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Éloge des pères

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Ecrit pour un large public, cet Eloge des pères combat les idées reçues, notamment celle de l’absence des pères. Feraient-ils l’objet d’une hallucination négative, pour que l’on ne voie pas leur présence, simplement parce quelle n’est plus celle du pater familias autoritaire, hérité de la culture romaine ? Simone Korff-Sausse, après son Plaidoyer pour l’enfant-roi porte ce même regard optimiste et bienveillant sur les hommes qui aujourd’hui deviennent pères et inventent un nouveau modèle de la paternité. La paternité est une institution en reconstruction, mais la société tend à ne tenir compte que des mères et à dénier les formes de tendresse et d’intervention des pères, voire à les exclure subrepticement. Le premier chapitre retrace l’histoire de la transformation des modèles masculin et paternels, en se demandant pourquoi la désacralisation du rôle paternel et les pères actuels dérangent. Un paragraphe critique est consacré à la façon dont Freud lui-même exerça sa paternité, traditionnelle et marquée par l’emprise possessive sur sa fille Anna. Les incertitudes de la paternité sont effectivement complexes, car elles impliquent les chemins troublants et non maîtrisables de la transmission, qui suscitent des fantasmes inconscients de transmission dangereuse, qui sont mis en évidence à partir d’un commentaire du Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas, d’Imre Kertész. Le devenir-père ne peut être exempt d’ambivalence et de culpabilité, et réactive tous les aspects de la relation du futur père à son propre père. La figure de Joseph dans la culture occidentale (avec la distinction entre paternité biologique et paternité spirituelle), celle de Kronos et de la haine du père aboutissent à s’interroger sur l’éventuel déclin du désir d’enfant. Peuvent alors se déployer les réflexions sociologiques et anthropologiques de l’auteur : que faut-il pour faire un père ? Comment les rôles maternels et paternels s’organisent-ils ? Comment s’exerce l’autorité ? S. Korff-Sausse critique les théories de la fonction paternelle qui promeuvent toujours un père désincarné, et refuse l’idée du père séparateur, foncièrement symbolique, au profit des figures concrètes de pères et de beaux-pères, actifs, tendres et présents auprès de leurs enfants. Le devenir-père engage l’enfant dans l’homme, le féminin-maternel chez l’homme et l’identification au père. Interrogeant comment les petits garçons deviennent des pères (l’Œdipe masculin), Simone Korff-Sausse peut conclure que c’est une révolution anthropologique que mettent en œuvre ces pères actuels qui dérangent.

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