Les Échanges Cliniques du Samedi ont pour but de faire connaître les travaux des mémoires, leur donner une visibilité, les faire discuter par des membres adhérents. Sans en reprendre strictement la modalité, la présentation du 30 mai s’inspirera de cet intérêt pour le mémoire dans une perspective cette fois historique.
L’écriture d’un mémoire s’inscrit dans un parcours personnel d’évolution du statut de membre dans la SPP, hier d’adhérent, aujourd’hui de titulaire, et de reconnaissance comme « full member » par l’IPA. Dans la perspective du centenaire, il s’agit d’interroger dans quelle mesure le mémoire peut également, et a posteriori, signaler l’infléchissement au fil du temps des attendus implicites ou formalisés de l’institution à l’égard de sa forme et de son contenu.
Les premiers mémoires apparaissent dans le contexte tourmenté des années cinquante. Jusqu’en 2024 on en compte plus de 350. Nous avons choisi de vous en présenter trois, de collègues dont la pensée et les écrits ont marqué notre vie scientifique, à trois périodes différentes du passé : les années soixante, soixante-dix / quatre-vingt, et quatre-vingt-dix. Il s’agira de « Analyse d’un homme de bonne volonté ou la tunique de Nessus » de Michel Neyraut (1966), « Une névrose vampirique au XXème siècle » de Paulette Wilgowicz (1978), et de « Madame O. ou la révélation. Pour une approche de l’homosexualité primaire » de Liliane Abensour (1994).
Nous extrairons, à partir d’une présentation clinique succincte, quelques aspects significatifs de la manière dont l’analyste rend compte de son travail avec son patient. Nous débattrons avec vous de la mise en perspective d’avec les mémoires d’aujourd’hui, en quoi celle-ci révèle une transformation de nos pratiques et de nos conceptions de la cure, ou manifeste leur permanence. Nous réfléchirons aux influences qu'auront pu avoir sur ces questions les mouvements dans la vie politique de notre société de psychanalyse.