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L’enfant et les apprentissages malmenés ; quand lire, écrire, compter est un problème

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Si l’ancienne « Guidance infantile » de l’hôpital Sainte Anne, Autrefois dirigé par J. Bergès, s’est muée en « centre de référence » pour l’étude des troubles du langage de l’enfant, les orientations fondamentales de l’équipe restent inchangées comme en témoigne ce livre collectif, dont l’objet, entre autres, est de défendre une approche et une compréhension psycho-dynamique des troubles des apprentissages des enfants.

Pour Evelyne LENOBLE, c’est dans la tension entre le « savoir inconscient » et la connaissance que l’enfant aura à articuler le savoir transmis au cours de la scolarité ; distinction qui n’est pas sans lien avec celle qui engrène la question de la vérité à celle de la croyance, ou celle de l’intime de la famille à la loi du monde qui l’entoure. Apprendre suppose de l’enfant une capacité à se mouvoir entre ces différents pôles en tension. Ainsi, pour Sandrine CALMETTES-JEAN, est-ce l’infiltration du symbolique par les contenus inconscient qui vient contrarier les possibilités de manipulation des outils mathématiques par l’enfant.

L’influence de la différence sexuelle eu égard aux apprentissages est ré-éxaminé dans le livre à partir d’une vaste étude antérieure (2000). Les différences liées au sexe paraissent depuis s’être beaucoup atténuées.

A travers l’expérience d’un atelier d’écriture ayant pour support une bande dessinée, Claire JOSSO-FAURITE et Gérard LEBUGLE montrent comment le travail autour des signifiants permet de ranimer un discours intérieur qui fait surgir chez l’enfant un « double » interne auquel ce discours s’adresse. Ainsi s’instaure une distance entre l’éprouvé et le pensé et qui ouvre l’espace de la réflexion cognitive.

Mais c’est bien souvent aujourd’hui par l’ordinateur que passe la lecture ou l’écriture. Dans un texte original et inspiré, Jean BRINI souligne que ce changement de  support rend présente la matérialité brute du texte, lequel d’être découpable et manipulable en devient paradoxalement continu. Avec l’ordinateur, qui rend visible ce qui autrefois demandait un travail d’imagination, le « montrer » prend le pas sur le « démontrer » tandis que l’usage des « émoticônes », purs objets visuels censés traduire des états du corps, tentent d’évacuer la représentation de mots. Le sens, délivré comme de l’information pure, soulagé des embarras de la rencontre comme de la levée de la censure (dans les courriels), devient matière à jouissance, glissement qui rend compte du potentiel addictif de la machine. La fonction signifiante passe ainsi au second plan au profit d’une réponse pulsionnelle directe à un texte devenu pur stimulus.

La perplexité des professionnels devant l’étendue de certains troubles de l’écriture amène à se demander ce qu’il en est de leur langage oral. Comment parlent les enfants non lecteurs ? Marie KUGLER-LAMBERT et Christiane PRENERON notent que si ces enfants n’ont pas de retard instrumental du langage oral, en revanche, ils paraissent en difficulté pour l’utiliser dans le jeu relationnel ; ce qu’elles démontrent en confrontant chez ces enfants le récit narratif et la paraphrase d’un texte imposé. Les enfants non lecteurs semblent négliger les éléments d’arrière-plan et de contexte qui illustrent les relations causales, le cadre temporo-spatial ou bien les motivations des personnages. Le sens du récit risque alors de se perdre.

Si, pour les enfants issus de l’immigration, le bilinguisme peut constituer un véritable handicap, il peut aussi, ailleurs, stimuler considérablement leurs capacités cognitives. Pour Ruben MARMURSZTEJN, c’est dans sa capacité à jouer avec la métaphore, véritable opérateur du langage, que l’enfant pourra valablement assimiler la langue, et en dépasser un usage purement opératoire. C’est la métaphore qui permet de lier les significations d’une langue dans l’autre, car, par son pouvoir d’énoncer des idées abstraites par des éléments concrets, elle permet d’articuler entre eux des registres culturels différents. C’est dans les capacités différentes des familles à accepter ce jeu qui les fait interagir avec le monde culturel étranger qui les environne que va se jouer la possibilité pour l’enfant à s’enrichir de son bilinguisme.

 


Correspondance, 1906-1939

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Interne chez Bleuler, Max Eitingon eut connaissance des travaux de Freud et le sollicita en 1906 pour un cas. À partir de leur rencontre à Rome en 1907 se développa une intense correspondance dont tout le charme réside dans le mélange des échanges personnels et professionnels à propos de préoccupations quotidiennes.

Eitingon commença aussitôt à envoyer à Freud des livres qu’il jugeait utiles pour ce dernier. Une fois installé à Berlin, il se consacra entièrement à Freud et à la psychanalyse. Pendant la première Guerre mondiale, Eitingon, appelé comme médecin, appliqua non seulement la psychanalyse à l’hôpital militaire, mais trouva à Freud et à sa famille des séjours estivaux près de son lieu de garnison et les ravitailla. Après la guerre, Eitingon devint le bras droit de Freud. C’est en 1920 qu’il fonda de ses propres moyens la Policlinique ouvrant ainsi la psychanalyse à une population démunie. Dans les années 1920, Eitingon œuvra en faveur d’un développement international de la psychanalyse et montra tout son talent de médiateur, d’organisateur, et  de mécène en faisant intervenir ses nombreuses  relations. Il aida à résoudre  de façon diplomatique  des conflits entre certains analystes et sa maison d’édition. Il mit en place  un institut dispensant une formation académique rigoureuse aux futurs analystes. Il incita Freud à publier ses œuvres, quand ce dernier hésitait, collabora avec Anna et la soutint. Même pendant ses longs voyages, Eitingon ne cessa de rester en contact avec Freud et de s’occuper de la psychanalyse. Sur le plan privé, Eitingon soutint les fils de Freud à la recherche d’un emploi et vint, pendant des longues années à Vienne souhaiter l’anniversaire à Freud de vive voix avec le dévouement d’un fils. L’infatigable Eitingon essaya également d’aider Freud à surmonter les problèmes que celui-ci rencontra suite aux nombreuses interventions chirurgicales après la déclaration en 1923 de son cancer en le poussant à consulter d’autres spécialistes mais aussi en lui fournissant des cigares adéquats et non disponibles en Autriche qu’il lui fit passer en contournant la douane. Pendant l’inflation, il lui fit placer son argent dans des devises plus sures et à l’étranger. La crise de 1929 atteignit aussi Eitingon et l’entreprise de sa famille, base de ses importants moyens financiers, et aboutit à la fermeture de la Policlinique bien qu’il put sauver la maison édition grâce à une collecte de fonds. Les événements de 1933 incitent Eitingon à émigrer à Jérusalem où il fonda aussitôt la Société Palestinienne de Psychanalyse et l’institut de formation. Sa dernière action directe auprès de Freud fut d’encourager la publication de « Moses » malgré la situation politique.


Freud et l’humour juif

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M. Steiner constate que Freud n’a jamais défini le « juif » d’une histoire juive. Il a comme objectif d’examiner cette question. Dans cette optique, il fait un va-et-vient permanent entre l’ouvrage sur le mot d’esprit et celui sur l’humour. Ces deux textes sont plus que complémentaires car Freud introduit entre-temps l’instance du surmoi, indispensable à la compréhension de l’humour mais aussi, comme Steiner le démontre, à ce qui est le « juif ». Le surmoi, aussi bien individuel que collectif, est au centre de la caractérisation du « juif » de l’humour. Mais le surmoi seul ne suffit pas . Il nécessite la mise en référence avec un autre surmoi afin que se constitue un écart surmoïque, dans notre cas juif/chrétien ou juif orthodoxe/ juif athée. Cependant, il ne faut pas un écart trop important. Pour définir une histoire juive, il faut au moins deux surmois ; elle est juive par rapport à une référence culturelle non-juive. Les histoires juives visent le surmoi. Pour mieux comprendre le « juif » de l’humour, l’auteur décrit les particularités de la culture juive et les ramène au déterminisme surmoïque. L’humour s’insère donc dans un contexte.

Le qualificatif juif est un ressenti au plus près de la subjectivité et donc de l’instance surmoïque. Le dénominateur commun des histoires juives est la déraison, le subversif et le désordre.

Les histoires juives et la psychanalyse ont en commun la logique déréférencée de l’inconscient et du signifiant. L’esprit juif joue avec la raison et la subvertit.

« Juif » est donc le signifiant de l’altérité et du désordre.

Dans la post-face, F. Biégelmann donne un aperçu sur Heine, juif lui-même, dont les histoires juives, et plus particulièrement les histoires ashkénazes, ont inspiré le Mot d’esprit de Freud.


Libres Cahiers pour la psychanalyse, Grandeur et solitude du moi, n° 24, Automne 2011

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Ce numéro des libres cahiers s’appuie sur le texte de Freud de 1921 : « Psychologie des foules et analyse du moi ». Sans surprise l’identification en est un des principaux fils conducteurs.

La figure du père préhistorique, support selon Freud des identifications premières et source de l’idéal du moi, élève l’héritage et la transmission au rang de processus, nous dit Henry NORMAND, à condition qu’elle puisse transiter par une psyché maternelle maintenue en tension entre sa sexualité infantile et ses idéaux surmoïques.

C’est le sentiment de la culpabilité qui se perpétue (c’est le cas de le dire puisqu’elle s’appuie sur le fantasme du meurtre du père). Néanmoins, distinguant ici la foule de la masse, Françoise COBLENCE s’interroge sur l’angoisse de dépersonnalisation et de désindividuation qui saisit le sujet au sein de la foule. La foule, irrationnelle et imprévisible, se fait meute lorsqu’elle est orientée tandis que sa désagrégation est la panique. L’homogénéité de la masse lui confère une densité dont la foule est dépourvue, elle s’organise à travers l’identification. Si la masse est libidinalement structurée en direction du meneur, à l’inverse, le désir de fusion perceptible dans la foule et les transformations qu’elle fait subir à l’individu laissent entrevoir la force d’attraction d’une puissance maternelle archaïque que l’insistance de Freud sur la foule avec meneur lui paraît occulter.

A partir du roman de J.M. Coetze : Disgrâce, Françoise NEAU évoque un type particulier de masse dite « maniaque » qui n’est pas sans évoquer les anciennes liturgies bachiques, tandis que Bruno CHENIQUE suit l’évolution de la masse chez Géricault. A l’épouvante de la foule éventrée par des chevaux en furie lors d’une fête romaine, répond le déchaînement de la tarentelle, cette danse de la transe collective du sud de l’Italie. Précoce opposant à Bonaparte, Géricault prépare, à la restauration, un curieux tableau commémoratif où la foule est tournée vers un Louis XVIII en anti-héros, obèse et infirme. En 1919 le roi, masqué derrière la figure d’un garde suisse humilié, ne peut plus faire face aux revendications de la horde des fils, tandis que dans Le radeau de la méduse le père et son fils mort forment une « Pietà inversée ». Ce sont les fils qui sont tués par leurs pères dans un renversement typique du romantisme où s’exprime, après l’ogre corse et le vieux roi impotent, l’espoir d’une renaissance « à partir du sacrifice sanglant de sa génération ».

Pour Beatrice CARNEIRO DOS SANTOS l’identification au meneur de la masse prend valeur défensive par opposition à l’identification par l’objet de l’économie narcissique. La polyphonie des voix qui habite le sentiment d’identité se recentre sur la seule identification primaire pensée par Freud comme liée au père de la préhistoire. Geraud MANHES précise que si la construction de l’identité est corrélative de la participation aux idéaux du groupe, à l’inverse, l’unification au collectif contredit tout processus d’identité. C’est le principe même d’identité, nous rappelle Laurence KAHN, qui vole en éclats lorsque la masse s’organise en totalitarisme, y compris le plus radical, tel qu’expérimenté par la Shoah. Une autre radicalité se dessine aujourd’hui à travers les ambigüités juridiques de la notion de dignité humaine dont Jean Michel HIRT souligne qu’en affirmant le principe d’une autonomie personnelle qui fait entrer le désir dans le droit elle légitime tous les fantasmes de procréation mécanisée et la marchandisation des corps qui en est le corollaire.

De ces tensions entre l’individu et la masse, Michel VILLAND propose une illustration clinique à partir de son expérience de chef de service sur une unité de soins. Curieusement c’est le rêve, espace individuel pour un penser partagé, qui peut ouvrir certaines situations d’impasse.

Il reste une difficulté théorique à définir l’identification dans son rapport à l’Idéal du moi. Si la libido oscille entre investissement objectal et narcissique, entre choix d’objet et identification, Freud précise que l’identification peut avoir lieu en présence de l’objet et pas seulement en son absence, selon la nature de l’identification. Aussi, pour Olivier BONNARD, y aurait-il deux modèles pour l’identification selon qu’elle vise à mettre l’Objet à la place du Moi ou bien de l’Idéal du moi. Et ce deuxième modèle peut correspondre autant au processus introjectif de l’Objet en place d’Idéal (dans la mélancolie) que de l’identification à l’idéal propre à la masse.

La dialectique de ces deux modalités identificatoires, l’une dirigée vers l’Idéal et référencée au groupe, l’autre au Moi de l’Objet, soutiennent une morphogénèse psychique. Olivier BONNARD propose en effet d’étendre l’autoconservation à l’idée de forme, dans laquelle peuvent se rassembler rythme vue odeur etc., autant de caractéristiques de l’objet primaire capables de s’organiser en « trait » identificatoire. L’objet est là pour donner forme au moi sous l’effet des identifications premières ; forme psychique donnée par le psychisme des parents.

La dialectique entre l’objet et le groupe soutient donc une forme en remodellement ; dans laquelle le Moi trouve à s’organiser et se représenter lui-même (reflexivité). L’auteur s’y appuie pour penser les effets de groupe. Le groupe psychanalytique dit-il se figure sous la forme d’un espace central vide qui assure la fonction d’une « figure hypnotique centrale » et partagée, et qui « suggère à chacun les formes qu’il y projette ». Aussi, la valence hypnotique du transfert lui semble-t-elle accentuée en groupe.


Qu’est-ce que l’alexithymie ?

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Néologisme créé en 1972 par Nemiah et Sifnéos :

-a : privatif

lexis : action de parler

thymos : l’âme et le cœur en tant que siège de l’intelligence prise dans le sens d’émotion

Ce concept d’alexithymie désigne l’absence de mots pour les émotions.

Il s’accompagne d’une limitation de la vie imaginaire, d’une pensée à contenu pragmatique, d’un recours à l’action pour éviter les conflits ou exprimer les émotions. On le rencontre essentiellement chez les sujets présentant une affection psychosomatique et c’est à partir de l’observation de ces sujets qu’il a été créé.

Proche de la «   pensée opératoire » de Marty et de M’Uzan, Sifnéos distingue l’alexithymie primaire, peut-être d’origine neurologique, et l’alexithymie secondaire, d’origine psychogène. Cette dernière ferait suite à une expérience traumatique dévastatrice subite à l’âge préverbal qui rendrait l’enfant incapable d’exprimer ses émotions par les voies du langage.

D’autre part, Sifnéos, remarque que ce trouble se rencontre aussi chez les patients souffrant de stress post traumatique et ceux qui sont dépendants de la drogue, l’alcool, ainsi que chez les anorexiques et boulimiques.

M.Corcos et G.Pierlot notent que ce concept est actuellement appréhendé par de multiples notions : neurobiologiques, phénoménologiques, cognitives et comportementales, psychanalytiques et philosophiques. Cette dimension constitue historiquement une transcription dans une optique neuro physiologique du concept de pensée opératoire.

Actuellement la conception de la genèse de l’alexithymie repose sur les effets de la « mère morte » (A. Green) : une blessure narcissique de la mère entraine la fin de la période heureuse entre elle et le nourrisson ; à ce moment la perte d’amour équivaut à la perte de sens. Ce désinvestissement de la mère déprimée a pour conséquence la constitution d’un trou dans la relation d’objet.

L’identification positive à la mère morte se transforme en identification négative au trou laissé par le désinvestissement et non à l’objet. L’enfant ne peut se créer une « structure encadrante » pour former le fond ou s’inscriront ses représentations et le jeu de son autoérotisme. Pour pallier au manque de ces contenants l’alexithymie supplée à la « porosité » de l’hallucination négative.

D’autre part, devant une mère émotionnellement inerte, la priorité de l’enfant sera de la ranimer, faisant passer au second plan ses propres besoins que la mère aurait dû l’aider à gérer. Faute d’attention de la mère, l’enfant sera envahi de façon anarchique par ses pulsions qui lui sembleront étrangères et inquiétantes. Ses affects ne donnent pas lieu à une mise en sens et l’émotion est éjectée car trop menaçante. Il en résulte une anesthésie du corps synonyme de destructivité souvent sous forme de troubles psychosomatiques.

Du point de vue topique on décrit un moi-peau défaillant qui fonde la défaillance de la pensée affective de l’alexithymique. Sa pensée est soumise à un «  présent absolu », présent sans mémoire et sans lendemain.

Le risque évolutif est celui d’un passage de l’insensibilisation à l’anesthésie affective puis au clivage du moi.

Le thérapeute doit, dans un premier temps, accueillir, contenir et ressentir la souffrance du patient ; connaitre plutôt que comprendre. L’élaboration de cette souffrance, sa restitution au patient, peuvent, dans les cas heureux, lui permettre de ré-enchanter le monde.

En particulier il est fondamental de pouvoir rencontrer le patient dans sa haine et d’y répondre par une «  empathie négative », c’est-à-dire accepter sa négativité .Parfois le sujet peut alors rencontrer l’analyste et un espace transitionnel peut se créer.


Vies amoureuses

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Les textes de cette revue s’inspirent  des trois articles de Freud, regroupés sous le titre « Contributions à la psychologie de la vie amoureuse » dans « La vie sexuelle »: (1910) « D’un type particulier du choix d’objet chez l’homme », (1912) « Du rabaissement généralisé de la vie amoureuse », (1918) « Le tabou de la virginité ».

Ce numéro a été réalisé avec la collaboration d’une psychanalyste, Noëlle Franck et d’un professeur de littérature, Vincent Vives, et on pourrait ainsi trouver comme fil rouge pour la lecture des 15 articles qui le composent, un dialogue étroit entre psychanalystes et écrivains  pour ce thème de la vie amoureuse et surtout de la rencontre amoureuse.

 D’ailleurs, Freud, débute son article de 1910, en annonçant qu’il va aborder « les conditions déterminant l’amour » qui étaient  jusqu’à présent la source d’inspiration centrale des poètes et des écrivains, dont « la fine sensibilité leur fait percevoir les mouvements cachés de l’âme d’autrui ». Freud  annonce quant à lui, qu’il va aborder ce sujet dans une démarche scientifique de connaissance, ayant de ce fait « la main plus lourde et un plaisir esthétique moindre que les poètes ». Pour Edmundo Gomez Mango, Freud veut ainsi mettre une distance rhétorique entre le psychanalyste et le poète avec, du côté du Dichter, le plaisir le beau, du côté du scientifique, l’ascèse, l’objectivité.

Justement ce numéro des Libres Cahiers, semble dialectiser cette tension que pose Freud   en intégrant les deux démarches dans une certaine légèreté et un vrai plaisir esthétique.

Des psychanalystes viennent nous faire partager leur amour et connaissance de certaines œuvres  où se révèle de manière juste et clairvoyante la connaissance intuitive que les auteurs ont de  l’âme humaine, certainement comme le dit Freud par leur capacité de laisser parler leur propre inconscient. Ainsi Danielle Goldstein s’écrie à propos de l’écrivain russe, auteur  de « Un roman avec cocaïne », « Et je me pose la question : après tout, peut-être Aguéev avait-il lu Freud ? », tellement son personnage principal, Vadim, illustre ou incarne le destin tragique d’un homme dans une fixation incestueuse intense à la mère. Elle déclare une dette de la psychanalyse à l’égard de la littérature, dans son rôle d’éclaireur de la vie psychique.

 Paul Denis, dans son très beau texte : « Phobie de la passion  et sexualité narcissique », nous plonge  dans l’autoanalyse  que Paul Valéry  réalise dans ses cahiers. Paul Denis souligne le processus en œuvre dans  un mouvement qui débute par l’établissement de « l’idole de l’intellect », moment inaugural défensif que Valéry nomme  «  le coup d’état »  élevé comme un rempart narcissique contre une fixation passionnelle délirante avec une femme  mariée qu’il suit et n’abordera jamais mais le conduit à un état proche de la dépersonnalisation.

Une phobie de la passion fait rage dans les extraits cités par Paul Denis connexes à une phobie du monde interne tout aussi radicale  qui limite la vie amoureuse de Paul Valéry à une sexualité narcissique avec des partenaires peu investies. C’est, arrivé à la maturité, et au moment de la rédaction de « La Jeune Parque » que la possibilité d’un mouvement amoureux se fait jour avec le resurgissement d’une pensée affective. Paul Denis articule  ainsi de manière étroite, l’exigence forte des contraintes de la versification, « le divan d’alexandrins »  avec le travail psychique dans le processus analytique. L’exemplarité de l’expérience amoureuse de Paul Valéry servie par la qualité d’une écriture  où l’authenticité est portée à l’incandescence, nous parle de ce risque d’aimer. Il s’agit pour Paul Denis d’un évitement

d’une identification à l’autre sexe et l’impossibilité d’accéder à l’altérité pour une vraie rencontre amoureuse.

Le maitre de Paul Valéry était Mallarmé. Jean-Christophe Cavallin, professeur de

littérature ouvre la revue en réalisant  un rapprochement inédit entre l’écriture de Mallarmé et

ses conceptions du langage et de la poésie avec le tabou de la virginité décrit par Freud.

En effet Mallarmé distingue deux états de la langue, comme les deux faces d’une pièce de

monnaie. La langue d’usage, la face qui porte un chiffre, la «  brutale valeur d’échange », la

prostituée et la face oisive, la figure sereine c’est la vierge farouche qui s’isole. Or, l’acte

poétique consiste selon Mallarmé à refaire une virginité au langage. En le privant de son sens

commun le mot redevient « la vierge absence éparse en sa solitude » du poème le  Nénuphar

Blanc et le lecteur se retrouve comme saisi par l’angoisse paralysante de la première fois. Mallarmé va jusqu’à la démarche extrême dans sa recherche de l’œuvre pure de faire

disparaitre le locuteur, le poète, laissant l’initiative aux mots et plaçant  le lecteur seul devant

un texte hermétique, non frayé par l’auteur. Jean Christophe Cavellin nous propose une lecture du magnifique poème : « Le cygne » selon cet axe de compréhension, où les paroles du poète cygne sont gelées dans le silence, car il refuse de se situer dans le champ symbolique du langage qui veut dire quelque chose, l’ordre du Père, et fait retour vers la « virginité

protosymbolique des signes ».

Beaucoup d’auteurs dans ce  numéro des cahiers, à l’instar de Freud,  développent la

question du choix d’objet dans la vie amoureuse,  illusion d’une découverte et fatale

répétition d’une série infinie s’originant dans le lien primaire à l’objet, où « chaque substitut

fait regretter l’absence de satisfaction vers laquelle on tend » (Freud in : « Un type particulier

de choix d’objet chez l’homme ») L’issue pour Freud consiste à surmonter le respect pour la

femme et s’être familiarisé avec la représentation de l’inceste pour être libre et heureux dans

sa vie amoureuse.

Mais au-delà, le point de butée sur lequel achoppe la rencontre amoureuse ne serait-il

pas  l’inconnaissable sensoriel de l’autre ? Ignacio Pelegri réalise un prolongement novateur

au texte freudien en proposant d’envisager la différence des sexes pas uniquement sous l’angle visuel mais sous l’angle des sensations. Cette différence de nature place alors chacun, homme et femme, dans une égalité d’ignorance du vécu de l’autre, gageure de l’investissement  amoureux. On pourrait presque dire du travail amoureux.


Partir, revenir

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Partir, revenir… en lisant ces mots, viennent irrémédiablement à l’esprit averti le va-et-vient de la bobine et le petit Ernst qui en observe le mouvement. Au-delà du principe de plaisir, texte ardu et passionnant, est soumis au travail d’exégèse dans ce 26° libre cahier pour la psychanalyse. Du récit à l’article plus académique, en passant par le fragment ou le journal de bord, douze auteurs nourrissent la réflexion en quête de compréhension.

Ainsi, pour Michel De M’Uzan, qui est à l’origine du choix de ce texte de 1920, au-delà,  c’est un ailleurs. Effectivement, « au-delà de l’inconscient et du ça, d’un côté, et du conscient et du moi de l’autre », il existe un « inconscient de l’espace » qui constitue un autre de soi-même. Cet au-delà, cette pure étendue gémellaire agit tel un sujet transitionnel, pas encore comme un objet transitionnel.

Au croisement des « deux métaphores mythiques que sont celle de l’origine biologique et celle de l’origine du social », dont Freud fait usage dans Au-delà, René Roussillon démontre comment le père de la psychanalyse a été amené à y introduire la question de l’objet dans la psychologie individuelle, « l’objet des « foules à deux » des états amoureux premiers (…), celui qui résulte de la scission (…) de l’unité duelle ».

La psychanalyse, le psychanalyste et le patient doivent tour à tour être plus fort(s) que le diable, nous exhorte Gilbert Diatkine, en choisissant de ne pas passer à l’acte sous la pression de la compulsion de répétition et en favorisant l’élaboration dans la cure.

A son tour, Jean-Louis Baldacci interroge le rôle, la fonction et les vertus du processus théorisant. Il y  souligne comment l’écoute de l’émergence de l’idée incidente dans le discours du patient initiera par la suite une monnaie névrotique permettant d’atteindre le refoulé, tout en assurant un fonctionnement selon le principe de plaisir.

Dans un article de 1960, Adrian Stokes revient sur le lien entre menace de perte et agressivité où la sensation de perte porte en elle le goût de mort. Il y établit que pulsion de vie et pulsion de mort sont indissociables, au titre que « la psychologie semble porter en elle une base de conflit ».

Petite Madeleine au goût amer, la lecture de ce cahier vaut aussi pour L’enfant de Goya, de Patrick Autréaux, qui dans un court récit nous offre son histoire qui le lie à son grand-père à la vue de ce tableau menaçant connu sous le nom de Manuel Osorio Manrique de Zuniga, tableau commandé par un père ayant perdu son enfant…

Cette galerie de textes érudits concourt indéniablement à éclairer ce chef d’œuvre de la littérature freudienne. La lecture peut se faire comme celle d’une série d’haïkus. Oui, une certaine poésie se dégage au final de cet opus. A moins que ce ne soit une certaine mélancolie… la mélancolie qui, comme l’interroge Jean-Yves Tamet, relèverait du travail de deuil que représente Au-delà dans l’œuvre de Sigmund Freud après la mort de sa fille Sophie, survenue en février 1920.


Etre père aujourd’hui ; un modèle à réinventer

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Ce collectif sous la direction de Simone KORFF-SAUSSE et François SACCO reprend les interventions d’une rencontre de la SEPEA consacrée aux remaniements de la fonction paternelle dans la société actuelle. La présence très précoce des pères auprès de  leurs enfants les expose à devoir affronter leurs identifications primaires au féminin ce qui constitue un enjeu majeur d’une parentalité à construire. « Comment les garçons deviennent-ils pères ? » s’interroge Simone KORFF-SAUSSE. Le bébé source de joie peut devenir une figure inquiétante qui nous rend visible un inconnu que nous lui avons cependant transmis et le rapprochement corporel avec l’enfant peut raviver chez les pères des angoisses persécutrices puissantes qui requièrent un appui identificatoire sur leur propre père ; lequel reste souvent conflictuel.

Dès la naissance, les nourrissons distinguent leurs deux parents par deux mécanismes spécialisés que sont la détection des intentions et de la direction du regard. La perception des différences si elle contient la potentialité d’une triangulation à venir n’exclut pas pour autant la constitution d’une imago intra psychique prédominante. Freud appuie l’identification primaire sur le « père de la préhistoire personnelle » antérieurement à tout lien d’objet, et Christian GERARD en déduit une identification première au père, là où l’identification à la mère s’établirait conjointement au lien érotique et ne serait pas séparable du lien primaire à l’objet.

La compulsion de répétition qui tend à restaurer l’identification primaire, trouverait préférentiellement à se rejouer dans la cure, où les failles dans la symbolisation, la difficulté à élaborer le fantasme, devront se soutenir du côté du perceptif. Au point que pour Teresa FLORES la compulsion à échouer traduise la persistance d’aspects particuliers de la relation primaire au père qui l’empêchent de fonctionner pour l’enfant comme tiers et support identificatoire. Ainsi la cure de patients ayant été adoptés dans l’enfance laisse-t-elle des zones indécidables dans la construction de leur roman familial. Et Sesto Marcello PASSONE en déplie les différents aspects par l’intermédiaire de la figure imaginaire complexe du Saint Joseph des évangiles.

La fonction paternelle selon Nicole CARELS  « s’imprègne du corps et parle une langue de chair et de sensations », ce que Rémi PUYUELLO démontre dans un cas de cure familiale où il se trouve devoir endosser la place transférentielle d’un grand père paternel. C’est la question de la mise en récit qui exige alors ce passage par un personnage plus dégagé des enjeux œdipiens et tourné vers la transmission.

Par les pathologies liées au corps, l’adolescent s’affirme comme possédant un corps différent de celui de la mère. Et pour Anna Maria Nicolò, elles viennent palier à une fonction paternelle défaillante dans sa capacité de triangulation de la relation précoce mère-enfant.

Mais que devient la fonction paternelle lorsque la parentalité s’affranchit de la parenté comme c’est souvent le cas dans les familles actuelles ? François SACCO parle d’un enfant en « multipropriété », pour qui toute inscription généalogique devient problématique. Du coup, l’historicité laisse la place à un surinvestissement du perceptif et de l’actuel. Un cas clinique de psychodrame vient montrer comment les fantasmes originaires restés longtemps privés de toute fonction structurante, pourront être mis en scène et réactualisés, assurant une possible perlaboration. Les identifications secondaires peuvent alors redonner une place à une fonction paternelle reconstituée.


L’empathie psychanalytique

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L’ouvrage de Stéfano Bolognini, psychiatre et psychanalyste italien à Bologne, membre de la société psychanalytique italienne dont il a été le secrétaire général, s’ouvre sur une belle préface de François Sacco.

F. Sacco, dans un bref rappel historique utile, contextualise la pensée de Bolognini, par ses attaches culturelles avec Bion, qui s’est rendu en Italie, mais aussi A. Green, entre autre. La psychanalyse italienne a particulièrement développé la théorie de la relation d’objet,  du champ de l’intersubjectif et du groupal sans abandonner la théorie de la pulsion. La clinique de l’affect prend une place toute particulière dans les recherches de S. Bolognini. Dans cet ouvrage il présente le concept d’empathie à la fois du point de vue historique et théorique, dans un travail d’articulation avec la métapsychologie  et donc la théorie psychanalytique.

Le travail de Bolognini s’inscrit dans le champ élargi de l’intersubjectivité, qui prend en compte les implications subjectives de l’analyste dans le cadre de la séance, dans une communication plus sensitive que verbale, « une psychanalyse attelée au sens plus qu’au verbe, à la vérité retrouvée ensemble » (F. Sacco).

Le concept forcément suscite en France la crainte d’une dérive de la psychanalyse vers l’intersubjectivité. B. Brusset est cité qui rappelle que le champ de la psychanalyse est d’abord l’intrasubjectivité dans ses effets sur l’intersubjectivité, son objet étant les déterminismes psychiques inconscients.

Conscient de ce risque Bolognini fait de l’empathie un sentiment naturel, éphémère, qui permettrait l’engagement d’une psychanalyse. F.Sacco  « salue le témoignage d’un psychanalyste au travail », une des qualités essentielles du livre résidant dans la présentation des exemples cliniques

Au début de l’ouvrage,  la naissance du  concept d’empathie est resituée dans le mouvement  romantique du XIX ème siècle. Le mot a été créé par le poète allemand Novalis. L’empathie romantique adoptait un style psychique privilégiant le sentir par rapport au réfléchir, dans un sentiment d’unisson avec la nature et « de projection de soi » source du mouvement créateur.

La psychanalyse en reprenant le concept, a introduit la condition préalable et fondamentale de la séparation consciente qui le différencie de la fusion et  de l’identification projective. Bolognini fait référence au travail de Christine Olden (1958) qui met en évidence la nécessité d’une séparation pour qu’il y ait reconnaissance empathique.

Dans la première partie du texte il cherche à montrer la mise au point progressive du concept par les psychanalystes, à commencer bien sûr par Freud qui l’utilise dans « Psychologie des masses et analyse du Moi » (1921) où une citation fondamentale est rapportée : « l’empathie permettrait aux analystes de comprendre la partie des personnes qui leur est inconnue à elles-mêmes ». Mais  néanmoins on connait la méfiance de Freud à l’égard des réactions émotives des analystes, méfiance  à l’origine  de ses critiques envers l’implication de Ferenczi dans ses cures, et crainte que sa notion de tact ne permette de justifier l’excès de subjectivité et les dérives arbitraires. Pour Freud dans une lettre à Jung en 1911 « l’analyste doit rester inaccessible et se borner à recevoir  ».Bolognini comprend cette réserve comme une prudence dans un moment de naissance d’une nouvelle science théorique et technique.

 Mais il va ensuite citer les recherches des pionniers qui vont à sa suite donner une place à ce concept, comme étant un concept précieux puisqu’il décrit finalement un phénomène qui a toujours tendance à se produire et qui entre dans les tableaux classiques du contre-transfert.

Le concept est peu abordé dans les écrits psychanalytiques jusqu’à la fin des années 50 avec les écrits de Olden (1958), Roy Schafer (1959), Kohut (1959) et Greenson (1960).

 A leur suite, il y a une redécouverte de l’empathie chez les analystes, principalement anglo-saxons, chez Rosenfeld, les kleiniens et les post kleiniens. Il y a pour ces auteurs le souci que l’interprétation, pour qu’elle devienne efficace, prenne une valeur émotionnelle pour le patient.

Par ces différentes références Bolognini explore par cette  notion d’empathie un mode de compréhension du fonctionnement psychique de l’analyste en séance, dans une oscillation entre des moments d’introjection et de projection. Il s’agit d’instaurer pour l’analyste un contact interne par des introjections partielles et progressives  du monde du patient avec ses fantasmes et angoisses infantiles. Mais dans un second temps l’acte de connaissance  ne peut aboutir que dans une projection qui en permet l’interprétation. Dans cet acte de projection, le patient représente une partie  immature ou malade de l’analyste lui-même. Il est essentiel que l’analyste dispose d’élasticité et de promptitude dans ses oscillations.

Au fil de l’ouvrage, Bolognini  envisage ce sentiment d’empathie dans ses rapports avec l’inconscient, topiques et structuraux afin de lui donner une reconnaissance métapsychologique. Il la resitue dans le registre conscient préconscient ce  qui la distingue de l’identification qui, elle, est inconsciente. Il écarte ainsi la confusion avec ce qui aurait plus à voir avec l’illusion omnipotente et « l’enchantement de la fusion ». Il distingue l’empathie de l’empathisme et  de la sympathie en réintégrant les affects négatifs.

Pour Bolognini l’empathie est un contact avec la complémentarité objectale de l’autre tout autant qu’avec sa propre subjectivité « le soi » objet de l’expérience subjective, source de créativité chez l’analyste. Il utilise la notion de Robert Fliess (1942) de Moi de travail , qui permet à l’analyste, avec un allègement des pressions surmoïques, de s’ouvrir à un champ de vécus, de fantasmes, de sentiments, plus larges qu’à l’ordinaire et habituellement réprimés.

L’auteur va décrire des situations cliniques qui sont autant de modalités de contact psychanalytique correspondant à différents positionnements de l’analyste. Il repère que lorsque le psychanalyste travaille à un bon niveau de contact interne, les représentations de choses peuvent prendre le pas sur les représentations de mots.

Les limites ou réticences au concept d’empathie résident finalement pour Bolognini en une question de terminologie. Il s’agit pour lui d’une notion plus complexe qu’une concordance avec ce qui est syntonique pour le patient, elle est au cœur des questionnements de la psychanalyse actuelle. Il considère l’empathie comme un évènement intra et interpersonnel non programmable car ce qu’il veut transmettre d’essentiel c’est que « l’analyste ne peut ni éliminer les affects ni prétendre en décider ; ni leur attribuer le statut idéalisant d’élément toujours clarificateur et thérapeutique, ni le statut redoutable d’éléments toujours antiscientifique qui nous plonge dans la confusion. » Dans les derniers chapitres il distingue d’une manière subtile la notion d’empathie, de celle de contre transfert, de l’empathisme, de la fusion etc…

Dans une longue préface et en guise d’avertissement  Bolognini s’était positionné contre la pensée dogmatique et monoréférencée de l’analyse car dit-il, une nutrition monoalimentaire des élèves en formation s’avère aujourd’hui de plus en plus rare et improbable. Dans ce qu’il qualifie de luxuriance théorico-clinique, la gageure pour les analystes actuels est d’effectuer une bonne intégration de modèles différents en évitant la trahison et la perte d’identité dans un éclectisme superficiel.

Cet ouvrage nous propose un concept  qui  puisse  « s’ajouter à notre laboratoire privé » du fonctionnement de l’analyste en séance .Il  représente  une avancée personnelle cohérente que l’auteur souhaite voir intégrer dans la collégialité du monde psychanalytique.

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