© Société Psychanalytique de Paris

Eros et Anteros

Auteur(s) :
Mots clés :

Eros et Anteros, ed InPress, ISBN : 9782848352466, 312 p.

Ce livre dont la première édition remonte à 1971 a été réédité récemment. Précurseur de la pensée psychanalytique contemporaine, il trouve un regain d’intérêt.

Son propos est une opposition entre Eros et Antéros, entre la relation objectale et le narcissisme, conçus comme les deux pôles de la pulsion sexuelle.  “Antéros n’est pas une nouvelle notion de la métapsychologie. L’opposition entre Eros et Antéros n’est en fait qu’une variante des études portant sur la désexualisation de la libido objectale transformée en libido narcissique et de la resexualisation de cette dernière” (p.267). “Eros n’est (…) pas l’amour, ce dernier résulte de la victoire d’Eros sur Anteros” (p.258).

Ils nous présentent Antéros:”… non pour élever cette force au rang des deux principes opposés par Freud, Eros et Thanatos, mais pour l’habiter, nous l’avons dénommée Antéros, du nom du frère jumeau d’Eros.” (p.11)

L’opposition pulsionnelle reste donc inchangée, la pulsion de vie opposée à la pulsion de mort de laquelle Eros et Antéros peuvent être au service.

Pour les auteurs, Freud est le père de la psychanalyse et le “représentant de la paternité” (p.26) Le travail de M. Klein en est le complément féminin : “Le kleinisme nous est apparu d’essence féminine au sens le plus redoutable du terme, sens activé justement par les faits établis par S. Freud.”… (p.261) C’est donc la bisexualité qui est représentée par ces deux théories.

De cette “essence féminine” les auteurs différencient le maternel. Le “véritable état amoureux vécu par la femme pour son nouveau-né… projetterait son narcissisme” sur lui. (p.262) 

Les conséquences de la différenciation entre le féminin et le maternel sont multiples. Ainsi pour la position de Don Juan : “Don Juan naît d’une fausse appréciation de l’aîné, interprétant l’union de son cadet nouveau-né avec sa mère comme un scandale au cours duquel son père est éliminé.” (p.258) Ainsi “Il élimine le père, possède la mère mais n’accepte la paternité d’aucune façon”…

La féminité, sauvage et incongrue, doit être refoulée par le garçon comme par la fille, refoulement nécessaire pour accéder à la loi paternelle. “La dominance de la paternité est celle de l’intelligibilité” (p.262). Pour la fille cette problématique implique le “refoulement primaire du vagin”, vagin dont l’existence sensible ne sera révélée que bien plus tard par un homme.

Les auteurs situent les tentatives de conquête de toutes les femmes par Don Juan par rapport à sa position dans le groupe familial. Ils relient le positionnement de Don Juan avec les propos de Freud sur la horde primitive et la psychologie de la foule.

Le groupe devient ainsi une figure qui rejette Eros. Si le désir humain cherche la relation à deux, Eros menace l’unité du groupe. Pourtant le groupe est obligé de tolérer son existence pour assurer sa continuité. “Le groupe résout ce problème de la continuité de la descendance en faisant dominer le désir d’avoir un enfant sur le désir sexuel.” (p.265)

Bien d’autres aspects encore de la sexualité sont étudiés dans les différents chapitres : Comment comprendre la jalousie et quel est son lien avec le maternel ? Qui est Narcisse ? Quelle est la préhistoire de la vie amoureuse adulte ?

Tout cet ensemble de réflexions riches et novatrices fait de cet ouvrage un livre questionnant la clinique contemporaine et ses problématiques narcissiques. C’est aussi une façon originale de présenter une métapsychologie des relations objectales, loin de la perspective intersubjective.

Publié le 16 décembre 2015


La consultation psychanalytique – Janvier 2013

Auteur(s) :
Mots clés :

La consultation psychanalytique – Janvier 2013



La consultation psychanlytique

Sous la direction de
Jacques Bouhsira, Martine Janin-Oudinot
Auteurs
Denise Braunschweig, Diana Goldin-Bouhsira, Emmanuelle Chervet, Jean-Louis Baldacci, Jean-Luc Donnet, Sophie Kecskemeti, Vassilis Kapsambelis
Résumé

Qu’est-ce qu’une consultation psychanalytique aujourd’hui ? Face à la dilution dont cette notion fait les frais, il devenait urgent de revenir à la définition qu’en proposent les psychanalystes et les psychiatres d’orientation psychanalytique sans méconnaître pour autant sa variété et la diversité de ses inflexions. Quelle que soit la pathologie du patient, la consultation psychanalytique constitue un temps de rencontre décisif. Il doit permettre l’ouverture au processus de symbolisation par l’investissement de la méthode psychanalytique et l’établissement d’un transfert sur la parole. Comme on le verra, les demandes émanant de patients relevant de la problématique dite des états-limite y sont sans cesse grandissantes. Leurs symptômes traduisent souvent un malaise affectant l’être dans sa totalité, lequel n’est pas sans résonance avec celui que l’on perçoit de manière plus large dans la culture contemporaine. 

Sommaire

Jacques Bouhsira et Martine Janin-Oudinot – La consultation psychanalytique

Jean-Louis Baldacci – Fonctions de la consultation psychanalytique

Jean-Luc Donnet – La rencontre consultative

Diana Goldin Bouhsira – La consultation psychanalytique de l’enfant

Emmanuelle Chervet – Scènes familiales et consultation thérapeutique d’adolescents

Jacques Bouhsira – La consultation au Centre de consultation et de traitement
psychanalytique. Aperçu historique

Vassilis Kapsambelis et Sophie Kecskemeti – La consultation psychiatrique. Travail psychique, travail psychique partagé

Jacques Bouhsira et Martine Janin-Oudinot – Présentation d’une consultation de Pierre Marty

Denise Braunschweig – Investigation ou consultation : le point de vue économique

Jacques Bouhsira – Bibliographie générale

page 1 | 1

https://www.spp.asso.fr/livre_auteur/denise-braunschweig/