Organisé par Bernard Chervet
et le comité du centenaire
Auditorium de l'ENSAM
École Nationale Supérieure des Arts et Métiers
155 boulevard de l'Hôpital
75013 Paris
et en visioconférence Zoom
ARGUMENT
Depuis sa fondation en 1926 sous l’égide de Sigmund Freud et de Marie Bonaparte, la Société Psychanalytique de Paris soutient le développement de la psychanalyse. Ce but l’oblige régulièrement à évoluer.
Inspirée, lors de ses prémisses, par les travaux de Charcot sur l’hystérie, la psychanalyses’est présentée d’office comme une nouvelle science du psychisme et une méthode thérapeutique pour certains troubles de la vie psychique.
Progressivement elle est devenue une discipline articulant un corpus théorique apte à
rendre compte du fonctionnement mental, une méthode permettant d’approcher la significativité des trébuchements de ce dernier et d’améliorer de nombreuses constellations psychiques, et une nouvelle modalité de penser les phénomènes humains, individuels, collectifs et de masse.
La façon de penser le monde, le rêve, le jeu, la sexualité, la surdétermination par le passé et le devenir, les relations humaines, la créativité, la morale, a été définitivement modifiée, d’où sa présence dans tous les champs de la culture. Elle s’est aussi impliquée dans une perspective à plus large échelle : l’amélioration de la santé mentale des êtres humains.
Comme toute nouvelle discipline, la psychanalyse a fait l’objet de nombreuses critiques qui lui ont permis de consolider son approche. Dès qu’elle s’est déployée dans le grand public, elle a été prise pour cible et violemment attaquée. Les passions qu’elle déclenche sont inhérentes au fait qu’elle interpelle les éprouvés de manque des êtres humains et exige d’eux un travail mental basé sur le renoncement. Éclosent alors les refus, rejets, opprobres, bannissements. Bien sûr les découvertes portant sur la sexualité infantile, sur le fait de ne pas être maître en sa demeure, d’être occupé par d’obscures tendances qui tendent à réduire la vie tant psychique que somatique, contraignent chacun à des remaniements. Le fait que la régénération libidinale des pulsions soit incertaine et dépende d’un travail psychique en deux temps à l’origine des rythmicités ordinaires - la nuit/le jour, le rêve/le sommeil, l’individu/le groupe, l’érotique/le travail, le jeu/les apprentissages, la naissance/la mort – s’oppose aux souhaits les plus élémentaires, d’où des éprouvés de déplaisirs.
Ce qui est à l’origine des tentatives de faire disparaître la psychanalyse et avec elle la vie psychique, c’est le travail mental qu’elle exige, de rêve, de jeu, de deuil, de
renoncement, condition pour pouvoir accéder à la singularité de l’autre, et pouvoir apprécier l’imprévisible avènement du désir et de ses destins.
Ce savoir intuitif incite de nombreux patients à faire appel à la psychanalyse avec l’espoir de résoudre les achoppements qui les font souffrir, et de recouvrer leur capacité de rêver, de travailler, d’aimer, de désirer.
Ce centenaire est l’occasion pour la SPP de revisiter son évolution comme une série d’après-coups, un cheminement parfois chaotique, non linéaire, au contact des évènements et contextes de la civilisation, et de la précieuse et déroutante viepsychique pouvant générer tout aussi bien le sublime que l’horreur.
Cette évolution sera appréhendée au sein de tables rondes centrées sur la psychanalyse, sur sa méthode, sur les institutions qu’elle a générées et promues afin de s’adapter à de nouvelles cliniques, et sur l’importante théorisation de la métapsychologie grâce à laquelle le champ de l’écoute n’a de cesse de s’élargir. Depuis sa fondation, la SPP se consacre à la diffusion de la psychanalyse, à la publication des recherches de ses membres, à la formation des analystes, à la qualité éthique du travail de ses membres, et à son implication dans la cité en tant qu’association reconnue d’utilité publique.
Pour approcher la présence actuelle de la psychanalyse au sein de la culture, dans l’histoire, la littérature, l’art, les sciences, le langage, les discours populaires, des spécialistes d’autres disciplines ont été invités : historien, académicien, conservateur des Archives Nationales, chercheur sur l’intelligence artificielle, médecin confronté au remodelage des corps, écrivain, traducteur, comédiens lecteurs de Freud, artiste apte à nous faire partager l’énigme de l’inspiration à la base de toutes les créations qui jalonnent l’histoire de l’Humanité.
Ce colloque sera aussi l’occasion d’un vernissage, celui de l’exposition La SPP au fil du temps.
PROGRAMME
Filigrane : Bernard Chervet
Coordinateur du Centenaire
Samedi 21 novembre 2026 : 9h00 – 13h00 / 14h30 – 18h00
8h45 : Accueil des participants
9h00-9h15 : Le Centenaire de la SPP : Emmanuelle Chervet, Présidente de la SPP
La psychanalyse s’installe en France
La SPP : fondation et évolution
Flore Canavese - Laurent Muldworf
Contexte : l’histoire des idées
Yann Potin, historien, Conservateur en chef du patrimoine aux Archives Nationales
Lecture : Correspondance Marie Bonaparte-Freud
Catherine Pietri et Frédéric Constant (comédiens, Les Affinités Électives)
12h00-13h00 : L’évolution des traductions de Freud en français
Cécile Marcoux, ancienne Conservatrice de la Bibliothèque Sigmund Freud
Olivier Mannoni, traducteur de l’allemand, journaliste et biographe
Psychanalyse et institutions
Modérateur : Thierry Schmeltz
14h30-15h15 : La consultation et les traitements psychanalytiques en institution
Clarisse Baruch - Jean-Louis Baldacci
15h15-16h00 : Enfants, parents, institutions
Sarah Bydlowski - Hélène Suarez-Labat
16h00-16h30 : Pause
Modératrice : Pascale Navarri
Marie Darrieussecq, écrivaine, traductrice
Dialogue avec Laurence Aubry
17h15-18h00 : Névrose traumatique et névrose actuelle : quel travail, quelles institutions
Dominique Cupa - Claude Smadja
18h30 : Exposition : La SPP au fil du temps
Vernissage à la Mairie du 13ème
Invités : Pascal Ory et Yann Potin
Dimanche 22 novembre 2026 : 9h00 – 13h00 / 14h30 – 18h00
9h00 : Accueil
Pratiquer la psychanalyse
Modératrice : Dinah Rosenberg
9h15-10h00 : L’écoute psychanalytique
Sabina Lambertucci Mann - Michel Picco
10h00-10h45 : Voies de la formation
Ellen Sparer - Christine Bouchard
10h45-11h15 Pause
Modératrice : Chantal Baldacci
11h15-12h00 : L’éthique engagée dans notre pratique
Marina Papageorgiou - Bernard Bensidoun
12h00-13h00 : Remise des archives de la SPP aux Archives Nationales
Emmanuelle Chervet, Marie-Françoise Limon-Bonnet, Directrice des Archives nationales, Yann Potin, Direction des fonds
Psychanalyse et Culture
14h30-15h15 : Le contexte culturel de 1926
Pascal Ory, historien, Académicien
Dialogue avec Elisabeth Dahan-Soussy
Le « psychisme augmenté » en 2026
Modératrice : Françoise Cointot
* 15h15-16h00 : Le modelage des corps
Nicole Athéa, gynécologue, endocrinologue
Dialogue avec Françoise Chaine
16h00-16h30 : Pause
* 16h30-17h15 : Nouvelles technologies et travail psychique
Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en intelligence artificielle, Professeur à la Sorbonne Université
Dialogue avec Catherine Chatelain
Psychanalyse et inspiration
17h15 – 18h00 : Vie psychique et inspiration
Miquel Barceló, artiste
Dialogue avec Martine Fabre-Jaury et Éric Corbobesse
