La naissance de l’interprétation, au cours d’une psychanalyse ou d’une psychothérapie, est un phénomène psychique irréductible à toute géométrie, elle ne peut relever que d’une intelligence naturelle et affective. Dans le creuset de la séance, des signes affleurent dans l’esprit du patient, quelque chose en est inconsciemment perçu par l’analyste et insiste, puis prend force, chez l’un comme chez l’autre, et apparaît sous la forme des mots qui la composent. L’interprétation juste parle à deux voix. Il faut pour qu’elle advienne que le protocole de la cure soit aussi ferme que les courants de pensée peuvent être indécis. Les prescriptions du cadre sont les seules que l’on puisse qualifier de technique : durée longue et fixité des séances, choix du divan ou du fauteuil. Mais si le cadre analytique classiquement proposé peut convenir à beaucoup, cet ouvrage montre qu’il peut être nécessaire de mettre en place un cadre sur mesure pour réunir les conditions d’apparition de l’interprétation et de la fécondité du processus analytique. Parmi celles-ci, le contretransfert de l’analyste joue un rôle prépondérant. Les cas cliniques rapportés dans ces pages nous font entrer dans la vie même de l’analyse. Les mots de l’interprétation ne sont qu’un support, la voix qui les parle est messagère d’affects : plus qu’une action, l’interprétation est un geste. Marie-France Dispaux est psychologue clinicienne, psychanalyste, membre formateur de la Société belge de psychanalyse, dont elle a été la présidente, et de l’Association psychanalytique internationale.
Jeudi 5 novembre à 21h00 en visioconférence