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La psychosomatique

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Les travaux de Ferenczi peuvent être considérés comme précurseur de la psychosomatique, plus spécifiquement avec la notion de clivage auto-narcissique, en réponse à une tentative de guérison des traumatismes précoces. Cependant la passionnante histoire de la psychosomatique commence au lendemain de la seconde guerre mondiale. Contrairement à l’école de Chicago, qui cherchaient un profil type de fonctionnement psychique dans une maladie donnée, les pères fondateurs de l’école de Paris se sont intéresses aux fonctionnement mental. Les premières relations entre médecins somaticiens et psychanalystes furent marquées par des malentendus et de confusion. C’est ainsi que devant ces difficultés, se développa une psychosomatique psychanalytique qui se base aussi bien sur la première que la seconde topique et sur la mentalisation. La pulsion joue un rôle central dans l’édifice psychosomatique qui trouve ces racines dans la névrose actuelle de Freud. L’absence de psychisation produit une démentalisation. Les processus de somatisation ne peuvent se comprendre que par la régression aussi bien de Moi que de la libido. Depuis Freud, la question du passage du mental au somatique reste posée. Pour Smadja il y a un ensemble de processus, le travail de somatisation consistant à faire face à l’action désobjectalisante de la pulsion de mort. D’ailleurs, la prise en compte de cette dernière dans les messages maternels constitue un des éléments de la psychosomatique de l’enfant et la nécessité des thérapies conjointes.

L’investigation psychosomatique du fonctionnement mental doit être associée à celle de la relation d’objet. Dans ce contexte, Delourmel compare les états limites et les états opératoires en se référant à trois modalités de dépression : dépression essentielle, psychose blanche et deuil blanc. Alors que ces dernières se réfèrent à l’absence d’objet, la notion du facteur actuel de de M’Uzan concerne l’économique, l’énergie actuelle. Le processus créatif est sous-tendu par la relation entre régression libidinale et drame identitaire.

D’un grand intérêt actuel est le domaine de la psychosomatique dans le monde du travail. L’accomplissement au travail est fondamental pour la santé physique et psychique qui peut être conservée grâce aux mécanismes d’adaptation décrits dans le travail à la chaine. La psychosomatique permet également de comprendre les phénomènes sociétaux, comme la destructivité dont le terrorisme par le biais d’un moi idéal, mais aussi par l’empêchement de penser et le phénomène d’absence et du manque caractéristique de la pensée opératoire.

Au total, ce livre, très agréable à lire, résume l’histoire de la psychosomatique et de l’avènement de ses concepts ainsi que l’évolution et l’application dans la clinique actuelle.

Rénate Eiber (mars 2018)

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