Marilia AISENSTEIN, Bernard CHERVET et Éléana MYLONA
avec Jean-Louis BALDACCI, César BOTELLA, Josiane CHAMBRIER-SLAMA, Bernard CHERVET, Emmanuelle CHERVET, Haydée FAIMBERG, Gérard LUCAS, Éric VALENTIN, et aussi Patrick GUYOMARD (France), Milagros CID (Madrid), Claudio EIZIRIK (Brasil), Ruggero LEVI (Brasil), Howard LEVINE (USA) et Harriet WOLFE (USA).
Le séminaire ou “Webinaire” s’inscrit dans le projet de préciser les spécificités de la psychanalyse française aujourd’hui face au monde, aux modifications et aux nouveautés épistémiques qu’elles produisent. Nous sommes aujourd’hui interpellés sur les incidences de notre modèle de formation. Le projet est de préciser les particularités de la psychanalyse française pour en souligner et discuter les fondamentaux.
La diffusion du séminaire se fait sur une plateforme de web avec une interface en circuit fermé partagée entre les conférenciers et un espace d’interaction avec les participants. Le séminaire est diffusé en direct et lors de la diffusion les participants peuvent se joindre activement aux échanges et poser des questions durant la discussion.
Dimanche 11 décembre 2022 17h-19h
Le cadre des deux côtés de la Manche — Cadre et formation : limites et inachèvement
Seconde Partie de « L’argent comme élément du cadre » La gratuité
avec Denis Flynn et Bernard Chervet
ARGUMENT
Toute indication de cure psychanalytique implique la mise en place d’un cadre, élément fondamental du contrat. Qu’il s’agisse d’analyses à cinq, quatre, trois séances hebdomadaires ou bien de traitements psychanalytiques de face à face l’analyste et le patient doivent s’accorder sur le rythme, les horaires, le paiement des séances. Il s’agit-là de la matérialité du déroulement de la cure selon des règles précises. Le cadre est pourtant porteur de bien d’autres significations et notamment du « cadre interne » intrapsychique.
C’est ce que nous cherchons à explorer dans ces Webinaires lieux d’échanges Franco-Britanniques. La notion de cadre n’est pas un concept métapsychologique. Notons que Freud n’utilise jamais ce terme mais celui de « Méthode » (cf. son texte de 1904).
Le cadre pourrait être défini en tant que limite entre le matériel analytique et le monde extérieur, entre la réalité et la réalité psychique.
L’efficience du principe de réalité engendre alors un antagonisme entre la « tendance à représenter la réalité » et une « sorte d’activité de pensée qui demeura libre à l’égard de l’examen de la réalité et soumise seulement au principe de plaisir » (Freud, 1911, p. 16).
Le cadre est aussi indissociable de la règle fondamentale comme injonction de dire tout ce qui vient à l’esprit. Cette dynamique concerne la mise en scène, la scénarisation et surtout la fantasmatisation, qui « commence déjà avec le jouer des enfants et qui ultérieurement, prolongée en rêverie diurne, abandonne son étayage sur des objets réels » (Freud, id.).
Par ces voisinages avec la réalité et la fantasmatisation le cadre rencontre inévitablement certaines limites et attaques. La formation de l’analyste selon le modèle de formation que chaque société applique est imprégnée par la façon optée de concevoir et intégrer dans la théorie et la pratique les résistances, les limites et l’inachèvement du psychisme.
Nos invités Bernard Chervet (SPP) et Denis Flynn (BPAS) vont présenter et discuter les logiques matérielle, libidinale et symbolique du cadre dans la formation de l’analyste de chaque côté de la Manche.
Denis Flynn proposera que la pratique analytique requière un cadre externe, constant et mutuellement consenti qui correspond à un cadre interne de l’analyste concernant la situation analytique.
Cela inclut -l’instauration des limites concernant la confidentialité et l’abstinence afin de protéger l’expérience et permettre l’émergence du transfert .Le cadre interne inclut également -le travail continu de l’analyste pour élaborer son contre- transfert, -la qualité réceptive à la présence mentale et corporelle du patient, et -une capacité à « éviter la mémoire, le désir » et la « foi » (Bion) dans le déroulement de l’expérience consciente et inconsciente. La marque d’un achèvement réussi de la formation analytique consiste à avoir intériorisé à un certain degré la capacité de maintenir un cadre interne, et ce malgré des limites inévitables et une la difficulté à y accéder.
Bernard Chervet, lui, préfère allier formation et transmission, et élargir la formation à la vie entière du psychanalyste: formation avec fin et sans fin, et aux expériences professionnelles et de la vie, au-delà de l’apprentissage requis par des programmes, au sens de la définition donnée par M. Neyraut au contre-transfert. Il proposera sa conception de formation qui s’appuie sur des processus dynamiques en particulier les identifications et leurs mouvances, et non pas sur le contenu et la fixité des programmes, même si ceux-ci sont nécessaires ; mais il convient de ne pas capturer la disponibilité d’un sujet avec des programmes, ni de croire qu’il y aurait un modèle meilleur qu’un autre, un enseignement meilleur qu’un autre. Il réintroduira l’enjeu des forces négatives comptant sur le travail psychique régressif et progrédient, et sur les vacillements de tout savoir. La formation et la transmission incluent la prise en compte des ces tendances négatives ; et seule la dynamique psychique a valeur de cette prise en compte, en aucune façon un savoir d’enseignement.
Traduction simultanée en anglais et en français. Il sera possible de télécharger les textes des panélistes.
Dimanche 11 décembre 2022 17h-19h
Pour participer, vous devez vous inscrire en ligne : https://register.gotowebinar.com/register/5112464512405428494