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Le maternel (congrès Paris)

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La passion du sujet freudien. Entre pulsionnalité et signifiance

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Soucieux de ce qui conditionne l’accès à une véritable subjectivité, Bernard Penot, Membre titulaire de la SPP et médecin directeur du CEREP Montsouris, réfléchit à partir des troubles graves de la subjectivaton à l’adolescence, à la lumière du corpus freudien.

La condition de sujet apparaît comme une fonction précaire, issue de la prématurité du nourrisson humain, et de ce fait dépendante des premières transactions pulsionnelles avec la mère. C’est au prix d’une véritable passion que le sujet humain acquiert son existence, et la révolution métapsychologique freudienne ne cesse d’attaquer l’image narcissique auto-centrée que l’homme se plaît à avoir de lui-même et qui lui fait ignorer ou dénier en lui l’étranger intime, l’autre scène, celle de l’Inconscient. L’antagonisme entre le moi narcissique par lequel on se plaît à s’imaginer cohérent, constant, voire immortel et les incertitudes du sujet du désir – l’inspiration issue de cet étranger au fond de soi – est irréductible, mais il s’agit d’aider les patients à dialectiser cela au mieux. Sur ce chemin, l’expérience subjectivante de l’hétérogène se heurte à la perception décisive de l’autre sexe. Chaque génération doit poursuivre la fabrication d’une histoire partageable, aidée par la mise en discours mythique, et le processus psychanalytique, en un effort de liaison sans cesse à reprendre, constitue un travail transformateur de ce rapport intime à l’hétérogène, qui en permet l’appropriation au prix d’une acceptation de la passivation nécessaire à la subjectivation.

Le livre montre “l’étoffage de la fonction sujet dans la cure” qui permet, en dépassant la défense narcissique, l’émergence et la mise en œuvre du sujet de l’inspiration pulsionnelle, grâce à la conjonction de l’énergétique pulsionnelle et de la signifiance : l’agent pulsionnel s’y trouve (re)pris dans un rapport signifiant, en une passivation subjectivante, et selon une temporalité complexe. Le texte commence par l’examen de l’apparition du terme sujet dans “Pulsions et destins des pulsions”, avant d’analyser le rôle clé de la passivation dans la subjectivation du fantasme au fil d’un commentaire très riche du texte de Freud “On bat un enfant”. Boulimie et situations limites de subjectivation défectueuse nourrissent cliniquement le propos qui se déploie dans l’élaboration de la notion de signifiant (à partir de la représentation mentale du phallus) et par un réexamen de la sublimation, car la qualité sublimatoire de l’investissement pulsionnel du parent est essentielle. Au propos théorique l’auteur sait adjoindre la force de présence des patients évoqués et surtout une façon de nous montrer l’analyste au travail, qui aide à percevoir l’importance et la fécondité de sa conceptualisation.

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