© Société Psychanalytique de Paris

Année psychanalytique internationale, n°13-2015

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René Kaës | Crises et traumas à l’épreuve du temps

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La clinique psychanalytique contemporaine est en partie tributaire des mutations profondes survenues dans le cadre social et culturel des sociétés hypermodernes. Nous vivons des crises complexes dont nous ne connaissons pas ou peu l’envergure, les enjeux et les voies de dépassement.

Nous sommes dépositaires d’héritages collectifs impensés, de souffrances psychiques innommables dont une des sources se trouve dans les grandes mutations des cultures, des techniques, de l’économie et des sociétés, dans les violences meurtrières perpétrées au cours des guerres et des génocides du siècle dernier. Les socles de la vie psychique en sont ébranlés, tout comme les liens sans lesquels nous ne pouvons pas constituer notre subjectivité. Dans ces crises multipolaires, nous nous découvrons à la fois sujets de la culture et sujets de l’inconscient.

Face aux formes du malêtre psychique dans les sociétés hypermodernes, le travail psychanalytique de groupe, et plus généralement les dispositifs qui réunissent dans une même situation plusieurs sujets (un couple, une famille, une équipe soignante) ouvrent de nouvelles perspectives à l’analyse et au traitement de ce que Freud nommait les « souffrances psychiques d’origine sociale ». Ils donnent accès à l’impensé de ces souffrances, ils en soutiennent l’élaboration. Ils permettent de penser autrement la construction de la subjectivité et les ressources créatives que libèrent les crises de cette ampleur.

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Association Psychanalytique de France | La conviction : Jean Laplanche ou le primat de l’autre

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Avant-propos

À quelles conditions la psychanalyse ne sera-t-elle pas une Schwärmerei, pur produit d’une imagination débridée et illuminée ? Cette question, Freud ne cesse de la poser tout au long de son œuvre, que ce soit par la voix du doute intérieur ou par celle de ses contradicteurs fictifs. Car c’est bien de la valeur du doute que dépend la force de la conviction. Ce dont témoigne le retour constant de Freud sur les conditions de son activité de pensée : entre ce qui relève de la croyance et ce qui parvient à s’en dégager, l’audace paye son tribut à l’épreuve toujours inachevée des certitudes.

Conviction donc, bien plus que certitude : c’est là que la psychanalyse forge la relation spécifique qu’elle entretient avec l’instabilité de son objet et de son outil pratique, la méthode. Il appartenait aux successeurs de Freud de poursuivre le questionnement. Ainsi lire Freud fut-il pour Jean Laplanche une tâche qui comprenait intrinsèquement la relecture critique : tâche par excellence de l’héritage, dont témoigne également l’article de Daniel Widlöcher, « Croire en l’inconscient », un texte de 1993 que nous reprenons à titre de document.

Ce neuvième volume de l’Annuel de l’APF rassemble les conférences prononcées lors de deux journées de travail ouvertes au public : les Entretiens de l’Association psychanalytique de France qui se sont déroulés le 18 janvier 2014, avec pour thème « La conviction, en questions », et la journée d’hommage consacrée à Jean Laplanche, qui a eu lieu le 5 octobre 2013, avec pour trame « Le primat de l’autre ».

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Gérard Pirlot | André Green

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Clinicien et théoricien exceptionnel, André Green a été l’un des penseurs majeurs de la psychanalyse contempo-raine. Sont présentées ici les influences exercées sur sa pensée d’auteurs comme Lacan, Bion ou Winnicott, ainsi que ses dialogues avec Jean Laplanche, Piera Aulagnier, Didier Anzieu et d’autres. Ses travaux sur les œuvres de Shakespeare, Proust ou Henry James ont abouti par ailleurs à des contributions majeures relevant d’une « pensée clinique » appliquée aux œuvres d’art. Enfin, ses discussions et réflexions avec les anthropologues, les biologistes et les linguistes illustrent sa capacité à relier des champs scientifiques différents, tout en renforçant et en modifiant la compréhension de certains concepts de la métapsychologie freudienne.

Dans la seconde partie de l’ouvrage sont abordées ses idées sur l’interprétation et le contre-transfert, ses innovations quant à la compréhension de la spécificité du cadre analytique, le « cadre interne » et le travail thérapeutique avec des sujets névrotiques ou relevant d’organisations non névrotiques.


Roger Perron, Sylvain Missonnier (ed.) | Cahier Freud

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Consacré à Sigmund Freud, ce Cahier présente un ensemble de textes rassemblés sur la base d’une idée simple et forte, énoncée en un « argument » préalablement soumis aux auteurs sollicités, et dont voici l’essentiel : La visée est de situer les déterminants et la portée de l’oeuvre de Freud dans la culture occidentale, compte tenu du recul dont nous disposons aujourd’hui.

La psychanalyse y est apparue comme un produit du 19ème siècle, née à la confluence d’influences culturelles, de mouvements scientifiques, de traditions philosophiques, de mouvements sociaux, etc., qui lui ont donné, via l’homme Freud, sa figure particulière. Cette oeuvre aura fortement contribué à modeler le siècle suivant. On se propose donc d’organiser ce volume sur le thème « Freud résonateur », par analogie avec le « résonateur » dispositif physique qui vibre en réponse à des actions du milieu, choisit et transforme ces vibrations selon des lois qui lui sont propres, et qui en retour fait vibrer son entourage selon de nouvelles fréquences. Cette métaphore est utile pour évaluer la vie et l’oeuvre d’un Sigmund Freud né en 1856 et à bien des égards produit du 19ème siècle, mort en 1939 au cœur d’un 20ème siècle qu’il aura puissamment contribué à modifier.

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Martine Janin Oudinot, Marie-Claire Durieux, Laurent Danon Boileau | La sexualité masculine

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Claude Janin | Figures et destins du traumatisme

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Les liens entre Réalité et Traumatisme posent une question épistémologique que cet ouvrage remet en perspective, et qui est à la base du désaccord entre Freud et Ferenczi. Comme l’a remarqué Balint, ” Le fait historique représenté par le désaccord entre Freud et Ferenczi fit sur le monde analytique l’effet d’un traumatisme (…) Le choc était extrêmement profond et douloureux. Tout se passe en effet comme si cette opposition Freud/Ferenczi autour de la question de l’Origine – externe ou intense – du traumatisme, continuait à être active au sein de la communauté psychanalytique, au point d’interdire toute pensée de leur articulation, alors que les théories de Winnicott, la conception moderne de l’Histoire, ou les travaux de S. Viderman permettent justement une telle articulation !

Cet ouvrage, à travers le notions de “noyau traumatique du Moi”, de Collapsus topique, d’animisme à deux de Noyau chaud et de Noyau froid, issues de la conception freudienne de l’objet, telle qu’elle apparaît dans Deuil et Mélancolie introduit à une réévaluation des liens entre trauma réel et trauma psychique, et postule l’existence de Traumatismes sans fin et de Traumatismes avec fin, la capacité du sujet à constituer au sein de sa psyché une potentialité à subir psychiquement un traumatisme, se révélant, en fin de compte, anti-traumatique ; il donne au lecteur, au cœur même de la pratique psychanalytique, des exemples de ces types de traumatismes.


Monique Dechaud Ferbus, Michel Schweich, Daniel Widlöcher (pref), Cure et médiations dans le traitement des patients psychotiques

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Réalisé par Monique Dechaud-Ferbus avec des textes inédits de Michel Schweich, ce livre poursuit, entre eux, un dialogue sur l’utilisation des médiations dans les cures. Il offre au lecteur avisé ou simplement curieux, les moyens d’approcher la compréhension des patients psychotiques…


Bernard Chervet (dir.) | Le meurtre fondateur : l’acte psychique par excellence

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Dans cet ouvrage, les auteurs poursuivent une réflexion sur le rôle d’un acte psychique dénommé meurtre, abordé en tant qu’opération fondatrice du psychisme et de la mentalisation. Ils approchent l’implication de cette opération dans l’art, la loi, la sexualité, la transmission, le politique, et la confrontent aux lois de la biologie, du cosmos, etc.

Le couple « meurtre et fondation » est impliqué dans toutes les cosmogonies, les théogonies, ainsi que dans la Genèse, par Caïn et Abel, mais aussi dans la naissance de Rome par un fratricide, et bien sûr dans celle du peuple juif avec Moïse. Le meurtre est toujours impliqué dans les processus originaires de l’humanité.

Une série de questions est abordée par chaque auteur. Une telle opération de meurtre est-elle nécessaire, voire indispensable à la créativité, à l’organisation de la cité, à l’esprit du politique ? Comment dialectiser ce meurtre fondateur avec le meurtre destructeur ? Quel lien ce meurtre entretient-il avec la première assertion du complexe d’Œdipe et avec la tragédie humaine ? Quelles sont les conditions pour qu’un meurtre s’avère fondateur, et quel est alors l’objet visé ? Le meurtre ne serait-il fondateur que lorsqu’il s’inscrit au sein du procès fondateur de la pensée humaine, celui de l’après-coup ?

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