
Georges Parcheminey est né le 21 février 1888 en Haute-Saône. Il est le benjamin d’une famille de 10 enfants dont 4 moururent en bas âge.
Il a vécu dans une famille cultivée. Son père, Jean Joseph, était ingénieur des mines et décède quand Parcheminey a 5 ans. Sa mère a alors 38 ans et c’est en exerçant la profession de professeur de piano qu’elle fait face à la situation difficile. Parcheminey va garder de sa mère à qui il était très attaché une sensibilité artistique et un goût marqué pour la musique qu’il exercera toute sa vie. Il jouait du piano et dans le cercle psychanalytique s’organisèrent par la suite des soirées musicales sous l’égide de Marie Bonaparte. Il fait sa scolarité dans une institution religieuse où il reçoit une formation classique avec notamment l’étude du grec et du latin. Sa scolarité est brillante. Il est reçu au bac à 15 ans.
C’est à Paris qu’il poursuit des études de médecine, se spécialisant en neurologie. En 14, il est incorporé dans l’infanterie et sera sérieusement blessé. Il finira en 1917 comme médecin dans un service de neurologie à Nice.
C’est lors d’une permission qu’il rencontre sa femme. Ils se marient la même année et formeront un couple uni, sans histoire au sein d’un groupe d’analystes souvent agités par des problèmes conjugaux. Ils partageaient le même goût pour la musique et vouaient l’un à l’autre une grande estime et admiration. Ils ont une fille en 1918.
Dans les années 20, il commence une analyse avec Rudolph Lowenstein et fut l’un des premiers analysés en France. Il fût assez rapidement praticien et didacticien de la génération suivante. Il a eu en analyse entre autres Bouvet, Valabrega.
Qu’est ce qui l’a conduit à faire une analyse ? Malheureusement il n’existe que trop peu de renseignements sur lui pour en avoir une idée. Ce qu’on décèle chez lui c’est une grande curiosité et une ouverture d’esprit, traits qu’on peut imaginer qu’il a partagés avec tous les fondateurs de la SPP. Mais sans doute que le traumatisme de la première guerre mondiale, de la mort de son père jeune et de plusieurs frères et sœurs a fortement impacté cet homme en apparence tranquille et joué un rôle décisif dans son investissement de la psychanalyse.
En tout cas, il vouait à Freud une grande admiration et a dû le rencontrer à l’occasion de conférences et de colloques sans toutefois qu’on en retrouve la trace. Ainsi, il conserva toute sa vie un buste en bronze de Freud dans son bureau et ne fut pas un de ceux qui contestèrent à Freud son autorité quant à la psychanalyse. C’était un homme très érudit et sa connaissance de l’allemand lui permettait de lire Freud en langue originale.
Il consacra la majeure partie de son temps à son travail, se répartissant entre son activité à Ste Anne où il est l’assistant de Delay et une pratique privée. C’est à l’hôpital où il exerce qu’il prend les observations qu’il cite dans ses articles.
Concernant ses relations sociales, il va être particulièrement lié à M. Cenac et Charles Odier de la SPP à travers la musique. Jean Rostand dont il va faire la connaissance lors de la première guerre va être également un de ses grands amis. Ensemble ils discuteront beaucoup des travaux en biologie de Rostand qui vont inspirer certains de ses articles.
Au sein de la SPP, le rôle de Parcheminey peut paraitre moins marquant que les autres fondateurs. Mais cela tient surtout à sa personnalité. Il est décrit comme un homme plutôt effacé, non avide de pouvoir, discret sur sa vie privée. C’était un travailleur acharné, sérieux, très attaché à la pratique. Tolérant et neutre, il refusera de prendre parti dans les querelles d’opinions qui ont émaillé la SPP. Il n’aimait pas le conflit. Mais il garde son indépendance d’esprit. Ainsi, il assiste au premier congrès mondial de psychiatre en 51 alors que d’autres collègues de la Spp refusent de faire une concession au monde de la psychiatrie.
En fin de vie, il retrouvera des préoccupations religieuses et sera proche d’un père des carmes, le père Bruno avec qui il animera plusieurs rencontres et séminaires.
À la SPP il va être trésorier un an puis deux fois présidents dans un contexte de conflits. En 1930 lors du départ de la présidence de Laforgue puis en 1953 au moment de la scission de la SPP. Mais il n’exercera pas ses fonctions car il décède peu après sa nomination en août 53.
En ce qui concerne ses domaines d’étude, Parcheminey va beaucoup s’intéresser aux rapports entre les conflits psychiques et les troubles organiques. En effet la plus grande partie de ses publications que ce soit par le biais des études sur l’hystérie, l’hypnose, ou la magie se réfère à cette question, ce que Freud appelait « le saut mystérieux du psychique dans l’organique. » Citation que Parcheminey reprendra d’ailleurs plusieurs fois reprises dans ses travaux,
Il a publié trente à quarante articles.
Ses travaux théoriques sont très denses et reflètent son érudition mais rendent leur lecture ardue. Pour étayer son développement théorique, il se réfère beaucoup à l’exposé de travaux expérimentaux notamment à la physiologie cérébrale. Il tente de trouver une réponse physiologique aux contributions de la psychanalyse. On retrouve ici son esprit conciliateur. Faire des liens, ne pas opposer.
À côté de travaux théoriques, on trouve des exposés cliniques d’une grande clarté. On y voit vraiment un analyste au travail. Si la notion de transfert est bien présente, on note le recours à des interventions psychothérapeutiques autre que psychanalytiques par exemple le recours à un prêtre, à des thérapeutiques médicamenteuses.
En conclusion, on peut voir en Parcheminey le précurseur des psychosomaticiens.
Intervention rédigée par
Armelle Nithart
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