Société Psychanalytique de Paris

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Entretien avec Florence Guignard

Florence Guignard, psychanalyste spécialiste de l’enfant et de l’adolescent, fondatrice avec Annie Anzieu de la SEPEA (Société européenne pour la psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent,) a publié en 2015, un ouvrage particulièrement important : « Quelle Psychanalyse pour le 21ème siècle ? »
Pour cette auteure, la Psychanalyse comme toute science, doit être réinterrogée, critiquée et complétée, non seulement en fonction des avancées de la méthode et des modifications de la technique, mais aussi, à la lumière des changements anthropologiques et sociologiques survenus depuis plus d’un siècle.
Considérant que la théorie psychanalytique ne devrait pas être considérée comme un roc inamovible mais plutôt comme un ensemble de modèles dont il importe de remettre en question et de requalifier sans cesse les configurations conceptuelles, elle se donne pour tâche de revoir et d’analyser plusieurs concepts majeurs de la métapsychologie, et de nous exposer sa démarche et les influences qui l’ont conduites à ses propositions.
Ce tome sera suivi par une étude clinique (à paraître) des configurations des transferts, du trauma et des identifications.

Dans la première partie de cet entretien, Florence Guignard redéfinit certains concepts clés de la métapsychologie freudienne (le clivage, l’Œdipe, le Féminin), précise sa conception de la formation de l’espace psychique chez l’enfant, en intégrant l‘apport de psychanalystes de l’école anglaise : Mélanie Klein, D. Meltzer et surtout W.R.Bion.

Marianne Persine
15 Novembre 2019

1ère Partie : Naissance de la vie psychique et concepts psychanalytiques en mouvement

03:02 — Formation et influences
08:26 — L’Infantile : « Freud, Klein, Bion »
10:10 — Relation d’objet partiel ou total
12:32 — Précocité de l’Œdipe
17:10 — Maternel primaire et la fonction alpha
23:00 — Projection identificatoire
25:00 — « Mémoire implicite » et bain de paroles
34:50 — Féminin primaire
39:10 — Le Féminin paradigme de l’altérité

Regarder la 2ème partie de l’entretien ici

Florence Guignard – Entretien

Entretien avec Florence Guignard

Florence Guignard, psychanalyste spécialiste de l’enfant et de l’adolescent, fondatrice avec Annie Anzieu de la SEPEA (Société européenne pour la psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent,) a publié en 2015, un ouvrage particulièrement important : « Quelle Psychanalyse pour le 21ème siècle ? »
Pour cette auteure, la Psychanalyse comme toute science, doit être réinterrogée, critiquée et complétée, non seulement en fonction des avancées de la méthode et des modifications de la technique, mais aussi, à la lumière des changements anthropologiques et sociologiques survenus depuis plus d’un siècle.
Considérant que la théorie psychanalytique ne devrait pas être considérée comme un roc inamovible mais plutôt comme un ensemble de modèles dont il importe de remettre en question et de requalifier sans cesse les configurations conceptuelles, elle se donne pour tâche de revoir et d’analyser plusieurs concepts majeurs de la métapsychologie, et de nous exposer sa démarche et les influences qui l’ont conduites à ses propositions.
Ce tome sera suivi par une étude clinique (à paraître) des configurations des transferts, du trauma et des identifications.

Dans la première partie de cet entretien, Florence Guignard redéfinit certains concepts clés de la métapsychologie freudienne (le clivage, l’Œdipe, le Féminin), précise sa conception de la formation de l’espace psychique chez l’enfant, en intégrant l‘apport de psychanalystes de l’école anglaise : Mélanie Klein, D. Meltzer et surtout W.R.Bion.

Marianne Persine
15 Novembre 2019

1ère Partie : Naissance de la vie psychique et concepts psychanalytiques en mouvement

03:02   Formation et influences

08:26   l’Infantile : « Freud, Klein, Bion »

10:10   Relation d’objet partiel ou total

12:32   Précocité de l’Œdipe

17:10    Maternel primaire et la fonction alpha

23:00  Projection identificatoire

25:00   « Mémoire implicite » et bain de paroles

34:50   Féminin primaire

39:10   Le  Féminin paradigme  de l’altérité

Alain de Mijolla – Psychanalyse et Histoire

Alain de Mijolla

Cette interview de 2009 retrace le parcours original d’Alain de Mijolla, psychanalyste entreprenant qui a marqué la Psychanalyse française contemporaine par son intérêt pour l’histoire de cette discipline.
En 1975, jeune titulaire de la SPP, Alain de Mijolla prend d’emblée de nombreuses responsabilités : direction du séminaire de perfectionnement avec Salem Shentoub, prix Bouvet, organisation des « Rencontres d’Aix en Provence » qui, pendant une dizaine d’années, vont avoir un grand retentissement dans le monde analytique.
Dans le même temps il publie « Les visiteurs du Moi » un de ses ouvrages majeurs, ainsi que « Pour une Psychanalyse de l’alcoolisme » en collaboration avec S.Shentoub.
En 1985, il crée l’AIHP (Association Internationale d’Histoire de la Psychanalyse). Il n’était pas parvenu, en effet, à organiser au sein de la SPP un département d’Histoire qui aurait à la fois produit des recherches et nourri de ses travaux une Institution qui, paradoxalement s’est montrée peu sensible à l’intérêt de l’Histoire pour la connaissance de sa discipline et ses évolutions.
Cet interview pose le problème paradoxal du manque d’intérêt de la communauté analytique pour son histoire et devrait ouvrir le débat sur le préjudice qui en résulte et sur les moyens d’y remédier.
Alain de Mijolla, fidèle à son désir d’être un « passeur », un « raconteur d’histoires » est également l’auteur du « Dictionnaire international de la Psychanalyse » conçu selon le même principe consistant à réunir les différents courants de la Psychanalyse dans le monde, présenté par des auteurs représentatifs de ces courants.
Il poursuit de façon isolée ses recherches et ses publications, espérant réveiller l’intérêt de ses collègues pour leur propre histoire. En Janvier 2010 vient de paraître aux PUF, un premier volume, nourri de correspondances, intitulé « Freud et la France ».

Marianne Persine

Jean Favreau – Entretien

Jean Favreau est une figure de la SPP qui a marqué par sa simplicité et  son  influence, la vie et l’enseignement de l’Institution, des années 1950 jusqu’à sa  mort en 1993.
Cet entretien avec Jean Favreau a inauguré la série d’entretiens filmés avec d’éminents analystes de la SPP que j’ai eu le privilège de réaliser .
Pour la petite histoire, en 1990 je faisais partie depuis quelques mois, d’un petit groupe de collègues « en contrôle », qui se retrouvaient avec plaisir chaque semaine chez lui.
Jean Favreau transformait ces soirées en séminaires, comme cela se faisait de son temps disait il. C’était un conteur né qui prenait un plaisir évident à cette transmission orale, que nous recevions avec la plus grande satisfaction. Ces soirées qui se terminaient fort tard étaient si animées, si passionnantes que nous voulions garder une trace de cet enseignement qu’il nous prodiguait si généreusement, et nous le pressions d’écrire !
Il s’y refusait systématiquement, arguant non sans provocation, que « tout ce qui est écrit est perdu pour l’inconscient ! »
Un jour que nous revenions à la charge sans plus de succès, j’ai fini par lui dire : « bon, si vous ne voulez pas écrire, je vais faire votre vidéo-livre ! ».

Dans les quelques mots d’introduction générale à ce premier entretien, il est bien précisé qu’il s’agit de retrouver, grâce aux témoignages de ceux qui ont vécu cette époque, l’évolution de la Psychanalyse depuis les années d’après guerre, telle qu’elle s’est développée à la SPP.
Et c’est bien ce que nous permet de préciser et de mieux comprendre cet entretien avec Jean Favreau qui décrit à travers  son parcours personnel :

  • les conditions de la pratique de la Psychanalyse, pendant et après la guerre,
  • la création du premier lieu institutionnel de la SPP, 187 rue Saint Jacques,
  • la création de l’Institut, et les rivalités entre Nacht, Lacan et Lagache qui en briguaient la direction,
  • la création du centre de consultation dont il prendra par la suite, la direction,
  • l’instauration de nouvelles règles de fonctionnement et du cursus de formation
  • la profonde crise de la « scission » en 1952/53, qui a été le résultat de tous les antagonismes en présence dans une période de nécessaire évolution,
  • les grands débats qui ont animé la vie de la SPP dans cette période de réformes  (analyse didactique ou pas, analystes médecins ou non      médecins, le problème de la guérison,  ).

Sur tous ces sujets, Jean Favreau rappelle les différents points de vue  en présence, sans oublier sa position personnelle ce qui restitue de façon très vivante, grâce aux anecdotes dont il émaille son récit, l’ambiance parfois tendue et agitée de ces moments  de confrontation, allant jusqu’à la crise ouverte de 1952/53.

La fin de l’entretien concerne le regard de Jean Favreau sur l’évolution  et l’avenir de la Psychanalyse.
«  Vous êtes le sel de la terre. Si le sel s’affadit qui donc lui rendra sa saveur » ? disait-il souvent, paraphrasant une citation du Christ (selon Saint Matthieu).
Cette vision pessimiste de l’évolution  à laquelle il assiste, Jean Favreau l’explique en mettant en cause «  la désexualisation », « l’intellectualisation », et l’accroissement de la « réglementation » qui restreignent la liberté de l’exercice de l’Analyse, et la perte de ce qu’il appelle « la pureté de l’Analyse ».
Ainsi l’incertitude et la nostalgie terminent cet entretien si libre et animé qui témoigne d’un passé révolu.

Marianne Persine

Paul Denis – Emprise et théorie des pulsions

Cette interview de Paul Denis a pour sujet central la conception de la vie pulsionnelle telle qu’il l’a présentée au « Congrès Psychanalytique des langues romanes » en 1992, dans son rapport intitulé : « Emprise et théorie des pulsions ».
Dans ce rapport et par la suite dans d’autres écrits, Paul Denis propose une théorie du fonctionnement pulsionnel différente de la théorie freudienne. Selon lui, la pulsion n’est pas une donnée élémentaire mais le résultat d’une première élaboration psychique de l’énergie libidinale.
À l’opposition entre Eros et Thanatos, il substitue le schéma de 2 formants liés « Emprise et Satisfaction » qui place la contradiction interne au cœur même de la pulsion.
L’Objet étant à la fois objet d’emprise et objet de satisfaction, l’équilibre ou la prédominance de l’une ou l’autre source d’excitation (en emprise ou en satisfaction) rend compte de toutes les variations de la vie psychique : Paul Denis propose un gradient entre les structures qui intériorisent sur le modèle de la représentation et les structures qui passent à l’acte, soumises à l’intraitabilité de « l’Imago ».
Récusant le bien fondé théorique de la pulsion de mort, pour laquelle la notion de « mode de fonctionnement » (également proposée par Laplanche), lui paraît mieux adaptée, Paul Denis aborde le problème de la haine et de la destructivité dont l’Emprise, jusqu’à « la folie d’Emprise, est la forme ultime.
Cette interview décrit et explicite une conception de la vie psychique dont on peut souhaiter que la rigueur théorique et la richesse des implications cliniques ouvre davantage à la discussion et au débat.

Marianne Persine

Roger Misès – Un psychanalyste en pédopsychiatrie

Cet entretien avec Roger Misès retrace son itinéraire personnel et plus particulièrement son action à la Fondation Vallée, avec en arrière plan, la conception de la pédo-psychiatrie d’inspiration psychanalytique telle qu’il l’a initiée et mise en œuvre depuis les années 50.

Ce témoignage est important à un moment où les classifications DSM remettent en cause, au delà de la visée unificatrice et descriptive invoquée par ses promoteurs, tout l’effort d’élaboration théorico-clinique de la pédo-psychiatrie française fondée sur la prise en compte de l’évolutivité de l’enfant, de la dynamique subjectivante de la relation thérapeutique. et  de l’Institution comme outil de soin.

Marianne Persine

André Green, Parcours

L’ambition de cette interview visait à retracer « le Parcours analytique » d’André Green, depuis ses positions premières jusqu’à celles qui caractérisent aujourd’hui sa conception théorique de la Psychanalyse et sa pratique. Ambition trop vaste pour le temps d’un entretien qui se limite donc à dégager les jalons décisifs de l’évolution d’une pensée toujours en mouvement.

D’entrée de jeu, André Green souligne l’importance de son expérience psychiatrique qui lui fait comprendre «  la force de la résistance et l’opacité de la maladie mentale ». Interne à Sainte Anne où il rencontre Henri Ey ainsi que Pierre Mâle, Granoff, Marty, Pasche …et Lacan,  cette riche expérience prélude à son choix exclusif en faveur de la Psychanalyse.

Son apprentissage analytique se nourrit alors, des influences parallèles de Lacan et de la Psychanalyse anglaise en laquelle il se reconnaît. En 1974, il participe pour la première fois  au Congrès des langues romanes avec son rapport sur « l’Affect » (qui deviendra « le Discours vivant ») et en 1974  paraît son article sur « le changement  dans la pratique et la théorie ».

1975 marque pour André Green, un tournant décisif qui introduit dans son champ de pensée et de recherches, l’opposition entre  névrose et cas limites : « j’ai creusé mon sillon dans ce continent qu’on appelle « les cas limites ». Il se pose en continuateur de l’œuvre de Freud dont l’acuité du regard, dit-il, avait prévu que l’Analyse allait être transformée par des structures qui n’étaient pas névrotiques. Dans cette perspective, il s’est toujours efforcé d’articuler les théories freudiennes et les théories post-freudiennes, en particulier celles d’auteurs tels que Winnicott et Bion qui, eux aussi, contrairement à Lacan, se sont affrontés à cette difficulté.

La poursuite de cette recherche sur les cas limites qui débute par une étude du Narcissisme (1983) et l’exemple même de Freud qui, « à un âge avancé, n’a pas hésité à transformer sa théorie en introduisant la pulsion de mort »,  ont sans doute joué un rôle de modèle et de guide pour André Green, dans son effort pour repenser théorie et pratique analytiques en réponse  à la demande actuelle.

La fin de l’interview pose la question de l’épistémologie psychanalytique et de l’élargissement du champ de la Psychanalyse à la nature du « psychique »  et non pas limité à la seule névrose.

Marianne Persine