© Société Psychanalytique de Paris

Marilia Aisenstein – « Désir, Douleur, Pensée »

Auteur(s) : Marilia Aisenstein
Mots clés : masochisme

Psychanalyste et aussi linguiste, sémioticienne, romancière, philosophe, le « multivers » de Julia Kristeva, comme elle-même nomme son champ d’intérêts, se caractérise par l’ouverture aux influences croisées de différents domaines de la pensée et de la créativité. Dans cet entretien, elle montre comment ces différentes approches de l’écriture et du langage l’ont préparée à l’abord de la pensée théorique de la Psychanalyse et nourrissent toujours sa réflexion, ses écrits et sa pratique.

Elle évoque son expérience du déracinement et du statut d’étrangère, à la fois épreuve et chance qui lui ont donné le goût de la recherche, le besoin de connaissance et de partage, que condensent  les valeurs de « singularité, étrangeté, altérité » qui pourraient être sa devise et sa définition de la liberté créatrice.
Au sujet du « Féminin », thème qu’elle développe dans la trilogie « Le Génie Féminin » consacrée à Hannah Arendt, Mélanie Klein et Colette, elle montre comment ces femmes se sont construites à travers leur vie et leur œuvre, concluant comme pour elle même : « On ne nait pas femme, je le deviens ».
Marianne Persine Mai 2021

Texte d’introduction à la/les video(s) Marilia Aisenstein, figure éminente de la SPP dont elle a été la Président à la fin des années 90, est aussi membre de la Société hellénique de Psychanalyse et depuis 2019, de la Société Britannique.
Elle a beaucoup travaillé au sein de l’IPA, utilisant sa connaissance de différentes langues, pour promouvoir la psychanalyse Française à l’international.
Spécialisée dans la prise en charge des affections psychosomatiques, elle a consacré une grande partie de son activité de clinicienne à l’Institut de Psychosomatique où elle a travaillé aux côtés de Michel Fain et Pierre Marty puis avec Claude Smadja et Gérard Szwec. Elle a également travaillé avec des patients psychotiques à l’ASM13 et notamment avec Benno Rosenberg.
Ses recherches sur le thème du Masochisme et du masochisme érogène primaire ont donné lieu à de nombreux articles et publications et notamment à son dernier ouvrage « Désir, douleur, pensée » sujet de l’entretien proposé ici.

Marianne Persine Mai 2022

Video 1 Vimeo URL https://vimeo.com/713292816

Texte Video 1  
10:30 Le Masochisme
10:50 Masochisme érogène primaire
16:41 Intrication des pulsions et temporalité
17:17 Passage du besoin au Désir
18:46 Le Désir est masochique par essence
21:40 Perception inconsciente et contre:transfert
26:40 La Douleur : le masochisme gardien de la vie
28:47 La fatigue, un masochisme au féminin
32:50 Le Désir est à la base de la pensée
34:00 La pensée est un acte de chair
42:55 Libido et Pulsion de mort, au service de la vie
44:15 Intrication des 2 pulsions dans l’acte de penser
46:50 La Négation comme théorie de la pensée
56:05 La sublimation négative
01:04:00 La soumission démentalisante et le clivage du Moi
01:05:00 Le risque de la non-pensée
01:05:40 Penser c’est vivre

Bibliographie de l’invité BIBLIOGRAPHIE DE L’ENTRETIEN

  • L’enigme du masochisme, J. André M. Aisenstein M.Dayan, PUF, 2000
  • Masochisme et maladie, B. Rosenberg M.Aisenstein RFP n°1, 2000
  • Surmoi culturel, une pure culture d’instinct de mort, M. Aisenstein, RFP n°5
  • Michel Fain : Le parcours de Michel Fain, M. Aisenstein, PUF 2000
  • La question de l’identité, Marilia Aisenstein, (je pense donc je suis de Descartes) EPHEP
  • Désir douleur pensée, Marilia Aisenstein, Ithaque, 2020

2 ouvrages en anglais, inédits en France :

  • Psychosomatics Today, Kamac éditeur, 2010
  • An analytic Journey, Kamac éditeur, 2017


Jacqueline Schaeffer – Entretien

Auteur(s) : Jacqueline Schaeffer
Mots clés : féminin – masochisme féminin – sexualité (féminine)

Psychanalyste et aussi linguiste, sémioticienne, romancière, philosophe, le « multivers » de Julia Kristeva, comme elle-même nomme son champ d’intérêts, se caractérise par l’ouverture aux influences croisées de différents domaines de la pensée et de la créativité. Dans cet entretien, elle montre comment ces différentes approches de l’écriture et du langage l’ont préparée à l’abord de la pensée théorique de la Psychanalyse et nourrissent toujours sa réflexion, ses écrits et sa pratique.

Elle évoque son expérience du déracinement et du statut d’étrangère, à la fois épreuve et chance qui lui ont donné le goût de la recherche, le besoin de connaissance et de partage, que condensent  les valeurs de « singularité, étrangeté, altérité » qui pourraient être sa devise et sa définition de la liberté créatrice.
Au sujet du « Féminin », thème qu’elle développe dans la trilogie « Le Génie Féminin » consacrée à Hannah Arendt, Mélanie Klein et Colette, elle montre comment ces femmes se sont construites à travers leur vie et leur œuvre, concluant comme pour elle même : « On ne nait pas femme, je le deviens ».
Marianne Persine Mai 2021

Texte d’introduction à la/les video(s) Jacqueline Schaeffer, membre formateur de la SPP, poursuit depuis les débuts de sa carrière d’analyste, des recherches et des publications sur le thème de la sexualité de la femme et de la différence des sexes, fondement de ses prises de position.
Son ouvrage princeps : « le refus du féminin » et de très nombreux articles, exposent ses conceptions et au delà de la théorie freudienne, la construction du couple masculin-féminin sur la base de l’altérité et de la réciprocité, ce qu’elle qualifie de « co-construction de la relation amoureuse ».
Dans cet entretien (en deux parties) elle expose et précise sa pensée, sur ce sujet essentiel et controversé.

Marianne Persine, décembre 2021

Video 1 Vimeo URL https://vimeo.com/656968064

Texte Video 1 1ère partie : De l’organisation phallique de la sexualité à la co-construction de la relation amoureuse

00:10:01 Théories sexuelles infantiles
00:11:48 La différence des sexes
00:13:14 Le couple masculin féminin : un travail psychique
00:14:14 L’amant de jouissance
00:14:56 Plaisir ou jouissance
00:15:56 Le refus du Féminin
00:18:26 La violence de la pulsion sexuelle
00:22:18 La mère ne transmet pas le Féminin
00:23:52 Au delà du phallique, le féminin
00:25:57 Triple conflit entre érotique, maternel et réalisation sociale
00:25:54 La censure de l’amante
00:29:13 La mère messagère de l’attente
00:30:27 Masochisme érogène et masochisme érotique féminin
00:31:58 L’Œdipe féminin
00:33:00 Les liaisons non dangereuses
00:38:22 L’autre c’est le féminin
00:44:05 Que veut la femme ?
00:49:08 La perte amoureuse

Time code Video 1 2ème partie : Les tabous du féminin. Le sexe féminin, un sexe autre

00:52:03 La sexualité infantile
00:54:38 Les fantasmes originaires
00:58:15 La troisième voie « royale » de l’interprétation
01:00:24 Le phallique nie le féminin
01:01:25 L’angoisse de castration chez la femme
01:03:18 La maternité source d’envie chez l’homme
01:06:41 Le tabou du féminin
01:11:05 Le sexe de la mère, tabou des tabous
01:14:26 Janine Chasseguet :  « la sexualité féminine »
01:18:52 Clés pour le Féminin

Bibliographie de l’invité BIBLIOGRAPHIE DE L’ENTRETIEN
1) Ouvrages

Le refus du féminin collection Quadrige PUF réédition janvier 2022
Qu’est la sexualité devenue ? De Freud à aujourd’hui (en collaboration) In Press 2019

2) Quelques Articles

Le tabou du féminin 2006
D’une possible co-création du masculin et du féminin 2007
Au-delà du phallique : le sexe féminin 2008
Entre féminin et maternel 2010
Le maternel et le féminin 2011
Le tabou de la frigidité. Le silence des alcôves 2012
Au-delà du phallique : le féminin 2016
Le sexe féminin, entre tabou et interdit 2019
Le masochisme érotique féminin 2019

La plupart de ces articles (et d’autres) sont proposés par CAIRN


Paul-Claude Racamier – L’incestuel et Les deuils

Auteur(s) :
Mots clés : deuil

Dans cette séquence vidéo, Paul-Claude Racamier répond à Michel Hanus, en 1994, dans le contexte du Colloque du Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale relatif au thème du deuil.

Paul-Claude Racamier insiste sur la notion de travail de deuil qu’il réfère à Freud, processus de désinvestissement et de réinvestissement, lambeau par lambeau, de façon dynamique et progressive. Il l’entend dans un sens élargi : il ne s’agit pas que du deuil de l’objet mais du deuil au sens large : deuil de l’unisson narcissique premier avec la mère, mais aussi deuil des illusions, des petites et des grandes, renoncements, perte de la toute-puissance, …

Voici la définition qu’il donnait du deuil originaire : pour l’enfant, deuil de la relation d’unisson premier avec la mère, ouverture vers le désenchantement, la désidéalisation de la mère omnipotente, pour la découvrir en tant qu’entité distincte de lui.

Texte d’introduction à la/les video(s) Paul-Claude Racamier, né en 1924 et décédé en 1996, fut l’un des psychanalystes français les plus créatifs et engagés dans le traitement des patients psychotiques. Membre titulaire de la SPP, il en dirigea l’Institut de Formation, et fut l’un des fondateurs du Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale. Auteur entre autres du Psychanalyste sans Divan, mais aussi du Génie des Origines, il créa à Besançon fin 1967 début 1968, le Centre Psychothérapique de la Velotte.
 

Video 1 Vimeo URL https://vimeo.com/558166002/fa2eafbafc

Texte Video 1

L’inceste et l’incestuel

Dans cette séquence vidéo, lors du Colloque du Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale en 1995, Paul-Claude Racamier présente son approche psychanalytique des psychoses, à partir de l’inceste, de l’incestuel, et d’Antœdipe.

Selon lui, l’inceste est une atteinte majeure à l’intégrité corporelle et psychique, le summum du traumatique et de la disqualification. La relation entre l’incesteur et l’incesté n’est pas symétrique, en ce que les partenaires ne disposent pas initialement du même potentiel d’initiative et de maturité. Il s’agit d’une violence faite au corps qui n’est pas prêt à l’acte sexuel, en tout cas pas apte à l’aborder à parité de maturité physique.

Cette séduction sexuelle est une violence aussi faite à la psyché, car il s’agit d’une emprise narcissique. Dans ce fil, nous rejoignons l’idée de séduction narcissique telle que la déploie Paul-Claude Racamier dans sa forme interminable. D’après lui, dans l’incestuel, il y a bien souvent un inceste relégué au passé, le traumatisme est ancien, la distance généalogique s’est établie. La blessure, jamais ouverte, jamais fermée non plus, n’est que différée, mais toujours active. Il énonce cette loi : l’inceste dans une génération induit des ravages incestuels dans les suivantes. Et il ajoute à l’inceste le « cadavre dans le placard », le deuil impossible, obturé. Vous l’entendez dans cette séquence vidéo parler de l’inceste et l’incestuel en tant que destructeurs de la psyché. Les secrets incestuels attaquent les liens, empêchent d’accéder à un espace psychique unifié.

Dans cette configuration, il parle d’objet-non-objet, c’est-à-dire un objet interdit de désir propre, ainsi que de valeur narcissique propre.
L’autonomie lui est interdite :
– Autonomie de mouvement : il devient catatonique ;
– Autonomie de désir : il ne peut tomber amoureux sans risquer de crever la peau du narcissisme maternel ; il n’y a pas de fantasme !
– Autonomie d’action : il ne parvient pas initier, ni à finir ce qu’il initie ;
– Autonomie de jugement.

Dès lors, Paul-Claude Racamier définit la notion d’Antœdipe comme l’organisation essentielle et spécifique du conflit des origines, préludant à l’œdipe, mais se situant en son contrepoint.

» Ce qui se situe au cœur de l’œdipe, c’est le conflit œdipien, l’ambivalence amour-haine à l’égard des imagos parentaux.

» Ce qui se situe au cœur de l’antœdipe, c’est le conflit des origines, le conflit d’autonomie : existe-t-il un espace psychique pour l’enfant entre ses deux parents ? La dualité entre pulsion d’autoconservation et pulsion de croissance peut-elle permettre à l’enfant d’aller du côté de la croissance psychique, d’une existence différenciée, non aliénée, vers une existence propre ?

Dans la forme antœdipienne furieuse, il existe une indifférenciation des êtres, des générations, et des sexes, un empêchement du travail de deuil et des découvertes qui vont avec. Dans cette forme furieuse, il ne peut pas y avoir de lien œdipien de bon aloi, et Paul-Claude Racamier indique que cela conduit à la genèse de la psychose, des perversions, de la psychopathie…

Au contraire, la forme antœdipienne tempérée permet l’accès à l’œdipe. Elle autorise une séduction narcissique de bon aloi et non éternelle, donnant à l’enfant une assiette narcissique discrète, à la jointure de l’objectal et du narcissique, entre l’individuel et le familial, entre la vie et la non-vie.

C’est au contact des patients psychotiques et à partir de son expérience qu’il a imaginé puis précisé ce concept d’antœdipe, qu’il a d’abord théorisé dans son versant furieux à partir des formes pathologiques, mais dont il a ensuite pu en extraire l’aspect universel dans tout fonctionnement psychique. Pour lui, il existe un balancement permanent entre antœdipe et œdipe. Chez le patient psychotique, l’antœdipe est empêché de façon tempérée : la question des origines est niée, les identifications à la famille sont aliénantes, le collage aux parents entrave l’accès à l’œdipe. Il n’y a pas de désir, « l’inceste est antilibidinal ».

Vincent Rebière, Juin 2021

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Video 2 Vimeo URL https://vimeo.com/558087279/135166df69

Texte Video 2

Les deuils

Dans cette séquence vidéo, Paul-Claude Racamier répond à Michel Hanus, en 1994, dans le contexte du Colloque du Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale relatif au thème du deuil.

Paul-Claude Racamier insiste sur la notion de travail de deuil qu’il réfère à Freud, processus de désinvestissement et de réinvestissement, lambeau par lambeau, de façon dynamique et progressive. Il l’entend dans un sens élargi : il ne s’agit pas que du deuil de l’objet mais du deuil au sens large : deuil de l’unisson narcissique premier avec la mère, mais aussi deuil des illusions, des petites et des grandes, renoncements, perte de la toute-puissance, …

Voici la définition qu’il donnait du deuil originaire : pour l’enfant, deuil de la relation d’unisson premier avec la mère, ouverture vers le désenchantement, la désidéalisation de la mère omnipotente, pour la découvrir en tant qu’entité distincte de lui.

Il s’agit pour lui d’un travail à vie, un processus de séparation qui commence et qui ne finit jamais : “l’important est qu’il commence”, dit-il. On passe sa vie à se séparer de ses parents, des imagos parentaux intériorisés, à se différencier de ses origines.

Il insiste également sur le fait qu’il s’agit d’une perte pour une découverte : l’enfant perd la « mère-atmosphère » pour la découvrir en tant qu’objet distinct de lui.

D’après Paul-Claude Racamier, il est question d’un travail d’individuation en parallèle du travail œdipien. Selon lui, il ne peut pas être résumé au pré-œdipe, il constitue un contrepoint à l’œdipe de façon permanente. Il le nommera “Antœdipe”. On pourrait l’apparenter au versant narcissique de l’œdipe, mais il est plus que cela. Certes, dans un régime névrotique, là où la question des origines est à peu près en place, régulée, tempérée, le travail analytique opère à la séparation interne d’avec les imagos parentaux œdipiens. Paul-Claude Racamier insiste, chez les psychotiques, sur le courant antœdipien dans sa forme « furieuse », aliénée, car il vient empêcher l’accès au régime œdipien. Le patient est interdit de penser, son espace psychique est obstrué des deuils familiaux déniés. Ici, le travail du deuil originaire est entravé ; le processus mutuellement actif de séparation entre la mère et l’enfant est en berne. L’enfant reste captif de sa mère, la séduction narcissique est éternelle.

Cette séduction narcissique est pourtant indispensable dans les premiers mois de vie de l’enfant. Elle est un « accord parfait » entre lui et sa mère, sans faille et sans tension entre les deux partenaires unifiés. Ensemble la mère et l’enfant baignent dans les eaux de la séduction narcissique, une eau sans ride et parfaitement étale, une eau pure. Bien sûr, les cris, les pleurs, les demandes de l’enfant créent de multiples perturbations, mais que la mère va réguler, absorber, contenir, la mère « suffisamment bonne » au sens de Winnicott.
Cette relation d’unisson premier prendra fin lorsque l’enfant « tournera le dos » à la mère, pour s’ouvrir au monde, au tiers, au père. Mère et enfant sont tous deux actifs dans ce processus de deuil, la mère étant admirative de la poussée, de la croissance de son enfant.

Mais si ce deuil premier est refusé pour une raison ou une autre, il peut être défiguré et expulsé chez l’autre : l’enfant devient alors porteur d’un deuil qui ne lui appartient pas ; il est le “portefaix”, le “figurant prédestiné” familial. Le déni d’un deuil, son expulsion d’une génération à une autre, ouvre malheureusement aux dilemmes, à l’impossibilité de penser par soi-même, d’exister, et conduit à l’émergence psychotique, à la catastrophe psychotique.

Cet amalgame entre générations, ce mélange, est celui du terrain de l’incestualité ¬- terminologie dont Paul-Claude Racamier est l’inventeur, de même que celle de « perversion narcissique ».

La vidéo s’achève sur l’inceste : l’incestuel, c’est l’inceste psychique, l’intrusion psychique par des éléments qui n’appartiennent pas à l’individu, qui sont d’une autre génération. Cette intrusion, cet envahissement psychique, va bien souvent, d’après Paul-Claude Racamier, passer par le biais de vecteurs incestuels que sont l’argent, les vêtements, le corps, par exemple. Ils sont invisibles si l’on ne s’y intéresse pas de près et correspondent à de véritables bombes à retardement dès qu’on y touche.

Dans ses travaux, Paul-Claude Racamier a beaucoup insisté sur la notion de déni de deuil, de deuil gelé, et de deuil expulsé. Il désigne l’expulsion du deuil comme une façon d’exporter hors de soi les processus de deuil qui sont répudiés par le moi en en faisant porter le poids par un proche ou l’entourage. Il va plus loin que Mélanie Klein au sujet de ce mécanisme d’indentification projective, en montrant que ce qui est expulsé devient irreprésentable pour celui qui en est le réceptacle…

Il met en avant le passage de l’intrapsychique à l’interactif, dans une topique interactive qui justifie entièrement le travail psychanalytique institutionnel, l’approche groupale, tout autant que les thérapies familiales, thérapies de couple, … dont les travaux de recherche ont largement occupé le Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale.

Vincent Rebière, juin 2021

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Bibliographie de l’invité

BIBLIOGRAPHIE

  • Le Psychanalyste sans divan, Payot. 1993
  • Le cortège conceptuel, ed. Apsygee.
  • Les Schizophrènes, Payot. 2001
  • Les Psychoses, la perte de la réalité, ed Sand. 2004
  • L’inceste et l’incestuel, Dunod. 2010
  • Les perversions narcissiques, Payot 2012
  • Le Deuil originaire, Payot. 2016


Julia Kristeva, psychanalyse et « multivers »

Auteur(s) : Julia Kristeva
Mots clés : altérité – étrangeté – féminin – singularité

Psychanalyste et aussi linguiste, sémioticienne, romancière, philosophe, le « multivers » de Julia Kristeva, comme elle-même nomme son champ d’intérêts, se caractérise par l’ouverture aux influences croisées de différents domaines de la pensée et de la créativité. Dans cet entretien, elle montre comment ces différentes approches de l’écriture et du langage l’ont préparée à l’abord de la pensée théorique de la Psychanalyse et nourrissent toujours sa réflexion, ses écrits et sa pratique.

Elle évoque son expérience du déracinement et du statut d’étrangère, à la fois épreuve et chance qui lui ont donné le goût de la recherche, le besoin de connaissance et de partage, que condensent  les valeurs de « singularité, étrangeté, altérité » qui pourraient être sa devise et sa définition de la liberté créatrice.
Au sujet du « Féminin », thème qu’elle développe dans la trilogie « Le Génie Féminin » consacrée à Hannah Arendt, Mélanie Klein et Colette, elle montre comment ces femmes se sont construites à travers leur vie et leur œuvre, concluant comme pour elle même : « On ne nait pas femme, je le deviens ».
Marianne Persine Mai 2021

Texte d’introduction à la/les video(s) Psychanalyste et aussi linguiste, sémioticienne, romancière, philosophe, le « multivers » de Julia Kristeva, comme elle-même nomme son champ d’intérêts et de compétences, se caractérise par l’ouverture aux influences croisées de différents domaines de la pensée et de la créativité. Dans cet entretien, elle montre comment ses différentes approches de l’écriture et du langage l’ont préparée à l’abord de la pensée théorique de la Psychanalyse et nourrissent toujours sa réflexion, ses écrits et sa pratique.

Elle évoque son expérience du déracinement et du statut d’étrangère, à la fois épreuve et chance qui lui ont donné le goût de la recherche, le besoin de connaissance et de partage, que condensent  les valeurs de « singularité, étrangeté, altérité » qui pourraient être sa devise et sa définition de la liberté créatrice.
Au sujet du « Féminin », thème qu’elle développe dans la trilogie « Le Génie Féminin » consacrée à Anna Arendt, Mélanie Klein et Colette, elle montre comment ces femmes se sont construites à travers leur vie et leur œuvre, concluant comme pour elle même : « On ne nait pas femme, je le deviens ».

 Marianne Persine Mai 2021

Video 1 Vimeo URL https://vimeo.com/551402172

Time code Video 1 1ère partie
Un itinéraire singulier
Vivre l’altérité l’étrangeté la singularité
La psychanalyse

Video 2 Vimeo URL https://vimeo.com/551401804

Time Code Video 2 2ème partie
Le Féminin
Le génie féminin
Hannah Arendt – Melanie Klein – Colette

Bibliographie de l’invité BIBLIOGRAPHIE DE L’ENTRETIEN
– Le Génie Féminin :
tome 1 Hannah Arendt — 1999 (Folio « Essais”)
tome 2 Mélanie Klein — 2000 (Folio « Essais»)
tome 3 Colette — 2002 (Folio «Essais»)

Les nouvelles maladies de l’âme — 1997 (Poche)
Soleil noir, dépression et mélancolie — 1987 (Folio « Essais»)
Je me voyage, entretien avec Samuel Dock — 2016 (Fayard)
Cet incroyable besoin de croire — 2018 (Bayard)
 
ARTICLES CONNEXES À PARTIR DE LA PENSÉE DE JULIA KRISTEVA
« Dostoievski prophète de notre modernité – Réflexions à partir du travail de Julia Kristeva » de François Richard
 


Autismes infantiles : dépasser les controverses ?

Auteur(s) : Denys Ribas
Mots clés : autisme – Cognitivisme – Comportementalisme – Désintrication pulsionnellle – Témoignages d’anciens autistes – Traitement psychanalytique de l’autisme


Catherine Chabert, le féminin en questions

Auteur(s) : Catherine Chabert
Mots clés : adolescent/adolescence – féminin – masochisme

Texte d’introduction à la/les video(s) Catherine Chabert membre de l’APF est une figure éminente de la pensée psychanalytique d’aujourd’hui. Elle est bien connue pour ses nombreuses publications, ses articles ( en collaboration avec Didier Anzieu et Jacques André, notamment), ses interventions dans des colloques ou Congrès en France et à l’étranger, sans oublier son enseignement à l’université.
Elle s’est particulièrement intéressée à l’adolescence à laquelle elle a été confrontée dans sa pratique d’analyste, ce qui a inspiré son travail de recherche et plusieurs publications.
Actuellement les thèmes principaux qu’elle traite concernent la séparation, le deuil, la perte, la mélancolie et le féminin, sujet principal de l’entretien présenté ici.
Catherine Chabert en effet, a bien voulu accepter de participer à cette série d’entretiens de « Femmes Psychanalystes » qu’elle illustre de toute la richesse de son expérience.

 

Video 1 Vimeo URL https://vimeo.com/452694643

Texte Video 1 1ère partie

Time code Video 1 00:00:40 — Parcours personnel
00:08:22 — Féminin mélancolique
00:06:45 — Fantasmes originaires
00:09:00 — Place centrale du fantasme de séduction
00:13:06 — Proximité du fantasme de scène primitive
00:14:57 — La passivité
00:18:23 — Castration féminine/masculine
00:26:06 — Différence des sexes et bisexualité
00:31:25 — Masochisme au féminin
00:41:20 — Les identifications
00:50:50 — Le surmoi au féminin

Audio Video 1 https://www.spp.asso.fr/wp-content/uploads/2020/08/SPP_Catherine-CHABERT_Marianne-Persine_2020_01.mp3

Video 2 Vimeo URL https://vimeo.com/452709011

Texte Video 2 2ème partie
Catherine Chabert aborde La théorie Psychanalytique, une conception dynamique : « ne pas croire au destin », Évolution de la théorie et de la clinique, Conclusion, Femme, Féminin, Féminité.

Time Code Video 2 00:00:18 — Conception personnelle de la théorie psychanalytique
00:01:54 — Le narcissisme, bastion de la résistance
00:06:40 — Le psychisme en mouvement et ce qui le bloque
00:08:03 — Emmêlement plutôt qu’intrication
00:12:13 — L’analyse : ne pas croire au Destin
00:14:07 — La transmission: parler, écrire…
00:16:43 — Évolution de la théorie et de la clinique
00:18:18 — La psychopathologie
00:21:58 — Continuité de l’épistémologie freudienne
00:22:45 — Problématiques nouvelles
00:31:40 — Psychanalyse classique et psychothérapie
00:37:14 — En conclusion: Femme, Féminin, Féminité

Bibliographie de l’invité Bibliographie évoquée dans l’entretien
Le féminin mélancolique PUF 2003
L’amour de la différence PUF 2011
La Jeune fille et le Psychanalyste Dunod 2011
Maintenant il faut se quitter PUF 2017

 


Entretien VIDEO TEST

Auteur(s) : Florence Guignard – Marianne Persine
Mots clés :

Florence Guignard, psychanalyste spécialiste de l’enfant et de l’adolescent, fondatrice avec Annie Anzieu de la SEPEA (Société européenne pour la psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent,) a publié en 2015, un ouvrage particulièrement important : « Quelle Psychanalyse pour le 21ème siècle ? »
Pour cette auteure, la Psychanalyse comme toute science, doit être réinterrogée, critiquée et complétée, non seulement en fonction des avancées de la méthode et des modifications de la technique, mais aussi, à la lumière des changements anthropologiques et sociologiques survenus depuis plus d’un siècle.
Considérant que la théorie psychanalytique ne devrait pas être considérée comme un roc inamovible mais plutôt comme un ensemble de modèles dont il importe de remettre en question et de requalifier sans cesse les configurations conceptuelles, elle se donne pour tâche de revoir et d’analyser plusieurs concepts majeurs de la métapsychologie, et de nous exposer sa démarche et les influences qui l’ont conduites à ses propositions.
Ce tome sera suivi par une étude clinique (à paraître) des configurations des transferts, du trauma et des identifications.

Dans la première partie de cet entretien, Florence Guignard redéfinit certains concepts clés de la métapsychologie freudienne (le clivage, l’Œdipe, le Féminin), précise sa conception de la formation de l’espace psychique chez l’enfant, en intégrant l‘apport de psychanalystes de l’école anglaise : Mélanie Klein, D. Meltzer et surtout W.R.Bion.

Marianne Persine
15 Novembre 2019

1ère Partie : Naissance de la vie psychique et concepts psychanalytiques en mouvement

03:02 — Formation et influences
08:26 — L’Infantile : « Freud, Klein, Bion »
10:10 — Relation d’objet partiel ou total
12:32 — Précocité de l’Œdipe
17:10 — Maternel primaire et la fonction alpha
23:00 — Projection identificatoire
25:00 — « Mémoire implicite » et bain de paroles
34:50 — Féminin primaire
39:10 — Le Féminin paradigme de l’altérité

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Colloque VIDEO TEST

Auteur(s) :
Mots clés :

Captation du Colloque du samedi 23 novembre 2019 à l’Asiem


Colloque Michel de M’Uzan : Psychanalyste et éveilleur

Auteur(s) : Michel de M’Uzan
Mots clés :

Captation du Colloque du samedi 23 novembre 2019 à l’Asiem

Texte d’introduction à la/les video(s) Captation du Colloque du samedi 23 novembre 2019 à l’Asiem.

Video 1 Vimeo URL https://vimeo.com/383061263/aa963a528c

Video 2 Vimeo URL https://vimeo.com/383074227/d2290d586e

Video 3 Vimeo URL https://vimeo.com/383101129

Video 4 Vimeo URL https://vimeo.com/510362997/984cfe7598

Texte Video 4 Le colloque en hommage à Michel de M’Uzan a été organisé par la SPP le 23 novembre 2019 à Paris, sous l’égide de Clarisse Baruch et Murielle Gagnebin, qui ont souhaité réunir les témoignages de collègues proches de sa pensée. Les textes rassemblés dans ce volume de la collection Hommages sont issus pour l’essentiel de ce colloque.
Le descriptif du livre édité par SPP-Édition est ici :

lien spécifique https://www.spp.asso.fr/collection-hommages-michel-de-muzan/

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https://www.spp.asso.fr/vimeo-video/