Michel Quinodoz a été le rédacteur en chef pour l’Europe de l’International Journal of Psychoanalysis de 1994 à 2003, et de 2003 en 2014, rédacteur des European Annuals, édition qui reprend une sélection d’articles publiés en huit langues à partir de l’International Journal of Psychoanalysis de l’année précédente. Il a fondé en 1979 le Bulletin de la Société suisse de psychanalyse, et, depuis 2014, il est secrétaire de L’Année psychanalytique internationale.
Son œuvre a reçu le prestigieux Sigourney Award en 2010.
Nous avons la grande tristesse de vous faire part du décès de Gérard Lucas, le mardi 5 août 2025.
Psychiatre et psychanalyste, grand clinicien, il a largement contribué à l’essor de la psychiatrie de l’enfant et de la psychanalyse de l’enfant et l’adolescent.
En 1965, il avait fondé le Groupement des Internes des Hôpitaux de Paris pour la Psychiatrie, à l’origine de la séparation de l’enseignement de la psychiatrie de celui de la neurologie. En 1969, il fut co-fondateur du Syndicat National des psychiatres en formation.
Chef de Clinique à l’Assistance Publique de Paris (1974), Psychiatre des hôpitaux (1977), Diplômé des Facultés de Sciences et de Lettres, il a enseigné dans ces deux disciplines. Longtemps Secrétaire de la Commission de psychiatrie de l’UER Pitié-Salpêtrière (1977- 1983), il a dirigé de nombreuses thèses de médecine et participé à de très nombreux jurys de mémoires de spécialité.
Gérard Lucas était membre Titulaire Formateur de la SPP depuis 1990.
Il a dirigé l’Hôpital de Jour pour enfants de l’Association de Santé Mentale du XIIIème arrondissement de 1972 à 1993, a été Directeur médical du Centre Alfred Binet de 1977 à 2004 et Directeur Général adjoint de l’ASM13 de 1998 à 2004. Durant ces années, il a animé de nombreux séminaires à l’ASM13, collaboré à des recherches transversales avec les psychiatres et psychanalystes du Département de psychiatrie adultes et du Centre de psychanalyse Evelyne et Jean Kestemberg. Son rapport au Congrès des Psychanalystes de Langue Française (2006) traitait de la Relation d’objet et du modèle de la pulsion chez l’enfant et l’adolescent.
Tout au long de sa carrière, il a aussi enseigné à l’étranger, participant au rayonnement du modèle français dans de nombreux pays sous forme de supervisions, de conférences, de rencontres, de colloques. Une dizaine de ses articles ont été publiés dans des revues étrangères. Il a été vice-président pour l’Europe du Comité d’organisation de la psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent de l’Association Psychanalytique Internationale (2013).
Il est l’auteur de nombreuses communications orales et a publié une soixantaine d’articles dans la Psychiatrie de l’enfant, les Textes du Centre Alfred Binet, la Revue Française de psychanalyse, les Monographies de la Revue Française de Psychanalyse et la Revue de psychosomatique (dont il a été membre du Comité de rédaction) et une dizaine de livres en collaboration. Son dernier ouvrage personnel : « The vicissitudes of Totemism. One hundred years after Totem and Taboo » a été publié chez Karnac Books en 2015.
Gérard Lucas transmettait avec une grande liberté de penser et une intelligence acérée un profond sens de l’analyse à ses collègues, mais aussi à tous les membres de la communauté soignante, avec la fragilité et la force d’une émotion toujours présente.
Outre la psychanalyse, ses grands intérêts étaient l’art, la musique – il jouait du luth avec passion – et ses trois enfants.
On behalf of the Istanbul Psychoanalytical Association, we extend our deepest sympathies on the passing of the esteemed Marilia Aisenstein.
Marilia Aisenstein, who played a pivotal role in guiding us through the founding and development of our association, profoundly touched the lives of our members and candidates, deeply influencing their journeys to becoming analysts.
We fondly remember Marilia, who once shared with us that, as a psychoanalyst, the greatest joy in her work came from helping those who had lost their vital energy. Her full and dedicated life, marked by profound compassion, cherished friendships, and invaluable contributions to the field of psychoanalysis, has left a lasting impact on all who had the privilege of knowing her.
During this time of mourning, please know that our thoughts are with you. We share in your sense of loss, and we honor the memory of Marilia Aisenstein, whose inspiring legacy will remain an enduring part of our shared history.
With sincere sympathy and solidarity,
Göver Kazancıoğlu
Istanbul Psychoanalytical Association President
Nous avons la grande tristesse de faire part du décès de Denise Bouchet-Kervella.
Membre de notre Société depuis 1982, longtemps collaboratrice de la Revue Française de Psychanalyse, elle était connue pour ses travaux sur la perversion, pour lesquels elle a obtenu le 54e prix Maurice Bouvet (2016), avec notamment l’article Pluralité des organisations mentales dites « perverses » (RFP 80 (3) : 700-721, 2016).

Né en 1949 à Montréal, philosophe de formation, il arrive à Paris pour faire sa thèse avec Paul Ricoeur.
Il devient membre de la SPP en 1987.
Maître de conférences en psychologie clinique à l’université Paris Descartes (Paris V), il a transmis à des générations d’étudiants l’esprit de la clinique psychanalytique avec tact et détermination. L’élégance de sa pensée restera un exemple pour beaucoup.
Clinicien hors pair et psychodramatiste, il a marqué ceux qui ont travaillé avec lui au Centre Alfred Binet, au Centre de Psychanalyse Évelyne et Jean Kestemberg, comme au Centre Étienne Marcel.
Très engagé dans l’édition, il sera entre autres, directeur de publication de la revue La psychiatrie de l’enfant pendant 17 ans.
Le Conseil d’Administration de la Société psychanalytique de Paris, dans sa séance du 6 mai 2025, a agréé quatre nouveaux membres adhérents :
– Anne-Cécile Cardon (Rouen)
– Stéphanie Cattet (Paris)
– Virgile Magnin-Feysot (Saint-Martin-de-Vignogoul, Pignan)
– Adeline Provoost (Paris)
C’est avec douleur et tristesse que nous vous annonçons la mort de notre collègue Maria Adela Laserna, survenue le 22 mai 2025.
Maria Adela Laserna est née en avril 1952 en Argentine, où elle a d’abord obtenu un diplôme de biochimie à l’université de Buenos Aires. Mais un mouvement profond l’a ensuite conduite à entreprendre une analyse, et son intérêt pour la vie psychique ne l’a plus quittée. Elle a repris des études pour obtenir le titre de psychologue, entrepris une formation d’analyste à l’Association Psychanalytique de Buenos Aires dont elle est devenue membre en 2000. Travailleuse acharnée et passionnée, elle a très vite pris des responsabilités, dirigé le « Centre d’Études Freudiennes » à Buenos Aires et enseigné à l’université, tout en menant une activité clinique soutenue.
Elle a souvent évoqué son départ d’Argentine en 2003 comme une épreuve, et en particulier celle d’avoir dû quitter ses patients auprès desquels elle a toujours été très engagée. Mais dotée d’une grande vitalité, elle a rapidement investi la vie scientifique à la SPP, qu’elle a intégrée en 2005 ainsi que le Centre Favreau où elle a travaillé pendant dix ans. Elle a été élue membre titulaire en 2018.
Dans une passion de transmettre et des qualités humaines d’ouverture à l’autre, de disponibilité et de curiosité, elle a animé pendant de nombreuses années un séminaire de lecture des textes de Freud, ainsi qu’un séminaire avec Bianca Lechevalier sur la pensée kleinienne et post-kleinienne. Elle a su y créer des lieux de réflexion où chacun se sentait accueilli et respecté.
Elle a toujours également gardé des liens avec l’international, a fondé un groupe international de clinique psychanalytique à l’IPA, était membre du comité éditorial de la revue « Controversias », et œuvrait pour développer des échanges scientifiques entre la France et l’Argentine. Elle avait également noué des liens proches avec la société madrilène.
Nous perdons une collègue excellente clinicienne dont la personnalité chaleureuse avait un pouvoir fédérateur. Elle a travaillé jusqu’au dernier jour avant d’être hospitalisée.
La SPP se réjouit de vous faire part des nouveaux membres adhérents agréés par les Conseils d’Administration du :
3 juin 2025 :
1er juillet 2025 :
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès, le jeudi 3 juillet 2025, de Sàra Botella, âgée de 89 ans.
Elle était membre titulaire formatrice de notre Société depuis 1987. Elle a poursuivi sa vie durant avec César Botella un travail de recherche alliant clinique et métapsychologie de façon exceptionnelle. Nous leur devons de considérables apports théoriques qui demeurent essentiels. Sàra Botella était aussi une référence par ses recherches et ses supervisions en analyse d’enfants.
Elle avait été lauréate avec César Botella du prix Bouvet 1983 pour leur article « Sur la carence auto-érotique du paranoïaque », et a publié de nombreux travaux sur le rêve, la régrédience, la figurabilité psychique et le perceptif.
Nous perdons une collègue éminente dont les travaux et la personnalité ont profondément influencé le travail théorico-clinique de notre société.
Nous avons la grande tristesse de vous annoncer le décès de Dominique Agostini, survenu le 23 juin dernier.
Psychologue de formation, Dominique Agostini a travaillé dans les années 1990 au CMPP Pichon Rivière aux côtés du médecin directeur Juan Eduardo Tesone. Il a apporté une contribution importante dans le domaine des violences intra-familiales. C’était un excellent professionnel doté d’une grande finesse clinique, et très apprécié de ses collègues. Il était devenu membre de la SPP en 2005.

Né à Cotonou au Bénin en 1950, il était venu étudier la psychologie à Paris VIII, et a commencé d’exercer à l’unité mobile de psychiatrie périnatale du service de René Bérouti à Maison Blanche et au Centre médico-psychologique du 3ème secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris.
Sa psychanalyse personnelle avec Jean Cournut l’a assez vite conduit à renouer avec la tradition culturelle Yoruba de son grand-père. Il s’est ainsi formé comme psychanalyste à l’Institut de la S.P.P. en même temps qu’il poursuivait durant l’été son initiation au Bénin pour devenir babalao (officiant des rites en langue Nago). Il est devenu membre adhérent de la SPP en 2011.
Il a rejoint au milieu des années 1990 Tobie Nathan et Marie Rose Moro au Centre Devereux de l’université Paris VIII à Bobigny et le service de Serge Lebovici.
Il a publié plusieurs ouvrages en collaboration avec Tobie Nathan : La parole de la forêt initiale en 1996, La guérison Yoruba en 1998, et une pièce de théâtre avec Tobie Nathan et Isabelle Stengers : La damnation de Freud en 1997. Sa thèse de Doctorat en psychologie clinique (1999) se propose de construire les prémisses d’une démarche psychothérapeutique qui ne renoncerait ni aux acquis de la psychanalyse, ni à ceux de la pensée Yoruba.
Maitre de conférences de psychologie clinique et de psychopathologie à l’université Paris VIII à Saint-Denis, il devint pendant quelques années directeur du Centre Georges Devereux.
Il a aussi rejoint Bernard Penot comme psychothérapeute au CEREP (Hôpital de jour pour adolescents, Paris XIV) où il anima un psychodrame psychanalytique jusqu’en 2008 ainsi que des thérapies de famille, notamment franco-africaines, tout en poursuivant sa pratique libérale à Charenton-le-Pont (94).
Nous perdons avec lui la richesse exemplaire d’une diversité créative.