Il est question d’un patient en analyse depuis 5 ans. En cours d’analyse un fantasme lourd d’une valeur identitaire prend forme ; il ressemble à celui du désir de retour au ventre maternel mais apparaît sans le masque du refoulement, dans sa pleine lumière de désir.
Il condense des pans traumatiques de l’histoire de ce patient. Il est notamment question d’une réalisation hallucinatoire de désir d’un inceste avec la mère (ceci par contre, est refoulé). Le déni a sa part qui permettrait d’exclure le père et la scène primitive.
Ce fantasme, même s’il est originaire, a subi de multiples remaniements. Il s’avère traumatique, et, par sa nature déréelle, il questionne la « perte de la réalité ». Le travail analytique conduit à en repérer les facettes et à mesurer sa valeur défensive.
Le deuil de la mère, un an avant le début de l’analyse, est occulté par une rupture amoureuse survenue quelques années plus tôt : la fixation masque la perte insoutenable.
Le risque de l’analyse est notamment celui d’ouvrir à l’irrémédiable de la perte et à la menace mélancolique. La présence de l’analyste permet des mouvements de ré-intrication.