Société Psychanalytique de Paris

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Activités du Groupe Nord — Pas-de-Calais

Séminaires ouverts à Lille

Groupe théorico-clinique du mercredi

Julie AUGOYARD, Maurice HENNIAUX, Philippe SAIELLI

Lecture critique de textes psychanalytiques, suivis d’une discussion et d’illustrations cliniques.

Actuellement, nous poursuivons la lecture d’ouvrages d’André Green.
Le 2e mercredi du mois de 20h45 a 22h45

Uriopss Batiment Douai 5e étage
99 rue Colbert 59000 Lille

À partir du 9 septembre 2020

Groupe du samedi (semi-ouvert)

Groupe de formation animé par un psychanalyste formateur de la SPP pendant un an.

3 samedis dans l’année, de 10h15 à 12h15

Uriopss Batiment Douai 5e étage
99 rue Colbert 59000 Lille

À partir de janvier 2021

Inscriptions aux séminaires par téléphone à
Julie AUGOYARD au 06 61 44 07 39,
Maurice HENNIAUX au 03 20 93 94 52,
ou Philippe SAIELLI au 06 08 60 05 09

Conférences ouvertes au public

Conférences d’introduction à la psychanalyse

Philippe SAIELLI, Julie AUGOYARD, Maurice HENNIAUX 

Cycle de 4 conférences dans l’année.

Thème de l’année : Actualité de la psychanalyse

Le lundi soir (dates communiquées ultérieurement) 20h-21H30

Uriopss Batiment Douai 5e étage
99 rue Colbert 59000 Lille

À partir de janvier 2021

Conférences publiques de psychanalyse 

Nous invitons un psychanalyste de l’API à présenter sa pensée sous forme de conférence et de discussion.

Deux samedis dans l’année (dates communiquées ultérieurement), de 10h15 à 12h15
Uriopss Bâtiment Douai 5e étage,
99 rue Colbert 59000 Lille

Inscriptions auprès de
julieaugoyard@wanadoo.fr,
maurice.henniaux@orange.fr,
philippe.saielli@wanadoo.fr

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Lettre de la Présidente n°5 – 4 mai 2020

Lettre de la Présidente n°5

Chères et chers Collègues, 

Quelques réflexions pratiques sur le déconfinement

A ce jour, Lundi 4 Mai, nos instances gouvernementales nous annoncent une possibilité de déconfinement dès Lundi prochain 11 Mai. Comment penser le retour de nos patients en présentiel ?

La variabilité de nos pratiques et de nos propres réactions face au virus rend toute généralisation impossible. Et, de toute façon, chacun est décisionnaire de son application personnelle et doit se sentir à l’aise dans les propositions de cadre faites aux patients, compte tenu des modalités différentes de l’introjection de nos cadres internes.

Cependant, de nombreux collègues se tournent vers les instances pour évaluer les différentes stratégies possibles. C’est à ce titre que je vous propose quelques réflexions, autour des règles de « distanciation physique » auxquelles nous sommes tenus, c’est-à-dire liberté de circulation, d’exercice professionnel et de rencontre en présentiel avec une limite des groupes à 10 personnes, une distance de plus d’un mètre entre deux personnes et l’application des gestes barrières.

1- Au plan clinique

Au cabinet : le retour en présentiel des patients est sur le papier tout à fait possible, avec quelques précautions :

– Mise à disposition de gel hydroalcoolique. Désinfection régulière des poignées de porte, interphone, digicode, accoudoirs. Pulvérisation régulière d’un bactéricide dans la pièce, sur le divan et les fauteuils, et aération régulière. Dans le cas de face à face, distance de plus d’un mètre (je dirais d’ailleurs de plus de deux mètres), pas de poignées de main.

– Faut-il des masques ? Cela est une décision individuelle. Un analyste qui sait avoir été malade du Covid (testé en virologie pendant, ou en sérologie après) peut s’en dispenser, ou vouloir rassurer ses patients en le portant. Les analystes qui n’ont pas été touchés par le virus pourraient être davantage protégés en portant un masque.

En ce qui concerne les patients, le plus simple serait de laisser les patients juges de porter ou non un masque. Il peut être aussi possible de leur demander d’en porter.

– Il est important de tenir compte de chaque situation individuelle avant de décider un retour au cabinet : Individuel pour chaque analyste, selon sa sensibilité, ses facteurs de risque, le déplacement domicile-cabinet éventuel et ses modalités, et surtout sa tranquillité d’écoute de son patient.

Individuel pour chaque patient d’autre part, en tenant compte des mêmes facteurs que précédemment, et des dimensions psychiques conscientes et inconscientes de l’épidémie pour chacun d’entre eux. Il parait certain que certains patients auront besoin de plus de temps que d’autres pour s’autoriser au retour à une vie normale, et cela constituera un enjeu du travail à venir.

La question du mode de transport des patients lorsqu’il viennent à nos séances peut également être considérée. Le risque de contamination étant plus élevé dans les transports en commun, il convient de l’évaluer de façon individuelle avec chacun des patients, en prenant en compte les aspects concrets (vulnérabilité somatique ou liée à l’âge) et les aspects intrapsychiques, transférentiels et contre transférentiels (sentiment de toute puissance ou déni du danger, transfert amoureux, contre transfert maternel protecteur ou séducteur etc.).

– En ce qui concerne les activités de groupe, les décisions seront encore plus délicates, puisqu’elles devront intégrer l’espace disponible dans la pièce en fonction du nombre de participants, et le degré de rapprochement physique du travail engagé. Une situation groupale avec tous les participants masqués implique une modification perceptive qui peut altérer en profondeur les associations de chacun.

Un psychodrame où on ne peut pas s’approcher les uns des autres à moins d’un mètre peut paraitre difficile à mettre en place : comment jouer un double à un mètre ? 

En institution, cela dépendra naturellement des critères propres à chacune, qu’il conviendra de respecter.

2- Au plan scientifique et institutionnel

Nous avons mis en place, comme vous l’avez vu, des réunions scientifiques par Zoom, en interne avec les conférences du Samedi, en externe avec des conférences d’introduction à la psychanalyse et des séminaires Jean Cournut. Des séminaires, groupe de travail, groupes cliniques, supervisions, se sont poursuivis à distance.

Nous avons décidé de ne pas reprendre d’activité scientifique en groupe en présentiel jusqu’à l’été, en tous cas rue Daviel.

En ce qui concerne les activités institutionnelles, elles devront se poursuivre à distance dès qu’elles impliqueront plus de 10 personnes, comme demandé par le législateur. Elles pourront aussi se poursuivre à distance avec de plus petits groupes, si des difficultés d’organisation ou le choix de beaucoup de leurs participants de rester chez eux empêche leur tenue physique. Mais des réunions en présentiel pourront également se tenir en petit groupe, rue Daviel ou chez l’un des membres des commissions. Cela pose davantage de difficulté dès lors qu’il est nécessaire de recevoir un candidat. Certaines activités ont été suspendues depuis deux mois, du fait de l’impossibilité de les organiser à distance. C’est le cas des admissions au cursus, des fins de cursus, des élections au titulariat ou au formatoriat, des entretiens avec des candidats à tous les niveaux. La SPP a besoin de se renouveler, il n’est pas bon de paralyser ainsi les évolutions. L’Institut, le Bureau, la Commission des candidatures réfléchissent aux meilleurs moyens de relancer tout cela, avec la double contrainte de la confidentialité (qui n’est pas garantie à 100% à distance) et de la difficulté à organiser des réunions en présentiel (vu les contraintes de beaucoup qui limitent leurs déplacements).

Comme vous le savez, nous avons reporté notre Assemblée Générale. Elle peut se tenir à distance, compte tenu des lois spécifiques votées. En tous les cas, les comptes doivent avoir été approuvés avant le 30 septembre. Il est donc certain que nous allons devoir l’organiser à distance, soit juste avant, soit juste après l’été.

Je sais combien chacun d’entre vous a l’intérêt de vos patients et de la SPP en ligne de mire, sans oublier pour autant votre propre sécurité. Ce qui précède vous aidera, je l’espère, à faire les meilleurs choix en fonctions de vos critères et nécessités.

Avec toutes mes amitiés, 

Clarisse Baruch
Présidente de la Société psychanalytique de Paris

Télécharger cette lettre n°5 au format PDF.

 

Retours d’expérience COVID-19

En ces temps particuliers de confinement général durant lesquels les psychanalystes se doivent de continuer à suivre leurs patients sans pour autant les recevoir au cabinet, il appartient à chacun de trouver des solutions. Transmettez-nous vos expériences, elles apparaîtront ici.

 

Lettre de la Présidente n°4 – 10 avril 2020

Lettre de la Présidente n°4

Chères et chers Collègues, 

Nous voilà vraisemblablement au milieu de la période de confinement, dont on peut penser qu’elle durera jusqu’au milieu du mois de Mai. Après les premiers ajustements d’urgence, chacun commence à prendre ses marques, en particulier en ce qui concerne l’utilisation des outils technologiques qui permettent la continuité des séances avec les patients. De nombreuses observations nous parviennent sur les effets de l’utilisation du téléphone, de skype, de whatsApp, dans nos face à face et nos analyses, et sur l’effet de cette situation si particulière de confinement pour nos patients, et leurs analystes. Nous pourrons métaboliser ensemble ce que nous avons eu à vivre dans un après-coup certainement fructueux. La question de la psychanalyse lors de séances à distance, qui anime bien des débats au sein de l’IPA, pourra être abordée de notre côté avec des éléments d’expériences concrètes qui en rendront le débat encore plus intéressant.

Je pense avant tout à tous ceux qui auront été malades du Covid, plus ou moins gravement, et les assure de notre soutien, et de nos souhaits de prompt rétablissement ; cela à titre personnel, d’autant plus que j’ai été moi-même touchée, heureusement sans gravité, sans hospitalisation et sans danger, mais cela me permet de sentir au plus profond la réalité de l’attaque aveugle que nous subissons tous. Je sais que des collègues ont été plus gravement touchés, et je leur adresse toute ma sympathie. J. Le Beuf en est décédé, comme vous avez pu l’apprendre, c’est pour le moment le seul collègue à ma connaissance qui ait été frappé au cœur.

Après le premier moment d’urgence et de décisions lié au choc du confinement, la SPP et tous les membres qui ont accepté de prendre des responsabilités en son sein tentent de reprendre ce qui est sa raison d’être : 

– ses activités scientifiques d’abord : vous avez été très nombreux à vous connecter lors de la première visio-conférence qui a été organisée, samedi dernier : 350 inscriptions parmi nos membres et aef, c’est considérable. Nous vous en remercions, et considérons que cet engouement est la manifestation tangible de votre attachement à la SPP, et de l’importance pour nous tous de nous retrouver tous ensemble, autour des questions nouvelles posées par ces changements de cadre. Nous continuerons les séances, d’abord chaque semaine, puis en allant vers un rythme de croisière d’une fois tous les quinze jours jusqu’à l’été, puisqu’il semble prudent de limiter les réunions présentielles quelque temps après le déconfinement. 

En ce qui concerne les séminaires, tous ceux qui avaient lieu rue Daviel ont été suspendus ; il est possible que certains aient lieu via visio-conférences, sans que cela ait été diffusé par les responsables. Ceux qui avaient lieu au domicile des responsables ont pu pour certains se poursuivre à distance, pour d’autres non. 

– ses activités d’enseignement et de formation. Là aussi, chaque superviseur a fait à sa façon, continuant ou non les supervisions par visio-conférence ou skype. Les séminaires de formation ont connu les mêmes aléas que les séminaires de recherche. Les activités institutionnelles ont été pour l’essentiel suspendues, les responsables de l’Institut et de la Commission des Candidature examinent à l’heure actuelle des solutions provisoires à envisager.

– ses activités ouvertes enfin : toutes les conférences ouvertes ont été annulées jusque-là, mais nous étudions avec les responsables la possibilité d’organiser au moins une séance de chaque (Mercredi, Jeudi, Sainte Anne et Cournut) par visio-conférences, afin de ne pas perdre le lien avec notre public. 

Au plan institutionnel une réunion du CST s’est tenue par visio-conférence, et une réunion du CA est programmée pour le 5 mai. Le Bureau se réunit par Zoom toutes les semaines, et gère autant que possible les affaires à distance. Une réunion entre le Bureau et le personnel s’est tenue mardi dernier, afin de déterminer nos modes de fonctionnement. 

Tous les responsables, tous les collègues que vous avez élus lors des derniers scrutins sont donc au travail pour qu’un semblant de « normalité », et surtout une continuité de notre association se poursuive. Nous rencontrons tous les mêmes conséquences du confinement au plan de notre exercice professionnel, de nos rentrées financières et de notre vie sociale. Nous savons que certains d’entre nous sont plus durement frappés que d’autres, par la maladie bien sûr, mais aussi par les conséquences économiques de la situation. La SPP va aussi subir des contrecoups financiers : Le report du CPLF, et de toutes les manifestations scientifiques du printemps et probablement de l’été vont se faire durement ressentir. Nous allons mettre en place un chômage partiel de nos salariés, afin de limiter les dépenses. Mais nous avons garantis à nos salariés de revenir strictement à l’état antérieur dès la fin du confinement. Ils sont avec nous dans ces difficultés et font tout leur possible pour permettre eux aussi la continuité de nos activités, malgré des contraintes fortes qu’impliquent pour eux aussi la situation de confinement et le télétravail. Je tiens ici à les remercier très chaleureusement. 

Comme vous l’avez vu, nous vous avons envoyé un appel à cotisation, à participation ou à droit, dans les limites de ce que la loi nous autorisait compte tenu du report de l’AG, c’est à dire égal à l’an dernier. Cela tombait bien puisque de toute façon nous envisagions de vous proposer la stabilité des montant 2020 par rapport à 2019, ce que nous pourrons valider lors de la tenue de l’AG, probablement en Septembre. Vous comprenez aisément que nous avons besoin de ces rentrées pour continuer, en particulier, à payer les salaires. Il n’empêche que certains d’entre vous, compte tenu d’une situation particulièrement tendue, ont pris contact avec les trésorières pour aménager leur paiement. Il va de soi que nous sommes particulièrement à l’écoute des difficultés individuelles, et que nous tenterons toujours de trouver les meilleures solutions. Toute l’équipe des élus et des responsables d’activité sont là pour faire fonctionner au mieux notre Société, qui n’existe que par votre volonté commune, et n’est aujourd’hui financée que par vos contributions. Nous avons tous à cœur de la maintenir active et dynamique, ce dont a témoigné votre forte participation au séminaire de samedi. 

Je vous souhaite le meilleur printemps possible, dans ces temps étranges, et surtout prenez garde à vous et à vos proches. 

Avec toutes mes amitiés, 

Clarisse Baruch
Présidente de la Société psychanalytique de Paris

Télécharger cette lettre n°4 au format PDF.

 

Retours d’expérience COVID-19

En ces temps particuliers de confinement général durant lesquels les psychanalystes se doivent de continuer à suivre leurs patients sans pour autant les recevoir au cabinet, il appartient à chacun de trouver des solutions. Transmettez-nous vos expériences, elles apparaîtront ici.

 

Un évènement éditorial : L’esprit des soins de P.-C. Racamier

Un évènement éditorial :

L’esprit des soins
de Paul-Claude Racamier (1924-1996)

 

Cet ouvrage posthume de Paul-Claude Racamier voit le jour plus de vingt ans après son décès. Il rassemble des textes qu’il a écrits pour le projet de ce livr  e, L’esprit des soins longtemps porté, plusieurs fois annoncé, mais resté inachevé.

Dès le début de sa pratique en hôpital psychiatrique, Racamier s’interroge sur la qualité des soins proposés aux patients psychotiques et cherche les articulations qui seraient cohérentes et opérantes entre psychanalyse et psychiatrie.

Formé à la psychanalyse avant même d’être psychiatre, sa pratique hospitalière est pour lui l’occasion de chercher à comprendre les fonctionnements psychiques des patients psychotiques et de mettre
en œuvre des méthodes de soin qui leur soient adaptées. Lors de son premier poste de psychiatre à l’hôpital de Prémontré (il y restera une dizaine d’années), il s’intéresse à la schizophrénie mais aussi aux frustrations précoces et aux psychoses puerpérales, ce qui va l’amener à mettre en place les hospitalisations mère-bébé.

“Il y a une tendance que j’ai, et que j’ai répétée de plus en plus, c’est de ramener, d’essayer de ramener dans ce que je trouve de profondément pathologique, d’essayer de découvrir ce qui, à l’origine, n’est pas forcément pathologique. C’est comme ça qu’à partir de la schizophrénie qui est véritablement une organisation de décervelage, je suis revenu à la base de l’identité, de la possession de soi…”

Fort de cette expérience hospitalière et désireux de poursuivre sa pratique et ses recherches avec plus de liberté, il s’engage dans l’aventure de la clinique des Rives de Prangins en Suisse. “C’était en 1962 et ça a été une période passionnante car c’est là que j’ai pu, avec la collaboration de Woobury (que j’avais rencontré aux États Unis, à Chestnut Lodge), organiser véritablement une unité de soins qui était centrée sur la “thérapie communautaire”, avec un grand souffle d’inspiration psychanalytique et un grand enthousiasme.

C’est là que j’ai organisé de façon systématique des soins dans lesquels les soignants étaient partie prenante, pas seulement exécutants ou informateurs mais partie prenante …Ce que j’ai pu développer là bas est relaté dans Le psychanalyste sans divan.”

 La période des Rives de Prangins est aussi celle de nombreux échanges avec les organisateurs du secteur psychiatrique du XIIIème arrondissement, sources d’articles de part et d’autre et d’une collaboration, notamment avec René Diatkine, Serge Lebovici et Philippe Paumelle pour l’écriture du Psychanalyste sans divan paru en 1970.

Fin 1967, après avoir quitté la Suisse et de retour dans sa Franche Comté natale, PC Racamier fonde à Besançon à la demande de quelques familles, une petite structure de soin pour de jeunes adultes souffrant de troubles psychotiques. C’est le début de l’aventure de “La Velotte” qu’il a dirigée jusqu’à son dernier souffle, jusqu’en 1996. Il peut alors, riche de ses expériences antérieures, inventer un organisme de soin à sa convenance, qu’il perfectionnera au fil des années. Jamais plus de 12 patients n’y séjourneront à la fois, sa petite taille étant pour lui une des conditions nécessaires et indispensables pour assurer la qualité des soins.

Dans les années 1970, PC Racamier s’installe définitivement à Paris. Ses semaines sont dorénavant partagées en deux : les 3 premiers jours à Paris et du jeudi après midi au dimanche à Besançon . Pendant ces 29 années de travail intense à La Velotte auprès des patients psychotiques et de leur famille, PC Racamier poursuit ses recherches théoriques sur la psychose et affine le cadre et les méthodes de soin à inventer et à mettre en oeuvre pour permettre aux patients d’entrer dans un véritable processus de soin. Pendant tout ce temps, il ne cesse d’écrire, de partager le résultat de ses recherches et de préciser ses concepts nouveaux comme l’antoedipe , l’incestuel, le deuil originaire, l’ambiguïté positive…que l’on retrouve détaillés dans ses ouvrages théoriques.

Par contre, de son expérience de La Velotte proprement dite, il parle peu.

C’est dans L’esprit des soins, qu’il compte exposer ses réflexions sur le soin en général, à partir de ses rencontres avec diverses institutions, mais aussi à partir de ce lieu qui lui est cher et qu’il a créé. “Souvent dans ces pages, je me référerai à l’exemple de la Velotte. C’est que je la connais bien : j’ai créé cet organisme…j’y ai beaucoup appris sur les malades et sur les soins. Pour moi, pour mon équipe et pour d’autres personnes, il a été et il reste comme un atelier : une bottega, comme on en voyait en Italie à la Renaissance. Un laboratoire d’exploration clinique et d’innovation technique…”.

L’esprit des soins fait logiquement suite au Psychanalyste sans divan. PC Racamier l’annonce comme tel dans la dernière préface écrite pour une réédition du Psychanalyste sans divan. Mais le livre reste inachevé, sa rédaction étant sans cesse reprise au gré d’une expérience toujours en cours, non conclusive, dont le récit est toujours repris à mesure des élaborations auxquelles elle donne lieu. PC Racamier a dirigé la Velotte jusqu’à la fin de sa vie, et il lui était probablement impossible de prendre le recul suffisant pour conclure ce livre.

Ce n’est qu’après sa mort que les textes sont remis par Janine Racamier, son épouse, à Pascale de Sainte Marie qui a travaillé pendant une dizaine d’années auprès de PC Racamier et a repris à sa suite la direction de la Velotte.

Elle organise avec l’équipe soignante la transcription et le classement de ces quelques 400 pages de notes qui se présentent dans le désordre, mais chaque page étant marquée d’un code correspondant au chapitre auquel elle est destinée, ce qui permet de les insérer dans le plan prévu par PC Racamier. On peut voir ce plan reproduit dans sa version manuscrite dans l’introduction de chaque volume du livre. PC Racamier y prévoit 10 chapitres répartis de la façon suivante :

Préface, 1) Parcours, 2) Perspectives, 3) Cadre, 4) Fil du soin, 5) Actions parlantes, 6) Jeux des contraires, 7) Narcissisme, 8) Méthodes, 9) Ambiguïté 10), Velotte Conclusion.

En 2002, en collaboration avec le Collège de Psychanalyse Groupale et Familiale, le 3ème chapitre, Le cadre, dont la rédaction est la plus aboutie, est publié par les Éditions du Collège.

Pour les autres chapitres, la tâche s’avère plus difficile, les textes se présentent sous forme de notes éparses et l’ensemble est volumineux.

Ce n’est que récemment que Pascale de Sainte Marie, après avoir sollicité plusieurs éditeurs sans succès, prend la décision de fonder les Éditions de la Velotte avec l’accord de Vincent Rebière, actuel directeur de la Velotte, et du conseil d’administration de L’association EnFaSa . Elle fait le choix de publier L’esprit des soins en plusieurs petits volumes, en gardant les textes en l’état, même si la rédaction en est inégale.

Ce sont, pour l’heure, les deux premiers volumes qui sont publiés.

Le premier regroupe les 3 premiers chapitres : Parcours, Perspectives et Le cadre déjà publié, qui retrouve ainsi sa place et qui, ayant reçu un franc succès, est depuis longtemps épuisé.

PC Racamier y dessine les grandes lignes de son parcours, avant de mettre en perspective la logique du soin face aux abîmes de la psychose. Il détaille ensuite l’organisation et les fonctions du cadre de soin tel qu’il le conçoit dans toute sa complexité et sa cohérence. Il le pense transposable et adaptable avec des variantes dans d’autres institutions que la Velotte mais il surtout insiste à plusieurs reprises sur la nécessité qu’il soit vivant : “Je n’aimerais pas quitter la question du cadre sans souligner une fois de plus que je suis loin de le voir comme un appareil fixe, solide, un harnachement. Je le veux ferme, et je le veux souple. En un mot je le vis et le veux vivant.”

Le deuxième volume est consacré au 4ème chapitre, Le fil du soin, dans lequel P.-C. Racamier détaille les conditions nécessaires au processus d’admission des patients, puis leur cheminement dans les cures avec leur parcours et leurs crises pour terminer par le processus du départ en fin de cure. Il montre comment le soin est un processus qui se déroule dans le temps avec ses différentes étapes.

Les autres volumes paraitront ultérieurement.

Ces notes, très vivantes, parsemées de nombreuses vignettes cliniques, nous montrent PC Racamier au travail, soucieux de maintenir en permanence les complémentarités agissantes entre le psychique et le pragmatique, l’individuel et le collectif, la sécurité et la responsabilité, le dedans et le dehors, dans une saine ambiguïté, notion qui lui est chère et qui donne au soin toute sa cohérence et son aisance. Le plaisir à penser et à travailler ensemble en équipe est palpable tout au long du livre.

Pour se procurer les volumes, contacter le secrétariat de la Velotte, par téléphone (03.81.82.00.00) ou par mail à <lavelotte@wanadoo.fr> (copiez l’adresse dans votre messagerie et envoyez un courriel). L’institution se charge de l’envoi postal.

 

À venir : Colloque de la SPP, « MÉMOIRES : SE SOUVENIR, OUBLIER » – 7 novembre 2020

Colloque ouvert
de la Société psychanalytique de Paris

Mémoires : se souvenir, oublier

7 Novembre 2020
9h00-18h00
CICSU (Centre International de Conférences de Sorbonne Université), Patio 44, 4 place Jussieu 55, 75005 Paris

Argument

La psychanalyse est travail de mémoire : le symptôme est réminiscence, le rêve transformation et voie de retour de ce qui fut inscrit. Le refoulement, dialectique du souvenir et de l’oubli, conserve les représentations indésirables dont le sujet se protège. Et la mémoire se réorganise autour des déchirures laissées par le traumatisme en créant des après-coups successifs. Quel que soit le cadre clinique, le travail analytique cherche à installer un mode de pensée qui puisse accueillir la remémoration et permettre le retour du passé par les voies du transfert. C’est finalement l’interprétation de celui-ci qui permet un réaménagement du passé, plus souple et moins contraignant.

Aujourd’hui, les neurosciences et la biologie croisent ces perspectives : par leurs frayages en incessante réorganisation, les réseaux de la mémoire construisent l’identité, la capacité à s’adapter au monde et à le transformer. Les gènes mêmes s’expriment en fonction des après-coups de l’expérience vécue, un dialogue peut donc s’établir entre neurosciences et psychanalyse quant aux modalités de ces inscriptions.

Parallèlement, et en partie sous l’influence de la pensée freudienne, les formes du travail de mémoire dans la culture se modifient : l’histoire moderne interroge l’interprétation du passé, la littérature explore ses infinis retours, la sociologie et l’anthropologie décrivent les dispositifs commémoratifs qui soutiennent le travail de deuil tandis que le législateur se penche sur le droit à l’oubli. Il faut oublier pour se souvenir.

Programme

9h10-9h30 IntroductionClarisse Baruch, présidente de la Société psychanalytique de Paris

9h30-11h Table ronde 1 : Transformations de la mémoire

Catherine Ducarre, Psychanalyste SPP
Claude Smadja, Psychanalyste SPP
Francis Eustache, Directeur de l’équipe U1077, Inserm, neuropsychologue

Modératrice : Emmanuelle Chervet, Psychanalyste SPP

11h-11h30 pause

11h30- 13h Table ronde 2 : Oubli et refoulement

Dominique Bourdin, Psychanalyste SPP
Jacques Angelergues, Psychanalyste, SPP
Judith Rochfeld, Professeure de droit, Université Paris I
Kalyane Fejtö, Psychanalyste SPP

Modérateur : Denys Ribas, psychanalyste SPP

13h-14h30 déjeuner

14h30-16h00 Table ronde 3 :  Traumas, traces, clivages

Florence Askenazy, Psychanalyste SPP
Francoise Coblence, Psychanalyste SPP
Alain Gibeault, Psychanalyste SPP, membre du GRETOREP (Groupe d’Etude et de Recherche sur l’Origine des Représentations Graphiques et Symboliques)

Modérateur : Paul Denis, Psychanalyste SPP

16h-16h30 Pause

16h30-18h00 Table Ronde 4 : Souvenirs et Oublis collectifs

Jacques André, Psychanalyste, APF
Jean-Noël Jeanneney, Professeur d’Université, Historien,
Santiago Amigorena, écrivain

Modérateurs : Jean-Louis Baldacci, psychanalyste SPP, Laurent Danon-Boileau, psychanalyste SPP

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